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		<title>Richard Hyland &quot; Babel : Un She'ur&quot; (1990)</title>
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		<dc:date>2012-06-05T08:06:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



		<description>Note introductive par Fran&#231;oise Michaut [*] 1. Dans le sillage du r&#233;alisme juridique am&#233;ricain, la recherche ult&#233;rieure s'est partag&#233;e en quatre directions donnant naissance aux courants Droit et soci&#233;t&#233;, Droit et &#233;conomie, Droit et litt&#233;rature et &#233;tudes critiques universellement connues sous le nom de Critical Legal Studies. 2. Le courant Droit et litt&#233;rature, apparu &#224; l'aube du dernier quart du vingti&#232;me si&#232;cle, s'est lui-m&#234;me partag&#233; entre deux pr&#233;occupations principales : d'une part, l'int&#233;r&#234;t pour (...)

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&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Clio-Themis-numero-5" rel="directory"&gt;Clio@Themis num&#233;ro 5&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Note introductive par Fran&#231;oise Michaut&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb_2A' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;oise Michaut est directrice de recherche au CNRSUMR 7074 - Centre de (...)' id='nh_2A'&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. Dans le sillage du r&#233;alisme juridique am&#233;ricain, la recherche ult&#233;rieure s'est partag&#233;e en quatre directions donnant naissance aux courants Droit et soci&#233;t&#233;, Droit et &#233;conomie, Droit et litt&#233;rature et &#233;tudes critiques universellement connues sous le nom de Critical Legal Studies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Le courant Droit et litt&#233;rature, apparu &#224; l'aube du dernier quart du vingti&#232;me si&#232;cle, s'est lui-m&#234;me partag&#233; entre deux pr&#233;occupations principales : d'une part, l'int&#233;r&#234;t pour l'&#233;tude du droit dans la litt&#233;rature, d'autre part, l'approche du droit comme litt&#233;rature ou du droit comme langage, la grande question &#233;tant celle de l'interpr&#233;tation et les juristes se sont alors tourn&#233;s vers les sp&#233;cialistes de l'interpr&#233;tation des textes religieux et des textes litt&#233;raires et vers les travaux des philosophes contemporains, notamment Hans-Georg Gadamer et Jacques Derrida et des linguistes pour rendre compte du fonctionnement des syst&#232;mes juridiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. L'article de Richard Hyland ici traduit rel&#232;ve de cette seconde pr&#233;occupation. Il a &#233;t&#233; publi&#233; dans les actes c&#233;l&#232;bres d'un colloque sur &#171; Deconstruction and the Possibility of Justice &#187; o&#249; figure notamment un long texte de Derrida, &#171; Force de loi : le &#171; Fondement mystique de l'autorit&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Le Professeur Richard Hyland, qui est sp&#233;cialiste d'histoire juridique am&#233;ricaine et de droit compar&#233;, invite, dans cette contribution, le lecteur &#224; prendre conscience des diff&#233;rences qui marquent en profondeur les langues et les syst&#232;mes juridiques (qu'il &#233;voque &#224; partir des modes d'enseignement du droit en Allemagne, aux Etats-Unis et en France). Cette diversit&#233;, dont la ma&#238;trise peut &#234;tre douloureuse, est, en fait, nous enseigne-t-il, une chance formidable en ce qu'elle est la condition sine qua non &#224; l'imagination d'autres possibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Le th&#232;me g&#233;n&#233;ral de ce num&#233;ro de Clio@themis appelait le choix de cet merveilleux article contemporain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. Je remercie Richard Hyland d'avoir relu ma traduction et d'avoir contribu&#233;, par de subtiles suggestions, &#224; l'am&#233;liorer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Richard Hyland&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb_2A' class='spip_note' rel='footnote' title='Professeur de droit &#224; l'Universit&#233; de Miami Law School. (N. d. t. : (...)'&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;
BABEL : UN SHE'UR&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb_2A_2A' class='spip_note' rel='footnote' title='Source : Richard Hyland, &#171; Babel : A She'ur &#187;, in Cardozo Law Review, Vol.11 : (...)' id='nh_2A_2A'&gt;**&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;
(Traduction par Fran&#231;oise Michaut)&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt; &#224; Sharka&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Unserem Packmeister sind nun doch noch Bedenken gekommen&lt;/i&gt;.
(N. d. t. : traduction approximative, hors contexte : Notre conditionneur en chef est cependant, &#224; pr&#233;sent, &#224; nouveau, pris de doutes ; la phrase en allemand est litt&#233;ralement : A notre conditionneur en chef sont &#224; pr&#233;sent, cependant, &#224; nouveau, des doutes venus.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lettre contenant cette phrase refait surface, longtemps apr&#232;s, alors que nous parcourons un dossier de correspondance ancienne. Elle lit la phrase, lentement, &#224; haute voix, savourant la qualit&#233; litt&#233;raire surprenante de la prose d'une firme allemande de transport par mer, puis demande si la phrase est traduisible en anglais. Je me plonge dessus un moment et soudain la m&#233;moire m'envahit : si la traduction prend du temps, c'est aussi parce qu'elle donne &#224; l'esprit de vagabonder&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous &#233;tions encore en train de d&#233;m&#233;nager. Nous avions pass&#233; des journ&#233;es &#224; tra&#238;ner des cartons vides du supermarch&#233;, &#224; les remplir de livres et &#224; les rembourrer avec des pages froiss&#233;es de la rubrique sport. Pour finir, nous les avions charg&#233;s dans une camionnette de location VW et transport&#233;s chez l'exp&#233;diteur de fret. Un employ&#233; nous avait indiqu&#233; un emplacement pour mettre les bo&#238;tes &#8211; sur une palette de bois au milieu d'un entrep&#244;t b&#233;ant. Cependant l'empilement des cartons de tailles disparates qui montaient haut et penchaient un peu de c&#244;t&#233;, ne semblait pas tr&#232;s stable. N&#233;anmoins le patron de l'entrep&#244;t &#233;tait confiant : la pile ne pouvait pas se renverser. Un mois plus tard, de retour aux Etats-Unis, nous recevions une lettre nous disant que nos affaires avaient &#233;t&#233; embarqu&#233;es, que tout &#233;tait en ordre mais que, toutefois, nos cartons de livres avaient d&#251; &#234;tre arrim&#233;s sur la palette et retenus au moyen de larges bandes m&#233;talliques&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Unserem Packmeister sind&#8230;A notre conditionneur en chef sont&lt;/i&gt;&#8230; Ce n'est pas encore l'heure de fermeture&#8230; J'appelle une entreprise de d&#233;m&#233;nagement et je demande le terme utilis&#233; pour d&#233;signer le membre d'une &#233;quipe de d&#233;m&#233;nagement qui est charg&#233; du conditionnement. &lt;i&gt;Le conditionneur&lt;/i&gt;, m'est-il r&#233;pondu. N'y a-t-il pas un nom pour un conditionneur hautement qualifi&#233;, qui, en raison du nombre de ses ann&#233;es de bons et loyaux services et de l'exp&#233;rience qu'il a accumul&#233;e, est consult&#233; sur les cas particuli&#232;rement d&#233;licats ? &lt;i&gt;Vous voulez dire un superviseur ?&lt;/i&gt; N'y a-t-il pas un mot tel que &lt;i&gt;ma&#238;tre-conditionneur ou conditionneur-ma&#238;tre ? H&#233;, qu'est-ce que c'est que cette histoire&lt;/i&gt; ? J'esquive, j'offre mes remerciements et je raccroche. Le silence s'installe. Pourquoi, dit-elle, la langue allemande a-t-elle un concept qui n'existe pas en anglais ? Et qui est le sujet du &#171; &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; &#187; ? A qui le conditionneur en chef appartient-il enfin ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;nun doch noch&#8230; &#224; pr&#233;sent, cependant, &#224; nouveau&lt;/i&gt;&#8230; Les adverbes, les expl&#233;tifs et autres particules allemandes sont charg&#233;s de sens aussi divers que nos cartons &#233;taient charg&#233;s de livres. Certaines significations peuvent se traduire approximativement en anglais mais d'autres ne peuvent &#234;tre rendues que par un geste &#8211; hausser les &#233;paules, froncer les sourcils, se taper sur le genou. Les particules veulent dire tant de choses s&#233;par&#233;ment qu'elles peuvent signifier &#224; peu pr&#232;s n'importe quoi quand elles sont align&#233;es les unes derri&#232;re les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Bedenken gekommen&#8230; pris de doutes&lt;/i&gt;&#8230; [N. d. t. : en allemand, litt&#233;ralement : des pens&#233;es &#224; propos de [sont] venues] Pas juste des pens&#233;es mais des appr&#233;hensions&#8230; une esp&#232;ce d'inqui&#233;tude. La vraie question est d'o&#249; viennent les craintes : &#224; quoi rime cette &#233;trange structure de phrase selon laquelle le conditionneur en chef, l'acteur humain, sert seulement de lieu o&#249; les pens&#233;es viennent se loger ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, les mots peuvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s pour produire un sens en anglais. &lt;i&gt;Nun&lt;/i&gt; [N. d. t. : A pr&#233;sent] peut-&#234;tre le terme cl&#233;. Il semble &#233;voquer un soupir de soulagement &#8211; &lt;i&gt;&#224; pr&#233;sent, parvenu &#224; une conclusion apr&#232;s une longue r&#233;flexion. Doch&lt;/i&gt; peut aller avec &lt;i&gt;noch&lt;/i&gt; pour exprimer un contraste, pour insister sur le caract&#232;re d&#233;finitif de la nouvelle conclusion en d&#233;pit de l'opinion initialement contraire. Il pourrait aussi &#234;tre pr&#233;f&#233;rable, en anglais, de camoufler un peu l'implication surprenante de la structure de phrase, &#224; savoir que les pens&#233;es poss&#232;dent leurs propres moyens de locomotion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;In the end, second thoughts did in fact occur to our master packer. [N. d. t. :Des inqui&#233;tudes se sont finalement form&#233;es chez notre conditionneur en chef.]&lt;/i&gt; Si cela fait une traduction, je suis un traducteur. Et je suppose que Gadamer expliquerait que non seulement j'ai ainsi interpr&#233;t&#233; l'original mais que ma perspective et ma langue se sont fondus avec celles du texte. Cependant, je ne m'en rends pas compte. Ce que j'&#233;prouve, c'est que ma traduction est un compromis triste et d&#233;sol&#233; et que, bien loin de fusionner quoi que ce soit, il r&#233;v&#232;le, au contraire, la grande distance qui s&#233;pare les phrases tr&#232;s diff&#233;rentes, impliqu&#233;es dans le drame. Il y a l'original. Il y a les diff&#233;rentes fa&#231;ons possibles de le rendre mot &#224; mot. Il y a mon approximation et les nombreuses alternatives que j'ai rejet&#233;es. Et il y a la vari&#233;t&#233; de phrases que moi, j'aurais pu &#233;crire en anglais-am&#233;ricain dans une telle lettre &#8211; si une telle pens&#233;e m'&#233;tait venue et si j'avais jug&#233; utile de le coucher sur le papier. &lt;i&gt;Notre superviseur a eu des doutes quant &#224; la fa&#231;on dont vos cartons &#233;taient charg&#233;s sur la palette&lt;/i&gt;. Ou, plus vraisemblablement, j'aurais &#233;t&#233; plus direct. &lt;i&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; qu'il &#233;tait n&#233;cessaire, avant exp&#233;dition, de fixer vos cartons sur la palette&lt;/i&gt;. Le fait est qu'en r&#233;alit&#233; il ne m'aurait probablement pas paru n&#233;cessaire d'&#233;voquer cette pens&#233;e du tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exp&#233;rience de la traduction produit en moi non pas le plaisir de la fusion et le confort de l'immersion mais plut&#244;t la d&#233;tresse vive de choses d&#233;chir&#233;es et un d&#233;sir vain mais ardent de les rassembler. Finalement, le texte sollicite que je me fasse conditionneur en chef. Et, ainsi, je bourre ma traduction, un peu arbitrairement, d'autant de sens qu'il est possible. Cependant, la traduction n'est, apr&#232;s tout, qu'une phrase et je ne suis qu'un conditionneur. Beaucoup de choses ont trouv&#233; leur chemin dans ma traduction mais la relecture me rappelle continuellement que beaucoup plus a &#233;t&#233; perdu &#8211; assez, &#224; coup s&#251;r, pour de nombreuses autres phrases. Contrairement au conditionneur en chef, je n'ai pas l'impression que j'ai termin&#233; mon travail, que mon horizon est identique &#224; celui de quelqu'un d'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La notion de traduction implique qu'il y ait une relation entre les langues. L'existence d'une difficult&#233; indique pour le moins qu'il n'y a pas de correspondance parfaite entre les mots d'une langue et ceux d'une autre. D&#232;s lors que le droit est formul&#233; au moyen du langage, la difficult&#233; &#224; traduire sugg&#232;re un manque parall&#232;le de continuit&#233; entre un syst&#232;me juridique et un autre. On pourrait alors se demander comment caract&#233;riser exactement les relations entre une langue et une autre ou entre deux syst&#232;mes juridiques diff&#233;rents. Au moins en Occident, la discussion de telles questions implique traditionnellement la r&#233;f&#233;rence &#224; un texte biblique (Gen&#232;se 11, 1-9) qui raconte l'histoire de la tour de Babel. L'objet de cet essai est d'explorer la le&#231;on de cette histoire pour l'appr&#233;ciation de la diversit&#233;, en particulier de la diversit&#233; des syst&#232;mes juridiques.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;De Dieu&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas moyen d'y &#233;chapper : la r&#233;flexion sur la signification de Babel exige le recours &#224; la notion de Dieu. L'une des difficult&#233;s de la pens&#233;e concernant la Divinit&#233; est que la tradition offre peu de marge d'erreur. Selon l'Apocalypse (3, 12), les noms de Dieu sont litt&#233;ralement inscrits dans le fid&#232;le. Comme l'a fait remarquer Fr&#232;re Louis de L&#233;on (&lt;i&gt;De los nombres de Cristo&lt;/i&gt;), ces noms sont l'essence que Dieu communique &#224; ceux qui ont ce bonheur &#8211; de brefs indices cod&#233;s dans lesquels Dieu encapsule miraculeusement tout ce que la compr&#233;hension humaine est capable et susceptible de percevoir du divin. Dans cette tradition, d&#232;s lors que tous les noms de Dieu participent de la divinit&#233;, les enjeux de la discussion th&#233;ologique sont &#233;lev&#233;s : toute affirmation peut non seulement &#234;tre contest&#233;e comme incorrecte mais elle peut aussi &#234;tre qualifi&#233;e de blasph&#232;me. M&#234;me l'anglais, en d&#233;pit de sa richesse de ressources extravagante n'a pas le vocabulaire n&#233;cessaire pour une discussion totalement libre sur la nature de Dieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'h&#233;breu offre une distinction pratique &#8211; qui pourrait &#234;tre facilement introduite dans l'anglais. Elle est utilis&#233;e pour d&#233;tendre le d&#233;bat th&#233;ologique. En h&#233;breu, certains noms sont exclusivement r&#233;serv&#233;s pour s'adresser &#224; l'Eternel. D'autres peuvent &#234;tre utilis&#233;s &#224; la fois dans la discussion et dans la conversation courante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que l'existence d'un mot unique pour &lt;i&gt;Dieu&lt;/i&gt; en h&#233;breu fasse un peu d&#233;bat, celui-ci contient de nombreux noms &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; Dieu. Il y a un nom en douze lettres et il y a aussi un nom en quarante-deux lettres, qui ont &#233;t&#233; oubli&#233;s depuis longtemps. Il y a l'expression qui a &#233;t&#233; dite &#224; Mo&#239;se quand il a demand&#233; le nom qu'il devait dire aux Enfants d'Isra&#235;l. En fait, il est dit que la Torah ne contient rien d'autre que les noms de Dieu. Sept de ces noms se distinguent par le fait qu'une fois &#233;crits, ils ne doivent pas &#234;tre effac&#233;s. Le premier de ceux-ci, le T&#233;tragramme ineffable, ne doit plus &#234;tre prononc&#233; &#8211; une interdiction qui conduit &#224; quelque confusion, d&#232;s lors que la mani&#232;re vraie de le dire a &#233;t&#233; oubli&#233;e. M&#234;me du temps des pr&#234;tres, il &#233;tait prononc&#233; &#224; haute voix seulement dans le Temple, plus sp&#233;cialement par le Grand Pr&#234;tre, apr&#232;s le rituel de purification, le jour le plus sacr&#233;, dans un murmure couvert par le chant. Les six noms restant sont utilis&#233;s aujourd'hui lorsqu'on s'adresse directement &#224; l'Eternel et ne peuvent pas &#234;tre employ&#233;s en dehors de la pri&#232;re ou de la b&#233;n&#233;diction. Quand, m&#234;me dans l'&#233;tude, r&#233;f&#233;rence est faite &#224; ces noms, leur prononciation est alt&#233;r&#233;e l&#233;g&#232;rement mais de mani&#232;re perceptible, pour &#233;viter le sacril&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un d&#233;bat ou une conversation portant sur Dieu, d'autres noms sont employ&#233;s (des r&#233;f&#233;rences obliques, en r&#233;alit&#233;). Un tel nom est &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt;, qui signifie simplement Le Nom. Il ne se r&#233;f&#232;re pas directement &#224; Dieu mais au &lt;i&gt;Saint Nom&lt;/i&gt;. De tels noms cr&#233;ent un espace entre le signifiant et le signifi&#233; et sont, en cons&#233;quence, suffisamment &#233;loign&#233;s du nom de Dieu pour que leur utilisation &#224; tort, par inadvertance, ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e n&#233;cessairement comme irr&#233;v&#233;rencieuse. C'est pourquoi, nous en avons besoin ici.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me apr&#232;s l'accord sur un nom, les pr&#233;liminaires ne sont pas termin&#233;s. Il faut trouver la forme pour discuter de ces sujets. La discussion th&#233;ologique suppose presque n&#233;cessairement qu'il y a un ordre de l'univers, ce qui fait qu'elle ne proc&#232;de pas comme si elle impliquait une question typique du droit ou de la politique. La tradition talmudique offre un cadre pour ce genre de controverse. Cela s'appelle un &lt;i&gt;she'ur&lt;/i&gt;. Il se peut que le mot &lt;i&gt;she'ur&lt;/i&gt; d&#233;rive du verbe h&#233;breu signifiant &lt;i&gt;mesurer&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;estimer&lt;/i&gt;. A un certain niveau de sens, il indique le temps mesur&#233; ou d&#233;limit&#233;, disponible entre deux services religieux pour de telles discussions. Cependant l'id&#233;e de mesure r&#233;v&#232;le quelque chose &#224; propos de l'objectif de fond aussi, le d&#233;sir d'ouvrir ce qu'est la nature de l'ordre divin &#224; la compr&#233;hension humaine &#8211; pour d&#233;montrer qu'au moins &#224; un certain degr&#233;, l'humanit&#233; peut saisir quelque chose de l'infini. Le &lt;i&gt;she'ur&lt;/i&gt; commence par la mise &#224; jour d'une &#233;nigme &#8211; souvent une incoh&#233;rence apparente entre un texte de la Loi &#233;crite et un texte de la Loi orale. D&#232;s lors que les deux textes ont &#233;t&#233; transcrits sous la dict&#233;e divine et d&#232;s lors qu'il est suppos&#233;, en outre, que les textes divins ne comportent pas d'incoh&#233;rences, le probl&#232;me est de r&#233;soudre la dissonance et de restaurer la signification du texte saint. En m&#234;me temps, pr&#233;cis&#233;ment parce que le sujet est l'infini et le divin, aucun &lt;i&gt;she'ur&lt;/i&gt; ne pr&#233;tend parvenir &#224; la v&#233;rit&#233; absolue et aucun ne peut craindre d'avoir absolument tort. Il est clair, d&#232;s le d&#233;part, que toute suggestion enrichira la discussion et &#233;galement &#233;vident qu'aucune n'y mettra un point final.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que le &lt;i&gt;she'ur&lt;/i&gt; se soit d&#233;velopp&#233; comme cadre pour discuter du &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt; (le Pentateuque, la Torah) et des textes talmudiques, son utilit&#233; d&#233;passe ce contexte. Il peut &#234;tre compris plus largement comme offrant un cadre pour une discussion &#224; propos du rapport entre l'harmonie et la diversit&#233; &#8211; pour la recherche des affinit&#233;s entre activit&#233;s empiriquement existantes d&#232;s lors que l'on suppose qu'il y a de l'ordre dans le cosmos. La question ici, par exemple, concerne la relation entre l'homog&#233;n&#233;it&#233; et la diversit&#233; eu &#233;gard aux langues des hommes (et aux divers syst&#232;mes de droit). Le nom &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; est destin&#233; &#224; servir ici de r&#233;f&#233;rence adapt&#233;e pour l'id&#233;e de raison &#224; la diversit&#233;. Le &lt;i&gt;she'ur&lt;/i&gt; est utilis&#233; comme son mode d'&#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;De l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la tour construite &#224; Babel est fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se que l'humanit&#233; a partag&#233; autrefois une langue unique. C'&#233;tait la langue de la famille de No&#233;, parce que, seuls, No&#233; et sa femme, avec leurs trois enfants et les &#233;pouses de ceux-ci avaient surv&#233;cu au D&#233;luge. Selon le &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt;, toutes les nations descendent de cette famille. Apr&#232;s la mort de No&#233;, alors que l'humanit&#233; p&#233;r&#233;grinait du mont Ararat, la montagne de l'Est o&#249; l'arche de No&#233; s'&#233;tait arr&#234;t&#233;e, elle arriva dans la plaine de Shine'ar. Comme le groupe scrutait la plaine, tout, aux alentours, a d&#251; leur rappeler la mort, parce que les corps de ceux qui avaient p&#233;ri dans le D&#233;luge s'&#233;taient &#233;chou&#233;s sur Shine'ar. Peut-&#234;tre &#233;tait-ce la proximit&#233; m&#234;me de la plaine avec la mort, li&#233;e au d&#233;sir de l'humanit&#233; de vaincre la mort, qui avait convaincu le groupe de s'installer l&#224; et de construire une ville et une tour. Du fait des &#233;v&#233;nements qui ont transpir&#233;, la ville a bient&#244;t &#233;t&#233; connue sous le nom de Babel, qui peut venir de Bab-ilu (Porte de Dieu en assyrien, ce qui signifie peut-&#234;tre les ouvertures par lesquelles les nations devaient sortir) et qui est aussi reli&#233; au moins par l'&#233;tymologie courante &#224; &lt;i&gt;balal&lt;/i&gt;, l'h&#233;breu pour &lt;i&gt;embrouiller&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;mettre la confusion&lt;/i&gt;.
Le plan &#233;tait que la tour qui devait &#234;tre construite atteigne les Cieux. Alors que son &#233;dification &#233;tait bien en route, &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; est descendu l'examiner. A la vue de la tour, l'Eternel la d&#233;truisit, il mit la confusion dans la fa&#231;on de parler des diff&#233;rentes nations de sorte qu'elle ne pouvait plus se comprendre les unes les autres et il les dispersa sur la surface de la terre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tour a inspir&#233; la Tradition. Elle a dit qu'elle comportait deux escaliers. Celui &#224; l'Est &#233;tait utilis&#233; par les ouvriers pour monter les briques au sommet, alors que l'escalier &#224; l'Ouest servait &#224; ceux qui retournaient chercher des briques. La tour &#233;tait terriblement haute, si bien qu'elle semblait toucher le ciel. Lors de sa destruction, le tiers inf&#233;rieur s'enfon&#231;a dans le sol, le tiers le plus &#233;lev&#233; fut consum&#233; dans les flammes et seul le tiers du milieu subsista. N&#233;anmoins ce qui restait de la tour &#233;tait d'une telle immensit&#233; qu'on aurait pu marcher trois jours sans sortir de son ombre. (Quelques-uns des r&#233;cits traditionnels concernant la tour sont rassembl&#233;s dans le &lt;i&gt;Meam Loez&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De Rachi &#224; Derrida (&#171; Des Tours de Babel &#187; in &lt;i&gt;Psych&#233; : Inventions de l'autre&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1987), les &#233;rudits ont unanimement interpr&#233;t&#233; la confusion du langage comme une punition bien m&#233;rit&#233;e, destin&#233;e tout sp&#233;cialement &#224; emp&#234;cher l'ach&#232;vement de la tour. La diversit&#233; des langues et l'impossibilit&#233; d'une compr&#233;hension mutuelle qui en est in&#233;vitablement r&#233;sult&#233;e ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme s'inscrivant dans une mal&#233;diction suscit&#233;e par la contrari&#233;t&#233; de Dieu face &#224; l'orgueil humain, particuli&#232;rement &#224; la vanit&#233; implicite dans la conception de la tour &#8211; la croyance que les &#234;tres humains pourraient parvenir aux cieux et, par cons&#233;quent, acc&#233;der &#224; l'immortalit&#233; sans passer par la mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; sa persistance, cette interpr&#233;tation de l'histoire pr&#233;sente un caract&#232;re particuli&#232;rement insatisfaisant. Il est bien certain que la tour n'aurait pas pu atteindre les Cieux. L'Eternel n'avait aucune raison de s'inqui&#233;ter. De plus, la fiert&#233; de l'&#339;uvre accomplie et le d&#233;sir de retarder ou de transcender la mort sont des constantes de la condition humaine et n'en sont pas les moins attractives. En outre, bien que &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; soit capable de se mettre en col&#232;re (expression &#224; comprendre m&#233;taphoriquement), le Rambam a d&#233;montr&#233; que tous les manquements humains ne sont pas susceptible de d&#233;clencher le courroux divin : les cas de col&#232;re divine mentionn&#233;s dans la Torah et les &#233;crits proph&#233;tiques r&#233;v&#232;lent &#224; l'examen que, seul, un p&#233;ch&#233; bien sp&#233;cifique provoque le courroux de l'Eternel et celui est l'idol&#226;trie. Enfin la confusion des langues implique beaucoup plus que le simple &#233;tablissement d'une barri&#232;re &#224; la communication. Si le d&#233;sir de &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; &#233;tait de mettre un obstacle au discours humain, le r&#233;sultat aurait pu &#234;tre obtenu par l'introduction d'une g&#234;ne auditive ou par un alourdissement de la langue. En d'autres termes, la construction de la tour n'appara&#238;t pas fournir v&#233;ritablement de motif pour un ch&#226;timent, et encore moins pour un ch&#226;timent de ce genre-l&#224;. La difficult&#233; devient alors de d&#233;couvrir un lien entre la confusion des langues et la construction de la tour qui soit conciliable avec la sagesse infinie de l'Eternel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une fois le probl&#232;me pos&#233; de cette mani&#232;re, l'histoire de Babel est si &#233;vocatrice qu'une multitude de solutions se pr&#233;sentent &#224; l'esprit. Celle que je pr&#233;f&#232;re fait de l'histoire une simple fable de la postmodernit&#233;. Le premier pas pour concevoir le r&#233;cit de cette mani&#232;re est de r&#233;examiner son statut d'histoire. Je suis de l'avis qu'aucun des r&#233;cits du d&#233;but du &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt; ne doit &#234;tre pris comme historique, tout au moins au sens o&#249; nous concevons l'histoire aujourd'hui. Bien que les sages ne nient pas l'historicit&#233; de ces histoires, quelques phrases qu'ils ont &#233;crites semblent indiquer la possibilit&#233; d'une lecture non historique. Malheur &#224; ceux qui voient dans la Torah ou bien des historiettes ou bien de l'histoire, a fait observer Rabbi Shimon bar Yochai dans le &lt;i&gt;Zohar&lt;/i&gt;. Aux yeux de Rabbi Yaakov Culi, les quelques histoires rapport&#233;es dans la Torah sont en r&#233;alit&#233; des myst&#232;res, envelopp&#233;s dans des mots qui leur donnent l'apparence d'un r&#233;cit. Pour une lecture non historique, peu importe que les incidents qui y sont d&#233;crits aient bien eu lieu, qu'une tour ait &#233;t&#233; construite en fait ou que le parler humain ait vraiment &#233;t&#233; embrouill&#233; de la fa&#231;on relat&#233;e dans la Torah. En r&#233;alit&#233;, les r&#233;cits offrent l'analyse sous &lt;i&gt;forme&lt;/i&gt; d'histoire. Pour d&#233;chiffrer cette curieuse forme, l'histoire de Babel doit &#234;tre lue dans son contexte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt; pr&#233;sente un code de lois &#8211; six cent treize commandements, deux cent quarante-huit ordonnant un acte positif, les trois cent soixante cinq restants &#233;num&#233;rant des interdits &#8211; entrem&#234;l&#233;s avec ce qui a l'apparence d'&#234;tre une narration historique. Le r&#233;cit culmine avec la relation d'une r&#233;v&#233;lation divine, unique dans l'histoire humaine, l'apparition de l'Eternel et le don de la Loi au Sina&#239;. Ce qui pr&#233;c&#232;de le don de la Loi est un compte rendu de la formation et de l'&#233;ducation du peuple choisi pour la recevoir, qui commence avec l'histoire d'Abraham notre P&#232;re. Avant de commencer l'histoire d'Abraham et de ses descendants, le &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt; se concentre sur trois &#233;v&#233;nements : les histoires de l'Eden, du D&#233;luge et de Babel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces trois histoires peuvent se lire comme une pr&#233;face au texte juridique, un rappel des trois pr&#233;alables qu'exige le fonctionnement d'un syst&#232;me juridique. Ces histoires d&#233;crivent non pas le pass&#233; mais le pr&#233;sent, chacune d&#233;signant un &#233;l&#233;ment n&#233;cessaire &#224; l'ensemble. Chacune des histoires illustre une condition au moyen d'une analyse en termes de &lt;i&gt;comme si&lt;/i&gt;, ce que Hans Vaihinger (La Philosophie du &lt;i&gt;Als Ob&lt;/i&gt;) aurait pu appel&#233; une fiction heuristique. La possibilit&#233; m&#234;me du droit est ancr&#233;e dans ces trois aspects de la condition humaine. Cependant ils semblent si naturels qu'ils passent inaper&#231;us tant qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; probl&#233;matis&#233;s &#8211; dramatis&#233;s en fait &#8211; en leur assignant des origines fictionnelles : c'est &lt;i&gt;comme si&lt;/i&gt; l'humanit&#233; avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en Dieu puis avait &#233;t&#233; d&#233;chue, &lt;i&gt;comme si&lt;/i&gt; elle avait re&#231;u une alliance du Seigneur apr&#232;s une destruction terrible, &lt;i&gt;comme si&lt;/i&gt; un langage commun au d&#233;part avait &#233;t&#233; bris&#233; en morceaux. Le d&#233;fi est de restaurer la sagesse cel&#233;e dans ces m&#233;taphores.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Eden, nos premiers anc&#234;tres ont go&#251;t&#233; au fruit d&#233;fendu et ont ainsi acquis la facult&#233; de discerner entre le bien et le mal. L'histoire de la Chute reconna&#238;t dans la nature humaine un attrait pour le mal en m&#234;me temps qu'une compr&#233;hension du bien, avec la possibilit&#233; de les distinguer et l'intuition qu'ils sont souvent m&#233;lang&#233;s. Le r&#233;cit d&#233;crit un aspect de la condition humaine qui est un pr&#233;alable au fonctionnement d'un syst&#232;me juridique, un trait si essentiel qu'il est difficile de concevoir un syst&#232;me juridique sans lui. Si les &#234;tres humains n'&#233;taient pas, &#224; la fois, capables de reconna&#238;tre le bien et, cependant, en m&#234;me temps, de d&#233;sirer le mal, la notion d'interdiction juridique, appuy&#233;e sur la coercition serait incoh&#233;rente. Il y a &#233;galement quelque chose de plus &#224; l'histoire. Celui qui l'a racont&#233;e doit s'&#234;tre &#233;merveill&#233; de la capacit&#233; humaine &#224; faire la distinction entre le bien et le mal. Il avait pu sembler que la connaissance du bien et du mal n'&#233;tait pas le r&#233;sultat d'une investigation raisonn&#233;e mais le fruit d'une qualit&#233; inn&#233;e de la nature humaine. Et cependant, il est clair que les &#234;tres humains ne sont pas pr&#233;d&#233;termin&#233;s &#224; faire le bien. La connaissance du bien semble d'inspiration divine, comme si la race humaine avait &#233;t&#233; initialement cr&#233;&#233;e en dieu et avait &#233;t&#233; d&#233;chue, par la suite, de cette identification parfaite avec la volont&#233; divine qui constituait la gr&#226;ce.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;H&#233;las, la connaissance du bien et du mal, non accompagn&#233;e de la morale, ne s'est pas r&#233;v&#233;l&#233;e suffisante pour r&#233;sister &#224; la tentation. Depuis Ca&#239;n et Abel, il en r&#233;sulta une telle iniquit&#233; que l'Eternel d&#233;cida de noyer le monde. Apr&#232;s le D&#233;luge, &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; &#233;tablit une alliance avec No&#233; au terme de laquelle le monde ne serait jamais &#224; nouveau d&#233;truit par une calamit&#233;. En faisant cette promesse, le Seigneur d&#233;montrait &#224; No&#233; la nature de l'obligation et l'initiait ainsi avec sa famille au concept de devoir. Le sens du devoir ou de la moralit&#233; est la seconde condition pour l'existence d'un syst&#232;me juridique, parce qu'il ne peut y avoir de droit que si l'humanit&#233; lutte pour se conformer aux exigences du devoir. Le combat h&#233;ro&#239;que, de chaque jour, largement victorieux de l'&#234;tre humain pour r&#233;sister &#224; son d&#233;sir donne l'impression que l'humanit&#233; essaie de tenir les promesses qu'elle a faites pour b&#233;n&#233;ficier de l'alliance du Seigneur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La compr&#233;hension que le bon diff&#232;re du mal et un engagement moral en faveur du bien ne suffit pas encore pour l'&#233;tablissement d'un syst&#232;me juridique, tout au moins, selon l'auteur du &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt;. La derni&#232;re exigence est la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; de la particularit&#233;. Le texte divin exprime cette n&#233;cessit&#233; en d&#233;peignant la fragmentation d'une langue unique, originelle. Ce compte rendu soul&#232;ve deux difficult&#233;s. La premi&#232;re est de faire sens de l'affirmation que les langues naturelles ont une origine commune. La seconde est de comprendre pourquoi la notion de particularit&#233; est une condition n&#233;cessaire pour un code de lois.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;De la langue&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Alors que nos anc&#234;tres se fixaient l'objectif de construire la ville et la tour de Babel, il est &#233;crit qu'ils ont aussi d&#233;cid&#233; de se faire un nom, de fa&#231;on &#224; &#233;viter d'&#234;tre &#233;parpill&#233;s sur la surface de la terre. Confront&#233;s &#224; l'exub&#233;rance vari&#233;e, magnifique mais effrayante de l'existence, ils ont souhait&#233; &#233;viter la dispersion en se rassemblant, en r&#233;duisant tout &#224; un nom unique, &#224; une unique compr&#233;hension. Ils cherchaient la transcendance par del&#224; le royaume de la vari&#233;t&#233; dans un principe fondateur unique. L'id&#233;e d'un nom unique a influenc&#233; la construction de la tour. Ne trouvant pas de pierres, nous dit-on, ils ont fait des briques qu'ils ont br&#251;l&#233;es compl&#232;tement. La fondation de la tour &#233;tait ainsi une construction humaine. Cependant, les b&#226;tisseurs de la tour croyaient que s'ils r&#233;ussissaient &#224; construire une tour, m&#234;me sur de telles bases, dans une plaine d&#233;couverte par hasard, ils seraient capables de dominer la Cr&#233;ation et, par le sommet de la tour, d'entrer dans l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire de la tour de Babel sugg&#232;re la facilit&#233; avec laquelle l'esprit humain est attir&#233; par le r&#233;ductionnisme. L'histoire exprime l'espoir fou mais persistent qu'il soit possible d'&#233;chapper &#224; l'incertitude en glorifiant la th&#233;orie en vogue sur l'instant : nos anc&#234;tres ont pens&#233; que si la tour &#233;tait assez haute, elle pourrait atteindre les Cieux. Le r&#233;cit nous rappelle que l'intuition humaine cherche la v&#233;rit&#233; dans l'unit&#233;, dans l'explication causale monolithique, plut&#244;t que dans la multiplicit&#233;. Si l'humanit&#233; ne poss&#233;dait qu'une seule langue, elle croirait in&#233;vitablement qu'il n'y a qu'une seule compr&#233;hension envisageable. En d&#233;finitive, Babel r&#233;v&#232;le les bornes de l'imagination humaine, la difficult&#233; qu'a l'humanit&#233; &#224; concevoir l'infinit&#233; des possibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une limitation importante parce que l'aptitude &#224; concevoir le possible est ce qui fait la diff&#233;rence entre la compr&#233;hension divine et la compr&#233;hension humaine. L'Eternel comprend le monde tel qu'il est, &#224; la fois son existence et ses potentialit&#233;s. C'est ce que Heidegger appelait l'&#234;tre originel (&#171; &lt;i&gt;das urspr&#252;ngliche Sein&lt;/i&gt; &#187;). L'humanit&#233;, au contraire, tend &#224; se focaliser sur le donn&#233; et le fini et &#224; le r&#233;duire &#224; une seule explication. M&#234;me un esprit humain de vaste compr&#233;hension ne pourra d&#233;couvrir qu'un nombre extr&#234;mement limit&#233; d'alternatives possibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; a d&#233;truit la tour et brouill&#233; la langue non pas pour punir ceux qui ont cherch&#233; &#224; se hisser jusqu'aux Cieux mais bien plut&#244;t pour ouvrir l'esprit humain au sens de la possibilit&#233;. Pour atteindre ce but, il &#233;tait n&#233;cessaire que certaines de ces possibilit&#233;s soient empiriquement &#233;tablies et qu'elles puissent s'&#233;panouir l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre. La confusion des langues en rendant difficile la communication d'une nation avec l'autre a permis que chaque groupe d&#233;veloppe de fa&#231;on relativement autonome les possibilit&#233;s inh&#233;rentes &#224; la langue qu'il a re&#231;ue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;veloppement d'une langue particuli&#232;re &#224; travers le temps constitue une tradition culturelle. Il n'y a, bien s&#251;r, jamais homog&#233;n&#233;it&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'une tradition. Tout d'abord les langues sont souvent compos&#233;es de multiples dialectes qui se font concurrence. En outre, chaque tradition culturelle est l'expression d'un d&#233;bat &#8211; par moments, il ne s'agit que d'une tension muette &#8211; entre gouvernants et gouvern&#233;s, entre sexes, races et religions, entre majorit&#233;s et minorit&#233;s de toutes sortes. Il y a &#233;galement constamment du Babel ou de la confusion &#224; l'int&#233;rieur d'une m&#234;me langue. Et, bien s&#251;r, l'histoire compte aussi. Tout d'abord, la tradition se r&#233;organise sans cesse, mettant, un jour, l'accent sur ce qu'elle rejetait la veille. En outre, vient un temps o&#249; il se peut que des d&#233;veloppements culturels qui se sont produits beaucoup plus t&#244;t s'av&#232;rent difficiles &#224; interpr&#233;ter, de sorte que, &#224; la mani&#232;re du moyen anglais, ils ne soient plus en mesure de s'inscrire pleinement dans la discussion contemporaine. N&#233;anmoins, en d&#233;pit du conflit et de la confusion internes, chaque tradition partage une compr&#233;hension commune. En fait, une tradition se distingue d'une autre par les termes dans lesquels les diff&#233;rents conflits sont r&#233;solus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du point de vue de Babel, en d'autres termes, le langage n'est pas transparent. Si les diff&#233;rentes langues n'&#233;taient que des instruments neutres de communication de la pens&#233;e, il serait impossible d'expliquer leur extraordinaire multiplicit&#233; et diversit&#233;. La tradition veut que soixante-dix nations aient re&#231;u une langue &#224; Babel. Ces langues se sont, en fin de compte, elles-m&#234;mes diff&#233;renci&#233;es, en leur sein, en ce qui peut avoir &#233;t&#233; jusqu'&#224; dix mille langues, dont cinq mille auraient surv&#233;cu jusqu'&#224; aujourd'hui. La diversit&#233; vient de ce que chaque langue est constitu&#233;e &#224; partir d'une intelligibilit&#233; particuli&#232;re qu'elle exprime et reproduit. Selon l'expression de Heidegger, la langue est &lt;i&gt;die redende Gliederung&lt;/i&gt;, l'articulation parlante. D&#232;s lors que chaque langue ne repr&#233;sente que l'une des nombreuses compr&#233;hensions possibles, l'existence de milliers de langues confirme la possibilit&#233; d'au moins autant d'articulations de sens v&#233;cues. En fait, il n'est pas exclu que le nombre de possibilit&#233;s soit infini. La mission confi&#233;e par l'Eternel aux mains de l'homme est de d&#233;couvrir, d'explorer et de d&#233;velopper ces possibilit&#233;s innombrables. C'est comme si une langue originelle, commune s'&#233;tait, un jour, fragment&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;De la traduction&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;La compr&#233;hension bab&#233;lienne de la langue alt&#232;re de fa&#231;on irr&#233;vocable la notion et le but de la traduction. Celle-ci dans le sens o&#249; elle a &#233;t&#233; traditionnellement comprise &#8211; la transposition expression par expression d'un message d'une langue dans une autre en &lt;i&gt;en conservant le sens&lt;/i&gt; (Samuel Johnson) &#8211; s'av&#232;re impossible. Le probl&#232;me n'est pas que les langues soient totalement incommensurables l'une avec l'autre. Ce n'est pas qu'il y ait une impossibilit&#233; inh&#233;rente &#224; exprimer dans une langue la signification d'un mot ou d'une phrase d'une autre. La langue ne d&#233;termine pas, contrairement &#224; ce que Benjamin Lee Whorf semble avoir cru, ce qu'il est &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt; de voir et de comprendre mais plut&#244;t ce qui peut &#234;tre &lt;i&gt;facilement&lt;/i&gt; saisi et ce qui, au contraire, exige un effort plus grand. Si les langues &#233;taient des forteresses imprenables, rien ne pourrait &#234;tre appris d'une culture &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me majeur serait plut&#244;t que la communication entre les langues se fait &#224; diff&#233;rents niveaux. La langue &#224; l'un d'entre eux, est un outil par lequel les &#234;tres humains essaient de se confronter au monde, soit en tentant de d&#233;crire ou de repr&#233;senter ce qu'ils per&#231;oivent comme ext&#233;rieur &#224; eux, soit en cherchant &#224; exprimer leur conscience int&#233;rieure et leurs conflits. La question de l'ad&#233;quation de la langue &#8211; sur laquelle Richard Rorty a exprim&#233; des doutes &#8211; n'emp&#234;che pas les &#234;tres humains d'essayer. M&#234;me, &#224; cet &#233;chelon, aucun message ne peut &#234;tre int&#233;gralement traduit d'une langue dans une autre sans un recours constant aux ast&#233;risques ou sans un appareil de notes explicatives tr&#232;s d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas r&#233;serv&#233; &#224; quelques expressions intraduisibles bien connues &#8211; telles que &lt;i&gt;Aufhebung&lt;/i&gt; [N. d. t. : traduction, dans certains contextes, rel&#232;vement] ou le couple langue/parole [N. d. t. : en fran&#231;ais dans le texte]. M&#234;me le mot anglais &lt;i&gt;bread&lt;/i&gt; n'a pas la m&#234;me signification que le mot fran&#231;ais pain. Bien qu'il y ait des douzaines de diff&#233;rences, le plus facile &#224; expliquer se trouve du c&#244;t&#233; du signifi&#233;. Non seulement les pains auxquels font r&#233;f&#233;rence les deux mots, diff&#232;rent, de fa&#231;on importante, quant &#224; la forme, la texture et le go&#251;t mais encore, aux Etats-Unis, le pain est en g&#233;n&#233;ral achet&#233; pr&#233;-emball&#233;, pr&#233;-coup&#233; et m&#234;me pr&#233;-congel&#233; et il est rarement mang&#233; avec le plat principal, alors que le pain fran&#231;ais est achet&#233; frais dans les boulangeries peu avant d'&#234;tre consomm&#233; au cours du repas principal. Du c&#244;t&#233; du signifiant, les diff&#233;rences sont aussi fortes. Bien que les deux mots partagent de nombreuses connotations, telles que la notion de pain quotidien (&#171; &lt;i&gt;daily bread&lt;/i&gt; &#187;), l'anglais familier a fil&#233; la m&#233;taphore et produit l'id&#233;e de &lt;i&gt;breadwinner&lt;/i&gt; (gagne-pain ou celui qui gagne le pain de la famille) et &#233;tablit m&#234;me une &#233;quivalence entre le &lt;i&gt;pain&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;argent&lt;/i&gt; [N. d. t. : cela fait penser &#224; &#171; galette &#187; en fran&#231;ais, dans un usage comparable o&#249; la &#171; galette &#187; signifie l'argent], alors que les Fran&#231;ais ont tendance &#224; employer le mot &lt;i&gt;pain&lt;/i&gt; dans des m&#233;taphores autour de la forme du pain entier, telles qu'un&lt;i&gt; pain de viande&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;meat loaf&lt;/i&gt; &#187;) et un &lt;i&gt;pain &#224; cacheter&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;sealing wax&lt;/i&gt; &#187;) et le fran&#231;ais familier a m&#234;me trouv&#233; le moyen d'utiliser &lt;i&gt;pain&lt;/i&gt; pour signifier un soufflet. De plus, les associations des deux mots dans la litt&#233;rature sont totalement diff&#233;rentes. &lt;i&gt;Pain&lt;/i&gt; rime avec &lt;i&gt;sain&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;pin&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;vin&lt;/i&gt;, alors que &lt;i&gt;bread&lt;/i&gt; rime avec &lt;i&gt;dead&lt;/i&gt; (mort), &lt;i&gt;head&lt;/i&gt; (t&#234;te) et &lt;i&gt;said&lt;/i&gt; (dit). En entendant le mot &lt;i&gt;bread&lt;/i&gt;, il faut probablement avoir eu une enfance en anglais pour que vienne le souvenir du vers &#171; &lt;i&gt;A loaf of bread&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;the Walrus said&lt;/i&gt; &#187; (&#171; une miche de pain, dit le marsouin &#187; [N. d. t. : litt&#233;ralement, le morse.]) et que surgisse aussit&#244;t l'attirance pour l'autre c&#244;t&#233; du miroir [N. d. t. : La citation est extraite de &#171; The Walrus and the Carpenter &#187;, un po&#232;me de Lewis Carroll, in id., &lt;i&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du miroir&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La langue ne se r&#233;sume pas &#224; &#234;tre un instrument &#8211; l'usage que les &#234;tres humains font des mots. Les langues communiquent &#233;galement. Elles parlent &#224; travers ceux qui essaient de les utiliser dans leurs propres communications. John Sallis le fait observer : la langue n'est pas d'abord une articulation de sens que nous r&#233;alisons mais bien plut&#244;t une articulation de sens qui a toujours d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e pour nous, que nous avons d&#233;j&#224; sans y penser int&#233;gr&#233;e, en vertu de notre vie dans le langage (&#171; Language and reversal &#187;, in &lt;i&gt;Martin Heidegger : in Europe and America&lt;/i&gt;, Balland and Scott eds., 1973). L'intelligibilit&#233; particuli&#232;re que v&#233;hicule une langue peut &#234;tre &#224; l'oppos&#233; de l'intention de l'individu qui s'exprime. Si, comme nous avons l'habitude de le dire, le langage est un jeu, ce n'est pas un jeu que nous jouons avec le langage, c'est un jeu que le langage joue avec nous. C'est un des sens dans lesquels on pourrait dire, avec Heidegger, que c'est en fait le langage qui parle (&lt;i&gt;Denn eigentlich spricht die Sprache&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cons&#233;quences pour la traduction sont consid&#233;rables. Le probl&#232;me n'est pas simplement que la signification d'un mot particulier ou d'une expression particuli&#232;re dans une langue n'a pas d'&#233;quivalent exact dans une autre. Le probl&#232;me est bien plut&#244;t qu'il n'y a rien d'identique entre les langues. Les langues ne sont tout simplement pas des &#233;quivalents en tant que moyens de communication. Les compr&#233;hensions diff&#233;rentes, implicites dans les langues naturelles, rendent chacun de leurs mots, chacune de leurs expressions, chacune de leurs propositions, intraduisibles &#8211; &#224; moins que la translation ne s'accompagne d'un compl&#233;ment textuel, extr&#234;mement subtil et compact&#233; jusqu'&#224; l'absurde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Donc, s'il existe bien une relation entre les langues &#8211; et c'est la condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour qu'une traduction devienne m&#234;me concevable &#8211; elle ne peut provenir qu'en termes du tout qu'ensemble les diverses langues peuvent avoir constitu&#233;. Le Saint Nom est en fait le principe organisateur de l'univers et si toutes les langues du monde sont des fragments de la langue originelle, parl&#233;e &#224; Babel, chaque langue repr&#233;sente un morceau d'un puzzle beaucoup plus vaste. Aucune parcelle ne peut r&#233;v&#233;ler &#224; elle seule sa signification mais chacune peut gagner en coh&#233;rence, lorsqu'elle est envisag&#233;e avec certaines autres. Un probl&#232;me, bien s&#251;r, est qu'&#224; l'heure actuelle, nous avons perdu la moiti&#233; des pi&#232;ces, &#224; supposer m&#234;me que nous les ayons jamais eues toutes. De ce fait, quoique l'ensemble ait pu un jour signifier restera toujours cach&#233; &#224; nos yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'absence de relation directe entre les langues peut justifier un scepticisme vis-&#224;-vis de la confiance mise par Gadamer dans les traductions. Pour lui, la traduction est simplement une esp&#232;ce particuli&#232;re de compr&#233;hension. Toute compr&#233;hension est interpr&#233;tation, la fusion de la langue et de l'horizon du lecteur avec la langue et l'horizon du texte. D&#232;s lors que la traduction suppose une fusion similaire, elle aussi ne serait plus qu'une simple interpr&#233;tation. Elle repr&#233;senterait &#224; la fois une forme extr&#234;me et un mod&#232;le de compr&#233;hension. La confiance de Gadamer serait justifi&#233;e si la t&#226;che n'&#233;tait que de comprendre ce que les &#234;tres humains font avec les mots mais sa m&#233;thode est incapable de rendre compte de ce qui est communiqu&#233; par la langue elle-m&#234;me. Une strat&#233;gie autre et tr&#232;s diff&#233;rente est n&#233;cessaire pour reproduire dans une langue la compr&#233;hension institu&#233;e dans une autre. Walter Benjamin a probablement &#233;t&#233; le premier &#224; le noter : la traduction ne pourrait r&#233;soudre ce probl&#232;me qu'en important d'une langue dans une autre un fragment entier de la culture &#233;trang&#232;re et pas simplement la chose signifi&#233;e. En ce sens, la traduction r&#233;ussie, non seulement enrichi la langue cible mais elle nous rappelle ses limites.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;Du droit et de l'enseignement du droit&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Babel est particuli&#232;rement importante en tant que pr&#233;face &#224; un texte juridique. Elle souligne la particularit&#233; de tout code de lois. Aucun code promulgu&#233; dans un langage post-bab&#233;lien &#8211; m&#234;me s'il a &#233;t&#233; con&#231;u d'inspiration divine &#8211; ne peut &#234;tre universel. Toute loi est une loi particuli&#232;re. Elle fait partie d'un langage particulier, elle s'enracine dans une tradition culturelle, sp&#233;cifique et elle est destin&#233;e &#224; un peuple donn&#233;. Les lois codifi&#233;es dans le &lt;i&gt;Chumash&lt;/i&gt; &#8211; les six cent treize mitsvoth, les Dix Commandements y compris, s'appliquent directement, uniquement au peuple dans la langue duquel le code a &#233;t&#233; &#233;crit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme les langues, les syst&#232;mes juridiques expriment des compr&#233;hensions particuli&#232;res. Et, comme avec les langues, les compr&#233;hensions particuli&#232;res se constituent dans le conflit et le d&#233;bat, sont ce que les d&#233;batteurs partagent. Ainsi, quel que soit le succ&#232;s qu'il rencontre, un syst&#232;me juridique ne peut pas pr&#233;tendre directement &#224; l'universalit&#233; &#8211; aucun ne peut &#233;chapper &#224; la particularit&#233; de la langue dans laquelle il est formul&#233;. Chaque syst&#232;me juridique exprime la signification du droit et de la justice d'une mani&#232;re particuli&#232;re. La sagesse en droit ne se situe pas &#224; l'int&#233;rieur d'une compr&#233;hension particuli&#232;re mais r&#233;sulte bien davantage d'une saisie de toutes ces articulations ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est possible d'acc&#233;der de plusieurs mani&#232;res aux compr&#233;hensions incorpor&#233;es dans de nombreux syst&#232;mes de droit et de justice particuliers mais, pour commencer, il peut &#234;tre plus facile de partir de ce qui pourrait &#234;tre appel&#233; le d&#233;but : non pas un commencement enfoui dans le pass&#233; mais, bien plut&#244;t, le commencement dont tout nouveau juriste fait l'exp&#233;rience, alors qu'il est initi&#233; au m&#233;tier &#8211; les diff&#233;rents syst&#232;mes, extraordinairement vari&#233;s, de l'enseignement du droit. L'intuition sugg&#232;re que l'enseignement du droit pr&#233;sentera de grandes diff&#233;rences entre traditions g&#233;ographiquement dispers&#233;es et culturellement disparates. Mais m&#234;me un h&#233;ritage culturel, commun n'emp&#234;che pas les diff&#233;rences. C'est pourquoi il est particuli&#232;rement important, pour sugg&#233;rer l'&#233;ventail des m&#233;thodes d'enseignement du droit, d'envisager l'enseignement du droit dans des pays o&#249; les traditions semblent assez proches. Celles qui ont &#233;t&#233; instaur&#233;es en Allemagne de l'Ouest, en France et aux Etats-Unis seront examin&#233;es ici. Bien que les aptitudes d&#233;velopp&#233;es dans les trois syst&#232;mes puissent sembler se recouper quelque peu, il existe quelque chose de tr&#232;s diff&#233;rent quant &#224; la mani&#232;re dont elles s'articulent. Le projecteur, dans cette &#233;tude, est braqu&#233; sur ces diff&#233;rences. Pour limiter la discussion, je laisse de c&#244;t&#233; les autres processus connexes dans le droit, tels que la fa&#231;on dont les cas sont d&#233;cid&#233;s et les m&#233;thodes de la doctrine juridique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objet principal de l'enseignement du droit en Allemagne est de d&#233;velopper l'aptitude &#224; pratiquer la r&#233;solution des cas (&#171; &lt;i&gt;Fall&#246;sung&lt;/i&gt; &#187;), une m&#233;thode particuli&#232;re pour trouver une solution juridique &#224; une situation de fait hypoth&#233;tique. C'est l'aptitude requise pour r&#233;ussir &#224; l'examen d'Etat allemand qui intervient &#224; la fin des &#233;tudes &#224; l'&#233;cole de droit et qui seul d&#233;termine la note finale et le rang de sortie au sein de la classe. La technique de r&#233;solution des cas est consid&#233;r&#233;e comme si importante que les &#233;tudiants en droit allemand en fin d'&#233;tudes abandonnent souvent compl&#232;tement l'enseignement universitaire, pendant un an ou deux, avant de passer leur examen d'Etat, pour suivre les cours donn&#233;s par un des nombreux tuteurs priv&#233;s, les r&#233;p&#233;titeurs (&#171; &lt;i&gt;Repetitoren&lt;/i&gt; &#187;) qui mart&#232;lent et d&#233;veloppent sans rel&#226;che les aptitudes requises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant au fond, l'enseignement du droit en Allemagne a tendance &#224; se focaliser sur le droit priv&#233;, plus sp&#233;cialement le droit des contrats et en particulier les contrats de vente. La question centrale en ce domaine porte sur les r&#233;parations et plus pr&#233;cis&#233;ment sur le lien entre les moyens de recours disponibles en droit g&#233;n&#233;ral des contrats et ceux offerts par le droit de la vente. L'ensemble complexe de r&#232;gles fourni par le code civil allemand et le droit des cas aff&#233;rant &#224; ces questions implique des r&#233;f&#233;rences crois&#233;es tr&#232;s &#233;labor&#233;es, le recours fr&#233;quent &#224; l'interaction du principe, de l'exception et de l'exception &#224; l'exception et l'emploi de distinctions d'une subtilit&#233; &#233;vanescente. Il y a l&#224;, pour ceux qui font de l'&#233;l&#233;gance mani&#233;r&#233;e une vertu, une structure &#224; classer, &#224; c&#244;t&#233; des formes verbales du grec classique, parmi les cr&#233;ations sublimes de l'imagination humaine. Inutile de dire que cette partie du droit allemand est du &lt;i&gt;Professorenrecht&lt;/i&gt; (&#171; droit des professeurs &#187;), une affaire de sp&#233;cialistes. La complexit&#233; du domaine est ce qui l'impose comme test pour la ma&#238;trise, par l'&#233;tudiant, de la technique juridique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;soudre avec succ&#232;s le cas d'&#233;cole allemand requiert une connaissance parfaite du sch&#233;ma des r&#233;parations et un examen complet et syst&#233;matique de la pertinence, quant aux faits soumis, des dispositions vari&#233;es sur les recours. Si le demandeur dans le cas pratique a plusieurs adversaires potentiels, les pr&#233;tentions &#224; l'&#233;gard de chacun doivent &#234;tre trait&#233;es ind&#233;pendamment les unes des autres. Si le demandeur avance des pr&#233;tentions (&#171; &lt;i&gt;Anspr&#252;che&lt;/i&gt; &#187;) de diff&#233;rents types contre une partie donn&#233;e, ces revendications doivent &#234;tre examin&#233;es selon un certain ordre. Une grande part du d&#233;bat acad&#233;mique allemand se concentre sur les questions d'organisation et il y a des points de vue qui s'opposent sur ces questions. En g&#233;n&#233;ral, les demandes principales doivent &#234;tre envisag&#233;es avant les demandes secondaires (l'ex&#233;cution en nature avant les dommages et int&#233;r&#234;ts, l'envoi en possession ou la r&#233;int&#233;grande avant les revendications contractuelles) et l'objectif premier du demandeur avant un objectif secondaire. Pour chaque type de revendication, il peut y avoir une pluralit&#233; de fondements potentiellement pertinents pour la pr&#233;tention (&#171; &lt;i&gt;Anspruchsgrundlage&lt;/i&gt; &#187;) &#8211; la disposition sp&#233;cifique du code ou un principe bien &#233;tabli dans les pr&#233;c&#233;dents qui offre un moyen de recours particulier pour le demandeur. Chaque discussion de fond commence par un expos&#233; de l'&lt;i&gt;Anspruchsgrundlage&lt;/i&gt; et tous les fondements qui peuvent &#234;tre con&#231;us comme pertinents pour la revendication doivent &#234;tre examin&#233;s selon un certain ordre &#8211; les normes sp&#233;ciales avant les normes g&#233;n&#233;rales, les dispositions contractuelles avant les extracontractuelles, les dispositions fond&#233;es sur la propri&#233;t&#233; avant l'enrichissement sans cause. Pour chaque disposition particuli&#232;re, il y a aussi un ordre &#233;tabli pour le passage en revue des conditions juridiques (&#171; &lt;i&gt;Tatbestandsmerkmale&lt;/i&gt; &#187;). En responsabilit&#233; civile, par exemple, bien qu'il y ait d&#233;bat &#224; propos du sch&#233;ma qui convient et qu'il y ait deux ou trois choix acceptables, la discussion commence traditionnellement par la nature du dommage et passe ensuite au type de droit qui a &#233;t&#233; viol&#233;, puis &#224; l'acte dommageable, au lien de causalit&#233; entre l'acte dommageable et la violation du droit, au lien entre la violation du droit et le dommage, &#224; la violation d'un devoir (&#171; &lt;i&gt;Rechtswidrigkeit&lt;/i&gt; &#187;) et &#224; la faute (&#171; &lt;i&gt;Verschulden&lt;/i&gt; &#187;). (La technique de r&#233;solution des cas est d&#233;crite dans Uwe Diederichsen, &lt;i&gt;Die BGB-Klausur&lt;/i&gt;, 6&#232; ed., 1994, p.80-88 et dans Dieter Medicus, &lt;i&gt;B&#252;rgerliches Recht&lt;/i&gt;, 14&#232; ed., 1989, p.1-14.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En bref, l'accent est mis davantage sur la structure d'analyse que sur le r&#233;sultat. L'essentiel pour qu'il r&#233;ussisse &#224; l'examen d'Etat est que l'&#233;tudiant confronte correctement les faits &#224; un syst&#232;me compliqu&#233; de recours. Bien s&#251;r des arguments de politique peuvent &#234;tre soulev&#233;s dans la r&#233;ponse, mais seulement s'ils sont incorpor&#233;s au bon moment de la discussion. En tout cas, il est hors de question d'introduire quoi que ce soit qui ne concerne pas directement la question &#224; traiter. En m&#234;me temps, aucune &#233;tape logiquement n&#233;cessaire ne doit &#234;tre omise. Une faute grave dans la construction peut conduire &#224; l'&#233;chec, m&#234;me si les th&#233;ories et les politiques sont correctement examin&#233;es. Il est essentiel de ne rien faire et de ne pas avancer d'argument qui ne soit justifi&#233; par une disposition du code ou un principe bien &#233;tabli en droit des cas. M&#234;me si un degr&#233; un peu plus &#233;lev&#233; de souplesse et d'ouverture &#224; l'innovation peut exister en dehors du droit priv&#233;, le respect d'un mod&#232;le pr&#233;-&#233;tabli est appr&#233;ci&#233; &#224; travers tout l'enseignement du droit en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La focalisation exclusive sur la logique de l'&lt;i&gt;Anspruchsgrundlage&lt;/i&gt; encourage l'&#233;tudiant allemand &#224; d&#233;velopper une rigueur et une discipline extraordinaires et &#224; porter une attention minutieuse aux distinctions subtiles entre les diff&#233;rentes dispositions concernant les recours. Ces choix ont leurs inconv&#233;nients cependant. Ils tendent &#224; &#233;carter une discussion explicite, de grande ampleur sur les alternatives politiques et n&#233;gligent le d&#233;veloppement de l'aptitude &#224; plaider. De plus, en se concentrant sur le point de vue admis et les dispositions fermement &#233;tablies concernant les recours, de m&#234;me qu'en insistant sur les vertus de la pr&#233;visibilit&#233; et de la certitude, la &lt;i&gt;Fall&#246;sung&lt;/i&gt; prend une allure quelque peu conservatrice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enseignement du droit en Allemagne, en analysant et en ordonnant le sch&#233;ma des recours, &#233;nonce une compr&#233;hension politique et morale de la nature de la justice et de la libert&#233; &#224; l'ombre du droit. Elle affirme qu'un peuple est libre quand il d&#233;lib&#232;re selon une voie parlementaire et quand les commandements du l&#233;gislateur sont rigoureusement appliqu&#233;s par le judiciaire. Il est par l&#224; impliqu&#233; que les progr&#232;s en droit doivent &#234;tre laiss&#233;s au processus politique et qu'il revient aux juridictions supr&#234;mes de donner le la. Le r&#244;le du juge individuel n'est pas d'accorder r&#233;paration simplement parce qu'il peut sembler juste de faire ainsi mais bien plut&#244;t parce qu'il respecte, ce faisant, la volont&#233; du peuple telle qu'exprim&#233;e dans les actes l&#233;gislatifs promulgu&#233;s. Aux yeux du juriste de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, la m&#233;thode allemande appara&#238;t assez rigide dans sa fa&#231;on de parvenir &#224; la conclusion et aveugle &#224; la constellation de possibilit&#233;s offertes par le droit. Cependant, dans le m&#234;me temps, la vision implicite de l'enseignement du droit en Allemagne exprime non seulement une croyance ou une aspiration qui est largement partag&#233;e en Allemagne et ailleurs mais aussi une pens&#233;e qui peut repr&#233;senter un &#233;l&#233;ment de tout syst&#232;me juridique complexe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enseignement du droit en France se concentre sur une aptitude diff&#233;rente et illustre une compr&#233;hension diff&#233;rente de la nature du droit. Pour commencer, le professeur de droit fran&#231;ais &#233;vite l'hypoth&#232;se comme moyen d'enseignement. Il n'est virtuellement jamais demand&#233; aux &#233;tudiants en droit en France d'examiner une structure de faits compliqu&#233;e, d'identifier les probl&#232;mes et de r&#233;soudre le conflit. L'accent est mis, au contraire, sur un type particulier de synth&#232;se. Les &#233;tudiants fran&#231;ais apprennent &#224; d&#233;velopper une vue d'ensemble sur une question juridique ou sur un jugement judiciaire et &#224; exposer cette vue d'ensemble non seulement de fa&#231;on convaincante mais aussi dans une forme sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La cl&#233; de la m&#233;thode de synth&#232;se fran&#231;aise est le &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt;, la structure d'organisation pour l'&lt;i&gt;expos&#233;&lt;/i&gt; ou la pr&#233;sentation. Les juristes fran&#231;ais ont fait du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; une forme d'art. Ils le construisent selon des r&#232;gles strictes. Une de ces r&#232;gles est la maxime de l'&#233;l&#233;gance : les subdivisions du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; en leur ensemble doivent couvrir le sujet dans sa totalit&#233; et chaque &#233;l&#233;ment du tout doit, en fait, entrer dans l'une des subdivisions. Ensuite, l'expos&#233;, entre sa br&#232;ve introduction et sa conclusion encore plus courte, contient, en g&#233;n&#233;ral, exactement deux parties, chacune divis&#233;e en exactement deux sous-parties (un &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; peut comprendre trois parties principales &#8211; jamais plus en fait, dans sa forme classique &#8211; et uniquement &#224; condition qu'il soit impossible de subsumer l'une des trois sous une autre). Le r&#244;le de l'introduction est de pr&#233;senter et de justifier le &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt;. Elle commence avec un lieu commun, s&#251;r d'&#234;tre accept&#233; par un lecteur form&#233; au droit, et expose ensuite le sujet de fa&#231;on telle que la structure du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; apparaisse convaincante, voire &#233;vidente, dans ses subdivisions. Chacune des deux parties principales de l'&lt;i&gt;expos&#233;&lt;/i&gt; doit &#234;tre de longueur approximativement &#233;gale. Chacune des deux sous-parties correspondantes doit aussi &#234;tre de proportion sensiblement identique. Les intitul&#233;s en parall&#232;le doivent &#234;tre sym&#233;trique dans leur forme syntaxique. En somme, l'&lt;i&gt;expos&#233;&lt;/i&gt; r&#233;ussi doit sa clart&#233; et sa force de persuasion aux canons de l'&#233;quilibre et de l'harmonie. (La technique du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; est d&#233;crite dans Jean-Pierre Gridel, &lt;i&gt;La dissertation et le cas pratique en droit priv&#233;&lt;/i&gt;, 2nde &#233;d., 1986, p.21-45.) Cette r&#232;gle des deux parties et des deux sous-parties est rigoureusement suivie par les &#233;tudiants &#224; la fois dans leurs pr&#233;sentations orales et dans leurs examens &#233;crits et, avec quelques nuances, par les candidats au doctorat, lorsqu'ils &#233;crivent leur th&#232;se, par les auteurs des articles de revues juridiques et m&#234;me par les sp&#233;cialistes dans la r&#233;daction de leurs trait&#233;s exhaustifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La structure binaire de l'expos&#233; peut para&#238;tre assez arbitraire et rigide mais, comme dans le cas de l'ordonnancement des rimes d'un sonnet ou avec le nombre de syllabes dans un ha&#239;ku, l'apparence est trompeuse. Le &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; est essentiel &#224; la compr&#233;hension fran&#231;aise de la nature du droit. L'intention qui sous-tend la conception fran&#231;aise du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; est que la meilleure fa&#231;on d'aborder les sujets juridiques est sous l'angle d'une tension ou d'une contradiction fondamentale. Aussi longtemps qu'une tension de ce type n'a pas &#233;t&#233; d&#233;couverte et que le sujet n'a pas &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233; de ce point de vue, toute compr&#233;hension est insatisfaisante : l'auteur para&#238;t incapable de rassembler les d&#233;tails et la ma&#238;trise du sujet semble lui &#233;chapper. Il est important de noter que la compr&#233;hension fran&#231;aise ne repr&#233;sente pas une affirmation m&#233;taphysique, d&#233;guis&#233;e &#224; propos d'une structure suppos&#233;ment dialectique du droit. Il n'y a rien d'absolu ou d'objectif au sujet du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; tel que les Fran&#231;ais le con&#231;oivent. N'importe quel sujet pourrait donner lieu &#224; autant de &lt;i&gt;plans&lt;/i&gt; &#8211; et m&#234;me &#224; plus de &lt;i&gt;plans&lt;/i&gt; &#8211; qu'il n'y a de juristes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La compr&#233;hension fran&#231;aise du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; est enivrante. Parmi ceux qui ont r&#233;ussi leur formation en France, il n'est personne pour juger qu'une pr&#233;sentation est bonne, qu'elle soit &#233;crite ou orale, si elle n'a pas &#233;t&#233; harmonieusement divis&#233;e en deux parties, chacune ayant deux sous-parties. De ce point de vue, toute autre organisation de la discussion juridique est un indice que son auteur n'a pas encore acquis la ma&#238;trise du mat&#233;riau. Le &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; fait qu'il est extraordinairement facile de voir et de retenir la structure du droit et il donne la capacit&#233; de montrer les liens entre des sujets aussi &#233;loign&#233;s soient-ils. Finalement, un &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; persuasif est aussi satisfaisant que peut l'&#234;tre une chose intellectuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La concentration fran&#231;aise, ind&#233;fectible, sur la synth&#232;se n&#233;glige n&#233;cessairement une large part de ce qui est sinon int&#233;ressant en droit. Par exemple, l'enseignement du droit en France ne d&#233;veloppe pas la sensibilit&#233; des &#233;tudiants aux faits ou &#224; la compr&#233;hension de l'art de la plaidoirie. Il produit aussi une vision de droit exag&#233;r&#233;ment harmonieuse et unifi&#233;e. Il place l'&#233;tudiant en droit en dehors du droit, &#224; un point de synth&#232;se et &#233;carte les juristes, sauf les plus accomplis, d'une participation active au changement juridique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La vision implicite &#224; l'enseignement du droit en France est que le droit est la force organisatrice d'une soci&#233;t&#233; travaill&#233;e par des tensions et des contradictions. Organiser la contradiction ne signifie pas, bien s&#251;r, la nier. La t&#226;che du droit est de reconna&#238;tre la tension, de percevoir combien toute question juridique est divis&#233;e contre elle-m&#234;me, d'&#233;valuer les opinions contradictoires, d'en donner une pr&#233;sentation &#233;quilibr&#233;e et d'offrir, au moins temporairement, une conciliation &#233;l&#233;gante et satisfaisante des oppos&#233;s. Le droit, dans cette perspective, &#224; la fois garantit le domaine de la libert&#233; et cr&#233;e une unit&#233; et une coh&#233;sion sociale. Il op&#232;re la quadrature du cercle, assure la domination de l'ordre sur le chaos. Il est le centre qui r&#233;siste aux forces centrifuges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enseignement du droit aux Etats-Unis offre encore une compr&#233;hension diff&#233;rente. Comme dans de nombreux autres syst&#232;mes, il s'agit principalement de l'&#233;tude de cas d&#233;j&#224; jug&#233;s. Mais ces cas ne sont pas &#233;tudi&#233;s aux Etats-Unis comme ils le sont ailleurs. Dans de nombreux autres syst&#232;mes o&#249; l'on proc&#232;de &#224; la lecture des cas, le cas sert de mani&#232;re quasi exclusive &#224; d&#233;montrer &#224; l'&#233;tudiant comment appliquer le droit aux faits, comment &#233;valuer le comportement des diff&#233;rentes parties en ayant recours aux normes disponibles dans l'ordre juridique. L'objet est de comprendre quelle partie a agi correctement et quelle est celle qui ne l'a pas fait. Aux Etats-Unis, souvent l'&#233;tude des cas peut remplir une telle fonction mais le pouvoir de la m&#233;thode des cas (&#171; &lt;i&gt;case method&lt;/i&gt; &#187;) r&#233;side ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;j&#224;, les cas ne sont pas en g&#233;n&#233;ral &#233;tudi&#233;s de fa&#231;on isol&#233;e. Ils sont enseign&#233;s par deux, trois ou m&#234;me par s&#233;ries enti&#232;res. Les cas r&#233;unis peuvent sembler, au premier regard, apporter des solutions diff&#233;rentes pour le m&#234;me ensemble de faits. La t&#226;che est alors de les concilier, de distinguer entre les faits de fa&#231;on convaincante de mani&#232;re &#224; &#233;lucider pourquoi chacun m&#233;rite le r&#233;sultat que le juge de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; lui a accord&#233;. Le d&#233;fi est de d&#233;couvrir la perspective &#224; partir de laquelle des cas en apparence identiques se pr&#233;sentent comme des oppos&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, les faits dans les cas publi&#233;s sont fr&#233;quemment utilis&#233;s dans l'enseignement du droit comme un d&#233;fi. Dans de nombreuses salles de cours, on aspire &#224; ce que les &#233;tudiants utilisent les cas pour reconstruire le syst&#232;me juridique. Les normes juridiques ne servent pas alors &#224; juger laquelle des deux parties a agi correctement. La r&#233;ponse &#224; cette question &#8211; c'est une le&#231;on du r&#233;alisme juridique &#8211; n'est pas exclusivement une question de droit. L'enseignement du droit aux Etats-Unis fait souvent d'un cas particulier l'occasion de s'interroger sur le bien-fond&#233; des r&#232;gles juridiques. L'objet d'une telle discussion en classe est de d&#233;terminer comment l'ordre juridique devrait &#234;tre structur&#233; pour que le cas soit r&#233;solu de fa&#231;on satisfaisante devant la juridiction. L'&#233;tudiant apprend &#224; intervenir en classe pour argumenter qu'en d&#233;pit de la loi, des r&#232;glements et du pr&#233;c&#233;dent, une r&#232;gle n'est pas ce qu'elle devrait &#234;tre. Le but n'est pas simplement que les &#233;tudiants apprennent &#224; discerner les questions juridiques difficiles mais aussi qu'ils apprennent que les difficult&#233;s doivent &#234;tre r&#233;solues de fa&#231;on responsable socialement et politiquement. Pour cette raison, la m&#233;thode des cas n'est ni rigoureuse, ni formelle. C'est une tentative impressionniste d'int&#233;grer les dispositions l&#233;gislatives, les pr&#233;c&#233;dents, les consid&#233;rations politiques, les th&#233;ories du droit et les notions de justice et d'&#233;quit&#233;. Ce qui compte est ce qui marche, ce qui convainc l'auditoire socialement et politiquement concern&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La beaut&#233; &#8211; et les limites &#8211; de l'enseignement du droit aux Etats-Unis est qu'il en fait tant avec les moyens limit&#233;s que lui offrent les d&#233;cisions des cours d'appel. Il encourage et il d&#233;veloppe, probablement plus que tout autre syst&#232;me d'enseignement du droit, l'aptitude &#224; &#233;tablir des distinctions tr&#232;s fines entre les faits de cas similaires et &#224; faire de ces distinctions des arguments juridiques convaincants. Il enseigne aussi aux &#233;tudiants non seulement &#224; rep&#233;rer les questions juridiques &#8211; &#224; les cr&#233;er en r&#233;alit&#233; &#8211; mais, dans une certaine mesure, &#224; plaider pour le changement et &#224; le faire advenir. La m&#233;thode des cas peut d&#233;velopper l'imagination et le potentiel cr&#233;atif de l'&#233;tudiant d'une mani&#232;re qui peut &#234;tre le mieux d&#233;crite comme psych&#233;d&#233;lique. Bien s&#251;r, en se concentrant trop exclusivement sur ces aptitudes au d&#233;triment des autres, les &#233;tudiants en droit am&#233;ricains ne deviennent pas virtuoses dans les techniques de manipulation des dispositions d'un code et parviennent rarement &#224; une vision d'ensemble du rapport entre les diff&#233;rents domaines du droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#233;tudiants en droit am&#233;ricains aspirent &#224; r&#233;am&#233;nager le pass&#233; et &#224; pr&#233;parer l'avenir. La compr&#233;hension du droit implicite dans un tel syst&#232;me est que le juge, l'avocat et le plaignant ont chacun un r&#244;le &#224; jouer non seulement en revendiquant l'application de droits individuels mais en en cr&#233;ant en fait. C'est la vision d'une prise de d&#233;cision d&#233;centralis&#233;e, d'un Etat dans lequel chaque individu a un acc&#232;s direct &#224; un cr&#233;ateur de normes. C'est la conception de l'enceinte judiciaire comme forum pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;De l'enseignement du droit et des projets culturels&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; des sens formul&#233;e dans les diff&#233;rentes langues et les diff&#233;rents syst&#232;mes d'enseignement juridique sugg&#232;re que chaque tradition culturelle est distincte. Chacune poursuit un objectif particulier qu'il pourrait &#234;tre heuristique ici d'appeler un &lt;i&gt;projet culturel&lt;/i&gt;. Le projet est pr&#233;sent dans la langue qui est parl&#233;e, dans la m&#233;thode d'enseignement du droit, dans la mani&#232;re de cuire le pain &#8211; bref, dans chaque aspect de la vie d'une tradition particuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ceux qui ont v&#233;cu &#224; l'&#233;tranger sont conscients de cela. Cependant, parce que cela sent son st&#233;r&#233;otype, il semble y avoir quelque immoralit&#233; &#224; le reconna&#238;tre. Une des raisons pour lesquelles les st&#233;r&#233;otypes sont de si graves p&#233;ch&#233;s est qu'admettre des distinctions globales peut servir de base &#224; des pr&#233;jug&#233;s ou &#224; la discrimination. Pour ce motif, les comparatistes en tous genres essaient en g&#233;n&#233;ral de d&#233;montrer que, contrairement aux apparences, tout est en fait identique partout. Quelle qu'en soit le motif, en tout cas, peu d'attention a &#233;t&#233; pay&#233;e aux particularit&#233;s des projets culturels. La le&#231;on de Babel, cependant, est difficile &#224; saisir tant qu'un effort n'a pas &#233;t&#233; fait pour comprendre les particularit&#233;s &#8211; les contributions potentielles &#8211; de chacune des diverses traditions culturelles. Ce qui suit est une r&#233;flexion pr&#233;liminaire et subjective &#224; propos du lien qui unit la langue et le droit dans les trois traditions culturelles dont les m&#233;thodes d'enseignement du droit viennent d'&#234;tre examin&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un trait particulier &#224; la langue allemande est la fa&#231;on dont l'abstraction est g&#233;n&#233;r&#233;e. Cela fait partie du g&#233;nie de cette langue que l'abstraction ne perd jamais contact avec le concret. En allemand, les abstractions sont des m&#233;taphores vivantes. Elles consistent presque toujours en des mots &#233;l&#233;mentaires, reconnaissables facilement &#8211; deux ou plus &#8211; qui ont &#233;t&#233; accol&#233;s. Les significations concr&#232;tes de base sont en g&#233;n&#233;ral pr&#233;sentes et actives. Le mot &lt;i&gt;aufheben&lt;/i&gt; en est un bon exemple. Il est constitu&#233; du pr&#233;fixe pr&#233;positionnel &lt;i&gt;auf&lt;/i&gt; [N. d. t. : mouvement vers le haut], &lt;i&gt;up&lt;/i&gt; en anglais et un verbe de base &lt;i&gt;heben&lt;/i&gt; (soulever, &lt;i&gt;lift&lt;/i&gt; en anglais). Son sens premier est simplement lever ou ramasser (je ramasse un stylo par terre) et le mot est utilis&#233; dans la conversation courante en ce sens. Quand il est employ&#233; de fa&#231;on plus abstraite, ce qui est fr&#233;quent &#233;galement, le verbe prend deux significations virtuellement contradictoires. Il peut signifier conserver (mettre quelque chose de c&#244;t&#233; pour le conserver) ou bien annuler ou retirer (abroger ou rapporter un restriction l&#233;gislative). Hegel l'a employ&#233; dans une optique philosophique pour rassembler tous ces sens &#224; la fois. Pour lui, il signifiait le processus de d&#233;passement d'un stade de d&#233;veloppement pour le conserver &#224; un niveau plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La qualit&#233; po&#233;tique et philosophique de la langue allemande d&#233;rive, dans une large mesure, de cette r&#233;sonance constante du concret dans l'abstrait. Hegel et Heidegger, par exemple, ont, de mani&#232;re r&#233;it&#233;r&#233;e, interrog&#233; les &#233;l&#233;ments individuels des mots compos&#233;s pour discerner leur contribution au concept abstrait qui en est r&#233;sult&#233;. Tous les deux ont fait usage du trait d'union comme instrument chirurgical dans leur investigation. Hegel, par exemple, &#224; la derni&#232;re page de sa &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie&lt;/i&gt;, d&#233;couvrait dans &lt;i&gt;Er-Innerung&lt;/i&gt; (m&#233;moire/int&#233;riorisation) non seulement une r&#233;-immersion de l'Esprit en lui-m&#234;me mais aussi la suggestion que l'histoire est la r&#233;sultante du d&#233;veloppement interne de l'Esprit. Heidegger a transpos&#233; la technique de fa&#231;on mythopo&#233;tique au grec classique, interpr&#233;tant &lt;i&gt;Existenz&lt;/i&gt; (existence) de la perspective de &lt;i&gt;Ek-sistenz&lt;/i&gt; (mettre debout ou &#234;tre expos&#233; &#224;) et &lt;i&gt;aletheia&lt;/i&gt; (la v&#233;rit&#233;) comme &lt;i&gt;a-letheia&lt;/i&gt; (arrach&#233; &#224; l'oubli). Ainsi l'une des pr&#233;occupations centrales de la langue allemande est de permettre que l'&#233;l&#233;ment individuel soit soigneusement et significativement int&#233;gr&#233; dans l'ensemble. M&#234;me les mots simples, lorsqu'ils sont correctement organis&#233;s avec d'autres mots prennent une signification m&#233;taphysique. L'implication est que l'individuel, non seulement acquiert du sens &#224; travers son r&#244;le dans l'ensemble complexe, mais, dans une large mesure, est identifi&#233; &#224; lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, cela ne veut pas dire que ce trait soit pr&#233;sent uniquement dans la langue allemande. Par exemple, l'anglais recourt occasionnellement &#224; cette technique aussi (&#171; &lt;i&gt;overcome&lt;/i&gt; &#187; [vaincre, litt&#233;ralement : passer par-dessus], &#171; &lt;i&gt; headhunter&lt;/i&gt; &#187; [chasseur de t&#234;tes]), bien qu'une caract&#233;ristique de l'anglais soit de faire la distinction entre les abstractions qui ont une racine latine et les mots pour le concret, qui sont d&#233;riv&#233;s de l'anglo-saxon. (Il est certain que &lt;i&gt;trans-late&lt;/i&gt; (traduire) aussi est un compos&#233;, &#224; la fois pour ceux qui connaissent le latin et pour ceux qui parlent l'anglais et ont conscience d'autres mots en trans- (&#171; &lt;i&gt; transgress&lt;/i&gt; &#187; [transgresser]) et en -&lt;i&gt;late&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;elate&lt;/i&gt; [exalter]) mais les &#233;l&#233;ments sont moins apparents qu'ils ne le sont dans les compos&#233;s allemands, correspondants.) De plus, la g&#233;n&#233;ration d'abstractions n'est qu'un des traits linguistiques, centraux de la langue allemande. Une autre particularit&#233;, par exemple, est le report du verbe &#224; la fin de la phrase, qui requiert une discipline chez l'orateur et chez celui qui &#233;coute, ainsi qu'une aptitude &#224; anticiper une r&#233;compense diff&#233;r&#233;e. Uniquement apr&#232;s que ces &#233;l&#233;ments et d'autres encore aient &#233;t&#233; mis en lumi&#232;re, est-il possible de se faire une id&#233;e claire de la nature du projet allemand.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me si elle n'est qu'un des &#233;l&#233;ments du projet culturel allemand, cette pr&#233;occupation du r&#244;le de la partie dans le tout en est &#233;galement constitutive. L'individu, bien qu'il soit respect&#233; en tant que tel, est largement identifi&#233; &#224; son r&#244;le particulier dans la communaut&#233;. C'est un trait des langues germaniques, qu'elles partagent, dans une certaine mesure, avec l'anglais, que les noms propres tr&#232;s r&#233;pandus sugg&#232;rent l'identification de l'individu &#224; son r&#244;le social &#8211; &lt;i&gt;Schmidt&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;smith&lt;/i&gt; &#187;, le forgeron), &lt;i&gt;M&#252;ller&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;miller&lt;/i&gt; &#187;, le meunier), &lt;i&gt;Wagner&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;wainwright&lt;/i&gt; &#187;, le charron), &lt;i&gt;Kr&#228;mer&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;shopkeeper&lt;/i&gt; &#187;, le boutiquier), &lt;i&gt;Bauer&lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;peasant farmer&lt;/i&gt; &#187;, le paysan fermier). L'intensit&#233; de l'int&#233;r&#234;t allemand pour ces questions est ce qui rend difficile la traduction d'une phrase telle que &#171; &lt;i&gt;Unserem Packmeister sind&#8230;Bedenken gekommen&lt;/i&gt;. &#187; L'&#233;vocation d'une expertise implicite par la notion de &lt;i&gt;Packmeister&lt;/i&gt; ou ma&#238;tre conditionneur souligne l'importance du d&#233;veloppement d'une comp&#233;tence socialement pertinente pour l'identit&#233; de l'individu. En outre, en se r&#233;f&#233;rent au ma&#238;tre conditionneur comme &#233;tant &lt;i&gt;unser&lt;/i&gt; (le n&#244;tre), l'entreprise de fret confirme &#224; la fois que le conditionneur est son employ&#233; et laisse entendre que le ma&#238;tre conditionneur est une ressource culturelle, le conditionneur ma&#238;tre de la communaut&#233;, une personne sp&#233;cialement apte &#224; cet art et, en cons&#233;quence, m&#233;ritant la s&#233;curit&#233; de l'emploi et les assurances sociales, une personne qualifi&#233;e dont la nation enti&#232;re peut &#234;tre fi&#232;re. De plus, comme la phrase le sugg&#232;re, les ma&#238;tres conditionneurs sont eux-m&#234;mes, en d&#233;finitive, seulement les vecteurs d'une tradition. Les doutes sont n&#233;s d'une pratique de l'art multis&#233;culaire et sont venus s'installer simplement chez la personne du ma&#238;tre conditionneur. Et il est &#233;vident que la conscience des ma&#238;tres conditionneurs du r&#244;le qu'ils ont dans la tradition red&#233;finit, &#224; son tour, leur fa&#231;on de se concevoir eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En m&#234;me temps, il fait peu de doute que la globalit&#233;, selon laquelle le projet allemand est organis&#233;, g&#233;n&#232;re une tension tr&#232;s &#233;lev&#233;e avec les droits individuels et le souci exacerb&#233; de l'individu. Cette pr&#233;occupation &#8211; qui est aussi implicite dans le trait d'union chez Hegel et Heidegger aide &#224; expliquer la focalisation de la philosophie allemande sur le statut et la nature de la libert&#233; humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La concentration allemande sur le r&#244;le de la partie dans le tout, bien qu'elle ne soit qu'un de ses moments de contradiction, a une grande influence sur l'enseignement du droit en Allemagne. Elle donne le sentiment de l'importance pour l'individu d'une division sociale du travail, stable, &#224; la fois en raison de la s&#233;curit&#233; qu'elle offre et des chances qu'elle fournit de cultiver son art et de ma&#238;triser la technique. L'enseignement du droit en Allemagne n'est qu'une autre expression de cette compr&#233;hension. Une des marques d'une division stable du travail est une d&#233;limitation m&#233;ticuleuse de la vari&#233;t&#233; des r&#244;les sociaux. Le l&#233;gislateur fait les lois, tandis que l'avocat et le juge garantissent la comp&#233;tence technique n&#233;cessaire &#224; leur application. Il semble, d&#232;s lors, que les traits principaux de l'enseignement du droit en Allemagne correspondent aux fondements de la langue allemande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une des qualit&#233;s exquises du fran&#231;ais parl&#233; et &#233;crit repose dans la s&#233;paration et l'utilisation altern&#233;e de l'indicatif et du subjonctif. Les verbes &#224; l'indicatif se terminent, souvent, par des syllabes prononc&#233;es ouvertes (en d&#233;pit de l'orthographe), alors que celles du subjonctif sont, en g&#233;n&#233;ral, remarquablement ferm&#233;es (&lt;i&gt;vient/vienne&lt;/i&gt;). Le subjonctif en fran&#231;ais appara&#238;t principalement dans les clauses subordonn&#233;es, g&#233;n&#233;ralement apr&#232;s que le verbe principal ait exprim&#233; un sentiment personnel, tel que le d&#233;sir, la joie ou la tristesse. Ainsi, comme proposition simple, &lt;i&gt;elle vient&lt;/i&gt; est &#224; l'indicatif mais elle est mise en fran&#231;ais au subjonctif lorsqu'elle suit des affirmations telles que &lt;i&gt;je souhaite que&#8230;(je veux qu'elle vienne)&lt;/i&gt;. Le subjonctif peut aussi appara&#238;tre dans des clauses relatives qui expriment indirectement des &#233;motions similaires et m&#234;me dans des clauses principales, &#224; savoir dans un petit nombre d'idiomes fixes, exprimant un grand engagement personnel ou une grande excitation personnelle qui co&#239;ncide avec une injonction reconnue socialement (&#171; Vive la France ! &#187; ; &#171; Sauve qui peut ! &#187;). Un grand souci dans l'enseignement du fran&#231;ais et une joie dans son apprentissage tourne autour de la ma&#238;trise des formes et des distinctions li&#233;es &#224; l'usage du subjonctif. La qualit&#233; po&#233;tique de la langue fran&#231;aise provient aussi en partie du jeu entre les modes (&lt;i&gt;Vienne la nuit sonne l'heure/les jours s'en vont je demeure&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'indicatif fran&#231;ais d&#233;crit l'objectif, le v&#233;rifiable, le r&#233;it&#233;rable. Le subjonctif invoque le subjectif, le personnel, le d&#233;sir&#233;. D&#233;limiter la sph&#232;re appropri&#233;e pour la poursuite du d&#233;sir personnel &#224; l'int&#233;rieur de la structure de coh&#233;sion sociale est le souci central. L'opposition entre les deux modes l&#233;gitime un r&#244;le pour l'exub&#233;rance individuelle &#224; l'int&#233;rieur de la structure de convention sociale. De ce point de vue, le projet fran&#231;ais s'efforce de conserver une place suffisante pour l'expression de l'individualit&#233;, tout en pr&#233;servant la coh&#233;sion centralement organis&#233;e. Une fois encore, l'enseignement du droit semble &#234;tre structur&#233; comme la langue, parce que cela aussi est l'objet du &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;plan&lt;/i&gt; reconna&#238;t &#224; la fois la tension qui peut r&#233;sulter de l'affirmation de l'individu et d&#233;montre la n&#233;cessit&#233; du droit comme structure d'organisation sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'alternance de l'indicatif et du subjonctif n'est pas unique au fran&#231;ais (en fait, il la partage avec les autres langues romanes). De plus, le fran&#231;ais a d'autres traits caract&#233;ristiques, tels que la double n&#233;gation (&lt;i&gt;ne&#8230;pas, ne &#8230;rien&lt;/i&gt;) qu'il faudrait explorer pour comprendre parfaitement le projet fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il appara&#238;t utile d'inclure ici une discussion br&#232;ve sur l'anglais am&#233;ricain et le projet culturel am&#233;ricain. Le sens de la particularit&#233; de l'anglais am&#233;ricain, cependant, m'est largement interdit. Une des le&#231;ons les plus directes de l'histoire de Babel, comme l'a fait observer Paul de Man, est que la relation la plus &#233;trang&#232;re et la plus opaque qu'on puisse avoir avec une langue est souvent celle que l'on entretient avec sa langue maternelle. Cependant, ceux que j'ai consult&#233;s et qui parlaient l'anglais en tant que langue &#233;trang&#232;re ont souvent eu tendance &#224; &#233;voquer les m&#234;mes particularit&#233;s. Il n'y a pas co&#239;ncidence entre l'&#233;criture et la prononciation (&#171; &lt;i&gt;tough/though/through, read/read&lt;/i&gt; &#187;). Les pr&#233;positions son employ&#233;es d'une mani&#232;re qui appara&#238;t idiosyncratique (&#171; &lt;i&gt;the alarm went off&lt;/i&gt; &#187; [l'alarme s'est d&#233;clench&#233;e], &#171; &lt;i&gt;to study under&lt;/i&gt; &#187; [&#233;tudier sous la direction de]. La formation des mots ignore souvent l'&#233;tymologie (&#171; &lt;i&gt;hamburger/cheeseburger&lt;/i&gt; &#187;) (&#171; &lt;i&gt;sandwich/fishwich&lt;/i&gt; &#187;). Il existe des r&#232;gles que peu de gens ma&#238;trisent (la distinction entre &lt;i&gt;that&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;which&lt;/i&gt;, l'usage qu'il convient de faire de la virgule). D'autres n'existent encore que par la reconnaissance de leur violation : les interdictions de couper un infinitif, de finir une phrase avec une pr&#233;position). Des r&#232;gles sont rarement mises en pratique (nombre de celles concernant les diff&#233;rents temps des verbes au pass&#233;). Dans de vastes domaines, aucune r&#232;gle n'est &#233;nonc&#233;e et rien ne vient au secours de l'&#233;tranger qui n'a pas encore acquis le sens sous-jacent de l'entreprise. Les r&#232;gles &#233;tablies semblent avoir une importance tr&#232;s relative, tandis que les r&#232;gles effectives donnent l'impression d'&#234;tre inexprimables. En fait, les expressions idiomatiques pr&#233;valent tellement qu'il est possible de ma&#238;triser les r&#232;gles sans pouvoir encore parler la langue couramment. Le consensus se fait pour dire qu'il s'agit qu'une langue &#224; l'imagination infinie mais avec peu de discipline, une langue jamais au repos, qui innove sans cesse. (&#171; C'est la r&#233;p&#233;tition &#187;, annon&#231;a l'arri&#232;re des Quarante-neuvi&#232;mes de San Francisco, Roger Craig, &#224; la presse apr&#232;s que son &#233;quipe ait gagn&#233; le Super Bowl pour la seconde ann&#233;e cons&#233;cutive, &#171; maintenant nous voulons la &lt;i&gt;tri&lt;/i&gt;-p&#233;tition. &#187;) [N. d. t. : le nom de l'&#233;quipe renvoie aux participants &#224; la premi&#232;re ru&#233;e vers l'or].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Inutile de dire qu'il y a beaucoup en commun, ici, avec l'enseignement du droit aux Etats-Unis, en particulier le caract&#232;re impromptu et non syst&#233;matique, la joie avec laquelle les principes et les th&#233;ories sont cr&#233;&#233;s, utilis&#233;s et oubli&#233;s. La fa&#231;on pragmatique de faire de la politique aux Etats-Unis, le r&#244;le de l'initiative individuelle et tout le reste semblent intimement li&#233;s dans tout cela. Mais seul quelqu'un qui l'envisage &#224; partir d'une autre tradition peut le percevoir clairement. (En r&#233;alit&#233;, ce que j'ai indiqu&#233; plus haut concernant la compr&#233;hension particuli&#232;re implicite dans l'enseignement du droit aux Etats-Unis ne rel&#232;ve pas de ma propre intuition mais est emprunt&#233; &#224; Michel P&#234;cheux qui avait mentionn&#233; cette id&#233;e peu avant sa mort).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une le&#231;on &#224; tirer est que chaque syst&#232;me d'enseignement du droit, &#224; l'instar de la langue dans laquelle il est formul&#233;, constitue une partie d'un projet culturel plus large et repr&#233;sente une articulation de sens particuli&#232;re. La le&#231;on beaucoup plus profonde de la tour de Babel et que la diversit&#233; m&#233;rite d'&#234;tre reconnue, pr&#233;serv&#233;e, cultiv&#233;e et d&#233;velopp&#233;e. Les implications politiques et th&#233;oriques de cette le&#231;on s'observent peut &#234;tre le mieux du point de vue de la postmodernit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d'abord, l'histoire de Babel semble confirmer une grande part de ce que la postmodernit&#233; a dit &#224; propos de l'implication de la folie dans la compr&#233;hension. L'id&#233;e est que la compr&#233;hension est constitu&#233;e fondamentalement par le d&#233;sir d'&#233;chapper au chaos. (Elle est discut&#233;e par William Corlett, dans &lt;i&gt;Community without Unity&lt;/i&gt; de 1989). Dans l'espoir de domestiquer le chaos, la compr&#233;hension construit des oppositions polaires et oblige tout &#233;l&#233;ment existant &#224; se ranger sous l'un des deux p&#244;les &#8211; masculin/f&#233;minin, blanc/noir, droite/gauche, malade/bien portant, individu/collectivit&#233;. La compr&#233;hension porte ainsi la trace de la crainte qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa constitution mais elle est elle-m&#234;me une forme de d&#233;rangement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci, en fait, est ce sur quoi porte l'histoire de Babel. La confusion de la langue est le r&#233;sultat direct d'une tendance apparemment in&#233;vitable &#224; penser en termes d'oppositions binaire. Il est certain que chacun des projets culturels, examin&#233;s ici, leurs syst&#232;mes d'enseignement du droit et leurs langues y compris, essaie de surmonter le chaos de cette mani&#232;re. L'enseignement du droit en Allemagne met l'accent sur l'ob&#233;issance du juge &#224; la volont&#233; du l&#233;gislateur d'une mani&#232;re qui refl&#232;te le souci du projet culturel allemand concernant l'importance d'int&#233;grer les individus dans la collectivit&#233;. L'enseignement du droit en France insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'exprimer par une opposition binaire, l'opposition entre le d&#233;sir individuel et l'ordre juridique et refl&#232;te ainsi les oppositions qui se retrouvent dans la langue entre le subjonctif et l'indicatif, le subjectif et l'objectif, l'individuel et le collectif. L'enseignement du droit aux Etats-Unis souligne les exigences conflictuelles de la cr&#233;ativit&#233; judiciaire et du pr&#233;c&#233;dent &#8211; l'autre version de la tension entre individu et collectivit&#233;, qui correspond &#224; l'opposition en anglais am&#233;ricain entre les expressions idiomatiques et les r&#232;gles traditionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque projet culturel et chaque syst&#232;me d'enseignement du droit semble tenter d'&#233;chapper au chaos en construisant son propre ensemble de polarit&#233;s, des oppositions qui peuvent &#234;tre ordonn&#233;es sur de nombreux axes, y compris la relation entre l'individu et la collectivit&#233;. Les d&#233;constructionnistes sont, &#224; juste titre, inquiets du pouvoir de ces oppositions et ont raison de nous invite &#224; essayer de les d&#233;samorcer. En ce sens, &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; le premier d&#233;constructionniste, parce que c'&#233;tait son souci. Ce qu'&lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; a constat&#233; en descendant sur Babel, c'est que l'humanit&#233; &#233;tait terroris&#233;e par l'inconnu et qu'elle &#233;tait prompte &#224; tenter de se prot&#233;ger en articulant des significations en termes d'oppositions &#8211; les Cieux et la terre, la vie et la mort, l'unit&#233; et la dispersion, la nomination et le chaos. &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; a alors brouill&#233; la langue et envoy&#233; l'humanit&#233; dans l'inconnu qu'elle craignait le plus. En cr&#233;ant une multitude de langues, &lt;i&gt;HaShem&lt;/i&gt; esp&#233;rait diluer les dichotomies dans la diversit&#233; et aider l'humanit&#233; &#224; vaincre sa r&#233;duction de sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la compr&#233;hension culturelle dans une langue ou un projet culturel est afflig&#233;e par la structure d'opposition que la d&#233;construction nous a appris &#224; voir et &#224; rejeter. Chacune de ces compr&#233;hensions est, par cons&#233;quent, non seulement particuli&#232;re et limit&#233;e mais, en fait, habit&#233;e par la crainte et la folie ou plut&#244;t elle constitue une forme de folie embrass&#233;e pour &#233;chapper &#224; une autre. C'est pourquoi la traduction peut &#234;tre non seulement frustrante, mais qu'elle peut &#233;galement litt&#233;ralement rendre fou : elle tend &#224; faire sortir le traducteur de ses remparts contre la folie. Les traductions de Sophocle par H&#246;lderlin ont &#233;t&#233; parmi les derni&#232;res lignes qu'il ait compos&#233;es avant de plonger dans presque quarante ans de silence fou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une seconde pr&#233;occupation du postmodernisme est le probl&#232;me de l'unit&#233; d'origine. Telle que je la comprends, un des buts de la politique postmoderne est de d&#233;montrer l'importance de la pluralit&#233; des diff&#233;rences et de cr&#233;er une soci&#233;t&#233; qui tire avantage de la synergie potentielle de tous les types de diff&#233;rence. Dans cette perspective, les philosophies modernes de la diff&#233;rence tentent de d&#233;montrer que les diff&#233;rences ne peuvent pas &#234;tre ramen&#233;es &#224; une unit&#233; ou totalit&#233; d'origine dans laquelle elles pourraient, enfin, &#234;tre r&#233;concili&#233;es. La diff&#233;rence, nous dit-on, est sans origine (&#171; &lt;i&gt;anoriginal&lt;/i&gt; &#187;). (L'expression vient d'Andrew Benjamin, qui r&#233;sume l'argument dans &lt;i&gt;Translation and the Nature of Philosophy&lt;/i&gt; de 1989.) Le danger que la postmodernit&#233; cherche &#224; &#233;viter est la structure unique, totalisante, qui peut &#234;tre impos&#233;e sur la diversit&#233; et ainsi la d&#233;truire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, toutes les histoires d'origine n'ont pas ce probl&#232;me. Les r&#233;cits de l'origine ne posent probl&#232;me que lorsqu'ils impliquent qu'il serait profitable de r&#233;duire la diversit&#233; &#224; l'unit&#233; ou de retourner &#224; l'&#226;ge d'or originel. Un exemple en est le mythe du retour extraordinairement conservateur et nostalgiquement romantique qui hante la pens&#233;e de Marx et qui semble avoir conduit Heidegger vers le nazisme. Mais il n'est nulle part sugg&#233;rer dans l'histoire de Babel que l'humanit&#233; se trouverait mieux de retourner &#224; la condition noachique. En outre, comme l'histoire l'indique clairement, il n'y a jamais eu une unit&#233; de signification &#224; l'origine. La langue originelle doit avoir abrit&#233; une multitude incroyable de mod&#232;les et d'id&#233;es. Sinon, sa confusion n'aurait jamais produit dix mille langues humaines. C'est plut&#244;t l'insistance de l'humanit&#233; &#224; r&#233;duire cette richesse incroyable &#224; un seul ensemble d'oppositions simples qui a conduit &#224; la calamit&#233;. De plus, il est clair qu'il n'y a aucun moyen, en partant des langues naturelles qui existent encore aujourd'hui, de reconstituer la langue originelle. La langue est et restera toujours, pour nous, d&#233;sarticul&#233;e dans la diff&#233;rence. Une unit&#233; qui aurait pu exister par le pass&#233;, ne peut pas &#234;tre re-synth&#233;tis&#233;e. D&#232;s lors que les langues restantes ne peuvent pas &#234;tre r&#233;duites &#224; une signification unique, tout ce qui r&#233;sulte d'un assemblage des pi&#232;ces est la compr&#233;hension de la fa&#231;on dont chacune repr&#233;sente le type d'intentionnalit&#233; que Walter Benjamin d&#233;signait comme le parler pur (&#171; &lt;i&gt;die reine Sprache&lt;/i&gt; &#187;). Ainsi, l'histoire de Babel n'est pas l'histoire d'une origine mais plut&#244;t l'indication d'une trace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un dernier probl&#232;me th&#233;orique que soul&#232;ve l'histoire de Babel concerne le statut de la diversit&#233;. C'est une question qui n'est jamais r&#233;ellement r&#233;solue dans les philosophies ordinaires de la diff&#233;rence (&#171; &lt;i&gt;garden variety philosophies of difference&lt;/i&gt; &#187;). Ces th&#233;ories entreprennent de d&#233;montrer la plausibilit&#233; d'une mani&#232;re de penser qui con&#231;oit la diff&#233;rence comme premi&#232;re. Cependant la simple existence &#8211; ou m&#234;me la primaut&#233; &#8211; de la diff&#233;rence ne peut pas &#224; elle seule nous convaincre que la diff&#233;rence est bonne. A la place d'un argument normatif d&#233;montrant la valeur de la diversit&#233;, les philosophies de la diff&#233;rence se contentent d'offrir un entassement de diff&#233;rences, qu'il vaudrait mieux appeler l'&lt;i&gt;indiff&#233;rence&lt;/i&gt;. Bien que ces philosophies puissent se lire comme impliquant que nous devons respecter ceux qui ont des vues qui diff&#232;rent des n&#244;tres, elles n'offrent rien qui puisse nous encourager &#224; consacrer notre &#233;nergie &#224; l'examen soigneux des articulations de sens qui se pr&#233;sentent &#224; nous comme non convaincantes ou &#233;tranges. On pourrait parvenir &#224; la position qu'elles adoptent aussi bien par indolence que par conviction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en ce sens que l'histoire de Babel d&#233;montre combien plus il y a dans la diversit&#233; que les philosophies de la diff&#233;rence l'ont per&#231;u. En effet, le message de cette histoire n'est pas simplement que la diff&#233;rence est un donn&#233; incontournable. C'est plut&#244;t que la diversit&#233; &#233;largit les ressources de l'intelligibilit&#233;. La raison en est la suivante. La langue ne s'empare pas du monde tel qu'il est mais constitue l'intelligible par la communication. Il n'y a rien d'intelligible ind&#233;pendamment du langage. Cette pens&#233;e qu'Heidegger a emprunt&#233;e &#224; Stefan George &#8211; Il n'y a rien en l'absence de mot (&#171; &lt;i&gt;Kein ding sei wo das wort gebricht&lt;/i&gt;. &#187;) &#8211; laisse supposer que toute langue et toute tradition m&#233;rite un profond respect. Malgr&#233; leurs limites et leur d&#233;rangement, les compr&#233;hensions dans les langues naturelles qui survivent sont la somme totale de l'intelligibilit&#233;. Si chaque langue en constitue un fragment diff&#233;rent, chacune alors est un tr&#233;sor. Nous sommes les bergers et non les ma&#238;tres du langage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La richesse potentielle de la diversit&#233; est au moins triple. Tout d'abord, d&#232;s lors que les articulations de sens pr&#233;sentes dans les langues et les traditions particuli&#232;res sont chacune limit&#233;es, chacune trouvera beaucoup de ce qui est &#233;videmment et pratiquement utile dans les autres projets culturels. Et cela est vrai qu'il y ait eu ou non, un jour, une langue originelle, unique de laquelle les langues survivantes peuvent &#234;tre des fragments. Ensuite, le jeu entre les diverses traditions offre une des rares occasions pour la cr&#233;ation d'id&#233;es vraiment nouvelles, des id&#233;es qui naissent en dehors de la sph&#232;re d'exp&#233;rience particuli&#232;re d'une unique tradition. Enfin, la diversit&#233; est la condition indispensable pour une r&#233;flexion sur soi s&#233;rieuse. Sans l'exp&#233;rience des traditions diverses, il serait litt&#233;ralement impossible d'&#233;tablir les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques de toute compr&#233;hension particuli&#232;re. Les &#234;tres humains qui ne connaissent qu'une seule langue n'ont gu&#232;re d'autre choix que de consid&#233;rer l'articulation de sens dans cette langue comme un absolu. Il n'y a pas grand-chose qu'ils puissent faire pour sortir de cette compr&#233;hension et la relativiser. L'articulation de sens dans leur langue va impr&#233;gner tout ce qu'ils pensent et &#233;crivent et rendre le r&#233;ductionnisme totalisant difficile &#224; &#233;viter. S'ils prennent conscience qu'il existe des perspectives autres, diff&#233;rentes, ils pourront, bien s&#251;r, se montrer tol&#233;rants. Mais la sagesse n'est pas simplement la tol&#233;rance, ce n'est jamais une reconnaissance de la diversit&#233;, aussi g&#233;n&#233;reuse et humanitaire, soit-elle. La sagesse est une vision &lt;i&gt;&#224; partir de&lt;/i&gt; la diversit&#233;, une compr&#233;hension constitu&#233;e au sein de la fragmentation. La multiplicit&#233; des langues est sa condition irr&#233;ductible. C'est une b&#233;n&#233;diction et non une mal&#233;diction.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;Des b&#233;n&#233;dictions&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Les b&#233;n&#233;dictions sont des occasions. Que la saisie de ces opportunit&#233;s requi&#232;re effort et souvent souffrance n'y change rien. L'&#233;tude d'une langue &#233;trang&#232;re et l'initiation &#224; une culture &#233;trang&#232;re peuvent &#234;tre surprenantes et d&#233;licieuses mais elles impliquent une m&#233;morisation ahurissante, une r&#233;p&#233;tition incessante et une r&#233;orientation de la pens&#233;e qui ne se fait pas sans douleur. Quand elles font l'objet d'un engagement s&#233;rieux, elles peuvent aussi conduire &#224; une solitude lancinante, celle qui accompagne les &#233;trangers qui s'isolent de leurs compatriotes assez longtemps pour ma&#238;triser les bases d'une langue &#233;trang&#232;re. Et l'apprentissage d'un syst&#232;me juridique &#233;tranger peut &#234;tre encore plus d&#233;sorientant et troublant que ne l'a &#233;t&#233;, en premier lieu, celui de la langue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personne ne r&#233;ussit dans cette entreprise sans une bonne raison. Certains ont vu leur vie bris&#233;e dans leur patrie, ont &#233;t&#233; dispers&#233;s sur les chemins de l'exil, soumis involontairement &#224; la force destructrice de la diversit&#233;. Ils sont reconnaissants pour l'hospitalit&#233; dont font preuve leurs h&#244;tes mais sont aussi frustr&#233;s de l'incompr&#233;hension qu'ils rencontrent. Ils survivent &#224; l'exp&#233;rience &#224; laquelle ils se trouvent involontairement confront&#233;s en s'accrochant &#224; la possibilit&#233; d'un retour. Pour les autres, la diversit&#233; est un rappel constant d'incompl&#233;tude, de la blessure qu'a inflig&#233;e &#224; l'&#226;me le d&#233;membrement qui s'est produit &#224; Babel. Leur prise de conscience du caract&#232;re appauvri de toute articulation isol&#233;e de la compr&#233;hension les conduit &#224; chercher &#224; embrasser des cultures &#233;trang&#232;res. Cependant, m&#234;me pour eux, la diversit&#233; n'est rien d'autre qu'une cicatrice sur une blessure ingu&#233;rissable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de la confusion de la langue sont ind&#233;niables quel que soit le point de vue. Mais une b&#233;n&#233;diction ne se distingue pas d'une mal&#233;diction par l'intensit&#233; de la peine qu'elle &#233;vite ou par la qualit&#233; du confort qu'elle apporte. Ce qui fait de Babel une b&#233;n&#233;diction, c'est qu'elle introduit, bien qu'&#224; un co&#251;t terrible, le d&#233;fi, autrement exclu, de la possibilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh_2A' id='nb_2A' class='spip_note' title='Notes _2A' rev='footnote'&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;oise Michaut est directrice de recherche au CNRS&lt;br&gt;UMR 7074 - Centre de th&#233;orie et analyse du droit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh_2A' id='nb_2A' class='spip_note' title='Notes _2A' rev='footnote'&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Professeur de droit &#224; l'Universit&#233; de Miami Law School. (N. d. t. : aujourd'hui, Distinguished Professor &#224; Rutgers University Law School, Camden, New Jersey.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh_2A_2A' id='nb_2A_2A' class='spip_note' title='Notes _2A_2A' rev='footnote'&gt;**&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Source : Richard Hyland, &#171; Babel : A She'ur &#187;, in &lt;i&gt;Cardozo Law Review&lt;/i&gt;, Vol.11 : Deconstruction and the Possibility of Justice, 1990, p. 1585-1612&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelle critique pour l'enseignement du droit ?</title>
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		<dc:date>2012-06-05T08:05:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



		<description>R&#233;sum&#233; : Dans ce texte, j'ai essay&#233; de montrer quelques approches critiques de la formation juridique et de l'enseignement du droit dans les ann&#233;es 1970-1985, ajoutant des commentaires personnels sur ma propre exp&#233;rience d'&#233;tudiant et de professeur de droit dans les universit&#233;s fran&#231;aises. Mots clefs : Critique du droit, Duncan Kennedy, Hi&#233;rarchies, M&#233;thode juridique, Facult&#233;s de droit. Abstract : In this text, I have tried to point out some critical approaches of legal education and legal teaching in (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : Dans ce texte, j'ai essay&#233; de montrer quelques approches critiques de la formation juridique et de l'enseignement du droit dans les ann&#233;es 1970-1985, ajoutant des commentaires personnels sur ma propre exp&#233;rience d'&#233;tudiant et de professeur de droit dans les universit&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots clefs : Critique du droit, Duncan Kennedy, Hi&#233;rarchies, M&#233;thode juridique, Facult&#233;s de droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : In this text, I have tried to point out some critical approaches of legal education and legal teaching in the years 1970-1985, adding personal comments of my own experience as student and professor of law in French universities.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Keywords : Critique du droit, Duncan Kennedy, Hierarchy, Law schools, Legal method.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est justement pour pr&#233;server ce qui est neuf et r&#233;volutionnaire dans chaque enfant que l'&#233;ducation doit &#234;tre conservatrice ; elle doit prot&#233;ger cette nouveaut&#233; et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde d&#233;j&#224; vieux qui, si r&#233;volutionnaires que puissent &#234;tre ces actes, est, du point de vue de la g&#233;n&#233;ration suivante, surann&#233; et proche de la ruine &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='H. Arendt, &#171; La crise de l'&#233;ducation &#187;, trad. Chantal Vezin, in La Crise de la (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p&gt;1. Transposer ce propos d'Hannah Arendt au sort des &#233;tudiants en droit donne &#224; r&#233;fl&#233;chir. Certes, il faut d'embl&#233;e signaler des diff&#233;rences notables : un &#233;tudiant en droit n'est plus un enfant, il a conscience de faire partie d'une g&#233;n&#233;ration et l'enseignement juridique ne r&#233;sume pas toute son &#233;ducation. La formule garde n&#233;anmoins sa force pour souligner un paradoxe : le caract&#232;re conservateur de l'&#233;ducation se justifie pour maintenir intacte la part de nouveaut&#233; et de contestation des jeunes esprits, &#233;l&#232;ves ou &#233;tudiants. L'esprit critique se nourrit de r&#233;sistance, d'insoumission. La meilleure fa&#231;on de l'encourager est de perp&#233;tuer un enseignement traditionnel dans sa forme et son contenu, non d'introduire des innovations susceptibles d'&#233;mousser l'imaginaire et l'&#233;nergie cr&#233;atrice des citoyens de demain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Le propos nous semble d'une actualit&#233; d&#233;capante. Non point parce qu'il entre en r&#233;sonance avec les exigences de retour aux fondamentaux (lecture, calcul, r&#233;daction) pr&#244;n&#233;s pour les &#233;l&#232;ves de l'enseignement primaire ou secondaire - et les &#233;tudiants du sup&#233;rieur d'aujourd'hui -, mais parce qu'il signale l'&#233;troitesse du chemin &#224; parcourir pour promouvoir la critique au sein des institutions scolaires et universitaires. Cette critique &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; l'enseignement, c'est-&#224;-dire dans les pratiques p&#233;dagogiques doit &#234;tre distingu&#233; de la critique &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; l'enseignement qui vise le plus souvent un syst&#232;me, des m&#233;thodes et des programmes. Ces deux registres sont certes compl&#233;mentaires. Critiquer l'enseignement tel qu'il existe conduit, en toute coh&#233;rence, &#224; chercher &#224; modifier les pratiques, et d'abord les siennes en tant qu'enseignant. Cela n'est pas toujours &#233;vident et je ne pense pas &#234;tre le seul enseignant &#224; avoir &#233;prouv&#233; qu'il est plus simple de mener une critique de l'enseignement traditionnel que de renouveler les pratiques dans ses propres enseignements. Cela dit, dans les deux cas, la critique est guid&#233;e par le souci d'am&#233;liorer l'enseignement. Il s'agit d'une critique &lt;i&gt;pour&lt;/i&gt; l'enseignement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. De nombreuses interrogations surgissent alors. Comment favoriser l'esprit critique des &#233;tudiants ? A quoi correspond un enseignement critique ? Que vise la critique lorsqu'elle s'applique &#224; l'enseignement ? Arendt sugg&#232;re ici une tension, voire une contradiction : le meilleur moyen de favoriser l'esprit critique des &#233;tudiants serait de leur ass&#233;ner un enseignement traditionnel, non de les initier &#224; une critique qui n'est d&#233;j&#224; plus celle de leur temps. Si l'affirmation provoque, est-ce au sens de faire advenir ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Tel n'est pas le constat des observateurs ayant port&#233; leurs analyses sur l'enseignement du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Ces observations ont pour origine une journ&#233;e d'&#233;tudes organis&#233;e le vendredi (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Parmi eux, les mouvements de juristes critiques n&#233;es dans les ann&#233;es 1970 que nous envisagerons &#224; partir du cas fran&#231;ais, et d'illustrations ponctuelles en Am&#233;rique du nord et du sud. Loin d'&#234;tre une question mineure, l'enseignement du droit a d'embl&#233;e &#233;t&#233; au c&#339;ur de nombreux d&#233;bats&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Les meilleurs chercheurs le rel&#232;vent sous l'angle d'une socio-histoire. D&#232;s (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En France, le Manifeste inaugurant la collection &#171; critique du droit &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une critique du droit : du juridique au politique, coll. &#171; Critique du (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; en est illustration : six r&#233;f&#233;rences &#224; l'enseignement, la p&#233;dagogie et la formation en une page seulement ! Il y a m&#234;me l&#224; un leitmotiv et une plate-forme pour l'internationale des courants critiques&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce fut notamment le cas de l'Associa&#231;&#227;o Latino-americana de Metodologia do (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le refrain est celui d'une contestation de l'enseignement juridique tel qu'il est traditionnellement dispens&#233; dans les Facult&#233;s et &#201;coles de droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Tout en gardant &#224; l'esprit les diff&#233;rences structurelles et culturelles entre (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le ralliement des courants critiques vise &#224; modifier ces pratiques pour en proposer de nouvelles. Comme il a pu &#234;tre observ&#233;, il est plus facile de f&#233;d&#233;rer les courants critiques autour d'une contestation des pratiques d'enseignement que sur des sensibilit&#233;s th&#233;oriques et politiques plus ou moins proches du marxisme et de ses avatars.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Critiquer l'enseignement du droit ? L'initiative n'est certes pas nouvelle pour les juristes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Ici comme ailleurs, il faudrait pr&#233;ciser sur ce que l'on entend par &#171; juriste (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Toutefois, elle prend une coloration particuli&#232;re dans le contexte social et politique des ann&#233;es 1970, de la critique du droit pr&#233;cis&#233;ment. Encore faudrait-il apporter des pr&#233;cisions sur les mouvements &#171; critique du droit &#187;, selon une g&#233;ographie acad&#233;mique et une micro-histoire politique susceptibles de rendre compte de ses clivages et nuances&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Garcia-Villegas, &#171; Champ juridique et sciences sociales en France et aux (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Toujours est-il que la d&#233;nomination &#171; critique du droit &#187; est insatisfaisante pour d&#233;signer des mouvements de pens&#233;e : trop exclusive lorsqu'elle se limite au groupe fran&#231;ais issu du Manifeste de 1978&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Michel Miaille, l'un des pionniers du mouvement en France, a pu d&#233;finir &#171; (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; trop impr&#233;cise lorsque vise les &lt;i&gt;Critical Legal Studies&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans ce m&#234;me dictionnaire, Duncan Kennedy a pu d&#233;finir Critical Legal Studies (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; trop inclusive lorsqu'elle entend r&#233;unir sous un m&#234;me vocable les juristes critiques de gauche d'hier et d'aujourd'hui&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Sous l'angle d'une analyse juridique du politique, mon coll&#232;gue et ami Carlos (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. L'expression &#171; critique du droit &#187; est certes riche de l'ambivalence du mot &lt;i&gt;droit&lt;/i&gt;. L'objet de la critique vise le &lt;i&gt;droit en tant que droit positif&lt;/i&gt;, le droit en vigueur tel qu'il fonctionne dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes, c'est-&#224;-dire le plus souvent pour asservir les plus faibles, construire des in&#233;galit&#233;s, maintenir la domination sociale, contenir d'&#233;ventuelles protestations, ou du moins les canaliser au mieux. L'objet de la critique, c'est aussi le &lt;i&gt;droit en tant qu'institution&lt;/i&gt;, avec son langage de sp&#233;cialistes, son principe de cl&#244;ture source d'exclusions, ses lieux de formation pour reproduire les &#233;lites, ses hi&#233;rarchies professionnelles - explicites et implicites - au sein de l'administration, des ordres juridictionnels, des universit&#233;s. L'objet de la critique, c'est encore le &lt;i&gt;droit en tant que discipline savante&lt;/i&gt;, universitaire en particulier, avec ses professeurs autoritaires et pontifiants, sa litt&#233;rature hypocrite toujours pr&#234;te &#224; dissimuler les enjeux politiques par des constructions techniques neutres et objectives, ses manuels dogmatiques ignorant des r&#233;alit&#233;s du social, ses examens st&#233;r&#233;otyp&#233;s qui laissent plus de place &#224; la docilit&#233; qu'&#224; l'imaginaire ; son conformisme r&#233;barbatif qui d&#233;courage l'ouverture d'esprit au profit d'une sorte de dressage de bon aloi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. Les propos des juristes de gauche sur l'enseignement prennent appui sur un patrimoine critique &#224; la fois vaste et solide qui repose sur trois traditions. C'est d'abord &lt;i&gt;l'esprit critique&lt;/i&gt; - au sens du doute m&#233;thodique, du libre examen, en vertu duquel une assertion ne saurait &#234;tre admise sans s'interroger au pr&#233;alable sur sa valeur. Consid&#233;r&#233; comme l'un des piliers du travail acad&#233;mique, il n'est heureusement pas sp&#233;cifique aux juristes des mouvements &#171; critique du droit &#187;, ce qu'ils reconnaissent explicitement&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='J.J. Gleizal, in Pour une critique du droit, op. cit., p. 75. &#171; (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, m&#234;me s'ils revendiquent sur ce point une sup&#233;riorit&#233; &#224; l'&#233;gard des juristes traditionnels. A quoi il convient d'ajouter ensuite, la &lt;i&gt;critique &#233;pist&#233;mologique &lt;/i&gt;au sens des&lt;i&gt; &lt;/i&gt;conditions de possibilit&#233; d'une connaissance. Il est certes devenu courant de distinguer le droit comme activit&#233; sociale d'un c&#244;t&#233;, des sciences qui le prennent pour objet d'&#233;tude de l'autre. L'enseignement du droit serait celui d'une science du droit. Toutefois quelles sont les conditions de possibilit&#233; d'une connaissance critique du droit qui ne se r&#233;duise pas &#224; celle des r&#232;gles juridiques en vigueur dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e ? Enfin, il faut mentionner la r&#233;f&#233;rence &#224; la &lt;i&gt;th&#233;orie critique&lt;/i&gt; associant un projet politique d'&#233;mancipation et une critique sociale au sens de l'&#201;cole de Francfort. Parfois mentionn&#233;e par les tenants des courants critiques du droit, la r&#233;f&#233;rence ne l'est pas toujours &#224; la hauteur de ce qu'elle pourrait &#234;tre, au vu des racines intellectuelles et politiques communes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. Mon objectif consiste &#224; expliciter les propos des tenants des courants critiques sur l'enseignement du droit, &#224; partir de quelques &#233;crits des ann&#233;es 1970 et de commentaires post&#233;rieurs, soit par les acteurs eux-m&#234;mes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir au sein de l'int&#233;ressant dossier sur &#171; l'enseignement du droit au d&#233;but (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, soit par d'autres chercheurs prenant ces mouvements pour objet. Pas d'&#233;rudition particuli&#232;re d'historien ou de sociologue &#224; faire valoir donc, sinon le souci d'approfondir une question dat&#233;e, mais prenant aussi sens &#224; titre personnel &#224; une &#233;poque o&#249; l'appellation &#171; critique &#187; conna&#238;t un regain d'int&#233;r&#234;t r&#233;trospectif et prospectif&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Boltanski, De la critique : pr&#233;cis de sociologie de l'&#233;mancipation, 1 vol., (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. L'occasion est trop belle aussi pour ne pas donner un point de vue &#224; partir de la connaissance partielle et limit&#233;e qui est la mienne, ce que je ferais sous forme de r&#233;flexions pour un &lt;i&gt;Tractatus anarcho-juridicus&lt;/i&gt;. Beaucoup d'amateurisme donc et une focale r&#233;duite pour saisir, au gr&#233; de ce qui me para&#238;t pertinent, ces &#171; regards crois&#233;s &#187;, qui &#233;voquent imm&#233;diatement, au sens propre, quelque chose de louche. Regards crois&#233;s entre les juristes traditionnels et les juristes critiques, entre le mouvement fran&#231;ais &#171; critique du droit &#187; et celui des &lt;i&gt;Critical legal studies, &lt;/i&gt;entre la critique juridique et la critique sociale au sens large. En gardant pour fil l'enseignement du droit, &#233;voquons ces comparaisons sans avoir le souci ni de l'exhaustivit&#233;, ni d'&#233;tablir un inventaire des initiatives critiques du droit sur ce point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;I. Critiquer la domination sociale et les hi&#233;rarchies ill&#233;gitimes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. Qu'il soit dispens&#233; dans des &#233;coles ou des universit&#233;s, l'enseignement du droit, comporte un aspect strat&#233;gique pour les pouvoirs publics et priv&#233;s. Il donne les moyens d'exercer une domination sociale et permet de maintenir des hi&#233;rarchies. Inutile de revenir sur les critiques, men&#233;es notamment par des sociologues, d&#233;montrant le r&#244;le des institutions &#233;ducatives dans la reproduction des in&#233;galit&#233;s sociales et culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. Plus singuli&#232;rement, il faut pr&#233;ciser comment les juristes critiques analysent la situation et agissent au sein des facult&#233;s de droit. La r&#233;ponse d&#233;pend &#224; l'&#233;vidence des contextes politiques et de l'intensit&#233; de la libert&#233; acad&#233;mique. La critique ne s'exerce pas sur le m&#234;me mode dans les r&#233;gimes autoritaires et dans les d&#233;mocraties lib&#233;rales&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Mais comment critiquer dans un r&#233;gime qui n'admet pas la critique ? &#187; La (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Cela dit, m&#234;me au sein des courants critiques, elle peut emprunter plusieurs chemins. Illustrons le propos &#224; partir de textes publi&#233;s, entre 1970 et 1985, aux Etats-Unis et en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. La place de l'enseignement du droit dans la pens&#233;e juridique radicale de Duncan Kennedy aux Etats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. Figure historique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='En langue fran&#231;aise, on lira avec profit, en guise de pr&#233;sentation, (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; du courant &lt;i&gt;Critical Legal Studies &lt;/i&gt;(CLS) aux &#201;tats-Unis, Duncan Kennedy n'a cess&#233; de r&#233;fl&#233;chir et d'&#233;crire sur la formation des &#233;tudiants en droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour un recensement de ses articles dont la plupart sont disponibles en (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Son premier article&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='D. Kennedy, &#171; How the Law School Fails : A Polemic &#187;, Yale Review of Law and (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, r&#233;dig&#233; en 1968 alors qu'il &#233;tait &#233;tudiant &#224; la &lt;i&gt;Yale Law School&lt;/i&gt;, t&#233;moigne du malaise qui y r&#232;gne et propose des solutions pour y rem&#233;dier. Le texte entend dire tout haut ce que nombre d'&#233;tudiants ont &#233;prouv&#233; tout bas : l'hostilit&#233; des enseignants &#224; leur &#233;gard ; le caract&#232;re humiliant de la m&#233;thode socratique par laquelle ils sont contraints de proposer des r&#233;ponses avant d'essuyer des r&#233;ponses cinglantes ; la cruaut&#233; d'&#234;tre ridiculis&#233; devant - mais aussi par - les autres &#233;tudiants ; le climat de peur, de terreur psychologique qui en r&#233;sulte. Point de propos simpliste pourtant : les professeurs ne sont pas r&#233;duits &#224; des bourreaux et les &#233;tudiants &#224; des victimes. Ces derniers justifient souvent ces pratiques comme n&#233;cessaire pour &#171; devenir d'excellents juristes &#187; ou encore parce que &#171; c'est stimulant sur le plan intellectuel &#187;. Les &#233;tudiants se conforment &#224; cette domination, y r&#233;sistent parfois, la subissent toujours.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. Car la formation juridique tend &#224; occulter les &#233;motions personnelles au profit d'une attitude froide, impersonnelle, consid&#233;r&#233;e comme efficace sur le plan professionnel. La plupart des &#233;tudiants en droit, en particulier ceux qui se consid&#232;rent comme une &#233;lite, r&#233;alisent cette dissociation pour devenir plus agressifs encore, indiff&#233;rents au sort d'autrui comme le sont leurs professeurs &#224; leurs &#233;gards, avec un m&#233;pris plus grand encore &#224; l'encontre des plus faibles. Tous les &#233;tudiants ne valorisent certes pas cet esprit de comp&#233;tition pour reproduire la hi&#233;rarchie et exercer l'oppression : une minorit&#233; - se d&#233;crivant eux-m&#234;mes comme radicaux (&lt;i&gt;radicals)&lt;/i&gt; - critique les m&#233;thodes et les objectifs mis en place au sein des &lt;i&gt;Law Schools, &lt;/i&gt;non pour les an&#233;antir, mais afin de les am&#233;liorer. Attentifs &#224; leur environnement humain, ces &#233;tudiants sont aussi, plus souvent que les autres, en accord avec leurs id&#233;aux et leur psychologie. L'&#233;tudiant Duncan Kennedy ajoute une observation toute strat&#233;gique en pr&#233;cisant que le danger serait pour les &lt;i&gt;radicals&lt;/i&gt; de se fixer sur &#171; &lt;i&gt;le syst&#232;me &lt;/i&gt; &#187;, de l'&#233;riger en &#171; b&#234;te noire &#187;. Il s'agit au contraire de rester en contact avec la r&#233;alit&#233;, avec ses propres &#233;motions susceptibles d'&#234;tre influenc&#233;es, voire confront&#233;es avec les personnes dont la conduite incarne l'institution&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; It seems to me that one gives up somethink quite real when one allows (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De quoi nourrir pour l'avenir une sensibilit&#233; radicale d&#233;j&#224; pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. &#171; Enseigner le droit en premi&#232;re ann&#233;e comme action politique &#187; : tel est le sujet que Duncan Kennedy, devenu professeur &#224; la&lt;i&gt; Harvard Law School&lt;/i&gt;, aborde en 1978 dans le cadre de la seconde conf&#233;rence nationale sur les CLS. Le discours vise &#224; galvaniser les troupes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; First Year Law Teaching as Political Action &#187;, Law &amp; Social Problems, (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il invite &#224; enseigner aux &#233;tudiants que la pens&#233;e juridique bourgeoise et lib&#233;rale est une forme de mystification. L'enseignement doit proposer des projets utopiques pour en d&#233;passer les contradictions&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Et si de nombreux coll&#232;gues de gauche formulent des objections, c'est qu'ils sont paralys&#233;s par une conception grandiose selon laquelle l'unique v&#233;ritable question est de savoir si, &#224; l'aune d'un universalisme abstrait de gauche, l'on agit de mani&#232;re valide &#224; un moment historique donn&#233;. Il est temps d'abandonner cet universalisme abstrait de type kantien pour s'engager concr&#232;tement au sein de sa facult&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 51.' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Duncan Kennedy justifie notamment sa position par le souci d'abolir &#171; la hi&#233;rarchie corrompue, immorale, et injuste autour de nous &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 52.' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il ne cache pas son espoir et sa jubilation lorsque dans des situations de rupture - pour traduire litt&#233;ralement et en gardant &#224; l'esprit le contexte du discours - &#171; se dissolvent les incrustations de cette hi&#233;rarchie de merde &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 52.' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Assumer sa radicalit&#233; en tant qu'enseignant en droit suppose tout &#224; la fois de ne pas d&#233;cevoir les &#233;tudiants de gauche et de ne pas trahir ses engagements dans la qu&#234;te d'un statut ou d'une reconnaissance&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 57.' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour ce faire, il s'agit de r&#233;sister &#224; la hi&#233;rarchie au sein des facult&#233;s de droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. En juillet 1981, &#224; la demande d'un &#233;diteur, Duncan Kennedy r&#233;dige un pamphlet sur l'&#233;ducation juridique destin&#233; &#224; prendre place dans une nouvelle collection relative &#224; la pens&#233;e radicale sur le droit. Intitul&#233; &lt;i&gt;Legal Education and Reproduction of Hierarchy. A Polemic against the System, &lt;/i&gt;le manuscrit sera d'abord publi&#233; partiellement en chapitres&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Legal Education as Training for Hierarchy &#187;, in D. Kairys, ed. The Politics (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, puis &#224; partir 1983 en auto-publication&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='Legal Education and the Reproduction of Hierarchy:A Polemic against the (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, et plus r&#233;cemment dans une version comment&#233;e par d'autres coll&#232;gues, enrichie d'une contribution o&#249; l'auteur retrace le contexte et l'histoire du texte pour &#171; des archives imaginaires de la pens&#233;e radicale sur le droit &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='Legal Education and the Reproduction of Hierarchy:A Polemic against the (...)' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le texte a &#233;t&#233; traduit en plusieurs langues, y compris en fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='Sous forme abr&#233;g&#233;e de trois chapitres du pamphlet, &#171; L'enseignement du droit et (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. Le pamphlet est dirig&#233; &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt; les hi&#233;rarchies qui se retrouvent &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233; sous forme de cellules&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., 2010, p. 102-103.' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, comme des monades de Leibnitz pourrait-on dire. L'opposition est celle &#224; &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; les hi&#233;rarchies ill&#233;gitimes : &#233;conomiques, culturelles, de classe, de race, de sexe, etc.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit, p. 98.' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De nombreuses personnes manifestent leur d&#233;sapprobation &#224; l'&#233;gard de telles hi&#233;rarchies, mais une personne est radicale &#171; lorsqu'elle &lt;i&gt;veut aller plus loin&lt;/i&gt;, d&#232;s maintenant de mani&#232;re pragmatique, dans le d&#233;mant&#232;lement des structures hi&#233;rarchiques existantes qui semblent &#234;tre mal adapt&#233;es &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 99.' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Or, la formation juridique est celle de la soumission &#224; de multiples hi&#233;rarchies : entre les &#233;tudiants, entre les perspectives professionnelles, entre les &lt;i&gt;Law Schools, &lt;/i&gt;entre les cabinets d'avocats. Elle vise &#224; &#233;tablir des hi&#233;rarchies et &#224; ce que les &#233;tudiants les reproduisent de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, qu'ils fassent ou non partie des &#233;lites. R&#233;sister &#224; la hi&#233;rarchie est significatif partout et &#224; tout moment, y compris dans les facult&#233;s de droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit, p. 123-124. &#171; Il est na&#239;f de croire que l'on puisse vivre (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; . Coh&#233;rent avec lui-m&#234;me, Duncan Kennedy a d'ailleurs r&#233;fl&#233;chi sur la mani&#232;re d'&#233;viter l'instauration de hi&#233;rarchies au sein du mouvement &lt;i&gt;Critical Legal Studies&lt;/i&gt; lui-m&#234;me&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='D. Kennedy, &#171; Psycho-Social CLS : A Comment on the Cardozo Symposium &#187;, (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;17. La pens&#233;e juridique radicale ne repose pas sur une th&#233;orie sociale ou politique particuli&#232;re. Dans l'enseignement comme ailleurs, la critique tous azimuts des hi&#233;rarchies se fonde sur l'exp&#233;rience personnelle et amicale&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 97.' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; elle ne proc&#232;de pas d'un cadre th&#233;orique de surplomb, m&#234;me si les analyses marxistes et non marxistes stimulent les esprits. Le probl&#232;me c'est que les &#233;tudiants en droit sont trop souvent victimes de l'un des cadres th&#233;oriques de gauche. &#171; L'analyse lib&#233;rale de gauche des droits plonge l'&#233;tudiant dans la rh&#233;torique juridique, mais puisqu'elle est en soi vide de sens, elle ne procure rien de plus que la possibilit&#233; de prendre position impulsivement contre l'ordre l&#233;gal &#233;tabli. L'approche marxiste instrumentale est tr&#232;s critique du droit, mais elle est &#233;galement pleine de m&#233;pris. Elle n'est d'aucune utilit&#233; pour comprendre les particularit&#233;s des r&#232;gles et de la rh&#233;torique, car elle les consid&#232;re a priori comme une simple fa&#231;ade. Dans tous les cas, la doctrine de gauche laisse tomber les &#233;tudiants de gauche puisqu'elle n'offre aucune assise pour [la ma&#238;trise de l'ambivalence/the mastery of ambivalence] dissiper l'ambigu&#239;t&#233;. Il est donc n&#233;cessaire de consid&#233;rer l'univers du droit de mani&#232;re &#224; pouvoir y entrer, de le critiquer sans le rejeter totalement et de le transfigurer sans s'abandonner &#224; son syst&#232;me de r&#233;flexion et &#224; sa fa&#231;on de faire &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 36. Les crochets signalent la traduction qui nous semble &#233;viter (...)' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Il est donc possible d'acqu&#233;rir un capital juridique sans n&#233;cessairement reproduire un syst&#232;me de domination... ni d'avoir le Capital pour livre de chevet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;B. L'enseignement dans les facult&#233;s de droit &#224; la lumi&#232;re du mat&#233;rialisme historique dans le mouvement &#171; critique du droit &#187; en France&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. En France, les juristes &#224; l'origine du mouvement &#171; critique du droit &#187; se r&#233;f&#232;rent explicitement au mat&#233;rialisme historique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une critique du droit, op. cit., 1978, p. 1.' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Affirm&#233; dans le Manifeste des membres fondateurs du mouvement, la r&#233;f&#233;rence est justifi&#233;e par l'analyse de la pens&#233;e de Marx, notamment propos&#233;e par Michel Miaille dans &lt;i&gt;une introduction critique au droit&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='Michel Miaille, Une Introduction critique au droit, Textes &#224; l'appui, Paris : (...)' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La th&#233;orie du droit ne prend sens qu'au sein d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'histoire. Il en va de m&#234;me pour l'enseignement : &#171; si le renouvellement de l'&#233;tude du droit est possible, ce n'est que par le moyen d'une formulation tout &#224; fait nouvelle de la soci&#233;t&#233; et de ses transformations dans l'histoire &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 75.' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il faut donc penser le droit &#224; partir des dominations pr&#233;sentes dans la soci&#233;t&#233; capitaliste et non comme une entit&#233; autonome qui serait &#224; l'origine des hi&#233;rarchies au sein de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. Les facult&#233;s de droit ne font pas ici exception et participent d'une histoire g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233; dont il s'agit de rendre compte. Quel a &#233;t&#233; le r&#244;le des facult&#233;s de droit dans la formation et la reproduction des &#233;lites ? Quelle est la signification des r&#233;formes de l'enseignement du droit ? En quoi la formation des juristes est-elle un enjeu pour renforcer le pouvoir &#233;tatique ? Telles sont les interrogations qui reviennent le plus souvent dans une s&#233;rie d'articles&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans Pour une critique du droit, op. cit., 1978, J.J. Gleizal, (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et dans un ouvrage sans relief&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='J. Gatti-Montain, Le syst&#232;me d'enseignement du droit en France, Lyon, Presses (...)' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; . Les r&#233;ponses apport&#233;es par les analyses des juristes issus du mouvement critique du droit sont convergentes. Oui les facult&#233;s de droit forment les &#233;lites, mais le pouvoir &#233;tatique a toujours &#233;t&#233; attentif &#224; disposer d'un contr&#244;le sur ce point&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb42' class='spip_note' rel='footnote' title='J.J.Gleizal, op. cit., 1978, p. 108 : &#171; En France, le syst&#232;me d'enseignement (...)' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Oui les facult&#233;s r&#233;sistent aux r&#233;formes de professionnalisation et de modernisation de l'enseignement du droit, mais cette r&#233;sistance s'explique par un conservatisme politique soucieux de maintenir un syst&#232;me de reproduction des &#233;lites dans l'appareil d'&#201;tat. Oui, les facult&#233;s de droit se transforment, mais c'est dans un contexte o&#249; le mandarinat en crise cherche &#224; maintenir ses pr&#233;rogatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. La critique de la hi&#233;rarchie prend d'abord pour cible l'organisation et le fonctionnement des facult&#233;s de droit qui s'apparentent &#224; ceux des casernes o&#249; chacun a son grade&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb43' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., 1978, p. 98 , du p&#232;re-colonel-doyen au fils-deuxi&#232;me (...)' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les facult&#233;s de droit ob&#233;issent &#224; un mod&#232;le hi&#233;rarchique et paternaliste. Le contexte social a &#233;galement conduit &#224; une crise du mandarinat suscitant des remises en cause de la hi&#233;rarchie entre enseignants. La suppression de cette hi&#233;rarchie est &#224; l'origine &#171; de la constitution de groupes de recherche s'inscrivant dans une perspective de critique du droit &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb44' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit.,1978, p. 73.' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle a pour corollaire une syndicalisation des enseignants du sup&#233;rieur ayant pour objectif de remettre en cause les privil&#232;ges et les statuts existants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. La critique de la hi&#233;rarchie doit b&#233;n&#233;ficier ensuite aux &#233;tudiants et &#224; la soci&#233;t&#233;. Or, les &#233;volutions sociales issues de 1968 ont concr&#233;tis&#233; l'av&#232;nement d'une universit&#233; de masse qui &#171; a permis de rompre avec une conception &#233;litiste de l'enseignement &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb45' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit. 1978, p. 72.' id='nh45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il ne s'agit plus d'enseigner pour les seuls privil&#233;gi&#233;s et les fils de (bonne ?) famille ; le droit doit &#234;tre mis &#224; la port&#233;e de tous les nouveaux &#233;tudiants, en particulier ceux en provenance des classes moyennes et populaires. L'av&#232;nement d'un nouveau juriste n'est pas au service du pouvoir, des &#233;lites&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb46' class='spip_note' rel='footnote' title='J.J. Gleizal, &#171; La formation des juristes dans l'Etat fran&#231;ais &#187;, Proc&#232;s, (...)' id='nh46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Loin d'&#234;tre une courroie de transmission servile de l'oppression &#233;tatique et la soci&#233;t&#233; capitaliste, il participe &#224; l'&#233;mancipation de tous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;22. La critique de la hi&#233;rarchie concerne enfin les rapports entre les enseignants et les &#233;tudiants. Pour ce faire, il convient d'&#233;manciper les &#233;tudiants d'une pens&#233;e strictement juridique verrouill&#233;e par le conservatisme des privatistes, par le formalisme positiviste interdisant toute d&#233;marche explicative. Il faut en finir avec le &#171; culte du droit organis&#233; sur la base d'une cellule hi&#233;rarchique d'initiation. La hi&#233;rarchie produisant un effet &lt;i&gt;d'isolement et de diff&#233;renciation&lt;/i&gt; et &#233;liminant toute perspective critique permettra de produire, de conserver et de divulguer l'id&#233;ologie juridique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb47' class='spip_note' rel='footnote' title='J.J. Gleizal, in Pour une critique du droit, op. cit., 1978, p. (...)' id='nh47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il faut en finir avec la structure hi&#233;rarchique du cours magistral conduisant &#224; des &#233;tudiants passifs et irresponsables sous la domination de leurs professeurs. Il faut en finir avec les rapports hi&#233;rarchiques des doctorants &#224; l'&#233;gard des professeurs &#233;rigeant la soumission servile &#224; un ma&#238;tre auquel il convient de plaire comme crit&#232;re de r&#233;ussite. Il faut en finir avec la hi&#233;rarchie instaur&#233;e par le concours de l'agr&#233;gation, source de despotisme &#233;litiste et de domination sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. De m&#233;moire d'&#233;tudiant pour un &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tractatus anarcho-juridicus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;23. Aller au c&#339;ur de la contrainte pour y chercher la plus grande libert&#233;. Pareille intuition m'a conduit &#224; choisir les &#233;tudes de droit plut&#244;t que celles de sociologie ou de psychologie. Le choix fut d'abord celui de l'universit&#233;. Fruit d'une sourde r&#233;bellion contre le syst&#232;me de l'&#233;litisme &#224; la fran&#231;aise, avec ses classes pr&#233;paratoires et ses grandes &#233;coles, je m'&#233;tais laiss&#233; assez distancer au lyc&#233;e pour &#233;chouer au baccalaur&#233;at et devoir redoubler une terminale s&#233;rie C, &#224; dominante scientifique donc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;24. S'orienter vers les &#233;tudes de droit, c'&#233;tait choisir pr&#233;cis&#233;ment des &#233;tudes en dehors du syst&#232;me s&#233;lectif des grandes &#233;coles, prendre le temps d'&#233;tudier et de lire dans d'autres domaines pour pallier &#224; une inculture abyssale, tout en pr&#233;servant des ouvertures professionnelles et un parfum de normalit&#233;. J'avais aussi la curiosit&#233; de m'approprier les connaissances, de loin docilement abstraites, par lesquelles la contrainte paraissait s'exercer. Apr&#232;s des &#233;tudes secondaires en grande banlieue, dans la morne profondeur des Yvelines, je m'inscrivais donc, en 1984, &#224; l'universit&#233; de Paris II Assas. Sur les conseils d'un voisin, je pris la dominante &#171; droit constitutionnel et sciences politiques &#187;, avec travaux dirig&#233;s en ces mati&#232;res, pour &#233;viter, selon ses propos, la s&#233;lection op&#233;r&#233;e par le droit civil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;25. Les d&#233;buts furent p&#233;nibles. Ma d&#233;ception vint surtout de l'absence de stimulation intellectuelle. J'&#233;tais venu &#233;tudier &#224; Paris pour cela et me trouvais confront&#233; &#224; un climat estudiantin apathique, le tout dans le contexte intellectuellement et politiquement d&#233;prim&#233; du milieu des ann&#233;es 1980. En guise de r&#233;veil, il y avait certes certains professeurs qui aboyaient de la droite contre les socialistes au pouvoir, voire de l'extr&#234;me droite, mais je peinais &#224; rejoindre les mauvais rieurs dans les amphis, sans toutefois militer dans les couloirs avec les &#233;tudiants de gauche (l'Unef), encore traqu&#233;s par ceux tr&#232;s &#224; droite (le Gud) en perte de vitesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;26. Ni politis&#233;, ni intellectualis&#233;, l'enseignement &#233;tait suppos&#233; prendre sens dans la perspective d'une r&#233;ussite professionnelle &#224; deux versants : soit les grands concours administratifs, ENA en t&#234;te - les &#233;tudiants de sciences po. venaient compl&#233;ter leur formation pour cela - ; soit une activit&#233; d'avocat de droit des affaires, dans un cabinet international &lt;i&gt;of course.&lt;/i&gt; Hi&#233;rarchie professionnelle bic&#233;phale qui symbolisait le succ&#232;s en droit public ou en droit priv&#233;, avec pour mod&#232;le des professeurs respectivement occup&#233;s par des missions gratifiantes aupr&#232;s du pouvoir ou des arbitrages commerciaux aux r&#233;tributions substantielles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27. L'ouverture &#224; la rentr&#233;e 1986 du Magist&#232;re de droit social &#224; l'universit&#233; de Paris X-Nanterre, dipl&#244;me en trois ans alliant cours et stages - entreprise, cabinet avocat, conf&#233;d&#233;ration syndicale en ce qui me concerne -, allait me fournir une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne. D'abord, une universit&#233; pluridisciplinaire &#224; dominante sciences humaines et sociales, non un &#233;tablissement organis&#233; autour de l'enseignement du droit et d&#233;termin&#233; par le r&#244;le social jou&#233; par ses professeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;28. Ensuite, la richesse du droit du travail et syndical, de la s&#233;curit&#233; sociale, avec son histoire issue de la dynamique des mouvements ouvriers, son caract&#232;re conflictuel &#233;clair&#233; par la sociologie et la psychologie, ses acteurs syndicaux souvent forts en gueule, ses salari&#233;s, ouvriers ou dirigeants, dont il faut percer les ressorts symboliques et &#233;conomiques, et surtout son &lt;i&gt;caract&#232;re r&#233;versible&lt;/i&gt; dans la technique et les perspectives. Du reste, mes camarades visaient une formation et un dipl&#244;me tant&#244;t pour exercer des fonctions au sein d'une direction du personnel, tant&#244;t pour conjuguer leur sensibilit&#233; sociale avec un destin professionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;29. Enfin, sur le plan humain et institutionnel, je prenais progressivement conscience, entour&#233;e d'une &#233;quipe d'enseignants de qualit&#233; exceptionnelle, des hi&#233;rarchies universitaires dominantes. Nanterre avait la r&#233;putation d'une universit&#233; de gauche, ancr&#233;e dans les sciences sociales, o&#249; les juristes peuvent d&#233;velopper leurs engagements sans subir une pression des conservateurs ; mais c'est aussi, peut-&#234;tre pour ces raisons m&#234;mes, du moins pour certains juristes, un univers de conformisme qui peine &#224; assumer sa diff&#233;rence, jalouse les deux grandes de Paris centre, au point m&#234;me de reproduire ses hi&#233;rarchies. Autrement dit, le professeur enseignant le droit civil, agr&#233;g&#233; des facult&#233;s de droit, de pr&#233;f&#233;rence apr&#232;s avoir soutenu sa th&#232;se &#224; Paris I ou II avait plus de l&#233;gitimit&#233; que la ma&#238;tresse de conf&#233;rences en charge d'un s&#233;minaire de s&#233;curit&#233; sociale orient&#233;e dans un perspective interdisciplinaire. De quoi se persuader de l'utilit&#233; sup&#233;rieure, dans la perspective d'une carri&#232;re acad&#233;mique, de la ma&#238;trise technique du droit des obligations sur la compr&#233;hension des politiques sociales. Aussi, avec un brin d'opportunisme, d&#233;cidai-je de soutenir une th&#232;se en droit des obligations, sur le mode techniquement subversif d'une analyse de l'acte unilat&#233;ral dans les relations contractuelles priv&#233;es &#224; partir des cat&#233;gories du droit administratif. Peu de contact avec des membres de &#171; critique du droit &#187; &#224; l'&#233;poque, si ce n'est avec Antoine Jeammaud, &#224; la fin des ann&#233;es 1980, dont la veine critique m'&#233;tait moins perceptible en droit du travail que dans ses propositions de th&#233;orie du droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;30. Dans mon parcours d'&#233;tudiant, la prise de conscience la plus d&#233;cisive fut sans doute d'avoir r&#233;alis&#233; en 1989, en parall&#232;le avec les &#233;tudes en droit social, un dipl&#244;me d'&#233;tudes approfondies de th&#233;orie du droit. &#201;pist&#233;mologie, ontologie juridique, herm&#233;neutique, normativisme, logique d&#233;ontique, tout un univers de r&#233;flexions &#224; caract&#232;re abstrait, international et intellectualis&#233; me montrant, en creux, les perspectives th&#233;oriques qu'il n'&#233;tait &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; recommand&#233; d'adopter,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pour se placer dans les meilleures conditions pour r&#233;ussir le concours d'agr&#233;gation du sup&#233;rieur en droit priv&#233; et sciences criminelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;31. En revanche, l'aptitude &#224; faire valoir les constructions techniques &#224; caract&#232;re doctrinal - dites th&#233;oriques - dans le but de r&#233;soudre des probl&#232;mes concrets, avec le bon sens qui sied, est valoris&#233;, si possible avec un vernis de culture et un zeste de critique morale, de type catholique social en particulier. De ce concours mythique parmi les coll&#232;gues, sans doute pour reposer sur des qualit&#233;s qui doivent moins &#224; l'intelligence et &#224; l'ouverture d'esprit qu'&#224; l'aptitude - r&#233;elle ou suppos&#233;e- &#224; reproduire habilement, dans un format convenu, le sens juridique des dominations sociales, je garde le souvenir d'une r&#233;ussite &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; permise par une lucidit&#233; p&#233;trie d'hypocrisie. Difficile de faire autrement dans un concours o&#249; est appr&#233;ci&#233;e votre aptitude &#224; devenir un gardien du mensonge. Reste &#224; savoir lequel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;II. Critiquer l'id&#233;ologie doctrinale et les pratiques p&#233;dagogiques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;32. Parce que l'enseignement du droit intervient pour la premi&#232;re fois &#224; l'universit&#233;, et non au coll&#232;ge ou au lyc&#233;e, il appara&#238;t comme un &#171; enseignement primaire &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb48' class='spip_note' rel='footnote' title='J.D. Bredin, &#171; Pour la r&#233;forme des r&#233;formes : remarques sur l'enseignement du (...)' id='nh48'&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. A chaque &#233;poque correspond un mode traditionnel d'enseigner le droit. La critique de l'enseignement traditionnel porte tout aussi bien sur le contenu que sur les m&#233;thodes. Elle est r&#233;currente et concerne toutes les disciplines, de l'histoire du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb49' class='spip_note' rel='footnote' title='C. Appleton, &#171; Notre enseignement du droit romain, ses ennemis et ses (...)' id='nh49'&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; au droit international&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb50' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Charvin, &#171; Le droit international tel qu'il a &#233;t&#233; enseign&#233;. Notes critiques (...)' id='nh50'&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les juristes de gauche s'inscrivant dans la dynamique de contestation des ann&#233;es 1968 ont mis l'accent sur la critique de l'id&#233;ologie doctrinale et des pratiques p&#233;dagogiques, ce qui revient aussi &#224; discuter le contenu et la m&#233;thode. Critiquer est une chose, enseigner en est une autre : les initiatives concr&#232;tes des enseignants &#224; l'origine des critiques de l'enseignement du droit peinent &#224; &#234;tre &#224; la hauteur de la qualit&#233; de leur d&#233;nonciation&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb51' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Kaluszynski, &#171; Sous les pav&#233;s, le droit : le mouvement &#171; Critique du droit (...)' id='nh51'&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. Critiquer un contenu ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;33. Enseigner le droit, de mani&#232;re traditionnelle, consiste &#224; exposer le droit positif, c'est-&#224;-dire le droit en vigueur dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e. D'apparence anodine, l'affirmation n'est pas sans produire des effets lorsqu'il s'agit d'introduire les ferments d'un droit nouveau. L'observation a pu &#234;tre faite &#224; propos de l'affirmation du droit fran&#231;ais, l'article 14 de l'&#233;dit d'avril de 1679 se pronon&#231;ant &#171; pour le r&#233;tablissement des &#233;tudes du droit canonique et civil et du droit fran&#231;ais dans toutes les Universit&#233;s du Royaume &#187;. Par un tel choix, l'activit&#233; des professeurs se trouve engag&#233;e sur la voie d'une politique normative : &#171; M&#234;me s'il n'en &#233;crit pas [de livres], son activit&#233; de professeur a contribu&#233; &#224; r&#233;pandre dans le public l'id&#233;e d'unification progressive que sugg&#232;re le titre m&#234;me de sa chaire &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb52' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Olivier-Martin, &#171; Les professeurs royaux de droit fran&#231;ais et (...)' id='nh52'&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Plus que d'accoutumer les esprits &#224; un droit nouveau, d'exercer une fonction de l&#233;gitimation &#224; cet &#233;gard, l'enseignement contribue &#224; asseoir l'autorit&#233; d'un droit en formation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;34. M&#234;me dans des p&#233;riodes o&#249; le volontarisme juridique est moins apparent, le droit en vigueur n'est pas fig&#233; ; il a vocation &#224; s'&#233;tendre, &#224; se d&#233;velopper selon sa propre logique. Les professeurs les plus &#233;minents sont conscients de ces &#233;volutions et du r&#244;le qu'ils sont susceptibles de jouer pour en stabiliser les fondements, par une dynamique de r&#233;novation immobile. Dans un article relatif &#224; l'enseignement du droit publi&#233; en 1970, Jean Rivero &#233;crit qu'il s'agit de &#171; mettre l'enseign&#233; en mesure de vivre les mutations du Droit en &lt;i&gt;logeant dans son esprit les notions fondamentales qui assurent l'unit&#233; et la continuit&#233; du droit national&lt;/i&gt; &#224; travers ces mutations, en le formant &#224; une technique de travail et &#224; une m&#233;thode de pens&#233;e, en &#233;largissant sa connaissance du milieu que le Droit entend r&#233;gir &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb53' class='spip_note' rel='footnote' title='J. Rivero, &#171; R&#233;flexions sur l'enseignement du droit &#187;, M&#233;langes Trotabas, 1970, (...)' id='nh53'&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;35. Les mutations existent, elles doivent &#234;tre v&#233;cues, mais l'objectif reste celui de l'unit&#233; et la continuit&#233; du droit national (sic), qui plus est en logeant les notions fondamentales dans les esprits... comme on loge une balle dans la t&#234;te des &#233;tudiants, auraient pu dire les plus r&#233;volt&#233;es d'entre eux. La critique des ann&#233;es 1970 porte ici sur l'id&#233;ologie capitaliste v&#233;hicul&#233;e par des notions juridiques dont le caract&#232;re fondamental n'est autre que de permettre la perp&#233;tuation d'un syst&#232;me de domination. Le mode de production capitaliste demeure la r&#233;f&#233;rence au sein de nos soci&#233;t&#233;s, et &#171; les m&#234;mes &#8216;donn&#233;es' peuvent donc, avec vraisemblance, appara&#238;tre dans les cours des professeurs de droit, participant &#224; la reproduction inconsciente ou volontaire du syst&#232;me juridique dominant &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb54' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Mialle, une introduction critique au droit, op. cit., p. (...)' id='nh54'&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. D'o&#249; l'analyse de Michel Miaille visant &#224; montrer en quoi et comment les manuels de droit - vecteurs d'id&#233;ologie dans l'enseignement - prennent appui sur des fausses donn&#233;es du syst&#232;me juridique, en proposent une construction bancale. Saine d&#233;construction qui porte sur des entit&#233;s (le sujet de droit, l'&#201;tat, la soci&#233;t&#233; internationale), des classifications (droit objectif/droits subjectifs, droit public/droit priv&#233;, choses/personnes), ou encore des raisonnements formels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;36. Est-il possible d'enseigner le contenu du droit sur un mode qui ne soit pas dogmatique ? Pour ce faire, il convient de fuir la paresse conformiste de la reproduction du m&#234;me : &#171; il y a longtemps que j'ai renonc&#233; au confort intellectuel que procure la fid&#233;lit&#233;. Je sais trop qu'il ne s'agit plus d'enseigner aux autres ce que j'ai appris moi-m&#234;me, mais de les conduire &#224; se comporter en esprit comme les contemporains d'un monde o&#249; ils se trouvent physiquement engag&#233;s et dont les donn&#233;es subissent des mutations si brutales qu'elles infirment le dogmatisme des connaissances acquises en d'autres temps &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb55' class='spip_note' rel='footnote' title='G. Burdeau, &#171; Sur un enseignement impossible &#187;, M&#233;langes Trotabas, 1970, p. (...)' id='nh55'&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ce t&#233;moignage de Georges Burdeau sur l'enseignement impossible des ann&#233;es 1968 est aussi celui du dilemme de l'&#233;poque : r&#233;pondre aux attentes des &#233;tudiants sur l'actualit&#233; &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; les pr&#233;parer au mieux &#224; l'examen&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb56' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; ou bien j'enseigne en vue de l'examen, mais j'ai conscience de l'inadaptation (...)' id='nh56'&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Implicitement, c'est reconna&#238;tre que les connaissances attendues par les &#233;tudes de droit rel&#232;vent des connaissances dogmatiques ; l'initiation aux d&#233;bats juridiques dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique occupant une place mineure dans l'enseignement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;37. Par d&#233;finition, la critique appara&#238;t comme l'ennemie du dogmatisme. Elle rejoint en apparence la tradition de la pens&#233;e du libre examen. Plus sp&#233;cifiquement, la critique des ann&#233;es 1970 se focalise sur le caract&#232;re id&#233;ologique de l'enseignement, de son contenu, du caract&#232;re politique de ses programmes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb57' class='spip_note' rel='footnote' title='D. Kennedy, &#171; The Political Significance of the Structure of the Law School (...)' id='nh57'&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Difficile toutefois d'en rester &#224; une simple d&#233;nonciation de l'enseignement du droit, sans proposer une autre voie aux &#233;tudiants. D'o&#249; les initiatives visant &#224; faire &#233;merger un projet d'enseignement juridique concurrent, identifi&#233; par un contre-droit, mat&#233;rialis&#233; par des contre-manuels&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb58' class='spip_note' rel='footnote' title='G. de la Pradelle, L'Homme juridique. Essai critique de droit priv&#233;, (...)' id='nh58'&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, une contre-dogmatique pour reprendre le titre d'une revue publi&#233;e au Br&#233;sil. Ce droit alternatif est le fruit de la critique et de la d&#233;construction des notions et cat&#233;gories en vigueur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;38. Or, sauf &#224; s'engager dans une veine utopique, ce droit alternatif rencontre le p&#233;ril du dogmatisme lorsqu'il entend diffuser les nouvelles valeurs et principes que les &#233;tudiants sont appel&#233;s &#224; faire leurs au terme d'analyses marxistes ou non-marxistes. Mieux vaut armer les &#233;tudiants (y compris de gauche) des qualit&#233;s techniques leur permettant de r&#233;ussir leurs examens et de prendre appui (y compris pour les &#233;tudiants de droite) sur des contenus juridiques pointant les injustices juridiquement organis&#233;es et les contradictions de notre syst&#232;me capitaliste&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb59' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une illustration &#224; partir de l'enseignement du droit de la (...)' id='nh59'&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. Critiquer une m&#233;thode ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;39. Loin de se r&#233;duire &#224; l'apprentissage de contenus, qui plus est &lt;i&gt;par c&#339;ur&lt;/i&gt; - id&#233;e populaire qui a la peau dure - l'enseignement du droit se caract&#233;rise, aux dires des juristes traditionnels, par l'apprentissage d'une m&#233;thode. Les enseignants insistent volontiers sur ce point. La m&#233;thode est ce qui caract&#233;rise un juriste, d'o&#249; l'importance de sa transmission. Un &#233;tudiant devenu professeur &#233;voque ainsi les souvenirs de ce qui lui a transmis son ma&#238;tre : &#171; nous avons pu recevoir d'un enseignement appropri&#233; l'aptitude &#224; comprendre, &#224; d&#233;couvrir l'int&#233;r&#234;t d'un probl&#232;me, &#224; trouver sa solution. C'est cela qui caract&#233;rise un juriste, et non ses connaissances t&#244;t d&#233;pass&#233;es, et de toute mani&#232;re insuffisante. Un juriste travaille avec une m&#233;thode et une biblioth&#232;que &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb60' class='spip_note' rel='footnote' title='J.D. Bredin, op. cit., p. 81.' id='nh60'&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;40. Quelle est cette m&#233;thode ? Une r&#233;ponse fort r&#233;pandue consiste &#224; dire qu'elle &#224; r&#233;soudre des cas particuliers &#224; partir de r&#232;gles g&#233;n&#233;rales. L'enseignement du droit est &#224; caract&#232;re pratique, ce que renforce encore les r&#233;formes visant &#224; la professionnalisation. Outre une culture et des connaissances, &#171; La formation du juriste requiert aussi, et surtout, l'aptitude &#224; mettre en &#339;uvre les connaissances acquises en vue de la solution d'un probl&#232;me concret &#187;. Cela suppose deux exigences : d'abord, acc&#233;der aux textes et &#224; leur signification, ensuite, une fois &#171; les mat&#233;riaux rassembl&#233;s, il reste &#224; b&#226;tir le raisonnement, &#224; tracer le chemin qui, &#224; partir des donn&#233;es concr&#232;tes, d&#233;bouchera sur la solution juste. Faire acqu&#233;rir &#224; l'&#233;tudiant cette m&#233;thode de pens&#233;e, irr&#233;ductible &#224; toute autre, dans la mesure o&#249; elle implique un va-et-vient perp&#233;tuel du fait particulier &#224; la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, de l'esp&#232;ce &#224; la norme, du concret &#224; l'abstrait, voil&#224; le but auquel doit viser toute formation juridique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb61' class='spip_note' rel='footnote' title='J. Rivero, op. cit., p. 451.' id='nh61'&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;41. Une premi&#232;re critique contre cette pr&#233;tendue m&#233;thode repose sur son caract&#232;re formel, abstrait, con&#231;u pour d&#233;former les r&#233;alit&#233;s sociales&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb62' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Miaille, une introduction critique au droit, op. cit., sp&#233;c. p. (...)' id='nh62'&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Au cours du processus de va-et-vient entre le fait et le droit, entre les situations concr&#232;tes et les cat&#233;gories abstraites, le r&#233;el est transform&#233;, d&#233;construit et reconstruit. Voici comment : aux questions concr&#232;tes des demandeurs, la (pr&#233;tendue) m&#233;thode des juristes consiste &#224; ne retenir que la part pertinente au regard des cat&#233;gories juridiques, puis &#224; formuler la question de droit, &#224; la r&#233;soudre dans un univers abstrait accessible aux seuls juristes, avant de formuler une solution dans ce monde du droit, puis de faire en sorte qu'elle trouve application dans la r&#233;alit&#233;. Processus de mont&#233;e en g&#233;n&#233;ralit&#233; &#224; partir &lt;i&gt;des faits&lt;/i&gt; pour formuler et r&#233;soudre le probl&#232;me &lt;i&gt;en droit&lt;/i&gt; avant d'apporter une r&#233;ponse et de faire retour aux&lt;i&gt; faits.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;42. La m&#233;thode conduit &#224; donner le primat au droit abstrait sur les faits concrets&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb63' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; La logique juridique, par le jeu de l'abstraction, va construire un certain (...)' id='nh63'&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle conduit &#224; doter le droit d'une autonomie au regard des faits&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb64' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 208.' id='nh64'&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle conduit &#224; consolider l'armature conceptuelle du syst&#232;me juridique dominant. Elle est n&#233;gatrice d'une logique dialectique o&#249; la discussion a sa place, pourtant plus fid&#232;le aux pratiques des d&#233;bats &lt;i&gt;pro et contra &lt;/i&gt;entre juristes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb65' class='spip_note' rel='footnote' title='Pratiquer la logique dialectique en droit, &#171; c'est pr&#233;cis&#233;ment faire &#233;clater (...)' id='nh65'&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;43. Une seconde critique de la m&#233;thode juridique enseign&#233;e porte sur son inad&#233;quation aux pratiques des professionnels du droit. Loin de s'&#233;tablir &#224; partir du dogme de la solution unique - pour reprendre une heureuse formule - le droit s'&#233;tablit par des rapports de force. Il est r&#233;sultat d'une lutte pour le droit aurait dit Ihering, ou Ripert apr&#232;s lui. Si les juristes universitaires en ont conscience, ils n'en tirent pas de cons&#233;quences sur leurs pratiques p&#233;dagogiques, comme si le caract&#232;re statique des m&#233;thodes d'enseignement visait &#224; conforter l'immobilisme de la m&#233;thode juridique traditionnelle qui laisse peu de place &#224; la critique du droit. Par del&#224; les discours, l'enseignement du droit n'est pas tourn&#233; vers la pratique. Ainsi, par exemple, les &#233;tudiants form&#233;s au droit administratif connaissent la hi&#233;rarchie des normes par le sommet, mais ignorent l'importance pratique des circulaires dans la r&#233;alisation du droit ; ils acqui&#232;rent une conception abstraite et id&#233;ologique des normes mais n'apprennent pas &#224; exercer concr&#232;tement un recours pour exc&#232;s de pouvoir&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb66' class='spip_note' rel='footnote' title='JJ. Gleizal, op. cit., 1978, p. 78 et s.' id='nh66'&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour enseigner le droit, il conviendrait d'inciter les &#233;tudiants &#224; prendre appui sur les pratiques sociales existantes, de r&#233;aliser des enqu&#234;tes sur le terrain&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb67' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 113.' id='nh67'&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Relevons que ce souci de confronter les &#233;tudiants en droit &#224; des enqu&#234;tes sociales n'est pas sp&#233;cifique aux membres de &#171; critique du droit &#187;, et avait &#233;t&#233; formul&#233;, avec plus de pr&#233;cision et de consistance, d&#232;s 1957 par Andr&#233; Tunc&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb68' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Tunc, &#171; Sortir du n&#233;olithique (Recherche et enseignement dans les Facult&#233;s (...)' id='nh68'&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, il est vrai familier des universit&#233;s nord am&#233;ricaines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;44. Une troisi&#232;me critique de la m&#233;thode du droit vise &#224; d&#233;noncer sa pr&#233;tendue neutralit&#233;. La m&#233;thode juridique traditionnelle tend &#224; dissimuler la part politique du droit au profit d'une application m&#233;canique ignorante des r&#233;alit&#233;s sociales et conduisant &#224; la reproduction des in&#233;galit&#233;s. Plut&#244;t que d'insister sur cette critique maintes fois men&#233;e d'un positivisme servile, il est plus int&#233;ressant de distinguer plusieurs versions de ce que pourrait &#234;tre un enseignement du droit reposant sur l'absence de neutralit&#233; de la m&#233;thode juridique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;45. En France, Jean-Jacques Gleizal entend situer le nouvel enseignement du droit dans une perspective marxiste de transformation de la soci&#233;t&#233;. Aussi, l'enseignement du droit doit s'&#233;carter du positivisme actuel pour &#171; devenir une formation politique de type civique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb69' class='spip_note' rel='footnote' title='J.J. Gleizal, op. cit., 1978, p. 112.' id='nh69'&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La n&#233;cessit&#233; de cette formation s'impose dans une configuration de d&#233;clin du droit priv&#233; (droit du plus fort de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale) au profit du droit public (droit &#233;galitaire de la soci&#233;t&#233; socialiste). Con&#231;ue comme une utopie de la loi, la norme est alors cens&#233;e ouvrir la voie au d&#233;p&#233;rissement de l'Etat&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb70' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 108.' id='nh70'&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les juristes ne seront plus au service des int&#233;r&#234;ts des plus puissants, ils auront pour mission de transformer la soci&#233;t&#233;. Dans cette perspective, la question pertinente est de se demander &#171; &lt;i&gt;ce que pourrait &#234;tre une formation de sp&#233;cialistes du droit dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb71' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 112.' id='nh71'&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Dans le processus de d&#233;mocratisation de l'Etat, &#171; le probl&#232;me de la juridicit&#233; ne sera pas pour autant &#233;cart&#233;. Il sera simplement restitu&#233; &#224; sa juste place. L'activit&#233; du juriste ne pourra qu'&#234;tre critique - aussi bien sur le plan th&#233;orique que pratique - le juriste posera &#224; la fois la relativit&#233; du droit et celle de sa position sociale &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb72' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 111.' id='nh72'&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Au positivisme abstrait id&#233;ologiquement au service de la bourgeoisie, il convient donc de promouvoir un mat&#233;rialisme concret au service d'un changement social. Si m&#233;thode il y a, elle suivrait la dynamique d'une entropie du droit et des juristes qui verraient leur part de plus en plus r&#233;duite &#224; l'aune de la r&#233;alisation de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;46. Aux &#201;tats-Unis, Duncan Kennedy vise notamment &#224; ce que les &#233;tudiants prennent conscience de l'absence de neutralit&#233; du droit. Au cours de sa pratique d'enseignant, il a multipli&#233; les initiatives et les dispositifs p&#233;dagogiques, exp&#233;rience concr&#232;te qu'il ne manque pas de relater dans plusieurs textes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb73' class='spip_note' rel='footnote' title='D. Kennedy, &#171; First Year Law Teaching as Political Action &#187;, Law &amp; Social (...)' id='nh73'&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Car il ne suffit pas de concevoir l'enseignement en premi&#232;re ann&#233;e de droit comme une action politique, il faut le faire, sans pour autant pr&#233;tendre imposer ses vues. Or, les obstacles sont nombreux. D'abord, il s'agit d'avoir les id&#233;es claires sur l'objet principal de sa propre critique du droit et des m&#233;thodes traditionnelles d'enseignement qui le v&#233;hicule sous couvert de neutralit&#233;. Ensuite, il convient d'avoir &#171; quelque chose &#224; enseigner &#187; qui soit accessible aux &#233;tudiants, ce qui exige de cr&#233;er des mat&#233;riaux appropri&#233;s, en l'occurrence afin de montrer que les r&#232;gles juridiques sur lesquels reposent le capitalisme ne repr&#233;sentent pas ce qui est &#171; normal, libre et naturel &#187;, (comme tendent &#224; le faire croire la plupart des enseignants). Enfin, il faut trouver les ressorts p&#233;dagogiques pour que les &#233;tudiants entrent dans la critique sans dogmatisme, ce qui peut &#234;tre notamment fait, par la mise en discussion de th&#232;mes controvers&#233;s &#224; m&#234;me de faire ressortir leurs divergences politiques et sociales. Le meilleur moyen de politiser l'enseignement est de partir de la sensibilit&#233; politique des &#233;tudiants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C. D'exp&#233;rience d'enseignant pour un &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tractatus anarcho-juridicus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;47. Dans les facult&#233;s de droit, il est habituel de proposer aux jeunes chercheurs souhaitant r&#233;aliser une th&#232;se des enseignements en qualit&#233; de charg&#233;s de travaux dirig&#233;s. La pratique prend place dans une politique universitaire plus g&#233;n&#233;rale visant &#224; attirer les chercheurs vers une carri&#232;re d'enseignant ; elle s'explique aussi par la difficult&#233; de recruter une main d'&#339;uvre disponible et motiv&#233;e pour occuper un r&#244;le devenu capital dans l'enseignement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;48. Ma premi&#232;re exp&#233;rience d'enseignement en droit, en qualit&#233; de charg&#233; de travaux dirig&#233;s, date de 1989, alors que je n'avais encore tout &#224; fait fini mes &#233;tudes. Mon futur directeur de th&#232;se avait eu la g&#233;n&#233;reuse inconscience de me mettre face &#224; des &#233;tudiants de ma&#238;trise pour assurer des travaux dirig&#233;s en droit international priv&#233;. Plus tard, en qualit&#233; de doctorant, ayant eu la chance de b&#233;n&#233;ficier d'un financement d'allocataire-moniteur, puis d'attach&#233; temporaire d'enseignement et de recherche, ce fut une exp&#233;rience prolong&#233;e au cours de cinq ann&#233;es, &#224; l'universit&#233; de Nanterre, puis &#224; Cergy-Pontoise, dans les mati&#232;res traditionnelles que sont l'introduction au droit, le droit des obligations ou encore le droit de la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;49. A ce stade, crucial &#224; bien des &#233;gards pour l'organisation des enseignements juridiques, plusieurs facteurs poussent au conformisme. En premier lieu, l'absence de transition entre le statut d'&#233;tudiant et celui de jeune enseignant favorise la reproduction du m&#234;me, &#224; partir de ce que vous avez v&#233;cu, de ce que vous connaissez d&#233;j&#224;, de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait, sans favoriser le renouvellement par une exp&#233;rience autre, distanc&#233;e, des &#233;tudes &#224; l'&#233;tranger par exemple.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;50. En deuxi&#232;me lieu, les discussions &#224; caract&#232;re p&#233;dagogique avec les enseignants - professeurs et parfois ma&#238;tres de conf&#233;rences - se limitent &#224; des consignes g&#233;n&#233;rales sur le programme, l'ad&#233;quation entre le cours et les travaux dirig&#233;s, et surtout, les modalit&#233;s d'examen et de contr&#244;le continu. Nous ne sommes plus &#224; l'&#233;poque de la collation des grades, mais la pr&#233;occupation des &#233;tudiants, qui conditionne en grande partie leur travail et leur r&#233;ception du cours et des travaux dirig&#233;s, reste largement d&#233;termin&#233;e par l'exercice donn&#233; &#224; l'examen (commentaire d'arr&#234;t, cas pratique et dissertation constituant les trois exercices type). Les &#233;changes entre charg&#233;s de cours et de travaux dirig&#233;s sur les finalit&#233;s de l'enseignement sont rares, et lorsque des initiatives sont laiss&#233;es par les enseignants aux charg&#233;s de travaux dirig&#233;s pour r&#233;aliser des fiches destin&#233;s aux &#233;tudiants, c'est le plus souvent pour se d&#233;barrasser d'un travail ingrat (situation que je n'ai jamais v&#233;cu directement), non pour introduire des initiatives sur la forme ou la p&#233;dagogie (ce que je n'ai jamais connu).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;51. En troisi&#232;me lieu, le doctorant vise &#224; acc&#233;der au statut de ses ma&#238;tres ; il cherchera donc &#224; en suivre la trajectoire et &#224; r&#233;pondre &#224; des exigences, plus ou moins explicites, de r&#233;ussite. J'&#233;tais &#224; l'&#233;poque soucieux d'int&#233;grer dans mon travail de th&#232;se des contraintes de forme, de style, de temps. Or, il faut bien reconna&#238;tre que le contact avec les &#233;tudiants, hormis peut-&#234;tre le souci de clart&#233;, ne sert pas directement cet objectif, comme le montre d'ailleurs les trop nombreux exemples de charg&#233;s de travaux dirig&#233;s d&#233;vou&#233;s &#224; leurs &#233;tudiants et &#224; l'institution qui ne finissent jamais leur th&#232;se.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;52. La pression au conformisme des jeunes enseignants en droit est-elle plus importante que dans d'autres disciplines universitaires ? Je ne saurais r&#233;pondre de mani&#232;re pr&#233;cise et &#233;tay&#233;e, mais mon sentiment est qu'elle s'exerce &#224; partir de la conjugaison de trois &#233;l&#233;ments essentiels : la pr&#233;gnance des crit&#232;res du concours de l'agr&#233;gation du sup&#233;rieur et du conseil national des universit&#233;s, la concentration &#224; Paris de toutes les grandes institutions juridiques, la conception de la science juridique fran&#231;aise valorisant la production doctrinale &lt;i&gt;de lege feranda&lt;/i&gt; en proximit&#233; avec le pouvoir l&#233;gislatif ou juridictionnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;53. Autrement dit, le mod&#232;le de r&#233;ussite de l'enseignant en droit n'est pas incarn&#233; par une femme cosmopolite et savante exer&#231;ant son magist&#232;re intellectuel depuis une facult&#233; de province ; plut&#244;t par un homme au c&#339;ur des r&#233;seaux parisiens, marquant son emprise sur le recrutement des &#233;lites juridiques, le cas &#233;ch&#233;ant avec un passage dans des fonctions minist&#233;rielles. Tout le monde ne peut &#234;tre Jean Foyer ou Robert Badinter et ce n'&#233;tait pas, en ce qui me concerne, des exemples &#224; suivre, m&#234;me si je me sens plus proche du deuxi&#232;me que du premier. Cela dit, j'ai fait mon bon gar&#231;on, mis syst&#233;matiquement un n&#339;ud papillon jusqu'au concours de l'agr&#233;gation, r&#233;alis&#233; quelques dossiers de cassation pour me donner un vernis de pratique, parcouru des quantit&#233;s de manuels de droit pour m'impr&#233;gner du cat&#233;chisme ambiant ... en me promettant de ne jamais en &#233;crire aucun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;54. Enseigner est un m&#233;tier difficile. Je ne m'y sens pas un aigle, ni un poisson dans l'eau malgr&#233; un premier poste de professeur &#224; Tahiti, bient&#244;t suivi par une mutation &#224; Dijon puis &#224; Nantes. Je me sens moins &#224; l'aise dans le monologue impos&#233; par les amphis que dans les &#233;changes permis par un format de type s&#233;minaire. De plus, &#224; ses d&#233;buts, le professeur de droit n'a pas le loisir de choisir ce qu'il enseigne. Il doit &#171; monter ses cours &#187; dans un temps record, recopiant dans l'urgence des passages &#224; partir de manuels de coll&#232;gues&#8230; la veille de les restituer devant les &#233;tudiants, ce que j'avoue avoir parfois fait en esp&#233;rant n'avoir pas donn&#233; trop pi&#232;tre figure. Suis-je le seul dans ce cas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;55. Il est des enseignants aid&#233;s par des talents de conteur, gris&#233;s par la jubilation de faire leur num&#233;ro face &#224; un public captif, galvanis&#233;s par la jouissance d'exprimer leur autorit&#233; pour former les jeunes esprits. Cela n'est pas mon cas. J'&#233;prouve une sinc&#232;re r&#233;pugnance &#224; imposer mes vues devant des &#233;tudiants que je dois &#233;valuer, &#224; pr&#233;senter le droit positif sous couvert de pr&#233;tendues th&#233;ories g&#233;n&#233;rales, &#224; endoctriner pour utiliser le mot ancien d'enseigner, si juste pour le droit dans son voisinage avec la dogmatique des th&#233;ologiens. C'est qu'il faudrait pouvoir enseigner sur un mode critique. Mais comment enseigner en d&#233;jouant la violence du ma&#238;tre que les &#233;tudiants attendent de vous dans le contexte d'un cours dit magistral ? Comment exposer le galimatias normatif des r&#232;gles l&#233;gislatives et d&#233;cisions et justice dans une coh&#233;rence dont vous percevez la fragilit&#233; et la part d'arbitraire ? Faut-il dissocier le discours officiel de vos id&#233;es personnelles ? Exprimer vos &#233;motions face aux injustices juridiquement organis&#233;es ? Distiller le soup&#231;on avec une part d'ironie et de distance ? Je cherche encore, m&#234;me si, au cours des ann&#233;es, je pense avoir fait quelques progr&#232;s, avec le souci de permettre l'acc&#232;s au plus grand nombre de la compr&#233;hension et l'usage des techniques juridiques par lesquelles il est possible d'exercer le pouvoir et d'y r&#233;sister. Plut&#244;t que d&lt;i&gt;'&#234;tre&lt;/i&gt; un professeur, je trouve plus exact de le jouer, en accord avec l'heureuse expression italienne de &lt;i&gt;fare il professore&lt;/i&gt;, comme d'autres font le pitre ou l'&#233;p&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;56. Promouvoir un enseignement critique suppose la cr&#233;ation de supports p&#233;dagogiques novateurs. Je crois cela possible et n&#233;cessaire. Outre des initiatives ponctuelles (proc&#232;s simul&#233; notamment), mon exp&#233;rience se limite pourtant &#224; la conception d'une fiche de travaux dirig&#233;s d&#233;coup&#233;e en op&#233;rations juridiques (qualifier, interpr&#233;ter, raisonner, etc.) plut&#244;t que par th&#232;mes et en une introduction g&#233;n&#233;rale au droit sous un format poche, dont la 3&#232;me &#233;dition est pr&#233;vue pour 2011. Il n'y a pas de quoi &#234;tre fier de ce modeste bilan. Toutefois, cela m'a permis de prendre conscience des difficult&#233;s &#224; progresser dans cette voie, comme en t&#233;moigne la quasi-absence d'ouvrages &#233;vitant deux &#233;cueils : les essais - souvent brillants - qui proposent une critique de la formation juridique sans fournir aux enseignants et aux &#233;tudiants des &#233;l&#233;ments accessibles pour enseigner le droit ; les manuels - souvent s&#233;rieux - qui font &#233;tat d'une discipline, de mani&#232;re plus ou moins &#233;toff&#233;e, sans donner aux enseignants et aux &#233;tudiants autre chose qu'une somme de connaissances sur un mode formel convenu, celui valoris&#233; par les crit&#232;res acad&#233;miques endog&#232;nes. Pour le dire avec une formule emprunt&#233;e &#224; Sacha Guitry : les universit&#233;s sont les &#233;tablissements o&#249; l'on apprend &#224; des &#233;tudiants ce qu'il est indispensable de savoir pour devenir des professeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;57. Emprunter d'autres chemins conduit &#224; prendre des risques. Assez pour ne pas subir la pression du mod&#232;le acad&#233;mique ambiant qui vous conduirait &#224; proposer un manuel destin&#233; &#224; vos &#233;minents coll&#232;gues plus qu'aux &#233;tudiants d'aujourd'hui. Pas trop pour permettre &#224; un milieu acad&#233;mique constitu&#233; par ses traditions de conservatisme, ses cha&#238;nes hi&#233;rarchiques des professeurs agr&#233;g&#233;s aux doctorants charg&#233;s de travaux dirig&#233;s, ses tendances au repli autarcique, d'int&#233;grer des innovations &#224; l'inconfort mesur&#233;. Dans le ronron du gros chat juridique, il faut entendre le souffle des esprits contestataires et anticonformistes. Je serais heureux de savoir qu'il se propage assez pour qu'un enseignement juridique critique, fut-il minoritaire, prenne consistance par le pluralisme de ses contenus et l'audace de ses m&#233;thodes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Conclusion : critiquer le f&#233;tichisme disciplinaire et ouvrir aux sciences sociales ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;58. Inspir&#233;s par Marx, les tenants du mouvement &#8216;critique du droit' ont souvent d&#233;nonc&#233; le f&#233;tichisme du droit. L'enseignement traditionnel contribue &#224; f&#233;tichiser le droit, &#224; le pr&#233;senter comme une discipline autonome &#224; m&#234;me de r&#233;soudre tous les probl&#232;mes de soci&#233;t&#233;. Or, que ce soit dans son contenu ou sa forme, il convient pour eux d'analyser le droit sous l'angle d'une &#171; production id&#233;ologique conforme aux besoins de la pratique de la classe dominante &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb74' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Miaille, une introduction critique au droit, op. cit., p. (...)' id='nh74'&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. D'o&#249; le souci de prendre appui en dehors du droit pour le comprendre, en particulier &#224; partir de l'histoire, de la sociologie, des sciences politiques. Loin d'&#234;tre une discipline &#224; part enti&#232;re, la science juridique a vocation &#224; se dissoudre dans une version des sciences sociales domin&#233;e par le mat&#233;rialisme historique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb75' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; l'hypoth&#232;se fondamentale de la collection est que la science du juridique (...)' id='nh75'&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La science juridique traditionnelle est un repoussoir, les sciences sociales un horizon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;59. Dans ce mouvement, &#171; on pourra assister &#224; un renouvellement de la doctrine ... &lt;i&gt;la r&#233;flexion des juristes qui se r&#233;cusent en tant que tels&lt;/i&gt; devrait ouvrir la voie d'une pratique sociale r&#233;unifiant la pratique de la connaissance [de la soci&#233;t&#233;] et la pratique du juridique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb76' class='spip_note' rel='footnote' title='Op. cit., p. 111.' id='nh76'&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. L'affirmation semble de prime abord incompatible avec celle selon laquelle &#171; les auteurs du mouvement [critique du droit] m&#232;nent un combat politique, &lt;i&gt;en tant que juristes&lt;/i&gt; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb77' class='spip_note' rel='footnote' title='J. Commaille et L. Dumoulin, dans leur introduction au dossier &#171; De la (...)' id='nh77'&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Comment expliquer cette divergence ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;60. La comparaison entre l'Europe et les &#201;tats-Unis apporte un &#233;l&#233;ment d'explication. &#171; La critique europ&#233;enne - plus radicale et plus &#8216;d&#233;constructrice' - a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e par des professeurs et des juristes qui, &#224; la diff&#233;rence de leurs coll&#232;gues am&#233;ricains, &#233;taient en quelque sorte consid&#233;r&#233;s comme &#233;trangers au champ juridique ; comme des intellectuels non seulement oppos&#233;s au pouvoir politique dominant, mais aussi trop sceptiques &#224; l'&#233;gard du droit et des institutions. Du coup, droit et pouvoir, dans cette perspective critique ont alors &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme faisant partie de la m&#234;me machine politique laquelle ne pouvait pas &#234;tre r&#233;form&#233;e, mais devait &#234;tre purement et simplement remplac&#233;e &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb78' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Garcia-Villegas, op. cit., p. 53.' id='nh78'&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;61. Le malaise des juristes critiques, dans le contexte acad&#233;mique fran&#231;ais, r&#233;side dans la difficult&#233; de d&#233;velopper une critique au sein du champ juridique. Le choix de la d&#233;nomination &#8216;critique du droit' prend ici tout son sens : il sugg&#232;re le souci de privil&#233;gier une critique externe &#224; une critique interne, autrement dit &#224; se focaliser sur la &lt;i&gt;critique du droit&lt;/i&gt; au d&#233;triment d'une &lt;i&gt;critique juridique.&lt;/i&gt; S'il &#233;tait question de &#171; sortir du droit &lt;i&gt;th&#233;oriquement&lt;/i&gt; pour mieux y revenir &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb79' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est nous qui soulignons. La formule, si juste dans son double sens, est (...)' id='nh79'&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, le probl&#232;me est que de retour, il n'y eut point. Distance irrit&#233;e avec le droit pour les uns, dissociation frustrante entre doctrine juridique et r&#233;flexion sur le droit pour les autres. Pour enseigner le droit sur un mode critique, il faut enseigner le droit tout de m&#234;me. Le conservatisme qui permet de pr&#233;server ce qui est neuf et r&#233;volutionnaire dans chaque &#233;tudiant, pour reprendre la formule d'Arendt, c'est peut &#234;tre tout simplement d'accepter que l'enseignement puisse avoir le droit pour objet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rafael Encinas de Munagorri&lt;br&gt;
Facult&#233; de droit de Nantes&lt;br&gt;
R&#233;seau Droit sciences et techniques&lt;br&gt;
Directeur du GDR CNRS 3178&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;H. Arendt, &#171; La crise de l'&#233;ducation &#187;, trad. Chantal Vezin, in &lt;i&gt;La Crise de la culture : huit exercices de pens&#233;e politique&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1989, p. 247.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ces observations ont pour origine une journ&#233;e d'&#233;tudes organis&#233;e le vendredi 11 juin 2010 &#224; l'EHESS : &#8216;Les mouvements &#171; Critique du droit &#187; et la question de l'enseignement juridique : regards crois&#233;s' &#187;. Je remercie chaleureusement Liora Isra&#235;l et Jean Louis Halp&#233;rin de m'avoir invit&#233; en qualit&#233; de discutant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Les meilleurs chercheurs le rel&#232;vent sous l'angle d'une socio-histoire. D&#232;s l'origine, il a &#233;t&#233; question de &#171; d&#233;bats sur une nouvelle pratique d'enseignement fond&#233;e sur une vision diff&#233;rente du droit, la formation d'un petit groupe m&#234;lant affinit&#233;s intellectuelles, syndicales, projet p&#233;dagogique et scientifique &#187;. M. Kaluszynski, &#171; Sous les pav&#233;s, le droit : le mouvement &#171; Critique du droit &#187; o&#249; quand le droit retrouve la politique &#187;, &lt;i&gt;Droit et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 76/2010, p. 523.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt; Pour une critique du droit : du juridique au politique&lt;/i&gt;, coll. &#171; Critique du droit &#187; 1, Paris, Maspero, 1978, p. 1. Deux &#233;tudes de JJ. Gleizal et de M. Miaille (cf note 39) relatives &#224; &#171; L'enseignement du droit dans la formation sociale fran&#231;aise &#187; forment la moiti&#233; de l'ouvrage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ce fut notamment le cas de l'&lt;i&gt;Associa&#231;&#227;o Latino-americana de Metodologia do Ensino do Direito&lt;/i&gt; (Almed) cr&#233;&#233;e par L. Warat. R. Fragale et J. Alvim, &#171; O movimiento &#8216;Critique du droit' et seu impacto no Brasil &#187;, &lt;i&gt;Revista Direito GV,&lt;/i&gt; 2007, v. 3, n&#176; 2, sp&#233;c. p. 143 et 153. De nos jours, l'heure est au bilan r&#233;trospectif et prospectif. Tenu au Br&#233;sil du 28 au 30 mars 2011, le s&#233;minaire international de &lt;i&gt;Tiradentes &lt;/i&gt;intitul&#233; &#171; Trente ans de travail critique sur le droit &#187; a mis en lumi&#232;re l'effort subversif alors entrepris et cherch&#233; &#224; transmettre l'exp&#233;rience aux plus jeunes g&#233;n&#233;rations (dont je suis). Le geste est assez rare dans les g&#233;n&#233;rations 68 pour devoir &#234;tre mentionn&#233;. N'ayant pu me rendre &#224; l'invitation d'Eros Grau, c'est gr&#226;ce &#224; Antoine Jeammaud et Eric Millard que j'ai pu en avoir des &#233;chos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Tout en gardant &#224; l'esprit les diff&#233;rences structurelles et culturelles entre la formation des juristes en droit continental et dans les pays de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, les deux d&#233;nominations seront utilis&#233;es pour d&#233;signer les lieux sp&#233;cifiques de formation des juristes. Notons qu'apr&#232;s une &#233;clipse, la d&#233;nomination d'Ecole de droit resurgit en France dans un contexte de professionnalisation et d'imitation des &lt;i&gt;Law Schools&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ici comme ailleurs, il faudrait pr&#233;ciser sur ce que l'on entend par &#171; juriste &#187;. S'agit-il d'un praticien du droit au sens d'un &lt;i&gt;lawyer &lt;/i&gt; ? d'une personne enseignant un cours de droit dans une universit&#233; ou une &#233;cole (&lt;i&gt;law teacher&lt;/i&gt;) ? du sp&#233;cialiste d'une discipline acad&#233;mique relative au droit et aux ph&#233;nom&#232;nes juridiques (&lt;i&gt;legal scholar&lt;/i&gt;) ? d'un chercheur professionnel en ce domaine, le plus souvent universitaire (&lt;i&gt;legal academic) &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Garcia-Villegas, &#171; Champ juridique et sciences sociales en France et aux Etats-Unis &#187;, &lt;i&gt;L'Ann&#233;e sociologique&lt;/i&gt;, vol. 59, 2009/1 sp&#233;c. p. 53 qui explique pourquoi la critique europ&#233;enne s'op&#232;re depuis l'ext&#233;rieur du champ juridique tandis que la critique am&#233;ricaine a pris appui en son sein.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Michel Miaille, l'un des pionniers du mouvement en France, a pu d&#233;finir &#171; Critique du droit &#187; comme : &#171; 1. Mouvement de pens&#233;e parmi les juristes qui refusent le positivisme dominant et revendiquent une dimension critique dans l'&#233;tude du droit, sur la base d'une analyse mat&#233;rialiste. 2. Plus pr&#233;cis&#233;ment, association de juristes des Facult&#233;s de droit en France qui, &#224; partir du mat&#233;rialisme historique comme mode d'analyse, contribue &#224; constituer les &#233;l&#233;ments d'une th&#233;orie du droit entendue comme r&#233;gion de la science du politique &#187;, in &lt;i&gt;Dictionnaire encyclop&#233;dique de th&#233;orie et de sociologie du droit, &lt;/i&gt;Paris, LGDJ, 1988, p. 132. Et d'ajouter &#171; L'objectif du mouvement est de transformer les pratiques d'enseignement et de recherche dans les Facult&#233;s de droit et ainsi de contribuer &#224; une autre connaissance du droit dans la perspective d'une transition au socialisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans ce m&#234;me dictionnaire, Duncan Kennedy a pu d&#233;finir &lt;i&gt;Critical Legal Studies &lt;/i&gt;comme un &#171; Mouvement intellectuel am&#233;ricain contemporain, qui cherche &#224; comprendre et critiquer les ph&#233;nom&#232;nes juridiques, en faisant appel, de mani&#232;re &#233;clectique, entre autres perspectives th&#233;oriques, aux fa&#231;ons de voir du r&#233;alisme juridique, du marxisme, du f&#233;minisme et du structuralisme &#187;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 133.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sous l'angle d'une analyse juridique du politique, mon coll&#232;gue et ami Carlos M. Herrera a port&#233; son attention sur les juristes de gauche, cf not., &lt;i&gt;Droit et gauche. Pour une identification, &lt;/i&gt;Les Presses de l'Universit&#233; Laval, 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.J. Gleizal, in &lt;i&gt;Pour une critique du droit, op. cit., &lt;/i&gt;p. 75. &#171; contrairement &#224; l'image r&#233;pandue d'une doctrine juridique enti&#232;rement acquise au conservatisme, la connaissance du droit a toujours plus ou moins v&#233;hicul&#233; l'esprit critique &#187; avant d'ajouter quelques lignes plus loin : &#171; Plus r&#233;cemment, cet esprit critique appara&#238;t dans la science et l'enseignement des juristes mat&#233;rialistes qui &lt;i&gt;eux aussi &lt;/i&gt;posent les questions interdites : Quelle est la fonction du droit ? Pourquoi des juristes ? Qu'est-ce que l'Etat ? [non selon la doctrine juridique traditionnelle mais en suivant la voie ouverte par Marx, Engels et L&#233;nine pr&#233;cise une note] &#187;. C'est nous qui soulignons. Loin de renvoyer aux juristes traditionnels, cet &lt;i&gt;eux aussi &lt;/i&gt;montre le double souci d'&#233;viter la stigmatisation de juriste et de donner le primat &#224; l'appartenance &#224; une famille critique, assez explicite par la note mentionn&#233;e entre crochets il me semble. L'important est ici de se d&#233;marquer de l'enseignement traditionnel o&#249; la &#171; s&#233;curit&#233; [de l'&#233;tudiant dans les &#233;tudes de droit] n'est acquise qu'au prix d'un immobilisme scientifique qui est la cons&#233;quence de l'&#233;limination de tout esprit critique dans la d&#233;marche intellectuelle du juriste &#187;, p. 81.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Voir au sein de l'int&#233;ressant dossier sur &#171; l'enseignement du droit au d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle, perspectives critiques &#187;, A. Jeammaud, &#171; La part de la recherche dans l'enseignement du droit &#187;, Jurisprudence.&lt;i&gt; Revue critique&lt;/i&gt;, 2010, p. 181 et du m&#234;me auteur, &#171; La cr&#237;tica jur&#237;dica en Francia, viente a&#241;os despu&#233;s &#187;, Cr&#237;tica jur&#237;dica, n&#176; 25/2006, p. 111 ; M. Miaille, &#171; La critique du droit &#187;, &lt;i&gt;Droit et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 1992, p. 75.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Boltanski, &lt;i&gt;De la critique : pr&#233;cis de sociologie de l'&#233;mancipation&lt;/i&gt;, 1 vol., NRF essais Paris : Gallimard, 2009, p. 74 et s. Notons que la critique juridique n'est gu&#232;re mise en valeur. La langue du droit est tenue pour paradigmatique de la langue de bois, sans possibilit&#233; pour les acteurs de la mobiliser dans l'action, p. 142 ; contra L. Isra&#235;l, &lt;i&gt;L'arme du droit, &lt;/i&gt;Paris, Presses de Sciences Po, 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt; &#171; Mais comment critiquer dans un r&#233;gime qui n'admet pas la critique ? &#187; La question est pertinente, m&#234;me si celui qui la pose (M. Duverger, La perversion du droit, &lt;i&gt;M&#233;langes Ellul, &lt;/i&gt;1983, p. 706) n'a pas apport&#233; la r&#233;ponse la plus convaincante en acceptant de r&#233;diger des commentaires l&#233;gislatifs &#171; sur la situation des fonctionnaires [en particulier juifs] depuis la r&#233;volution de 1940 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;En langue fran&#231;aise, on lira avec profit, en guise de pr&#233;sentation, l'avant-propos de M. Xifaras &#224; D. Kennedy, &lt;i&gt;Sexy dressing : violences sexuelles et &#233;rotisation de la domination&lt;/i&gt;, 1 vol., Champs, Paris : Flammarion, 2008, 7-12 et, sous forme d'une r&#233;ponse &#224; un entretien quelques pages (48-55) sur la situation compar&#233;e de l'&#233;volution de la pens&#233;e juridique en France aux Etats-Unis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour un recensement de ses articles dont la plupart sont disponibles en ligne, cf. &lt;a href='http://duncankennedy.net/home.html' class='spip_out'&gt;http://duncankennedy.net/home.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D. Kennedy, &#171; How the Law School Fails : A Polemic &#187;, &lt;i&gt;Yale Review of Law and Social Action&lt;/i&gt;, vol. I, 1970, 77-85.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; It seems to me that one gives up somethink quite real when one allows one's emotions to be diverted from the work of relating to, influencing, and if necessary confronting the people whose conduct &lt;i&gt;is &lt;/i&gt;the institution &lt;i&gt; &#187;. op. cit&lt;/i&gt;., p. 81.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; First Year Law Teaching as Political Action &#187;,&lt;i&gt; Law &amp; Social Problems&lt;/i&gt;, 1970, p. 47.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh21' id='nb21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh22' id='nb22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 51.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh23' id='nb23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 52.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh24' id='nb24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit., &lt;/i&gt;p. 52.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh25' id='nb25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 57.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh26' id='nb26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; Legal Education as Training for Hierarchy &#187;, in D. Kairys, ed. &lt;i&gt;The Politics of Law&lt;/i&gt;, 1982.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh27' id='nb27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt; Legal Education and the Reproduction of Hierarchy:A Polemic against the System, &lt;/i&gt;AFAR, 1983.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh28' id='nb28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Legal Education and the Reproduction of Hierarchy:A Polemic against the System. A Critical Edition, &lt;/i&gt;NYU Press,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Critical America, 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh29' id='nb29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sous forme abr&#233;g&#233;e de trois chapitres du pamphlet, &#171; L'enseignement du droit et la reproduction des hi&#233;rarchies professionnelles &#187;, &lt;i&gt;Annales de Vaucresson, &lt;/i&gt;deuxi&#232;me semestre 1985, n&#176; 23. Plus r&#233;cemment, de mani&#232;re fort opportune, malgr&#233; quelques choix de traduction contestables, qui apparaissent d&#232;s le sous-titre : &lt;i&gt;L'enseignement du droit et la reproduction des hi&#233;rarchies : une pol&#233;mique autour du syst&#232;me, &lt;/i&gt;trad&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;D&#233;ri, Lamy, Lemoine, Qu&#233;bec, Lux Editeur, 2010. Or, il s'agit bien d'une pol&#233;mique contre (&lt;i&gt;against&lt;/i&gt;) le syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh30' id='nb30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., 2010, p. 102-103.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh31' id='nb31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;, p. 98.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh32' id='nb32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 99.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh33' id='nb33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;, p. 123-124. &#171; Il est na&#239;f de croire que l'on puisse vivre l'exp&#233;rience de la facult&#233; de droit comme un endroit o&#249; on peut recevoir une formation permettant de s'opposer &#224; la hi&#233;rarchie sans toutefois la remettre en cause dans sa vie personnelle. Si nous n'arrivons pas &#224; trouver les moyens de remettre en cause la hi&#233;rarchie dans notre vie institutionnelle quotidienne au sein de notre facult&#233;, il est peu probable (mais pas &#233;videmment impossible) que nous lib&#233;rions notre plein potentiel comme activiste, organisateur ou simple sympathisant, en faveur des individus qui sont situ&#233;s plus bas dans la hi&#233;rarchie &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh34' id='nb34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D. Kennedy, &#171; Psycho-Social CLS : A Comment on the Cardozo Symposium &#187;, &lt;i&gt;Cardozo Law Review&lt;/i&gt;, 1985, sp&#233;c. p. 1023.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh35' id='nb35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 97.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh36' id='nb36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 36. Les crochets signalent la traduction qui nous semble &#233;viter un contresens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh37' id='nb37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt; Pour une critique du &lt;/i&gt;droit, op. cit., 1978, p. 1.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh38' id='nb38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Michel Miaille, &lt;i&gt;Une Introduction critique au droit&lt;/i&gt;, Textes &#224; l'appui, Paris : F. Maspero, 1976, p. 71 et s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh39' id='nb39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., p. 75.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh40' id='nb40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans &lt;i&gt;Pour une critique du droit, &lt;/i&gt;op. cit., 1978,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;J.J. Gleizal, L'enseignement du droit, la doctrine et l'id&#233;ologie, pp. 71-113 et M. Miaille, Les figures de la modernit&#233; dans la science juridique universitaire, pp. 114-146. Dans le num&#233;ro 3 de la revue &lt;i&gt;Proc&#232;s &lt;/i&gt;de 1979, J.J. Gleizal, &#171; La formation des juristes dans l'Etat fran&#231;ais &#187;, pp. 50-77 et M. Miaille, &#171; Sur l'enseignement des Facult&#233;s de droit en France (les r&#233;formes de 1905, 1922 et 1954) &#187;, 78-107.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh41' id='nb41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt; J. Gatti-Montain, &lt;i&gt;Le syst&#232;me d'enseignement du droit en France, &lt;/i&gt;Lyon, Presses universitaire de Lyon, coll. Critique du droit, 1987, qui rappelle notamment l'exclusion de la critique dans l'enseignement du droit du d&#233;but du 19&#232;me si&#232;cle, p. 62.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh42' id='nb42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.J.Gleizal, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., 1978, p. 108 : &#171; En France, le syst&#232;me d'enseignement du droit s'est constitu&#233; &#224; partir d'imp&#233;ratifs d'ordre public et de contr&#244;le politique. Le pouvoir a d&#233;cid&#233; du type d'enseignement juridique qui lui convenait. Il en est sorti les professionnels du droit &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh43' id='nb43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., 1978, p. 98 , du p&#232;re-colonel-doyen au fils-deuxi&#232;me classe-&#233;tudiant, la hi&#233;rarchie au sein des ex-facult&#233;s de droit est d&#233;crite le &#171; mode autoritaire de type militaro-familial &#187; ; cf aussi &lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;., 1979, p. 55.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh44' id='nb44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit&lt;/i&gt;.,1978, p. 73.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh45' id='nb45' class='spip_note' title='Notes 45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit. &lt;/i&gt;1978, p. 72.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh46' id='nb46' class='spip_note' title='Notes 46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.J. Gleizal, &#171; La formation des juristes dans l'Etat fran&#231;ais &#187;, &lt;i&gt;Proc&#232;s&lt;/i&gt;, 1979, p. 74 : &#171; Que ce soit dans la fonction publique ou dans les professions judiciaires, ils [les nouveaux juristes] s'engagent dans le combat syndical et leurs orientations politiques les situent souvent dans l'opposition. Mais surtout, d'un point de vue professionnel, ils se montrent pr&#233;occup&#233;s de lutter contre la bureaucratie, d'entretenir avec leurs administr&#233;s ou leurs clients de nouveaux rapports. La fonction du droit appara&#238;t d&#232;s lors sous un un jour nouveau. Le juridique est replac&#233; dans son contexte social. Aussi, n'est-il pas exag&#233;r&#233; d'affirmer que la critique du droit a d'abord &#233;t&#233; le fait des praticiens qui ont remis en cause le statut traditionnel des juristes et qui ont concr&#232;tement fait descendre le droit de son pi&#233;destal &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh47' id='nb47' class='spip_note' title='Notes 47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.J. Gleizal, in &lt;i&gt;Pour une critique du droit, op. cit., &lt;/i&gt;1978, p. 98.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh48' id='nb48' class='spip_note' title='Notes 48' rev='footnote'&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.D. Bredin, &#171; Pour la r&#233;forme des r&#233;formes : remarques sur l'enseignement du droit &#187;, &lt;i&gt;Etudes L. Julliot de la Morandi&#232;re, &lt;/i&gt;1964, p. 73.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh49' id='nb49' class='spip_note' title='Notes 49' rev='footnote'&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C. Appleton, &#171; Notre enseignement du droit romain, ses ennemis et ses d&#233;fauts &#187;, in &lt;i&gt;M&#233;langes G. Cornil, &lt;/i&gt;1926, T. 1, p. 41-79 qui critique un enseignement d'une &#233;rudition st&#233;rile en d&#233;calage avec les r&#233;alit&#233;s sociales, les l&#233;gislations modernes, les textes et la morale&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh50' id='nb50' class='spip_note' title='Notes 50' rev='footnote'&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Charvin, &#171; Le droit international tel qu'il a &#233;t&#233; enseign&#233;. Notes critiques de lecture des trait&#233;s et manuels (1850-1950) &#187;, in &lt;i&gt;M&#233;langes Chaumont, &lt;/i&gt;1984, p. 135.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh51' id='nb51' class='spip_note' title='Notes 51' rev='footnote'&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Kaluszynski, &#171; Sous les pav&#233;s, le droit : le mouvement &#171; Critique du droit &#187; o&#249; quand le droit retrouve la politique &#187;, &lt;i&gt;Droit et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 76/2010, p. 537 : &#171; en ce qui concerne l'enseignement, les ambitions n'ont pas &#233;t&#233; tenues : les apports du mouvement &#8216;critique du droit' se situent plus au niveau th&#233;orique qu'au niveau des pratiques elles-m&#234;mes. Il ne semble pas que les pratiques d'enseignement au sein des facult&#233;s aient &#233;t&#233; transform&#233;es de mani&#232;re radicale sous l'influence du mouvement. L'int&#233;r&#234;t des travaux r&#233;side essentiellement dans la prise en compte de l'enseignement en tant qu'objet d'une analyse critique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh52' id='nb52' class='spip_note' title='Notes 52' rev='footnote'&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;F. Olivier-Martin, &#171; Les professeurs royaux de droit fran&#231;ais et l'unification du droit civil fran&#231;ais &#187;, &lt;i&gt;M&#233;langes Sugiyama&lt;/i&gt;, 1940, p. 263.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh53' id='nb53' class='spip_note' title='Notes 53' rev='footnote'&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. Rivero, &#171; R&#233;flexions sur l'enseignement du droit &#187;, &lt;i&gt;M&#233;langes Trotabas, &lt;/i&gt;1970, p. 451. c'est nous qui soulignons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh54' id='nb54' class='spip_note' title='Notes 54' rev='footnote'&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Mialle, &lt;i&gt;une introduction critique au droit, op. cit., &lt;/i&gt;p. 124.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh55' id='nb55' class='spip_note' title='Notes 55' rev='footnote'&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. Burdeau, &#171; Sur un enseignement impossible &#187;, &lt;i&gt;M&#233;langes Trotabas, &lt;/i&gt;1970, p. 42.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh56' id='nb56' class='spip_note' title='Notes 56' rev='footnote'&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; ou bien j'enseigne en vue de l'examen, mais j'ai conscience de l'inadaptation de mon enseignement &#224; la fois &#224; l'attente de l'auditoire et &#224; la formation intellectuelle qu'exige la soci&#233;t&#233; contemporaine, ou bien j'essaie de r&#233;pondre &#224; ces imp&#233;ratifs, mais alors je risque d'augmenter le nombre des &#233;checs &#187;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 50.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh57' id='nb57' class='spip_note' title='Notes 57' rev='footnote'&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D. Kennedy, &#171; The Political Significance of the Structure of the Law School Curriculum &#187;, Seton Hall Law Review,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;vol. 14, 1983, p. 2.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh58' id='nb58' class='spip_note' title='Notes 58' rev='footnote'&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. de la Pradelle, &lt;i&gt;L'Homme juridique. Essai critique de droit priv&#233;, &lt;/i&gt;PUG/Maspero, 1979.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh59' id='nb59' class='spip_note' title='Notes 59' rev='footnote'&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;	Pour une illustration &#224; partir de l'enseignement du droit de la responsabilit&#233;, D. Kennedy, &#171; Liberal Values in Liberal Education &#187;, &lt;i&gt;Nova Law Journal&lt;/i&gt;, vol. 1, 1986, p. 614-615 ; &#171; A Conversation with Duncan Kennedy &#187; by G. Clark, The Advocate, vol. 24, n&#176; 2, 1994, pp. 58-60.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh60' id='nb60' class='spip_note' title='Notes 60' rev='footnote'&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.D. Bredin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 81.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh61' id='nb61' class='spip_note' title='Notes 61' rev='footnote'&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. Rivero, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 451.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh62' id='nb62' class='spip_note' title='Notes 62' rev='footnote'&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Miaille, &lt;i&gt;une introduction critique au droit, op. cit&lt;/i&gt;., sp&#233;c. p. 205-208.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh63' id='nb63' class='spip_note' title='Notes 63' rev='footnote'&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; La logique juridique, par le jeu de l'abstraction, va construire un certain nombre de concepts qui &#233;liminent le contenu concret, r&#233;el, auquel ils renvoient pourtant &#187;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 205.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh64' id='nb64' class='spip_note' title='Notes 64' rev='footnote'&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 208.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh65' id='nb65' class='spip_note' title='Notes 65' rev='footnote'&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pratiquer la logique dialectique en droit, &#171; &lt;i&gt;c'est pr&#233;cis&#233;ment faire &#233;clater cette id&#233;e que le droit est un domaine &#171; pratique et technique &#187; o&#249; la dialectique n'aurait pas sa place ; c'est, contre toute attente, faire jouer un r&#244;le &#224; cette m&#233;thode, certes pour l'explication du droit, mais aussi pour son application&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 213.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh66' id='nb66' class='spip_note' title='Notes 66' rev='footnote'&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;JJ. Gleizal, op. cit., 1978, p. 78 et s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh67' id='nb67' class='spip_note' title='Notes 67' rev='footnote'&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 113.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh68' id='nb68' class='spip_note' title='Notes 68' rev='footnote'&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Tunc, &#171; Sortir du n&#233;olithique (Recherche et enseignement dans les Facult&#233;s de droit ), &lt;i&gt;Recueil Dalloz&lt;/i&gt;, 1957, Chr. XIII, sp&#233;c. p. 74-75.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh69' id='nb69' class='spip_note' title='Notes 69' rev='footnote'&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.J. Gleizal, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, 1978, p. 112.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh70' id='nb70' class='spip_note' title='Notes 70' rev='footnote'&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 108.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh71' id='nb71' class='spip_note' title='Notes 71' rev='footnote'&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 112.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh72' id='nb72' class='spip_note' title='Notes 72' rev='footnote'&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 111.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh73' id='nb73' class='spip_note' title='Notes 73' rev='footnote'&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D. Kennedy, &#171; First Year Law Teaching as Political Action &#187;, &lt;i&gt;Law &amp; Social Problems&lt;/i&gt;, 1970, p. 47 ; D. Kennedy, &#171; Liberal Values in Liberal Education &#187;, &lt;i&gt;Nova Law Journal&lt;/i&gt;, vol. 1, 1986, p. 614-615&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh74' id='nb74' class='spip_note' title='Notes 74' rev='footnote'&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Miaille, &lt;i&gt;une introduction critique au droit, op. cit., &lt;/i&gt;p. 284.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh75' id='nb75' class='spip_note' title='Notes 75' rev='footnote'&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; l'hypoth&#232;se fondamentale de la collection est que la science du juridique rel&#232;ve d'une science du politique &#187;, Manifeste in &lt;i&gt;Pour une critique du droit., op. cit&lt;/i&gt;., p. 1. Ou encore J.J. Gleizal, op. cit., 1978, p. 111 : &#171; La connaissance du droit se posera du m&#234;me coup en termes nouveaux. Elle sera n&#233;cessairement celle du tout social. La science juridique deviendra science de la soci&#233;t&#233;, de son histoire, comme science du politique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh76' id='nb76' class='spip_note' title='Notes 76' rev='footnote'&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;, p. 111.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh77' id='nb77' class='spip_note' title='Notes 77' rev='footnote'&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. Commaille et L. Dumoulin, dans leur introduction au dossier &#171; De la critique du capitalisme &#224; la r&#233;alisation de la d&#233;mocratie par le droit ? &#187;, &lt;i&gt;Droit et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, n&#176;76/2010, p. 516.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh78' id='nb78' class='spip_note' title='Notes 78' rev='footnote'&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Garcia-Villegas, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 53.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh79' id='nb79' class='spip_note' title='Notes 79' rev='footnote'&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C'est nous qui soulignons. La formule, si juste dans son double sens, est attribu&#233;e &#224; Docquois et Lochak, cf, M. Kaluszynski, &#171; Sous les pav&#233;s, le droit : le mouvement &#171; Critique du droit &#187; o&#249; quand le droit retrouve la politique &#187;, &lt;i&gt;Droit et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 76/2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Legal Education and Legal Critics in EnglandA para&#238;tre prochainement</title>
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		<title>Le r&#244;le du droit dans la formation des &#233;lites : retour sur une th&#233;matique centrale des analyses critiques du droit</title>
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		<description>R&#233;sum&#233; : Les mouvements critiques du droit qui se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; partir des ann&#233;es 1970 dans diff&#233;rents pays ont tous mis au c&#339;ur de leurs analyses l'enseignement du droit et sa contribution &#224; la l&#233;gitimation et &#224; la reproduction de l'ordre social. Revenir sur cet h&#233;ritage importe pour comprendre l'&#233;volution des d&#233;bats relatifs &#224; l'enseignement du droit, mais aussi lorsque l'on s'interroge comme dans le projet de recherche &#201;lidroit, sur la place du droit dans la formation des &#233;lites d'un point de vue (...)

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&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Clio-Themis-numero-5" rel="directory"&gt;Clio@Themis num&#233;ro 5&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : Les mouvements critiques du droit qui se sont d&#233;velopp&#233;s &#224; partir des ann&#233;es 1970 dans diff&#233;rents pays ont tous mis au c&#339;ur de leurs analyses l'enseignement du droit et sa contribution &#224; la l&#233;gitimation et &#224; la reproduction de l'ordre social. Revenir sur cet h&#233;ritage importe pour comprendre l'&#233;volution des d&#233;bats relatifs &#224; l'enseignement du droit, mais aussi lorsque l'on s'interroge comme dans le projet de recherche &#201;lidroit, sur la place du droit dans la formation des &#233;lites d'un point de vue sociologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots clefs : enseignement du droit, critique du droit, sociologie du droit&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : Critical legal studies have developed since the late 1970s in several countries. All of them put at the center the question of legal education, considering its contribution to the ideological and social status quo. This heritage is precious to understand how the debate about legal education evolved, and to consider empirically &#8211; as in the research project Elidroit &#8211; the place of law in the formation and reproduction of elites from a sociological standpoint.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Keywords : legal education, critical legal studies, sociology of law&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. La journ&#233;e d'&#233;tudes dont est issu ce dossier a &#233;t&#233; organis&#233;e&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Journ&#233;e d'&#233;tudes &#171; Les mouvements &#171; Critique du droit &#187; et la question de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; dans le cadre d'une recherche collective dont l'acronyme est &#201;lidroit et l'intitul&#233; &#171; La formation au droit des &#233;lites du priv&#233; et du public depuis 1958. Quels savoirs juridiques pour quels modes de gouvernement ? &#187;. Annonc&#233; de cette fa&#231;on, ce projet semble consid&#233;rer de fa&#231;on neutre ce que les tenants des approches critiques, principalement des ann&#233;es 1970, ont d&#233;nonc&#233; comme &#233;tant l'un des ressorts cach&#233;s de l'enseignement juridique, l'orientation &#233;litaire de la formation au droit et sa contribution &#224; l'exercice de la domination. La traduction r&#233;cente en fran&#231;ais, sous le titre &lt;i&gt;L'enseignement du droit et la reproduction des hi&#233;rarchies&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Duncan Kennedy, L'enseignement du droit et la reproduction des hi&#233;rarchies. (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, d'un petit livre &#233;crit il y a pr&#232;s de trente ans par Duncan Kennedy permet d'illustrer ce qui rapproche (dans le constat) et ce qui distingue (dans le jugement) notre recherche du projet critique de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale. La figure de Duncan Kennedy est d'ailleurs celle qui incarne le mieux le raffinement possible d'une attaque en r&#232;gle de la formation au droit, depuis son premier texte de 1970, lorsque d&#233;j&#224; &#233;tudiant il la critiquait dans la prestigieuse &lt;i&gt;Yale Law Review&lt;/i&gt; sous le titre : &#171; How the Law Scholl Fails : a Polemic &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Duncan Kennedy, &#171; How the Law School Fails : a Polemic &#187;, 1, Yale Review of (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De fait, la critique de la contribution de l'enseignement du droit &#224; la reproduction de la domination par le biais d'un savoir apparemment neutre, le droit, est une des dimensions r&#233;currentes, comme on le verra, des mouvements critiques du droit en France, en Grande-Bretagne, au Br&#233;sil, ou aux Etats-Unis. Mais, contrairement &#224; ces critiques le plus souvent orient&#233;es vers l'objectif d'une transformation des mod&#232;les p&#233;dagogiques juridiques, notre recherche en sciences sociales n'a pas cette finalit&#233; pratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Un double constat semble aujourd'hui situer en porte-&#224;-faux le projet &#201;lidroit et ces analyses critiques dont la virulence est propice &#224; la nostalgie d'ann&#233;es plus combattives, tourn&#233;es vers des lendemains cens&#233;s chanter. Tout d'abord, notre recherche ne se situe pas dans une posture critique au sens qu'ont pu donner &#224; ce terme les juristes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Michel Miaille, &#171; La critique du droit &#187;, Droit &amp; Soci&#233;t&#233; 20-21, 1992, pp. (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, mais dans un projet d'analyse empirique, appuy&#233; principalement sur la sociologie et la science politique, de la formation au droit des &#233;lites. Deuxi&#232;me d&#233;placement, alors que les projets critiques se sont focalis&#233;s sur les lieux traditionnels et centraux de la formation au droit que sont en France les universit&#233;s et aux USA les &lt;i&gt;Law Schools&lt;/i&gt;, notre propre enqu&#234;te s'est volontairement d&#233;centr&#233;e vers les ar&#232;nes plus sp&#233;cifiques &#224; la formation des &#233;lites fran&#231;aises, en particulier depuis la deuxi&#232;me moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle, que sont les grandes &#233;coles de diff&#233;rents types (&#233;coles d'ing&#233;nieurs, &#233;coles de commerce, grandes &#233;coles d'administration notamment). Le pr&#233;sent projet n'a donc pas pour objectif de cerner, et encore moins de d&#233;noncer, la contribution des facult&#233;s de droit &#224; la formation des &#233;lites, puisqu'il postule plut&#244;t leur moindre centralit&#233; relativement &#224; d'autres &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur. Ces derniers n'ont a priori pas vocation &#224; former des juristes, m&#234;mes si certains d'entre eux tendent de mani&#232;re croissante &#224; d&#233;velopper des formations juridiques pointues, compl&#233;mentaires ou autonomes, en particulier en direction des segments sup&#233;rieurs de la profession d'avocat. En l'occurrence, la cr&#233;ation par l'IEP de Paris en 2009, soit au tout d&#233;but de notre recherche, d'une &#201;cole de droit, rendue possible par l'arr&#234;t&#233; du 21 mars 2007 brisant le monopole universitaire sur la d&#233;livrance des dipl&#244;mes de droit relatif &#224; l'acc&#232;s &#224; l'examen du barreau au profit de cette seule institution parisienne, a eu des effets profonds et complexes sur l'espace concurrentiel des formations au droit en France (et donc sur notre objet d'&#233;tude).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Le projet &#201;lidroit se situe donc dans un rapport distanci&#233; au regard des analyses critiques du droit lorsqu'elles visaient l'Universit&#233;. Il repose en effet sur l'hypoth&#232;se selon laquelle, du moins dans le cas fran&#231;ais, l'Universit&#233; n'&#233;tant pas v&#233;ritablement en France le lieu pertinent pour analyser les modalit&#233;s de formation des &#233;lites &#8211; y compris juridiques &#8211; c'est &#233;galement dans cet ailleurs o&#249; sont form&#233;es les &#233;lites, en particulier &#233;conomiques, qu'il faut &#233;tudier les formations au droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour une probl&#233;matique comparable appliqu&#233;e au cas am&#233;ricain, voir Debra J. (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Poser la question, qui est le sous-titre de notre projet &#171; Quels savoirs juridiques pour quels modes de gouvernement ? &#187;, revient &#224; poser par hypoth&#232;se que le droit enseign&#233; dans ces institutions &#233;litaires est r&#233;v&#233;lateur des conceptions que leurs formateurs ont du r&#244;le de ces &#233;lites, en particulier du point de vue des apprentissages juridiques qui leur sont n&#233;cessaires pour gouverner des conduites, des administrations, des organisations. Il s'agit donc de s'int&#233;resser aux modalit&#233;s et aux contenus des curricula, dans des &#233;coles dont les programmes sont chaque fois sp&#233;cifiques, et con&#231;us de fa&#231;on relativement autonome. Notre projet suppose &#233;galement qu'&#233;tudier leur formation en droit est une porte d'acc&#232;s privil&#233;gi&#233;e &#224; la socialisation juridique des futures &#233;lites dirigeantes, et que cette formation renseigne donc, malgr&#233; un certain d&#233;calage temporel, sur les conceptions du droit en vigueur parmi elles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. L'analyse de la socialisation juridique des futures &#233;lites a &#233;t&#233; men&#233;e dans notre projet dans une perspective de sciences sociales empirique, reprenant l'analyse - classique en sociologie de l'&#233;ducation - de la prise en compte de l'&#233;cart entre curriculum formel et curriculum r&#233;el&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Claude Forquin, Sociologie du curriculum, Rennes, PU Rennes, coll (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour ce faire, trois m&#233;thodes principales ont &#233;t&#233; combin&#233;es : l'analyse d'archives et la r&#233;alisation d'entretiens permettant de reconstituer l'&#233;volution des curricula formels dans les institutions &#233;tudi&#233;es ; l'analyse de documentation et la r&#233;alisation d'entretiens concernant ces formations en droit aujourd'hui ; enfin l'observation de cours de droit depuis les bancs des &#233;tudiants, en s'inspirant de la remarquable &#233;tude ethnographique conduite par Elizabeth Mertz dans les &#233;coles de droit &#233;tats-uniennes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Elizabeth Mertz, The Language of Law School : Learning to Think Like a (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le projet peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme socio-historique dans sa volont&#233; d'articuler dans son historicit&#233; la question de la formation au droit des &#233;lites en France, laissant toute sa place non seulement &#224; la mise en perspective historique des formations elles-m&#234;mes, mais aussi des d&#233;bats qui ont accompagn&#233;, contr&#233; ou cherch&#233; &#224; susciter les transformations de l'enseignement du droit en France, ainsi que de mani&#232;re compar&#233;e dans d'autres pays qui de mani&#232;re parall&#232;le ou diff&#233;r&#233;e se sont trouv&#233;s confront&#233;s aux m&#234;mes questions. C'est ainsi que s'est impos&#233;e la n&#233;cessit&#233; de prendre en compte le &#171; tournant critique &#187; dans sa contribution &#224; ces r&#233;flexions sur l'enseignement du droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Le programme &#233;pist&#233;mologique de &lt;i&gt;Critique du droit&lt;/i&gt;, d'inspiration clairement marxiste, du moins en France, est dans cette mesure particuli&#232;rement int&#233;ressant, comme le montrent en particulier les travaux de Martine Kaluszynski&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir l'ouvrage coordonn&#233; par Xavier Dupr&#233; de Boulois et Martine Kaluszynski (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle souligne notamment combien la dimension p&#233;dagogique, avec le projet de r&#233;diger des sortes d'anti-manuels, a &#233;t&#233; centrale dans la constitution du mouvement. L'un de ses objectifs primordiaux &#233;tait en effet de critiquer afin de r&#233;former l'enseignement du droit. Des innovations p&#233;dagogiques, &#224; vocation exp&#233;rimentales, &#233;taient mises en place, comme le souligne dans un entretien cit&#233; par Martine Kaluszynski Jean-Jacques Gleizal. Or les d&#233;veloppements &#224; l'&#339;uvre dans le champ de la formation juridique dans les derni&#232;res d&#233;cennies, tels qu'ils ont pu &#234;tre constat&#233;s dans nos recherches&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir les articles &#224; para&#238;tre dans Droit &amp; Soci&#233;t&#233; du dossier coordonn&#233; par (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, semblent confirmer la p&#233;rennit&#233; des constats d&#233;velopp&#233;es par les tenants du courant &lt;i&gt;Critique du droit &lt;/i&gt;&#8211; t&#233;moignant par l&#224; m&#234;me de la faible port&#233;e de leur remise en cause : l'enseignement du droit semble bien toujours contribuer &#224; la justification de l'ordre existant, et non encourager &#224; d&#233;velopper un rapport critique au monde, en particulier dans le domaine &#233;conomique. Si ces hypoth&#232;ses se r&#233;v&#232;lent encore pertinentes aujourd'hui, et particuli&#232;rement dans les &#233;coles d'&#233;lite&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour Sciences Po Paris et HEC, voir &#201;milie Biland et Liora Isra&#235;l, &#171; &#192; (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, cela signifie aussi en creux que les tentatives de r&#233;forme port&#233;es par les promoteurs du mouvement critique n'ont visiblement pas affect&#233; les contenus et les finalit&#233;s de l'enseignement du droit &#224; l'Universit&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='Jacques Chevallier, &#171; Critique du droit et la question de l'enseignement du (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ceux-ci sont, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, moins connect&#233;s que jamais aux sciences sociales, et r&#233;tifs aux innovations lorsqu'elles ne correspondent pas &#224; ce que Weber qualifiait de mat&#233;rialisation du droit, soit la recherche d'une ad&#233;quation toujours plus forte entre besoins de la sph&#232;re &#233;conomique et innovations juridiques. De mani&#232;re d'ailleurs paradoxale, c'est en invoquant le caract&#232;re trop th&#233;orique, insuffisamment pratique et interdisciplinaire de l'enseignement universitaire du droit, soulign&#233; auparavant par les tenants du mouvement critique, que certains avocats d'affaires et les institutions d'&#233;lite ont justifi&#233; l'entr&#233;e d'institutions non-universitaires &#8211; IEP, &#201;coles de commerce notamment - dans le champ des &#233;tudes juridiques (pour des raisons politiquement contraires, telles que l'accroissement de l'efficacit&#233; &#233;conomique).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. Au-del&#224; de ce paradoxe d'un rapprochement possible de critiques qu'a priori tout oppose mais qui concourent dans les deux cas &#224; remettre en cause les modalit&#233;s de transmission du savoir juridique &#224; l'Universit&#233; en France, trois raisons principales justifient selon nous de se tourner vers les analyses consacr&#233;es &#224; l'enseignement du droit par les mouvements critiques, en France et &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - Tout d'abord, sous r&#233;serve d'une actualisation constante rendue n&#233;cessaires par les transformations r&#233;centes de l'espace des institutions d'enseignement sup&#233;rieur, la critique fondamentale relative &#224; l'id&#233;ologie politique implicite inh&#233;rente aux formations juridiques, en particulier lorsqu'il s'agit de l&#233;gitimer les positions des diff&#233;rentes &#233;lites, semble plut&#244;t corrobor&#233;e par l'&#233;tude des institutions observ&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - Ensuite, notre projet se situe dans une optique interdisciplinaire peu pr&#233;sente dans les Facult&#233;s de droit fran&#231;aises, qui correspond au projet de rupture &#233;pist&#233;mologique dans le champ des &#233;tudes juridiques port&#233; par les courants critiques du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans un domaine particulier, pour un t&#233;moignage relatif &#224; la difficile (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, par exemple en Grande-Bretagne comme le montre David Sugarman, ou encore au Br&#233;sil o&#249; le courant Critique du droit fran&#231;ais a &#233;t&#233; l'une des sources importantes de la critique interne de la formation au droit et du d&#233;veloppement de nouvelles perspectives juridiques, comme le montrent les travaux de Fabiano Engelmann&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Fabiano Engelmann, &#8220;Diversification de l'espace juridique et invention de la (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, qui participa &#233;galement &#224; notre journ&#233;e d'&#233;tudes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - Enfin, le mouvement critique n'est pas sans post&#233;rit&#233; en France dans le domaine du droit. Comme le montre le texte de Rafael Encinas de Munagorri, les germes souterrains lanc&#233;s par les approches critiques ont de nombreuses r&#233;surgences aujourd'hui, que ce soit par exemple par la cr&#233;ation de cliniques de droit (&#224; Caen et &#224; Nanterre), la poursuite de l'analyse critique, y compris au sens politique, en particulier chez les travaillistes (comme Emmanuel Dock&#232;s&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir notamment Emmanuel Dock&#232;s (sous la dir.), Au c&#339;ur des combats (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) ou chez les historiens du Droit (Carlos Miguel Herrera). La nouvelle revue &lt;i&gt;Jurisprudence. Revue critique&lt;/i&gt;, initi&#233;e par des juristes de la Facult&#233; de droit de Chamb&#233;ry, participe aussi de cette renaissance, en particulier relativement &#224; la question de l'enseignement du droit qui a constitu&#233; le th&#232;me principal de son premier num&#233;ro. La post&#233;rit&#233; du mouvement critique se manifeste encore par la reconnaissance de l'importance de la pens&#233;e de Duncan Kennedy, que ce soit &#224; Nanterre avec Eric Millard ou m&#234;me &#224; l'IEP de Paris avec Christophe Jamin qui lui fit d&#233;cerner en 2011 le premier doctorat honoris causa en droit &#8211; ironie de l'histoire - de cette prestigieuse institution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. La prise en compte de l'h&#233;ritage des courants critiques est donc pertinente &#224; plusieurs titres pour notre projet. Intellectuellement, elle permet de replacer dans une profondeur historique - qui d'ailleurs pourrait &#234;tre prolong&#233;e tout au long du si&#232;cle&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir les travaux de Myriam A&#239;t-Aoudia et Jean-Louis Halp&#233;rin dans notre (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;- les critiques aujourd'hui adress&#233;es aux deux mod&#232;les de formation aux confluent desquels se situe notre projet, la formation des &#233;lites et la formation en droit (en ce qu'elles ont de commun et ce qui a vari&#233;, de la Facult&#233; de droit comme lieu principal de formation des &#233;lites, au droit comme mati&#232;re oblig&#233;e dans la formation d'&#233;lites politiques, administratives et &#233;conomiques plus diff&#233;renci&#233;es). Pratiquement, cet h&#233;ritage peut &#234;tre contrast&#233; &#224; une double &#233;volution. D'un c&#244;t&#233;, les discours critiquant le mod&#232;le fran&#231;ais pour justifier diff&#233;rents types de r&#233;forme (comme l'arr&#234;t&#233; &#171; licence &#187; de l'&#233;t&#233; 2011&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Publi&#233; le 11 ao&#251;t 2011 : http://www.legifrance.gouv.fr/affic... La version (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) partagent de mani&#232;re paradoxale une partie des constats du Mouvement critique du droit (immobilisme, mono-disciplinarit&#233; et isolement national des mod&#232;les traditionnels de formation) et en tirent mati&#232;re &#224; une lib&#233;ralisation croissante et &#224; un &#233;clatement du mod&#232;le fran&#231;ais. De l'autre, si l'on se situe dans une perspective internationale, la faible post&#233;rit&#233; locale de la critique du mod&#232;le fran&#231;ais peut &#234;tre contrast&#233;e avec les &#233;volutions r&#233;elles que les critiques des ann&#233;es 1970 ont pu faire surgir dans d'autres pays, &#224; plus ou moins grande &#233;chelle&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Fiona Cownie, &#171; Reforming Legal Education in England and Wales : a (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En un sens, la faible influence de la Critique du droit fran&#231;aise en son pays et son relatif regain sous influence du cr&#233;dit de son lointain cousin &#233;tats-unien est aussi un enseignement &#224; prendre en compte pour comprendre les forces complexes &#224; l'&#339;uvre dans le(s) monde(s) acad&#233;mique(s) du droit contemporain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Liora Isra&#235;l&lt;br&gt;
Ma&#238;tresse de conf&#233;rences &#224; l'EHESS (Centre Maurice Halbwachs)&lt;br&gt;
Coordinatrice, avec Rachel Vanneuville, du projet &#201;lidroit (n&#176; ANR-08-GOUV-065)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Journ&#233;e d'&#233;tudes &#171; Les mouvements &#171; Critique du droit &#187; et la question de l'enseignement juridique : regards crois&#233;s &#187;, organis&#233;e par Jean-Louis Halp&#233;rin et Liora Isra&#235;l le 11 juin 2010 &#224; l'EHESS pour l'ANR &#201;lidroit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Duncan Kennedy, &lt;i&gt;L'enseignement du droit et la reproduction des hi&#233;rarchies. Une pol&#233;mique autour du syst&#232;me&lt;/i&gt;, Lux Editeur, Montr&#233;al, 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Duncan Kennedy, &#171; How the Law School Fails : a Polemic &#187;, 1, &lt;i&gt;Yale Review of Law and Social Action &lt;/i&gt;71 (1970).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Michel Miaille, &#171; La critique du droit &#187;, &lt;i&gt;Droit &amp; Soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;20-21, 1992, pp. 75-92 (&lt;a href='http://www.reds.msh-paris.fr/publications/revue/html/ds020021/ds020021-06.htm' class='spip_out'&gt;http://www.reds.msh-paris.fr/public...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour une probl&#233;matique comparable appliqu&#233;e au cas am&#233;ricain, voir Debra J. Schleef, &lt;i&gt;Managing Elites. Professional Socialization in Law and Business Schools, &lt;/i&gt;Oxford, Rowman &amp; Littlefield Publishers, 2006&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean-Claude Forquin, &lt;i&gt;Sociologie du curriculum, &lt;/i&gt;Rennes, PU Rennes, coll &#8220;Paidea&#8221;, 2008&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Elizabeth Mertz, &lt;i&gt;The Language of Law School : Learning to Think Like a Lawyer, &lt;/i&gt;Oxford, Oxford University Press, 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Voir l'ouvrage coordonn&#233; par Xavier Dupr&#233; de Boulois et Martine Kaluszynski (dir.), &lt;i&gt;Le droit en r&#233;volution(s). Regards sur la critique du droit des ann&#233;es 1970 &#224; nos jours, &lt;/i&gt;Paris, LGDJ, coll. Droit et Soci&#233;t&#233;, 2011, ainsi que l'article de Martine Kaluszynski, reprenant sa communication lors de notre journ&#233;e d'&#233;tudes : Martine Kaluszynski, &#8220;Quelle r&#233;forme pour l'enseignement juridique ? entre science et politique, le projet du mouvement &lt;i&gt;Critique du droit&lt;/i&gt;&#8221; , in Jean-Christophe Gaven et Fr&#233;d&#233;ric Audren (dir.), &lt;i&gt;Les facult&#233;s de droit de province aux XIX&#232; et XX&#232; si&#232;cle, t. 3 Les conqu&#234;tes universitaires, &lt;/i&gt;Toulouse, PU Toulouse 1 Capitole, 2012 (&lt;a href='http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00653503' class='spip_out'&gt;http://halshs.archives-ouvertes.fr/...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Voir les articles &#224; para&#238;tre dans &lt;i&gt;Droit &amp; Soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;du dossier coordonn&#233; par Myriam A&#239;t-Aoudia et Rachel Vanneuville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour Sciences Po Paris et HEC, voir &#201;milie Biland et Liora Isra&#235;l, &#171; &#192; l'&#233;cole du droit : les apports de la m&#233;thode ethnographique &#224; l'analyse de la formation juridique &#187;, &lt;i&gt;Les cahiers de droit &lt;/i&gt;(Universit&#233; Laval, Qu&#233;bec), num&#233;ros 3-4, septembre-d&#233;cembre 2011, p. 619-658&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jacques Chevallier, &#171; Critique du droit et la question de l'enseignement du droit &#187;, in Xavier Dupr&#233; de Boulois et Martine Kaluszynski (dir.), &lt;i&gt;op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans un domaine particulier, pour un t&#233;moignage relatif &#224; la difficile tentative d'int&#233;gration de la pens&#233;e f&#233;ministe &#224; l'enseignement du droit, voir R&#233;gine Dhocquois, &#171; La recherche f&#233;ministe &#224; l'Universit&#233; dans le domaine du droit. Une absence en forme de d&#233;sertion &#187;, &lt;i&gt;Cahiers du CEDREF,&lt;/i&gt;10, 2001 (&lt;a href='http://cedref.revues.org/278' class='spip_out'&gt;http://cedref.revues.org/278&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fabiano Engelmann, &#8220;Diversification de l'espace juridique et invention de la &#8220;critique du droit&#8221; au Br&#233;sil dans les ann&#233;es 1990&#8221;, &lt;i&gt;Droit &amp; Soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;n&#176;65, 2007/1 (&lt;a href='http://www.reds.msh-paris.fr/publications/revue/html/ds065/ds065-09.htm' class='spip_out'&gt;http://www.reds.msh-paris.fr/public...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Voir notamment Emmanuel Dock&#232;s (sous la dir.), &lt;i&gt;Au c&#339;ur des combats juridiques. Pens&#233;es et t&#233;moignages de juristes engag&#233;s, &lt;/i&gt;Dalloz, coll. Th&#232;mes &amp;Commentaires/Actes, Paris, 2007&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Voir les travaux de Myriam A&#239;t-Aoudia et Jean-Louis Halp&#233;rin dans notre &#233;quipe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Publi&#233; le 11 ao&#251;t 2011 : &lt;a href='http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024457754&amp;fastPos=1&amp;fastReqId=1906304594&amp;categorieLien=id&amp;oldAction=rechTexte#' class='spip_out'&gt;http://www.legifrance.gouv.fr/affic...&lt;/a&gt;
La version publi&#233;e n'&#233;nonce toutefois pas aussi clairement la possibilit&#233; de cr&#233;er des parcours &#233;litaires s&#233;lectifs que les versions ant&#233;rieures ayant circul&#233;. Toutefois les promoteurs des fili&#232;res s&#233;lectives consid&#232;rent l'arr&#234;t&#233; comme un progr&#232;s, notamment parce qu'il accro&#238;t la d&#233;r&#233;gulation des exigences nationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fiona Cownie, &#171; Reforming Legal Education in England and Wales : a Historical Perspective &#187;, and Anthony Bradney, &#171; British University Law Schools, the Practicing Profession, and the State &#187;, papiers pr&#233;sent&#233;s &#224; l'occasion des sessions th&#233;matiques organis&#233;es par Liora Isra&#235;l et Rachel Vanneuville au congr&#232;s (2011) de l'Association Fran&#231;aise de Science Politique (ST 42 : Les enjeux politiques et acad&#233;miques des r&#233;formes de l'enseignement en droit : perspectives compar&#233;es).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le droit &#224; l'&#233;preuve de l'anthropologie historique : le cas des modes alternatifs de r&#233;solution des conflits </title>
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		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



		<description>R&#233;sum&#233; : L'&#233;criture de l'histoire d&#233;pend des sources que l'on sollicite. Pour tenter de saisir le droit dans sa globalit&#233;, ne pas s'en tenir au point de vue des autorit&#233;s, il faut convoquer d'autres sources que les sources officielles, des sources &#171; vulgaires &#187;, populaires qui nous d&#233;voilent d'autres fa&#231;ons de penser la norme, d'autres modes de r&#233;solution des litiges, en bref risquer avec Marcel D&#233;tienne de &#171; comparer l'incomparable &#187;. L'anthropologie a montr&#233; la dimension sociale du conflit et (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : L'&#233;criture de l'histoire d&#233;pend des sources que l'on sollicite. Pour tenter de saisir le droit dans sa globalit&#233;, ne pas s'en tenir au point de vue des autorit&#233;s, il faut convoquer d'autres sources que les sources officielles, des sources &#171; vulgaires &#187;, populaires qui nous d&#233;voilent d'autres fa&#231;ons de penser la norme, d'autres modes de r&#233;solution des litiges, en bref risquer avec Marcel D&#233;tienne de &#171; comparer l'incomparable &#187;. L'anthropologie a montr&#233; la dimension sociale du conflit et l'importance de la conciliation. Le concept d'une justice r&#233;paratrice, apr&#232;s s'&#234;tre d&#233;velopp&#233; dans les pays de Common law, inspire de plus en plus les pays de tradition romaine suscitant par l&#224; m&#234;me bien des critiques. Les le&#231;ons de l'anthropologie soulignent le risque qu'il peut y avoir &#224; transposer &#224; l'&#233;chelle des nations une forme de justice inh&#233;rente &#224; de petites communaut&#233;s, soud&#233;es par une forte solidarit&#233;.
Pour autant, l'histoire montre la vivacit&#233; du mod&#232;le conciliatoire. L'anthropologie a fourni aux historiens d'autres grilles de lecture qui leur ont permis d'interroger diff&#233;remment leurs sources. M&#234;me dans l'Empire romain, le mod&#232;le judicaire est loin de remporter la conviction de l'ensemble des provinciaux et nombreux sont ceux qui choisissent d'autres voies, transaction ou justice divine. Parce que le conflit est d'abord l'histoire des parties, il ne peut toujours se satisfaire d'un jugement. C'est par la parole, le rituel, l'entremise d'un dieu qu'il peut se d&#233;nouer. Des ph&#233;nom&#232;nes r&#233;tifs au rationalisme juridique, qui rel&#232;vent de l'&#233;motion, que la loi ne peut capturer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots clefs : modes alternatifs de r&#233;solution des conflits ; justice r&#233;paratrice ;
ordalie ; pri&#232;re judiciaire ; anthropologie historique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : Writing legal history, just like history, depends on the sources we read and the questions we ask. If we ask old questions to the same noble sources, we shall have old answers and the narrative of history will remain as we found it, an image, admittedly respectable, made more than a century ago, when the white man readily bore his burden. If we want another outlook, we must, as said Marcel Detienne, &#8220;venture to compare the incomparable&#8221;. We must not be contented with a mere reflection of our commonplaces, but seek the dim image that may help us to understand our nowadays. Global history does not only mean trespassing geographical or political boundaries and exploring every areas of human activity and thoughts, but also trying to overcome our mental framework. The concept of &#8220;restorative justice&#8221; was introduced by anthropologists : in the small communities they looked at, - the face-to-face groups of exotic societies - it was indeed the main way of resolving conflicts and it had been so for centuries. Transferring and spreading ADR as a model for the time being is no simple matter and that explains the uneven acceptance of alternative justice in modern societies. Because it relies on mediation and consensus, alternative justice involves a group. It means that this kind of justice can exist only if there is a strong solidarity which ensures a fair resolution of the dispute. Therefore the question may be asked : is it possible to enforce alternative justice in societies where communities are weak, and where the State has long claimed to be sole guardian of the citizens' rights ?
Anthropology inspired historians as well as lawyers. Could it be that our ancient societies do share elements with exotic societies ? Could it be that in our european past, beside the trial, existed other ways to settle a dispute ? As for Roman antiquity, considering the possibility of alternative justice may seem unorthodox. Rome created res publica and ius, State and the model of State justice. But was this model really and completely implemented in all the provinces of the Roman Empire ? One may question if the disputes were everywhere resolved according to this law, that is in court of the provincial governor, or for the lesser cases, in the cities' courts. In Great-Britain, a documentation, one could call &quot;alternative&quot;, gives a negative answer.. In conclusion, we can say that because the conflict belongs to the parties, it cannot always be solved by a judgment ; it needs meetings, words, rituals and divine's verdict, all that cannot be captured by any law.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Key words : Alternative Dispute Resolution ; restorative justice ; ordeal ; judicial
prayer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;cite&gt;&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&#171; Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio, qu'il n'est r&#234;v&#233; dans ta philosophie &#187;&lt;/cite&gt;&lt;br&gt; W. Shakespeare, &lt;i&gt;Hamlet&lt;/i&gt; I, 5&lt;/p&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. L'id&#233;e d'une &#171; histoire globale &#187;, capable de restituer un autre regard sur le monde, s'impose de plus en plus aujourd'hui&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale par L. TESTOT, Histoire globale. Un autre regard sur le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Si le projet doit &#234;tre men&#233; avec circonspection pour &#233;viter une histoire trop abstraite, il demeure que l'&#233;criture de l'histoire ne peut que s'enrichir en sortant des fronti&#232;res que constituent les &#171; pass&#233;s nationaux &#187;. La dimension comparatiste suscite de nouvelles interrogations qui r&#233;v&#232;lent souvent la richesse, autrement insoup&#231;onn&#233;e, des sources. Pour l'illustrer, nous avons choisi de revenir sur un concept tr&#232;s actuel, celui de justice alternative, d'abord &#224; cause du rapport &#233;troit qu'il entretient avec les fronti&#232;res qui partagent les grands syst&#232;mes juridiques &#8211; syst&#232;me de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, syst&#232;mes continentaux -, aussi parce qu'il invite &#224; d&#233;passer les fronti&#232;res du temps pour interroger diff&#233;remment les sources de notre histoire judiciaire&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la dimension anthropologique de l'&#233;tude du conflit, les diff&#233;rentes (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. L'expression &#171; justice alternative &#187; d&#233;signe &#171; l'ensemble des pratiques ou proc&#233;dures, le plus souvent informelles, de r&#233;solution des conflits, impliquant habituellement l'intervention d'un tiers qui, &#224; l'aide de techniques non juridictionnelles, permet de parvenir au r&#232;glement d'un conflit opposant deux ou plusieurs parties &#187;. Il s'agit donc d'une forme de justice qui, dans le contexte d'un droit &#233;tatique, entend r&#233;agir contre le formalisme de la justice publique ou, hors de ce contexte, permet la r&#233;solution des conflits par des voies plus ou moins spontan&#233;es qui privil&#233;gient le retour &#224; la paix. Par justice alternative, on entend &#233;galement un mouvement de pens&#233;e qui, d&#232;s le milieu des ann&#233;es 1970, conteste la centralit&#233; des modes juridictionnels au profit de modes informels qui favorisent la participation des citoyens au r&#232;glement de leur litige&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#233;finitions donn&#233;es par le Dictionnaire encyclop&#233;dique de th&#233;orie et de (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Ce courant de pens&#233;e, l'&lt;i&gt;Alternative Dispute Resolution&lt;/i&gt;, qui s'est d&#233;velopp&#233; d'abord aux Etats-Unis et dans les pays de &lt;i&gt;Common Law&lt;/i&gt;, r&#233;pond &#224; une id&#233;e simple : le conflit n'ouvre pas n&#233;cessairement sur un proc&#232;s, la communaut&#233; peut elle-m&#234;me g&#233;rer le litige, le r&#233;soudre sans le trancher ; il s'agit de promouvoir une justice horizontale, une justice r&#233;paratrice du tissu social, par opposition au mod&#232;le dominant d'une justice verticale. Cette justice alternative, bien connue des pays de &lt;i&gt;Common Law&lt;/i&gt;, s'introduit de plus en plus dans les syst&#232;mes de droit civil longtemps domin&#233;s par le primat de la loi et le syllogisme judiciaire. Les Principes Unidroit l'ont consacr&#233;e et de nombreux pays la mettent en &#339;uvre, en Afrique ou en Asie. Elle est m&#234;me appliqu&#233;e &#224; l'&#233;chelle des Etats dans le cadre des commissions &lt;i&gt;V&#233;rit&#233; et R&#233;conciliation&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Essor reconnu par les Nations Unies dans un rapport du Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Mais l'application est parfois difficile et des critiques s'&#233;l&#232;vent de part et d'autre de l'Atlantique qui d&#233;noncent l'&#171; id&#233;ologie de l'harmonie &#187; induite par ce courant de pens&#233;e. Celle-ci revient &#224; nier le conflit, son expression, non ses causes. Le risque n'est-il pas de reconna&#238;tre une forme de justice priv&#233;e qui consacrerait la loi du plus fort ? N'y a-t-il pas quelque danger &#224; opposer de fa&#231;on radicale deux mod&#232;les de justice, d'un c&#244;t&#233; les proc&#233;dures judiciaires, co&#251;teuses et centr&#233;es sur le conflit, et de l'autre les justices alternatives, &#233;conomiques et promotrices de l'esprit civique et communautaire&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur ces critiques, ibid, Dictionnaire encyclop&#233;dique.' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ? La question est importante qui concerne finalement la place respective de la soci&#233;t&#233; civile et de l'Etat, l'&#233;tendue de la comp&#233;tence de l'Etat en mati&#232;re de justice.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Dans le contexte de la mondialisation, les syst&#232;mes de droit &#233;crit sont mis &#224; rude &#233;preuve&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur les difficult&#233;s du mod&#232;le juridique fran&#231;ais &#224; supporter la concurrence des (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La r&#233;ception des justices alternatives dans les syst&#232;mes de droit civil traduirait-elle la difficult&#233; de ceux-ci &#224; r&#233;sister au r&#233;gime anglo-saxon de &lt;i&gt;Common Law&lt;/i&gt; ? L'identit&#233; m&#234;me du mod&#232;le issu du droit romain serait-elle mise en p&#233;ril par de dangereuses novellet&#233;s ? Autrement dit, faut-il croire &#224; une consubstantialit&#233; des mod&#232;les judicaires, chacun trouvant sa coh&#233;rence par rapport &#224; une forme d'organisation des pouvoirs, &#224; une certaine fa&#231;on de penser la communaut&#233; des citoyens et sa relation &#224; l'Etat ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. L'anthropologie a grandement contribu&#233; &#224; diffuser l'id&#233;e de justice r&#233;paratrice. Telle qu'elle appara&#238;t dans les r&#233;cits des ethnologues, il s'agit d'un mode de justice inh&#233;rent &#224; de petites communaut&#233;s, d&#233;pendant de la volont&#233; des parties et encadr&#233;e par des rituels et &#224; laquelle l'ensemble de la communaut&#233; se trouve associ&#233;e. La relation entre ces justices traditionnelles et nos modernes justices alternatives est &#233;vidente mais la difficult&#233; r&#233;side peut-&#234;tre dans celle qu'il y a &#224; transposer &#224; l'&#233;chelle des nations un mode de r&#232;glement des conflits reposant sur la participation active d'une communaut&#233; de populations. Ce contexte initial permet peut-&#234;tre de comprendre la r&#233;ception in&#233;gale des justices alternatives de part et d'autre de l'Atlantique, leur succ&#232;s, les r&#233;ticences aussi qu'elles suscitent.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. En latin, &lt;i&gt;alternare &lt;/i&gt;d&#233;signe le fait de faire tant&#244;t une chose, tant&#244;t une autre et c'est sans doute cette alternance qui tout &#224; la fois s&#233;duit les partisans des justices alternatives et irrite leurs d&#233;tracteurs. Mais, ce sont peut-&#234;tre les conditions d'intervention des modes alternatifs qu'il convient de cerner pour comprendre le fonctionnement de ces justices, les risques qu'elles peuvent repr&#233;senter, les b&#233;n&#233;fices que les parties peuvent en tirer. Comment l'autre s'organise par rapport ce qui est pens&#233; comme l'un ? Quelle relation entretiennent les justices alternatives avec la justice publique ? Plut&#244;t que de raisonner en termes d'opposition, sans doute faut-il saisir les interactions entre ces modes de r&#233;solution des litiges. Ce qui nous am&#232;ne &#224; dresser un bref inventaire du pass&#233;, l'occasion de montrer que l'opposition des mod&#232;les droit &#233;crit-&lt;i&gt;Common&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Law&lt;/i&gt; n'est peut-&#234;tre pas si radicale, des modes alternatifs de r&#233;solution des conflits se rencontrant aussi dans le pass&#233; des syst&#232;mes de droit civil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I . Les justices alternatives et leur domaine g&#233;ographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. Les &lt;i&gt;soft justices&lt;/i&gt;, comme on les appelle aussi, apparaissent d&#232;s 1880 en Am&#233;rique du Nord, essentiellement pour les affaires commerciales. Dans le courant du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, leur champ d'application s'&#233;tend. Ce sont d&#233;sormais toutes sortes de petits litiges qui sont susceptibles d'&#234;tre r&#233;solus de la sorte, conflits de voisinage, affaires mettant en cause des mineurs. De nouveaux niveaux juridictionnels voient le jour, &lt;i&gt;Domestic Relations Courts, Small Claims Courts, Neighbourhood Justice Centers&lt;/i&gt;, en relation avec cette conviction qu'il faut privil&#233;gier l' &#171; informalisme &#187; et cette id&#233;e d&#233;fendue par le &lt;i&gt;r&#233;alisme juridique &lt;/i&gt;qu'au droit des livres, il convient d'opposer le droit en action&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='N. ROULAND, Aux confins du droit, Paris, 1991, p. 104. Sur l'exp&#233;rience (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. Le contexte politique de la d&#233;colonisation, les revendications des peuples autochtones participent sans doute au succ&#232;s des justices alternatives. Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle Z&#233;lande sont confront&#233;s aux difficult&#233;s judiciaires que leur posent les communaut&#233;s tribales. Aborig&#232;nes ou Inuits sont surrepr&#233;sent&#233;s dans les prisons, leur taux de suicide est plus fr&#233;quent et leur r&#233;insertion quasi impossible. A l'&#233;vidence, il y a d&#233;calage entre la justice &#233;tatique et les valeurs des communaut&#233;s indig&#232;nes. Le jugement ne convainc pas et la sanction, surtout l'emprisonnement, contribue &#224; &#233;garer encore davantage celui qui la subit. Il faut trouver d'autres voies de r&#233;solution du conflit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='M. JACCOUD, &#171; Introduction &#187; in M. JACCOUD &#233;d., Justice r&#233;paratrice et (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. L'anthropologie avait alors bonne presse et le choix est fait, parfois &#224; l'instigation des peuples autochtones, de renouer avec les formes traditionnelles de r&#233;solution des conflits. Les enqu&#234;tes sur le terrain ont montr&#233; que, dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles, c'est par la conciliation que se r&#232;glent l'essentiel des litiges. Le conflit ne concerne pas seulement les parties, il int&#233;resse la communaut&#233; dans son ensemble et c'est la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re qui va s'efforcer de r&#233;tablir la paix entre les parties. C'est pourquoi, le litige d&#233;bouche sur des rencontres entre les parties, leurs familles, leurs amis, l'intervention de tiers qui vont s'efforcer de trouver un consensus acceptable par tous. Au point qu'on a pu dire parfois que le conflit, plut&#244;t que d'&#234;tre le syndrome d'un malaise du groupe, permettait de renforcer sa coh&#233;sion, de souder sa solidarit&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='P. LABURTHE-TOLRA, Ethnologie. Anthropologie, Paris, 1993, p. 134, (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. C'est donc une justice restauratrice du tissu social que pratiquaient les communaut&#233;s autochtones, une justice davantage pr&#233;occup&#233;e de r&#233;tablir la paix que d'&#233;tablir quelque v&#233;rit&#233;, une justice qui privil&#233;giait le dialogue, le compromis.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. Dans le contexte politique des ann&#233;es 1970, le concept s&#233;duit. Loin d'&#234;tre appliqu&#233;e aux seules communaut&#233;s autochtones, il va conna&#238;tre des applications multiples. L'id&#233;e de justice alternative est reprise par les &lt;i&gt;Community boards&lt;/i&gt; de San Francisco qui voient dans l'&#233;vitement de la justice publique un moyen pour redonner sens &#224; la solidarit&#233; dans les quartiers&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='J. FAGET, &#171; L'institutionnalisation de la m&#233;diation : r&#233;flexion &#224; partir de (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le principe s&#233;duit aux Etats Unis et au Canada, &#224; cause du pluralisme confessionnel et de la r&#233;ticence de certains mouvements confessionnels, tels les mennonites, &#224; admettre la l&#233;gitimit&#233; de la justice publique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='BONAF&#201;-SCHMITT, &#171; Justice r&#233;paratrice et m&#233;diation p&#233;nale : vers de nouveaux (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. Aujourd'hui, les pays de &lt;i&gt;Common Law &lt;/i&gt;sont largement gagn&#233;s par cette justice alternative. Aux Etats-Unis, ce sont seulement cinq &#224; dix pour cent des litiges qui sont trait&#233;s par les cours, l'essentiel des affaires &#233;tant r&#233;gl&#233;es soit par voie de transaction, soit par des instances informelles&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='N. ROULAND, Aux confins du droit, op. cit., p. 104.' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Au p&#233;nal, elle s'inspire beaucoup des pratiques des soci&#233;t&#233;s traditionnelles. Ainsi, les conf&#233;rences en famille ou en communaut&#233;, imit&#233;es des traditions maories de Nouvelle-Z&#233;lande o&#249; le r&#232;glement de l'infraction est trouv&#233; par les parties, leurs familles et leurs amis&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur l'adaptation de pratiques traditionnelles dans les syst&#232;mes judiciaires (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. Ces derni&#232;res ann&#233;es, on constate une tendance &#224; transposer cette justice alternative dans les pays de tradition romaine. Le terme &quot;alternatifs(ves)&quot; s'introduit dans le discours des juristes dans les ann&#233;es 1970-1984. La premi&#232;re occurrence appara&#238;t dans la &lt;i&gt;Revue de sciences criminelles&lt;/i&gt;, le droit p&#233;nal, avec la sociologie du droit (&lt;i&gt;Droit et Soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;), faisant &#339;uvre de pionnier. Apr&#232;s 1985, le mot acquiert une certaine fr&#233;quence et, en 1996, il trouve &#224; s'employer dans les manuels. Depuis cette date, la litt&#233;rature sur la question est en constante augmentation et concerne tous les domaines du droit, avec une pr&#233;dilection en droit processuel civil et droit de la famille&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans le titre que consacre Xavier Lagarde &#224; &#171; L'exportation du mod&#232;le vers les (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les consid&#233;rations sont majoritairement d'ordre technique et le discours rarement th&#233;orique. Il a par ailleurs &#233;t&#233; observ&#233; que les mentions relatives &#224; l'origine nord-am&#233;ricaine des modes alternatifs se font plus rares, comme s'il y avait une sorte de &quot;naturalisation&quot; du terme&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur ce paragraphe, P. ANCEL, G. BLANC, M. COTTIN, O. GOUT, X. HAUBRY, L. (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. Les modes alternatifs de r&#233;solution des conflits ont &#233;t&#233; consacr&#233;s par les Principes Ali/Unidroit de proc&#233;dure civile transnationale. Le Principe 24 dispose : &#171; Le Tribunal, en respectant le droit des parties de poursuivre le proc&#232;s, encourage la transaction et la conciliation lorsqu'elles apparaissent raisonnablement possibles. Le tribunal favorise &#224; tout stade de la proc&#233;dure la participation des parties &#224; des modes alternatifs de r&#233;solution du litige. Les parties, avant et apr&#232;s le d&#233;but du proc&#232;s, coop&#232;rent &#224; toute tentative raisonnable de conciliation ou transaction. Dans sa d&#233;cision sur les frais de proc&#233;dure, le tribunal peut tenir compte du refus d&#233;raisonnable d'une partie de coop&#233;rer ou de son comportement de mauvaise foi lors des tentatives de conciliation ou transaction &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='Principes Ali/Unidroit de proc&#233;dure civile transnationale, Rev. dr. unif. (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Au p&#233;nal, une recommandation du Conseil de l'Europe du 17 septembre 1987 pr&#233;conise l'adoption du &lt;i&gt;plea guilty&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Annexe &#224; la Recommandation N&#176;R (99) 19 adopt&#233;e par le Comit&#233; des Ministres du (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De fait, en Belgique, une loi du 22 juin 2005 organise la m&#233;diation entre auteurs et victimes &#224; tous les stades de la proc&#233;dure et, en France, la loi du 9 mars 2004 - la loi Perben II - pr&#233;voit une proc&#233;dure de comparution sur reconnaissance pr&#233;alable de culpabilit&#233;, une sorte de &#171; plaider coupable &#187; comme on a coutume de l'appeler&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; La m&#233;diation entre auteurs et victimes dans le cadre de la loi du 22 juin (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais, la r&#233;ception est loin d'&#234;tre totale et les critiques sont nombreuses, parfois virulentes. Jean Carbonnier les exprimait d&#233;j&#224; &#224; sa fa&#231;on, d&#233;clarant voir dans le succ&#232;s des justices alternatives une &quot;sorte d'acharnement conciliatoire, r&#233;conciliatoire, unanimiste&quot;, substituant &#224; &quot;un &#233;change d'argumentations rationnelles et une pes&#233;e des argumentations&quot;, un &quot;&#233;change de baisers de paix &#224; tout prix&quot;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='J. CARBONNIER, &#171; Regard d'ensemble sur la codification de la proc&#233;dure civile (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. La m&#234;me recommandation du Conseil de l'Europe qui pr&#233;conisait la m&#233;diation en mati&#232;re p&#233;nale, incitait &#224; la prudence : &#171; Les &quot;assembl&#233;es villageoises ou tribales traditionnelles&quot; se rattachent &#224; des coutumes tr&#232;s anciennes en vertu desquelles l'ensemble de la communaut&#233; se r&#233;unit pour r&#233;gler des conflits ou juger des crimes impliquant certains de ses membres. Les assembl&#233;es de ce type se rencontrent encore souvent dans les pays les moins avanc&#233;s et dans les zones rurales. Elles ne peuvent exister qu'au sein de communaut&#233;s tr&#232;s soud&#233;es et ne correspondent gu&#232;re &#224; la r&#233;alit&#233; des soci&#233;t&#233;s modernes. Elles cherchent en g&#233;n&#233;ral &#224; pr&#233;server l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble de la communaut&#233;. Ant&#233;rieures au droit occidental, elles ont inspir&#233; maints programmes modernes de m&#233;diation, qui essayent d'ailleurs souvent de transposer les avantages de l'assembl&#233;e tribale dans une forme compatible avec les structures sociales modernes et les droits individuels consacr&#233;s par la loi &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans l'expos&#233; des motifs &#224; la Recommandation N&#176;R (99) 19 adopt&#233;e par le Comit&#233; (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La r&#233;f&#233;rence &#224; l'anthropologie est explicite : la justice alternative prend sens dans des soci&#233;t&#233;s communautaires relativement &#233;galitaires. Parce qu'elle consacre la m&#233;diation, le consensus, elle suppose une solidarit&#233; des groupes et un &#233;quilibre entre eux qui, seuls peuvent garantir la r&#233;solution juste du litige. D&#232;s lors est-il possible de transposer les justices alternatives dans des soci&#233;t&#233;s o&#249; l'Etat a lamin&#233; les solidarit&#233;s, s'est impos&#233; comme gardien des droits des citoyens ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. Il est courant d'&#233;voquer la diff&#233;rence fondamentale entre les pays de &lt;i&gt;Common Law&lt;/i&gt; et les pays de droit romain, entre des pays ouverts aux organisations citoyennes et d'autres marqu&#233;s par l'Etat providence, soumis au primat de la loi et &#224; la m&#233;thode d&#233;ductive. Jean-Pierre Bonaf&#233;-Schmitt insiste sur la notion d'historicit&#233;, la &#171; n&#233;cessit&#233; de replacer l'action des acteurs dans un cadre structurel car ... on ne peut pas analyser la place et le r&#244;le de la m&#233;diation sans se r&#233;f&#233;rer au mod&#232;le de r&#233;gulation sociale d&#233;velopp&#233; par chaque pays &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='BONAF&#201;-SCHMITT, &#171; Justice r&#233;paratrice et m&#233;diation p&#233;nale &#187;, op. cit., p. (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il est temps maintenant d'interroger le pass&#233;. Que nous rapportent les sources anciennes de la place de la justice publique dans la r&#233;solution des conflits ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II . La justice alternative &#224; l'&#233;preuve du pass&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;17. Penser l'histoire de fa&#231;on globale, ce n'est pas seulement d&#233;passer des fronti&#232;res g&#233;ographiques ou chronologiques, c'est aussi s'affranchir de cadres mentaux, abandonner certains des pr&#233;suppos&#233;s qui conditionnent notre perception de l'alt&#233;rit&#233;. Les travaux men&#233;s par les anthropologues sur la r&#233;solution des conflits dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles ont aid&#233; les historiens &#224; penser diff&#233;remment les soci&#233;t&#233;s du pass&#233;, &#224; r&#233;viser leur questionnement des sources : et si nos soci&#233;t&#233;s anciennes partageaient quelque chose avec les soci&#233;t&#233;s exotiques des anthropologues ? Et si, dans le pass&#233;, &#224; c&#244;t&#233; du proc&#232;s proprement dit, il avait exist&#233; d'autres voies de r&#233;solution des litiges ? Le fait m&#234;me de poser la question am&#232;ne &#224; comprendre diff&#233;remment les sources, voire &#224; d&#233;couvrir de nouvelles sources&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme le fait par exemple, B. LEMESLE, Conflits et justice au Moyen Age. (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. D&#232;s les ann&#233;es 1970, certains historiens appliquent les le&#231;ons de l'anthropologie &#224; l'Ancien r&#233;gime fran&#231;ais. Nicole Castan souligne que la justice publique ne conna&#238;t qu'une minorit&#233; des infractions effectivement constitu&#233;es. La solidarit&#233; dans les villages incite au r&#232;glement interne du litige par voie de conciliation&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='N. CASTAN Justice et r&#233;pression en Languedoc &#233;poque des Lumi&#232;res, Paris 1980 (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La th&#232;se est remarqu&#233;e, critiqu&#233;e aussi &#224; cause de son manich&#233;isme, la &#171; bonne justice &#187; des villageois s'opposant de fa&#231;on trop radicale &#224; celle de l'Etat. Il n'emp&#234;che, l'id&#233;e est maintenant admise et de nombreux travaux ont r&#233;v&#233;l&#233; les modes alternatifs &#224; la justice publique tant pour l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale que pour l'Ancien R&#233;gime&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='Il est &#233;videmment impossible de recenser la bibliographie ici. Citons (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. Pour d&#233;signer ces formes de justice, les historiens emploient souvent l'expression infrajudiciaire ou &#171; pratiques molles &#187;, l'id&#233;e sous-jacente &#233;tant qu'il s'agissait de formes souterraines, &#233;trang&#232;res, voire oppos&#233;es, &#224; la justice publique. L'historiographie insiste aujourd'hui sur la n&#233;cessit&#233; qu'il y a de mettre en perspective l'ensemble des modes de r&#233;solution des litiges, les justices alternatives n'existant que par leur relation &#224; la justice publique. Il faut comprendre les strat&#233;gies d'&#233;vitement des parties, comment l'action publique joue comme moyen de pression, car c'est finalement dans ces circonvolutions que se situe l'essence m&#234;me des justices dites informelles, leur caract&#232;re alternatif&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='ROULAND, Aux confins du droit, op. cit., p. 305. LEMESLE, Conflits, ibid., (...)' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. Peut-on poser la question des justices alternatives pour l'&#233;poque romaine ? Rome est bien s&#251;r connue comme la civilisation juridique par excellence, celle qui a d&#233;velopp&#233; la &lt;i&gt;res publica&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;ius&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Res iudicata pro ueritate accipitur&lt;/i&gt; : le propos d'Ulpien est entr&#233; dans l'histoire et fonde l'adage qui exprime aujourd'hui le principe de l'autorit&#233; de la chose jug&#233;e. Le proc&#232;s dans la Rome imp&#233;riale rel&#232;ve de tribunaux hi&#233;rarchis&#233;s, d&#233;bouche sur un jugement cens&#233; exprimer une v&#233;rit&#233; qui s'enracine dans la force de la loi. Le syllogisme judicaire a ses myst&#232;res et l'application de la loi aux faits &#233;tablirait une v&#233;rit&#233; transcendantale. Un point de vue coh&#233;rent avec l'affirmation de l'existence d'une science du droit, d'un ordonnancement rationnel des normes autour de principes qu'il s'agit de comprendre. L&#224; serait le mod&#232;le des droits civils continentaux, mod&#232;le aujourd'hui menac&#233; par la vogue des justices alternatives.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. L'id&#233;e d'une v&#233;rit&#233; unique, &#233;rig&#233;e en dogme incontest&#233; et incontestable, est certes rassurante. Le droit r&#233;v&#233;lateur et fondateur d'une v&#233;rit&#233; absolue vaut religion et les Romains sont l&#224; comme de grands anc&#234;tres, Mo&#239;se des temps d&#233;sacralis&#233;s, garants des Tables de la loi. Ce point de vue est sans doute fond&#233; si l'on s'en tient au droit dans son acception la plus stricte. Mais la r&#232;gle est parfois &#233;vanescente, la rationalit&#233; pure est d'abord un objet intellectuel, et la norme se construit aussi autour de l'&#233;motion. La r&#233;gulation d'une communaut&#233; humaine passe par l'irrationnel et, parce que le conflit est aussi une histoire qui appartient aux parties, sa r&#233;solution est un cheminement qui passe par des voies de traverses aux m&#233;andres sinueux.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;22. Pour Rome aussi, il faut tenter de restituer la pluralit&#233; juridique, insister sur la diversit&#233; des droits, les diff&#233;rentes fa&#231;ons de juger, et tenter de comprendre le rapport qui existe entre la structure de la soci&#233;t&#233;, sa repr&#233;sentation de la norme et sa fa&#231;on de g&#233;rer le conflit. L'histoire d&#233;pend &#233;videmment des sources que l'on sollicite. Se r&#233;f&#232;re-t-on aux sources officielles, elles nous r&#233;v&#232;lent l'histoire officielle. Lit-on le code Th&#233;odosien, le Digeste, on aura bien s&#251;r le point de vue de l'empereur, des bureaux, des jurisconsultes. Pour autant, leurs &#233;crits refl&#232;tent-ils la r&#233;alit&#233; ? Ce mod&#232;le, si important e&#251;t-il &#233;t&#233; pour la construction de notre science juridique, fut-il parfaitement et totalement re&#231;u dans toutes les provinces ? Autrement dit, pour la mati&#232;re du proc&#232;s qui nous occupe, est-on s&#251;r que la totalit&#233; des litiges &#233;taient port&#233;s &#224; la connaissance des gouverneurs, au moins &#224; celle des juridictions municipales ? La question m&#233;rite sans doute d'&#234;tre pos&#233;e, surtout dans les provinces les moins &#171; civilis&#233;es &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;23. Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'&#238;le de Bretagne a livr&#233; quantit&#233; de nouvelles sources, des tablettes de bois &#224; Vindolanda, ou des pri&#232;res judicaires dans les sanctuaires de la Severn&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour les tablettes de Vindolanda, A.K. BOWMAN &amp; J.D. THOMAS (edd.), (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ces sources ont &#233;t&#233; largement &#233;tudi&#233;es par les arch&#233;ologues qui en ont propos&#233; des &#233;ditions tout &#224; fait remarquables qui les rendent accessibles presque au grand public. Il nous semble que ces sources int&#233;ressent l'histoire du droit, qu'elles permettent de restituer une nouvelle histoire du droit romain&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='Rares &#233;tudes sur l'int&#233;r&#234;t de ces tablettes pour l'histoire du droit, M. (...)' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;24. Les tablettes de Vindolanda, un des forts du mur d'Hadrien, r&#233;v&#232;lent l'&#233;tendue de la justice militaire au d&#233;but du II&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Nous sommes l&#224; aux confins de l'Empire, dans une r&#233;gion o&#249; le cadre civique manque. Ici pas de juridiction municipale, quant au gouverneur, il est bien loin. Les sources nous montrent que la justice militaire, autrement dit la discipline, s'applique non seulement aux soldats mais aussi aux commer&#231;ants en compte avec l'arm&#233;e. Une tablette conserve la plainte d'un de ces commer&#231;ants, qui, bien que citoyen, doit subir la bastonnade ordonn&#233;e par un des sous-officiers&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='S. KERNEIS, &#171; Le clos blanc. L'arm&#233;e romaine et les d&#233;buts de la proc&#233;dure (...)' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;25. Tandis qu'au Nord pr&#233;valait cette justice militaire, le sud-ouest de l'&#238;le connaissait une autre forme de justice. Dans plusieurs sanctuaires de la r&#233;gion de la Severn, les arch&#233;ologues ont exhum&#233; quelques centaines de fines lamelles de plomb, souvent d&#233;nomm&#233;es &lt;i&gt;defixiones&lt;/i&gt;. Les plaquettes &#233;taient roul&#233;es, puis clou&#233;es, d'o&#249; le nom de &lt;i&gt;defixiones&lt;/i&gt;, et d&#233;pos&#233;es dans une source. Au sens strict, les &lt;i&gt;defixiones&lt;/i&gt; sont des formules de mal&#233;diction, adress&#233;es &#224; une divinit&#233;. Elles sont tr&#232;s r&#233;pandues dans l'Orient hell&#233;nistique. Le plus souvent les demandes sont amoureuses, &#233;conduire un ou une rivale, ou bien visent &#224; la r&#233;ussite dans le cadre de comp&#233;titions sportives, bref des demandes non juridiques. A priori, les &lt;i&gt;defixiones&lt;/i&gt; n'int&#233;ressent pas l'histoire du droit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;26. D'Orient, les &lt;i&gt;defixiones&lt;/i&gt; sont pass&#233;es en Occident et sont parvenues jusque dans l'&#238;le de Bretagne o&#249; elles ont re&#231;u entre le II&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et le IV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle apr&#232;s J.C. une application particuli&#232;re. Les lamelles de Bath, comme celle des autres sanctuaires de la r&#233;gion, pr&#233;sentent en effet cette particularit&#233; qu'elles portent dans leur grande majorit&#233; des demandes judicaires. Elles r&#233;clament &#224; la divinit&#233; auxquelles elles s'adressent la restitution d'un objet vol&#233;. Elles sont r&#233;dig&#233;es en latin et utilisent un vocabulaire juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='Nous renvoyons ici &#224; notre article, S. KERNEIS, &#171; La question enchant&#233;e. Les (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27. C'est en fait une v&#233;ritable proc&#233;dure qui avait cours dans les sanctuaires. Une proc&#233;dure en deux temps dont les tablettes portent trace. La premi&#232;re &#233;tape privil&#233;giait la conciliation. Le pr&#234;tre tentait d'abord d'organiser la rencontre entre les parties, jouait donc le r&#244;le de m&#233;diateur. Si le d&#233;fendeur rechignait &#224; compara&#238;tre, le demandeur r&#233;digeait &#224; partir d'un formulaire sa requ&#234;te : un document d&#233;crivant l'objet vol&#233;, la personne suspect&#233;e et la demande de restitution accompagn&#233;e de la menace de transf&#233;rer l'affaire &#224; la divinit&#233;. La demande &#233;tait ensuite affich&#233;e durant 18 jours.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;28. Si &#224; l'expiration du d&#233;lai, la chose n'&#233;tait pas restitu&#233;e, la seconde phase d&#233;butait. Il s'agissait cette fois de solliciter l'intervention de la divinit&#233;. Les parties accompagn&#233;es du pr&#234;tre allaient &#224; la source requ&#233;rir le jugement de dieu. Le pr&#234;tre pr&#233;levait quelques gouttes de sang au d&#233;fendeur qu'il m&#233;langeait dans un chaudron empli de l'eau de la source. Dans ce liquide, ce &lt;i&gt;serum&lt;/i&gt;, il ne lui restait plus qu'&#224; lire le verdict du dieu&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='En 44, Pomponius Mela, De Chorographia (cf annexe 1), apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; la (...)' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. A d&#233;faut, ou bien si le d&#233;fendeur ne s'&#233;tait pas pr&#233;sent&#233;, la requ&#234;te &#233;tait inscrite sur une lamelle de plomb et d&#233;pos&#233;e dans la source, mal&#233;diction qui devait poursuivre d&#233;finitivement le coupable jusque dans l'&#233;ternit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;29. Cette forme de justice &#233;tait-elle sp&#233;cifique &#224; l'&#238;le de Bretagne ? Le champ d'application des pri&#232;res judiciaires est vaste, qui concerne tant l'Orient que l'Occident&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='Domaine g&#233;ographique illustr&#233; notamment par H.S. VERSNEL, Prayers for (...)' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La comparaison entre les tablettes grecques et latines est &#233;difiante ; &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ce sont les m&#234;mes formules, les m&#234;mes mots du pouvoir qui se retrouvent&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur cette comparaison, R. TOMLIN, Cursing a Thief in Iberia and Britain, in (...)' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En Bretagne, comme ailleurs pr&#233;domine un langage administratif&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='TOMLIN, Cursing, ibid. p. 249 : &#8220;the language is not magical but (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. C'est dans les termes du vocabulaire juridique romain que la plainte est exprim&#233;e, la menace formul&#233;e&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la terminologie juridique, parall&#232;le avec D.R. JORDAN, Une pri&#232;re de (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La &lt;i&gt;maiestas &lt;/i&gt;du dieu est invoqu&#233;e qui fonde ses pouvoirs d'investigation, l'enqu&#234;te qui permettra de d&#233;couvrir (&lt;i&gt;invenire&lt;/i&gt;) les coupables, de r&#233;clamer (&lt;i&gt;exigere&lt;/i&gt;) la restitution du bien. C'est bien la justice du dieu qui est sollicit&#233;e, celui-ci jugeant &#224; son tribunal, &#171; &lt;i&gt;in suum rostrum&lt;/i&gt; &#187;. En certains endroits de l'Empire, le sanctuaire semble bien avoir &#233;t&#233; le lieu d'une justice alternative &#224; celle des tribunaux et la r&#233;currence de formules types, le recours &#224; un langage administratif illustrent la volont&#233; de l'Empire d'encadrer strictement ces proc&#233;dures&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='Le caract&#232;re juridique de la formule a &#233;t&#233; soulign&#233; notamment par TOMLIN, Finds (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;30. Mais si l'analyse comparatiste met en lumi&#232;re une forme de croyance r&#233;pandue et un certain mod&#232;le commun d'action, cela ne signifie pas pour autant que partout les conduites, les aspirations aient &#233;t&#233; les m&#234;mes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='VERSNEL, Prayers, op. cit.., p. 300 : &#8220;Given that the idea of offering a (...)' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Car, il ne faudrait pas l'oublier, les pri&#232;res judiciaires mettent en &#339;uvre des proc&#232;s qui sollicitent l'intervention d'un dieu et c'est dans cette utilisation de l'irrationnel qu'elles pouvaient trouver des applications qui variaient selon les lieux et les mentalit&#233;s&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf cependant l'opinion de D. OGDEN, Binding Spells : Curse Tablets and (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;31. Pour mieux comprendre ce type de proc&#233;dure o&#249; la mal&#233;diction est utilis&#233;e comme moyen de pression sur l'adversaire, il peut &#234;tre utile de se r&#233;f&#233;rer aux travaux des anthropologues. Autrement dit de passer outre la fronti&#232;re du temps pour comparer les tablettes judiciaires de l'Antiquit&#233; avec les r&#233;cits des ethnologues rapportant les coutumes en vigueur dans les soci&#233;t&#233;s exotiques&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est la m&#233;thode que pr&#244;ne notamment Henri L&#201;VY-BRUHL, Quelques probl&#232;mes du (...)' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Voici ce que dit Frazer &#224; propos des Dayak de Born&#233;o. En cas de vol, la victime commen&#231;ait par maudire en public et solennellement le voleur. Elle adjurait tous les esprits des eaux, des montagnes ou des airs de pr&#234;ter l'oreille &#224; ses paroles, puis donnnait les faits. En dernier lieu, venaient les impr&#233;cations mal&#233;fiques : &#171; Si le voleur est un homme, qu'il &#233;choue dans toutes ses entreprises ! Puisse-t-il souffrir d'un mal qui ne le tue pas mais le rende impotent, le torture sans r&#233;pit et le mette &#224; charge &#224; autrui, que sa femme soit infid&#232;le &#8230;S'il va &#224; la guerre, qu'il s'y fasse tuer &#8230; Si le voleur est une femme, qu'elle reste st&#233;rile, ou si elle se trouve enceinte, puissent ses espoirs &#234;tre d&#233;&#231;us et son enfant mort-n&#233; ; ou mieux encore qu'elle meure en couches ! Que son, mari lui soit infid&#232;le et la m&#233;prise et la maltraite&#8230; &#187;. Le lendemain soir, le bien &#233;tait restitu&#233;, d&#233;pos&#233; devant la porte du plaignant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='J.G. FRAZER, La t&#226;che de Psych&#233;. De l'influence de la superstition sur le (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On peut encore citer les travaux de Catherine Baroin sur un mode extr&#234;me de r&#233;solution des conflits, chez les Rwa de Tanzanie&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='C. BAROIN, &#171; Un mode extr&#234;me de r&#233;solution des conflits chez les Rwa (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. A c&#244;t&#233; de la justice publique et en d&#233;pit des efforts de l'Eglise, lorsque les voies habituelles ne suffisent pas &#224; r&#233;gler un litige, est organis&#233; un rituel qui exploite la crainte de la mal&#233;diction divine. Soumis &#224; cette pression, le fautif est incit&#233; &#224; se d&#233;noncer et &#224; payer la compensation pour le dommage caus&#233;. Les le&#231;ons de l'anthropologie sont claires et permettent de restituer le sens des pri&#232;res judiciaires dans l'Empire romain. La mal&#233;diction vaut d'abord comme moyen de pression car, en fin de compte, le but de l'action est de restaurer la paix, fondamentale pour le bien-&#234;tre de la communaut&#233;. Ce n'est qu'&#224; d&#233;faut de restitution que le sort est jet&#233;, le mal&#233;fice recherch&#233;, le ch&#226;timent divin requis.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;32. Quant aux le&#231;ons de l'histoire, elles t&#233;moignent que quelles que soient les &#233;poques, &#224; c&#244;t&#233; de la justice publique, fonctionnaient des justices alternatives, d'autres formes de justice qui, chacune &#224; sa fa&#231;on, devaient conduire &#224; apaiser le conflit. Il faut donc se repr&#233;senter un vaste &#233;ventail de proc&#233;dures, une articulation complexe o&#249; chaque action prend son sens par rapport aux autres. C'est &#224; jouer cette partie que les plaideurs s'employaient. Strat&#233;gies o&#249; chaque action vaut conduite et &#233;galement enjeu en consid&#233;ration d'autres proc&#233;dures plus contraignantes ou plus risqu&#233;es.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;33. D&#232;s lors que penser de l'intrusion des justices alternatives dans les syst&#232;mes juridiques continentaux ? Menacent-elles v&#233;ritablement leur structure ? Ou faut-il consid&#233;rer qu'il ne s'agit finalement que de renouer avec le fil d'une certaine histoire ? Le f&#233;tichisme juridique a v&#233;cu. A l'aube du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'enjeu est important car c'est en saisissant mieux la r&#233;alit&#233; des pass&#233;s nationaux que les juristes des syst&#232;mes continentaux pourront r&#233;sister plus efficacement &#224; certaines tentatives de marginalisation des justices publiques. L'essentiel est dans l'alt&#233;rit&#233; et aussi dans les rapports de force, la densit&#233; des r&#233;seaux de solidarit&#233;. Lorsque ceux-ci ne sont d&#233;finitivement plus, mieux vaut sans doute s'en remettre &#224; la justice publique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;34. R&#233;&#233;crire l'histoire du droit impose de sortir des fronti&#232;res spatiales et temporelles, de tenter aussi de s'affranchir des fronti&#232;res de l'esprit. &#171; Le droit est plus petit que les relations entre les hommes &#187;, disait Jean Carbonnier. Les rapports sociaux s'accommodent mal du strict rationalisme juridique et il faut penser le droit comme un ph&#233;nom&#232;ne social dont les hommes sont les acteurs ; les hommes avec leurs exigences, leurs limites, le besoin qu'ils ont de faire du proc&#232;s un moment particulier de leur histoire, un temps fort qui leur appartient, o&#249; leur parole est entendue, quitte &#224; &#234;tre mise en forme. Proc&#232;s passant par la conciliation, proc&#232;s r&#233;alisant une th&#233;ophanie, tout cela ne se laisse gu&#232;re capturer et enfermer au sein d'une parfaite rationalit&#233; juridique. L'histoire, l'anthropologie montrent l'inanit&#233; du juridisme absolu. Le droit &#8211; et le terme m&#234;me le dit bien, &lt;i&gt;directum&lt;/i&gt; &#8211; est autre chose, doit &#234;tre autre chose, une combinaison entre une certaine fiction et des r&#233;alit&#233;s construites autour de consensus, la r&#233;alit&#233; de ceux qui la vivent&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='S. KERNEIS, &#171; Les mots du droit. Arch&#233;ologie du discours juridique &#187;, in (...)' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La repr&#233;sentation du droit est &#224; l'image des hommes qui le fabriquent, diverse car il est bien vrai qu'il y a plus de choses dans les vastes champs de la pratique que quelques juristes ne veulent parfois l'imaginer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Soazick Kerneis &lt;a href=&quot;#&quot; title=&quot;soazick.kerneis..&#229;t..orange.fr&quot; onclick=&quot;location.href=http://www.cliothemis.com/lancerlien('soazick.kerneis','orange.fr'); return false;&quot; class='spip_mail'&gt;soazick.kerneis&lt;span class='spancrypt'&gt; &lt;/span&gt;orange.fr&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
Paris Ouest &#8211; Nanterre&lt;br&gt;
Centre d'Histoire et d'Anthropologie du Droit (CHAD-EA 4417)&#8195;&lt;/p&gt; &lt;hr&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;ANNEXE&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;1 - Pomponius Mela, &lt;i&gt;De Chorographia &lt;/i&gt;(&#233;d. A. SILBERMAN, Paris, 2003, p. 71-72) 3, 2, 18 : &lt;i&gt;Gentes superbae superstitiosae aliquando etiam immanes adeo, ut hominem optimam et gratissimam diis uictimam crederent. Manent uestigia feritatis iam abolitae, atque ut ab ultimis caedibus temperant, ita nihilominus, ubi deuotos altaribus admouere, delibant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2 &#8211; Les pri&#232;res judicaires&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_76 spip_documents spip_documents_center' &gt;&lt;img src='http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L473xH650/Image_Kerneis-2-ff62d.jpg' width='473' height='650' alt=&quot;&quot; style='height:650px;width:473px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;TOMLIN R.S.,&#8221;&lt;i&gt;The Curse Tablets&lt;/i&gt;&#8221;, in B. CUNLIFFE (&#233;d.), &lt;i&gt;The Temple of Sulis Minerva at Bath&lt;/i&gt; vol. 2 : &lt;i&gt;The Finds from the Sacred Springs &lt;/i&gt;(Oxford University Committee for Archaeology Monograph 16, Oxford 1998), p. 159-277. R.S.O. TOMLIN, &#171; &lt;i&gt;Votive objects : the inscribed lead tablets &#187;, in&lt;/i&gt; A. WOODWARD &amp; P. LEACH, &lt;i&gt;The Uley Shrines : Excavation of a ritual complex on West Hill, Uley 1977-1979&lt;/i&gt;, Londres, 1993, p. 113-130.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Concordia&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab. Uley 72&lt;/u&gt; : &lt;i&gt;Deo sancto Mercurio Honoratus/conqueror numini tuo me per/didisse rotas duas et vaccas quat/tuor et resculas plurimas de/hospitiolo meo/roguaverim genium numinis tui ut ei qui mihi /fraudem/fecerit sanitatem(manque : tolleat) et non per/mittas nec iacere nec sedere nec/bibere nec manducare si baro/si mulier si puella si servus/si liber nisi meam rem ad me/pertulerit et meam concordiam/hanuerit itratis precibus ro/go numen tuum ut petitio mea/statim pareat me vindica/tum esse a maiestate tua&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au chaudron, eau et sang&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab.Sul. 4&lt;/u&gt; (capitales) : &lt;i&gt;Qu(i) mihi Vilbiam in(v)olavit/Sic liquat com&lt;c&gt; aqua/(Ataeli ) m(ihi) qui eam (invol)avit/Velvinna Exupereus/Verianus Severinus/Agustalis Comitianus/Minianus Catus/Germanill(a) Jovina&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab.Sul. 31&lt;/u&gt; ( cursive ancienne) : &lt;i&gt;Si cus (=quis) vome/rem Civilis/involavit/ut aini(o) conce/suua in tem/plo deponat/(c)o(m) vom/(erem) (.......)/(.. si se)rvus/si liber si li/bertinus (..)/in annio/finem faci/(e)m &lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab.Sul. 44&lt;/u&gt; (cursive ancienne) : (avers)(courte lacune : le nom ?) &lt;i&gt;dono si mul(ier) si/baro si servus si lib/er si puer si puel/la eum latr(on)/em qui rem ipsa/m involavi(t) d/eus (i)nveniat&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
(revers) &lt;i&gt;ain(o me)um qui levavit (e)xc/on(v)ic(tu)s s(i)t templo Sulis/dono si mulier si baro si ser/vus si liber si pure (=puer) si puella/et qui hoc fecerit san/guem suum in ipsmu (=ipsum) aen/um fundat&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab. Brandon (Norfolk)&lt;/u&gt; (cursive nouvelle) : &lt;i&gt;sera duas oris duas /si servus, si ancilla si libertus si/liberta si mulier/si baro popia ferr/ea enec ( ?) furtum fece/rit domino Neptuno/corulo parentatur&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab.Sul. 40&lt;/u&gt; : &lt;i&gt;Qui Calamae ea / negat, sanguine / (suo) in eniio / deticat&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab.Sul 98&lt;/u&gt; (en cursive nouvelle, plaquette plus &#233;paisse, non roul&#233;e) : &lt;i&gt;Seu gentilis seu c/h(r)istianus quaecumque utrum vir/(u)trum mulier utrum puer utrum puella/utrum s(er)vus utrum liber mihi annia(n)/o ma&lt;n&gt;tutene de bursa mea s(e)x argente(o)s/furaverit tu d(o)mina dea ab ipso perexi(g)/e(s eo)s si mihi per (f)raudem aliquam inde /pregustum dederit nec sic ipsi dona sed ut sangu/inem suum (r)eputes qui mihi hoc inrogaverit&lt;/i&gt; (au revers, une liste de 14 noms, les voleurs possibles)&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.cliothemis.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;u&gt;Tab.Sul. 37&lt;/u&gt; (cursive ancienne) : (avers&lt;i&gt;) illorum anima /lassetur (=laxetur)/ Titumus Sedileubi /(filius) Sediacus / aque sanum. (revers) Exsibuus/Lothuius/Masc(e)ntius/Aesibuas/Petiacus&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale par L. TESTOT, &lt;i&gt;Histoire globale. Un autre regard sur le monde&lt;/i&gt;, Sciences Humaines Editions, 2008. Mise en &#339;uvre de la m&#233;thode pour tenter de comprendre pourquoi l'Europe fut le berceau de la r&#233;volution industrielle et pas la Chine, par K. POMERANZ, &lt;i&gt;Une grande divergence. La Chine, l'Europe et la construction de l'&#233;conomie mondiale&lt;/i&gt;, Biblioth&#232;que de l'&#233;volution de l'humanit&#233;, 2010, cr. C. Judde de Larivi&#232;re, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du vendredi 2 avril 2010, p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la dimension anthropologique de l'&#233;tude du conflit, les diff&#233;rentes typologies des modes de r&#233;solution des conflits, L. ASSIER-ANDRIEU, &lt;i&gt;Le droit dans les soci&#233;t&#233;s humaines&lt;/i&gt;, Paris, 1996, p. 163-249.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D&#233;finitions donn&#233;es par le &lt;i&gt;Dictionnaire encyclop&#233;dique de th&#233;orie et de sociologie du droit&lt;/i&gt;, dir. A.-J. ARNAUD &amp; alii, Paris, 1993, notice de Andr&#233;-Jean Arnaud et Jean-Pierre Bonaf&#233;-Schmitt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Essor reconnu par les Nations Unies dans un rapport du Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de 2004 sur le R&#233;tablissement de l'&#233;tat de droit et administration de la justice pendant la p&#233;riode de transition dans les soci&#233;t&#233;s en proie &#224; un conflit ou sortant d'un conflit. Voir rapport S/2004/616 du 23 ao&#251;t 2004, &lt;a href='http://www.un.org/unowa/unowa/scdocs/screports.htm' class='spip_out'&gt;http://www.un.org/unowa/unowa/scdoc...&lt;/a&gt;. Sur la justice transitionnelle, il faut aller sur le site de l'ICTJ, &lt;i&gt;International Center for Transitional Justice&lt;/i&gt; &lt;a href='http://www.ictj.org/en/index.html' class='spip_out'&gt;http://www.ictj.org/en/index.html&lt;/a&gt;. Nous remercions notre ami Olivier Bercault pour ses conseils sur cette question. Depuis 1983, plus de trente commissions de v&#233;rit&#233; ont &#233;t&#233; mises en place &#224; travers le monde. C'est sans doute dans les soci&#233;t&#233;s multiculturelles du Commonwealth qu'elles ont trouv&#233; leur plus belle expression avec notamment la c&#233;l&#232;bre &quot;&lt;i&gt;Truth and Reconcilation Commission&lt;/i&gt;&quot; cr&#233;&#233;e en 1993 (ou 1995) en Afrique du Sud. M. PIQUET, J.-C. REDONNET &amp; F. TOLRON,&lt;i&gt; L'id&#233;e de r&#233;conciliation dans les soci&#233;t&#233;s multiculturelles du Commonwealth. L'exemple de l'Afrique du Sud, de l'Australie, du Canada et de la Nouvelle-Z&#233;lande dans les ann&#233;es 1990&lt;/i&gt;, Paris, 2002. A. SPARKS,&lt;i&gt; Tomorrow is Another Country : the Inside Story of South Africa's Road to Change&lt;/i&gt;, Chicago : University of Chicago Press, 1996. R. WILSON, &lt;i&gt;The Politics of Truth and Reconciliation in South Africa&lt;/i&gt;, Cambridge University Press, 2001&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur ces critiques, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Dictionnaire encyclop&#233;dique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur les difficult&#233;s du mod&#232;le juridique fran&#231;ais &#224; supporter la concurrence des syst&#232;mes anglo-saxons, L. ASSIER-ANDRIEU, &lt;i&gt;L'autorit&#233; du pass&#233;. Essai anthropologique sur la Common Law&lt;/i&gt;, Paris, 2011 souligne le rapport diff&#233;rent des traditions juridiques au pass&#233;, l'enracinement dans le temps de la culture anglo-saxonne facilitant son pouvoir de conqu&#234;te : &#171; c'est en Common Law la d&#233;f&#233;rence qu'entretient le droit envers son propre pass&#233; qui assure non seulement sa capacit&#233; de perdurer mais surtout sa facult&#233; de se renouveler &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;N. ROULAND, &lt;i&gt;Aux confins du droit&lt;/i&gt;, Paris, 1991, p. 104. &lt;i&gt;Sur l'exp&#233;rience nord-am&#233;ricaine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Dictionnaire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;. p. 15-17 (Chr. Harrington et A.-J. Arnaud).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. JACCOUD, &#171; Introduction &#187; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; M. JACCOUD &#233;d., &lt;i&gt;Justice r&#233;paratrice et m&#233;diation p&#233;nale. Convergences ou divergences&lt;/i&gt;, Paris, 2005, p. 8 ; sur les &#233;checs des pratiques p&#233;nales au Canada vis-&#224;-vis des autochtones, B. P. ARCHIBALD, &#171; La justice restaurative : conditions et fondements d'une transformation d&#233;mocratique en droit p&#233;nal &#187;, &lt;i&gt;in Justice r&#233;paratrice&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;p. 126-129. M. JACCOUD, &#171; La justice p&#233;nale et les autochtones : d'une justice impos&#233;e au transfert de pouvoirs &#187;, &lt;i&gt;Revue canadienne Droit et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, 2002, vol 17, n&#176;2, p. 107-121.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;P. LABURTHE-TOLRA, &lt;i&gt;Ethnologie. Anthropologie&lt;/i&gt;, Paris, 1993, p. 134, notamment Durkheim &#233;voquant la dimension &#171; normale &#187; et non &#171; pathologique &#187; du conflit. A propos des Nuer, M. GLUCKMAN, &#171; The peace in the feud &#187;, &lt;i&gt;Past and present&lt;/i&gt; 1955, 8, p. 1-14.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. FAGET, &#171; L'institutionnalisation de la m&#233;diation : r&#233;flexion &#224; partir de l'exemple fran&#231;ais &#187;, &lt;i&gt;in Justice r&#233;paratrice&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;p. 228.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;BONAF&#201;-SCHMITT, &#171; Justice r&#233;paratrice et m&#233;diation p&#233;nale : vers de nouveaux mod&#232;les de r&#233;gulation sociale ? &#187;, in JACCOUD &#233;d., Justice r&#233;paratrice, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 39 souligne l'utilisation de la m&#233;diation par les groupes religieux, le r&#244;le dans les pays anglo-saxons des M&#233;nnonites et des Quakers dans le d&#233;veloppement du mouvement de Victim-Offender Mediation. Selon l'auteur, il faudrait aussi &#233;voquer pour la France le r&#244;le jou&#233; par la Conf&#233;d&#233;ration Fran&#231;aise des Travailleurs Chr&#233;tiens, seule conf&#233;d&#233;ration syndicale ouvri&#232;re &#224; avoir organis&#233; un colloque sur la m&#233;diation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;N. ROULAND, &lt;i&gt;Aux confins du droit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 104.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur l'adaptation de pratiques traditionnelles dans les syst&#232;mes judiciaires d'Australie, d'Am&#233;rique du Nord ou d'Europe, &#171; Qu'est-ce que la justice r&#233;paratrice &#187;, &lt;i&gt;Centre pour la justice et la r&#233;conciliation &#8211; Fraternit&#233; internationale des prisons&lt;/i&gt; mai 2005, p. 1-4 (&lt;i&gt;&lt;a href='http://www.pfi.org/cjr/restorative-justice/introduction-to...justice-practice.../file' class='spip_out'&gt;www.pfi.org/cjr/restorative-justice...&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). B. P. ARCHIBALD, &#171; La justice restaurative : conditions et fondements d'une transformation d&#233;mocratique en droit p&#233;nal &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 127-128 souligne l'int&#233;gration de la pratique autochtone du &#171; cercle de gu&#233;rison &#187; dans le syst&#232;me de justice p&#233;nale canadien par certains juges de premi&#232;re instance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans le titre que consacre Xavier Lagarde &#224; &#171; L'exportation du mod&#232;le vers les MARL et l'arbitrage &#187; dans le Pr&#233;cis Dalloz &lt;i&gt;Droit processuel. Droit commun et droit compar&#233; du proc&#232;s &#233;quitable&lt;/i&gt;, Paris, 2009, p. 1181-1288, on lit : &#171; L'existence des modes alternatifs de r&#232;glement des diff&#233;rends et des proc&#233;dures d'arbitrage n'est pas une nouveaut&#233;. C'est un ph&#233;nom&#232;ne &#224; &#233;clipses ; certaines p&#233;riodes sont favorables, d'autres non. La pr&#233;sente p&#233;riode est favorable et l'on assiste &#224; une indiscutable promotion , en France et ailleurs, de ces dispositifs. La Commission sur la r&#233;partition des contentieux, pr&#233;sid&#233;e par le recteur Guinchard, a d'ailleurs pr&#233;conis&#233; dans son rapport rendu le 30 juin 2008, un nouveau d&#233;veloppement des modes alternatifs de r&#232;glement des litiges, tant en mati&#232;re civile que p&#233;nale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur ce paragraphe, P. ANCEL, G. BLANC, M. COTTIN, O. GOUT, X. HAUBRY, L. LAWSON-BODY, J.-L. POURRET, M.-Cl. RIVIER, I. SAYN, &#171; Les Modes Alternatifs de r&#232;glement des conflits : un objet nouveau dans le discours des juristes fran&#231;ais ? &#187;, &lt;a href='http://dossier.univ-st-etienne.fr/cercrid/www/rapports/mod-alternatifs.htm&amp;nbsp' class='spip_out'&gt;http://dossier.univ-st-etienne.fr/c...&lt;/a&gt; ; : Recherche effectu&#233;e avec le soutien du GIP, ,mission de recherche Droit et Justice, mai 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Principes Ali/Unidroit de proc&#233;dure civile transnationale, &lt;i&gt;Rev. dr. unif. &lt;/i&gt;2004-4. 783. (&lt;a href='http://www.unidroit.org/french/.../ali-unidroitprinciples-f.pdf' class='spip_out'&gt;www.unidroit.org/french/.../ali-uni...&lt;/a&gt;&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Annexe &#224; la Recommandation N&#176;R (99) 19 adopt&#233;e par le Comit&#233; des Ministres du Conseil de l'Europe le 15 septembre 1999 (&lt;a href='http://www.coe.int/t/dghl/standardsetting/family/...en.../Rec_99_19%20F.pdf' class='spip_out'&gt;www.coe.int/t/dghl/standardsetting/...&lt;/a&gt;&lt;i&gt;) &lt;/i&gt; : 6 - &#171; La l&#233;gislation devrait faciliter la m&#233;diation en mati&#232;re p&#233;nale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; La m&#233;diation entre auteurs et victimes dans le cadre de la loi du 22 juin 2005 &#187;, diffus&#233; par M&#233;diante : &lt;i&gt;Forum pour une justice restauratrice et pour la m&#233;diation a.s.b.l.&lt;/i&gt;, p. 1-9 (&lt;a href='http://www.mediante.be/documentation/loi__du_22_juin_2005.pdf' class='spip_out'&gt;www.mediante.be/documentation/loi__...&lt;/a&gt;&lt;i&gt;)&lt;/i&gt;. Sur &#171; les difficult&#233;s du dialogue en mati&#232;re p&#233;nale &#187;, LAGARDE, &lt;i&gt;Droit processuel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 1157-1162 qui pr&#233;cise (p. 1161) le &#171; plaider-coupable &#187; &#171; s'inscrit dans la continuit&#233; de la composition p&#233;nale (m&#234;mes d&#233;lits), la diff&#233;rence essentielle tenant &#224; ce que dans le &#171; plaider coupable &#187;, il s'agit de &#171; vraies &#187; peines, pas de mesures accessoires &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. CARBONNIER, &#171; Regard d'ensemble sur la codification de la proc&#233;dure civile &#187;, in &lt;i&gt;Le nouveau Code de proc&#233;dure civile, vingt ans apr&#232;s&lt;/i&gt;, La Documentation Fran&#231;aise, 1998, p. 15.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans l'expos&#233; des motifs &#224; la Recommandation N&#176;R (99) 19 adopt&#233;e par le Comit&#233; des Ministres du Conseil de l'Europe le 15 septembre 1999, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 9.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh21' id='nb21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;BONAF&#201;-SCHMITT, &#171; Justice r&#233;paratrice et m&#233;diation p&#233;nale &#187;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 23.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh22' id='nb22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Comme le fait par exemple, B. LEMESLE, &lt;i&gt;Conflits et justice au Moyen Age. Normes, loi et r&#233;solution des conflits en Anjou aux XI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, 2008, p. 5-6 reconnaissant ce que sa recherche doit &#224; l'anthropologie : &#171; Le mod&#232;le du r&#232;glement des conflits introduit par l'anthropologie juridique dans les ann&#233;es 1980 a pour principal int&#233;r&#234;t d'avoir oblig&#233; &#224; penser autrement les conflits&#8230;il aura fallu le d&#233;tour par l'anthropologie africaniste, en France tout au moins, pour lire autrement les conflits et pour que l'on cesse de plaquer sur eux les sch&#232;mes des si&#232;cles post&#233;rieurs o&#249; l'Etat se construit et o&#249; la justice devient savante &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh23' id='nb23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;N. CASTAN &lt;i&gt;Justice et r&#233;pression en Languedoc &#233;poque des Lumi&#232;res&lt;/i&gt;, Paris 1980 ; Id.&lt;i&gt;Les criminels de Languedoc&lt;/i&gt;, Toulouse 1980.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh24' id='nb24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Il est &#233;videmment impossible de recenser la bibliographie ici. Citons notamment P. GEARY, &#171; Vivre en conflit dans une France sans Etat : typologie des m&#233;canismes de r&#232;glement des conflits (1050-1200) &#187;, &lt;i&gt;Annales ESC&lt;/i&gt; 1986, p. 1107-1133. Beno&#238;t GARNOT (ed.), &lt;i&gt;L'Infrajudiciaire du Moyen-&#194;ge &#224; l'&#233;poque contemporaine : Actes du colloque de Dijon 5-6 Octobre 1995&lt;/i&gt; (Publications de l'Universit&#233; de Bourgogne, 81 : S&#233;rie du Centre d'&#201;tudes Historiques, 5), Dijon, &#201;ditions Universit&#233; de Dijon, 1996&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh25' id='nb25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;ROULAND, &lt;i&gt;Aux confins du droit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 305. LEMESLE, &lt;i&gt;Conflits&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 10 citant notamment C. GAUVARD, A. BOUREAU &amp; R. JACOB, &#171; Les normes. Normes, droit, rituels et pouvoirs &#187;, in J.-C. SCHMITT &amp; G. OEXLE (dir.), &lt;i&gt;Les tendances actuelles de l'histoire au Moyen-Age en France et en Allemagne&lt;/i&gt;, Paris, 2002, p. 461-482.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh26' id='nb26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour les tablettes de Vindolanda, A.K. BOWMAN &amp; J.D. THOMAS (edd.), &lt;i&gt;Vindolanda : The latin Writing-Tablets&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Tabulae Vindolandenses I&lt;/i&gt;) (Britannia Monographs 4), British Museum Press, Londres, 1983 ; Id. &lt;i&gt;The Vindolanda Writing-Tablets (Tabulae Vindolandenses II&lt;/i&gt;), Londres, 1994 ; id. (with contributions by John Pearce), &lt;i&gt;The Vindolanda Writing-Tablets (Tabulae Vindolandenses III&lt;/i&gt;), Londres, 2003. Un site &#233;lectronique leur est consacr&#233; qui permet de les consulter, de les visualiser en ligne gr&#226;ce au remarquable travail photographique d'Alison Rutherford avec analyse pal&#233;ographique, traduction et commentaire : &lt;a href='http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/tablets' class='spip_out'&gt;http://vindolanda.csad.ox.ac.uk/tablets&lt;/a&gt;. Les tablettes de Bath font l'objet d'une publication, par R.S.O. TOMLIN, &#171; The Curse tablets &#187; in B. CUNLIFFE (&#233;d.), &lt;i&gt;The Temple of Sulis Minerva at Bath&lt;/i&gt;, vol. 2 : &lt;i&gt;The Finds from the Sacred Spring&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Oxford Committe for Archaeology Monograph&lt;/i&gt; 16, Oxford, 1988. L'autre lieu important de d&#233;couverte des tablettes est Uley ; leur publication a &#233;t&#233; assur&#233;e par R.S.O. TOMLIN, &#171; &lt;i&gt;Votive objects : the inscribed lead tablets &#187;, in&lt;/i&gt; A. WOODWARD &amp; P. LEACH, &lt;i&gt;The Uley Shrines : Excavation of a ritual complex on West Hill, Uley 1977-1979&lt;/i&gt;, Londres, 1993, p. 113-130. On peut aussi consulter le site du &lt;i&gt;Center for the Study of Ancient Documents &lt;/i&gt;publi&#233; avec le concours de la &lt;i&gt;Society for the Promotion of Roman Studies&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Curse Tablets of Roman Britain&lt;/i&gt; (&lt;a href='http://curses.csad.ox.ac.uk/' class='spip_out'&gt;http://curses.csad.ox.ac.uk/&lt;/a&gt; qui donne quelques unes des tablettes en ligne et expose leur contexte arch&#233;ologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh27' id='nb27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Rares &#233;tudes sur l'int&#233;r&#234;t de ces tablettes pour l'histoire du droit, M. Peachin, &#171; &lt;i&gt;Five Vindolanda Tablets, Soldiers and the Law &lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Tyche&lt;/i&gt; 14, 1999, p. 223-235 qui conclut &#224; l'absence d'organisation de l'administration de la justice dans l'arm&#233;e ; si la pr&#233;sence militaire suscite le contentieux, aucune r&#232;gle n'encadrerait les d&#233;cisions prises par les diff&#233;rentes autorit&#233;s ; de m&#234;me qu'il n'y a pas de &#171; grande strat&#233;gie &#187;, l'arm&#233;e ferait preuve de pragmatisme dans ses fonctions judiciaires. Nous pensons qu'il est difficile d'imaginer les autorit&#233;s militaires locales agissant en toute libert&#233; de leur propre chef&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh28' id='nb28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;S. KERNEIS,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;Le clos blanc&lt;/i&gt;. L'arm&#233;e romaine et les d&#233;buts de la proc&#233;dure extraordinaire &#187;,&lt;i&gt; El ejercito, la paz y la guerra&lt;/i&gt;, &#233;ds J.X. de los Mozos Touya &amp; I.S. Leon-Borja, 2009,Valladolid , p. 65-90.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh29' id='nb29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt; Nous renvoyons ici &#224; notre article, S. KERNEIS, &#171; La question enchant&#233;e. Les jugements des dieux dans l'&#238;le de Bretagne (II&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-IV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle), &lt;i&gt;RHDFE&lt;/i&gt; 88, 4, 2010, p. 483-498.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh30' id='nb30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt; En 44, Pomponius Mela, &lt;i&gt;De Chorographia &lt;/i&gt;(cf annexe 1), apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; la cruaut&#233; des anciens Gaulois, souligne que la pratique est de son temps r&#233;volue. Pour autant, il nuance son affirmation : &#171; il reste des traces de ces m&#339;urs sauvages maintenant abolies et s'ils s'abstiennent de perp&#233;trer d'ultimes massacres, quand ils conduisent aux autels ceux qui sont d&#233;vou&#233;s (&lt;i&gt;devoti&lt;/i&gt;), ils pr&#233;l&#232;vent un peu de liquide en offrande (&lt;i&gt;delibere&lt;/i&gt;) &#187;. &#171; &lt;i&gt;In anio finem facere&lt;/i&gt; &#187;, c'est au chaudron que le proc&#232;s prendra fin. Ici, il ne s'agit pas de l'ordalie du chaudron telle que nous la connaissons pour des &#233;poques post&#233;rieures. Les tablettes y insistent &#224; plusieurs reprises, dans ce chaudron doit couler le sang &#171; &lt;i&gt;sanguine suo in aenio &lt;/i&gt; &#187;, le sang du suspect ou de celui qui est accus&#233;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;de fausse accusation. C'est ensuite au pr&#234;tre de lire le jugement du dieu &#224; partir du jet de baguettes (cf annexe 2).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh31' id='nb31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Domaine g&#233;ographique illustr&#233; notamment par H.S. VERSNEL, &lt;i&gt;Prayers for Justice, East and West : new finds and publications since 1990&lt;/i&gt;, in R.L. GORDON &#8211; F. MARCO SIM&#211;N, &lt;i&gt;Magical Practice in the Latin West&lt;/i&gt;. Papers from the International Conference held at the University of Zaragoza 30 sept.-1oct. 2005, Leiden-Boston 2010, pp. 275-354 qui souligne leur raret&#233; en Italie et dans la r&#233;gion du Danube, leur faible nombre en Gaule et dans le Nord de l'Afrique, en Germanie, mis &#224; part le cas de Mayence, l'importance du mat&#233;riel dans l'&#238;le de Bretagne. Assur&#233;ment, ces variations m&#233;riteraient d'&#234;tre &#233;tudi&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh32' id='nb32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur cette comparaison, R. TOMLIN, &lt;i&gt;Cursing a Thief in Iberia and Britain&lt;/i&gt;, in GORDON &#8211; MARCO SIM&#211;N, &lt;i&gt;Magical Practice&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt; p. 247 qui rel&#232;ve les concordances, tout en notant la libert&#233; que peuvent prendre les demandeurs dans la r&#233;daction de la plainte. J. BL&#196;NSDORF, &lt;i&gt;The &lt;/i&gt;defixiones&lt;i&gt; from the sanctuary of Isis and &lt;/i&gt;Mater Magna&lt;i&gt; in Mainz&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;Magical Practice&lt;/i&gt;, cit. p. 146-147 constate que la r&#233;currence de formules types n'emp&#234;che pas le r&#233;dacteur d'user d'expressions qui lui sont propres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh33' id='nb33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;TOMLIN, &lt;i&gt;Cursing&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;. p. 249 : &#8220;the language is not magical but bureaucratic or quasi-legal&#8221; ; ainsi pour la formule &#8220;&lt;i&gt;eas res quae infra scriptae sunt&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh34' id='nb34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la terminologie juridique, parall&#232;le avec D.R. JORDAN, &lt;i&gt;Une pri&#232;re de vengeance sur une tablette de plomb &#224; D&#233;los&lt;/i&gt;, in &#171; RA &#187; 2002, pp. 55-60 cit&#233; par Versnel, &lt;i&gt;Prayers&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 339, n. 175. BL&#196;NSDORF, &lt;i&gt;The &lt;/i&gt;defixiones, in &lt;i&gt;Magical Practice&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 155 et 162 rel&#232;ve l'emploi de &lt;i&gt;dolus malus&lt;/i&gt; dans les tablettes de Mayence (ex : inv., no. 28, 27) et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale la pr&#233;dominance du langage juridique sur le vocabulaire religieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh35' id='nb35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le caract&#232;re juridique de la formule a &#233;t&#233; soulign&#233; notamment par TOMLIN, &lt;i&gt;Finds from the Sacred Spring&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;, p. 66 donnant les termes &lt;i&gt;petitio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;iterates precibus&lt;/i&gt;. Sur le &#171; latin &#187; vulgaire, l'apparition de nouveaux concepts juridiques et les nombreux parall&#232;les qui peuvent &#234;tre faits entre les tablettes de Bretagne et les lois barbares germaniques, J.N. ADAMS, &lt;i&gt;British Latin : The Text, Interpretation and Language of the Bath Curse Tablets&lt;/i&gt;, in &#171; &lt;i&gt;Britannia&lt;/i&gt; &#187;, 23(1992), pp. 1-26. Sur l'importance de la p&#233;tition comme mod&#232;le structurant dans l'Empire, le parall&#232;le qui peut &#234;tre fait entre la p&#233;tition adress&#233;e aux diff&#233;rentes autorit&#233;s administratives et celles formul&#233;es &#224; l'endroit des divinit&#233;s, VERSNEL, &lt;i&gt;Beyond Cursing&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;., pp. 60-106 et GORDON &amp; MARCO SIM&#211;N, &lt;i&gt;Introduction&lt;/i&gt;, &lt;i&gt; op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 24-25.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh36' id='nb36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;VERSNEL, &lt;i&gt;Prayers&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;., p. 300 : &#8220;Given that the idea of offering a &lt;i&gt;hostia/victim &lt;/i&gt;to a deity is formulaic, it is perfectly possible that different principals had different practices, or different interpretations of similar practices&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh37' id='nb37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf cependant l'opinion de D. OGDEN, &lt;i&gt;Binding Spells : Curse Tablets and Voodoo Dolls in the Greek and Roman Worlds&lt;/i&gt;, in B. ANKARLOO &amp; S. CLARK (&#233;ds), &lt;i&gt;Witchcraft and Magic in Europe&lt;/i&gt;, vol. 2, V. FLINT, R. GORDON, G. LUCK &amp; D. OGDEN, &lt;i&gt;Ancient Greece and Rome&lt;/i&gt;, Londres, 1999, p. 39 : &#8220;many of the prayers for justice seem to have more in common with ordinary pious religious practice than magic&#8221;, cit&#233; par Versnel, &lt;i&gt;Prayers&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;., p. 327 qui l'approuve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh38' id='nb38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C'est la m&#233;thode que pr&#244;ne notamment Henri L&#201;VY-BRUHL, &lt;i&gt;Quelques probl&#232;mes du tr&#232;s ancien droit romain&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(essai de solutions sociologiques)&lt;/i&gt;, 1934.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh39' id='nb39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.G. FRAZER, &lt;i&gt;La t&#226;che de Psych&#233;. De l'influence de la superstition sur le d&#233;veloppement des institutions&lt;/i&gt;, Paris 1914, p. 61-62.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh40' id='nb40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C. BAROIN, &#171; Un mode extr&#234;me de r&#233;solution des conflits chez les Rwa (Tanzanie), in R. VERDIER &amp; S. KERNEIS (dir.), &lt;i&gt;Puissances de la Nature - Justices de l'Invisible : du mal&#233;fice &#224; l'ordalie, de la magie &#224; sa sanction&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Colloque pluridisciplinaire Universit&#233; Paris-Ouest, 2 d&#233;cembre 2010&lt;/i&gt;, Paris, 2012.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh41' id='nb41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;S. KERNEIS, &#171; Les mots du droit. Arch&#233;ologie du discours juridique &#187;, in &lt;i&gt;Vertiges du droit. M&#233;langes franco-hell&#233;niques &#224; la m&#233;moire de Jacques Phytilis&lt;/i&gt;, Paris, 2011, p.125-140.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment forger une identit&#233; nationale ? La culture juridique fran&#231;aise vue par la doctrine civiliste au tournant des XIXe et XXe si&#232;cles</title>
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		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



		<description>R&#233;sum&#233; [*] : Le but de cette &#233;tude est de montrer, &#224; travers l'exemple des g&#233;n&#233;rations de civilistes fran&#231;ais qui se succ&#232;dent de la III&#232;me &#224; la IV&#232;me R&#233;publique, combien les cat&#233;gories de notre histoire juridique nationale sont moins des donn&#233;es neutres et objectives que des constructions &#233;labor&#233;es dans des contextes particuliers. Lorsqu'en effet ces derniers parlent de culture juridique, c'est pour d&#233;finir leur propre approche du droit et non pas pour forger les outils susceptibles de permettre la (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-_2A' class='spip_note' rel='footnote' title='Le pr&#233;sent travail prend pour objet principal la doctrine civiliste (...)' id='nh1-_2A'&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; : Le but de cette &#233;tude est de montrer, &#224; travers l'exemple des g&#233;n&#233;rations de civilistes fran&#231;ais qui se succ&#232;dent de la III&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; &#224; la IV&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; R&#233;publique, combien les cat&#233;gories de notre histoire juridique nationale sont moins des donn&#233;es neutres et objectives que des constructions &#233;labor&#233;es dans des contextes particuliers. Lorsqu'en effet ces derniers parlent de culture juridique, c'est pour d&#233;finir leur propre approche du droit et non pas pour forger les outils susceptibles de permettre la compr&#233;hension des autres cultures juridiques. Dans cette approche du droit, on glisse insensiblement de la m&#233;thode et du style au fond, afin de mettre en exergue un crit&#232;re id&#233;ologique : l'esprit de justice, con&#231;u pour l'essentiel contre le positivisme et en conformit&#233; avec la tradition lib&#233;rale de sauvegarde de l'individu qu'incarnerait, par opposition &#224; l'esprit allemand, l'esprit fran&#231;ais. La culture juridique que fa&#231;onnent ces juristes est donc moins un constat que le vecteur d'une certaine id&#233;ologie, dont on cherche &#224; affirmer la l&#233;gitimit&#233; et la force en la rattachant &#224; une tradition nationale qui, &#224; bien des &#233;gards, n'est au fond elle-m&#234;me qu'une construction doctrinale. Parce qu'elle n'est qu'une construction, cette culture juridique fran&#231;aise se montre parfois indiff&#233;rente &#224; la r&#233;alit&#233; juridique, en exag&#233;rant des oppositions entre ordres juridiques dont l'histoire compar&#233;e des droits montre les limites ou, pire encore, &#224; la r&#233;alit&#233; historique, comme le montre, apr&#232;s la Lib&#233;ration, le silence prudent gard&#233; par la plupart sur le droit vichyste. Quoi qu'il en soit, cette construction l&#233;gu&#233;e aux juristes de la seconde moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. est celle d'un lib&#233;ralisme &#224; la fran&#231;aise, qui ne n&#233;glige pas absolument le point de vue social mais choisit de placer l'individu au c&#339;ur des repr&#233;sentations du droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots clefs : Culture ; lib&#233;ralisme ; race ; Allemagne ; Code civil :
Association Henri Capitant&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : The purpose of this study is to show that the categories of our national legal history are fewer neutral and objective data than constructions, elaborated in particular contexts, and that when the French leading civilistes (1890-1950) speaks about legal culture, it is to define their own approach of the law and not to forge tools susceptible to allow the understanding of the other legal cultures. The legal culture which shape these jurists is thus less a report, a result, than the vector of a certain ideology, the legitimacy and the strength of which they try to assert by connecting it with a national tradition which, in many respects, is in fact itself only a doctrinal construction. This construction is widely indifferent to the legal and historic reality : it exaggerates the oppositions between national legal orders to let better believe that the real French legal tradition is the one which places the individual in the heart of the conception of law.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Key words : Culture ; Liberalism ; Germany ; French civil Code ; Henri
Captitant Association&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Une histoire du droit s'inscrivant exclusivement dans un cadre national n'est pertinente qu'&#224; la condition qu'elle s'attache &#224; des objets ayant eux-m&#234;mes un caract&#232;re proprement national. Mais, &#224; supposer v&#233;rifi&#233;e l'existence d'un tel objet, il convient encore de s'interroger sur son &#233;laboration. Le cas de l'objet &lt;i&gt;culture&lt;/i&gt; &lt;i&gt;juridique&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;aise&lt;/i&gt; est, &#224; cet &#233;gard, r&#233;v&#233;lateur. Pour ne pas c&#233;der &#224; l'illusion d'un nationalisme juridique, il est en effet n&#233;cessaire de recourir &#224; une histoire compar&#233;e des droits et de consid&#233;rer le discours des juristes sur cette culture dans sa dimension performative, dans la mesure o&#249; celle-ci, loin de s'imposer d'elle-m&#234;me, se cr&#233;e &#224; travers ce discours. Elle proc&#232;de d'une construction consciente, r&#233;fl&#233;chie, de la part des acteurs eux-m&#234;mes (la doctrine) et r&#233;pond &#224; une strat&#233;gie pr&#233;cise : labelliser ou disqualifier des m&#233;thodes (attitudes, techniques), des institutions ou concepts juridiques et les valeurs qu'elles peuvent v&#233;hiculer. Autrement dit, le choix consistant &#224; inscrire une histoire du droit dans un cadre national n'est ad&#233;quat que s'il s'accompagne d'une &lt;i&gt;mise&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224; distance &lt;/i&gt;du discours des juristes pour montrer combien et comment ce cadre est forg&#233; par les juristes eux-m&#234;mes, ce qui suppose la comparaison avec d'autres traditions nationales et, dans cette d&#233;marche, la prise en compte surtout des applications jurisprudentielles des institutions ou techniques pr&#233;sent&#233;es par ces derniers comme typiques (donc &lt;i&gt;clivantes&lt;/i&gt; par rapport aux autres traditions, comme le montrera rapidement l'exemple de l'engagement unilat&#233;ral) de leur culture.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. R&#233;fl&#233;chir &#224; la culture juridique nationale est donc, de ce point de vue, plut&#244;t congruent, m&#234;me si la notion est d&#233;licate &#224; manier. En effet, l'expression &lt;i&gt;culture&lt;/i&gt; &lt;i&gt;juridique&lt;/i&gt; est peu utilis&#233;e par les juristes de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. Quand elle l'est, elle signifie souvent la formation intellectuelle de l'individu, sa culture personnelle appr&#233;ci&#233;e dans un champ acad&#233;mique particulier : le droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple R. David, Les grands syst&#232;mes de droit contemporains, Paris, (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On parle en revanche plus volontiers de la &#171; conscience juridique d'un pays &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Josserand, &#171; Essai sur la propri&#233;t&#233; collective &#187;, Le Code civil 1804-1904. (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ou du &#171; sentiment juridique contemporain &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes et la r&#233;vision du Code civil &#187;, Le (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, de l'&lt;i&gt;esprit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;ais&lt;/i&gt; ou de la &lt;i&gt;tradition nationale&lt;/i&gt;. Si l'on excepte une occurrence chez Saleilles, o&#249; elle para&#238;t d&#233;signer les mani&#232;res de proc&#233;der sur le droit admises par la communaut&#233; des juristes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Les m&#233;thodes juridiques, Le&#231;ons faites au Coll&#232;ge libre des sciences sociales, (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, il faut en effet attendre la cr&#233;ation de l'Association H. Capitant, dont le but, indiqu&#233; par ses statuts, est &#171; d'&#233;tablir des relations r&#233;guli&#232;res &#187; entre juristes de quelque nationalit&#233; qu'ils soient d&#232;s lors qu'ils sont &#171; convaincus de la haute valeur de la culture juridique fran&#231;aise &#187;, et d'organiser p&#233;riodiquement des congr&#232;s portant essentiellement sur des questions de droit priv&#233;, dans le dessein avou&#233; de &#171; mettre en relief les m&#233;thodes juridiques fran&#231;aises et d'en faire appara&#238;tre la haute port&#233;e &#187; (art. 1), pour que l'expression s'emploie davantage&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple : J. Br&#232;the de la Gressaye et M. Laborde-Lacoste, Introduction (...)' id='nh1-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On pourrait dire que, d'embl&#233;e, elle prend alors au sens propre du terme une charge &lt;i&gt;pol&#233;mique&lt;/i&gt; : identifier, d&#233;fendre et promouvoir sur le march&#233; international du droit une certaine mani&#232;re de l'appr&#233;hender, dont d&#233;couleraient des r&#232;gles juridiques sp&#233;cifiques.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Il n'en reste pas moins que, si le &lt;i&gt;signifiant&lt;/i&gt; n'existe pas ou peu, le &lt;i&gt;signifi&#233;&lt;/i&gt; est bien pr&#233;sent. Parmi les diverses mani&#232;res de d&#233;finir la culture juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour d'autres d&#233;finitions encore, cf. le Dictionnaire de sociologie (...)' id='nh1-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; (ensemble des concepts &#233;labor&#233;s par les juristes pour rendre compte des r&#232;gles normatives et permettre leur g&#233;n&#233;ralisation ou leur int&#233;gration dans un syst&#232;me ordonn&#233; ; mani&#232;re partag&#233;e par la plupart des juristes de raisonner sur les r&#232;gles normatives pour l&#233;gitimer l'interpr&#233;tation / application qu'ils en font ; ensemble des valeurs et des pr&#233;suppos&#233;s partag&#233;s par la communaut&#233; des juristes), on retiendra ici l'id&#233;e de la culture juridique comme &lt;i&gt;legal&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ideology&lt;/i&gt;, parce que cette &#233;tude sera restreinte aux id&#233;es et aux influences des professionnels du droit, plus sp&#233;cialement de la doctrine, et dans la mesure o&#249; cette &lt;i&gt;legal&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ideology&lt;/i&gt; d&#233;signe les id&#233;es et les valeurs pr&#233;suppos&#233;es et mises en &#339;uvre par la doctrine juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-7' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Cotterrell, art. pr&#233;cit., p. 22. C'est au fond ce que l'Allemand C. Crome, (...)' id='nh1-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Or comme au XVI&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., au moment de l'&#233;laboration doctrinale d'un droit fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Il suffit, pour s'en convaincre, de se reporter aux multiples travaux de (...)' id='nh1-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, national (on peut dire en effet qu'il y a eu une premi&#232;re nationalisation du droit &#224; ce moment ; et c'est ainsi que la doctrine moderne per&#231;oit l'action de nos anciens jurisconsultes&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple : A. Colin et A. Capitant, Cours &#233;l&#233;mentaire, I, p. 31 : &#171; on (...)' id='nh1-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), la doctrine fran&#231;aise cherche, dans la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., &#224; caract&#233;riser &#224; nouveau son mod&#232;le juridique par rapport aux autres, anim&#233;e de la conviction qu'il doit reposer sur l'id&#233;e que les r&#232;gles juridiques sont essentiellement des r&#232;gles de conduite qui ne sont jamais que la traduction, sur le plan du droit, d'une certaine conception de la Justice. Si elle ne s'en souciait pas vraiment au XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., sans doute du fait de la codification (l'identit&#233; du droit fran&#231;ais allait de soi), la question devient plus cruciale &#224; partir du moment o&#249;, d&#232;s la fin du si&#232;cle, une partie des juristes fran&#231;ais commence &#224; s'int&#233;resser &#224; ce qui se passe ailleurs, notamment outre-Rhin et, ensuite, avec la Lib&#233;ration qui, en consommant la d&#233;faite allemande, est per&#231;ue comme la possibilit&#233; d'un regain d'influence fran&#231;aise.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Lorsque les civilistes fran&#231;ais parlent de &lt;i&gt;culture&lt;/i&gt; &lt;i&gt;juridique&lt;/i&gt;, c'est donc pour d&#233;finir leur propre approche du droit et non pas forger les outils susceptibles de permettre la compr&#233;hension des autres cultures juridiques, qui demeurent per&#231;ues &#224; partir des &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; de l'observateur, de la grille de lecture qu'il se donne ou dont il h&#233;rite. Elles ne sont pas saisies en elles-m&#234;mes et pour elles-m&#234;mes mais instrumentalis&#233;es pour servir de contrepoint permettant, pr&#233;cis&#233;ment, de mieux caract&#233;riser certaines habitudes comme &lt;i&gt;nationales&lt;/i&gt;, typiquement &lt;i&gt;fran&#231;aises&lt;/i&gt;. Les juristes, en caract&#233;risant eux-m&#234;mes comme culturelles certaines institutions, pratiques ou mani&#232;res de penser le droit et en assurant leur promotion par des repr&#233;sentants &#171; dignes&#8230; qualifi&#233;s, authentiques &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-10' class='spip_note' rel='footnote' title='A tout seigneur tout honneur : Charpentier, pr&#233;sident de l'Association H. (...)' id='nh1-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, pr&#233;cisent finalement les conditions dans lesquelles une repr&#233;sentation de l'ordre social prend une forme juridique. Or ces conditions sont &#233;minemment politiques et tributaires &#224; la fois de la tradition (mais la tradition est elle-m&#234;me le fruit d'un regard r&#233;trospectif, donc d'une construction) et du contexte&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-11' class='spip_note' rel='footnote' title='On fait sienne l'id&#233;e &#233;voqu&#233;e par M. Troper (Revue internationale de droit (...)' id='nh1-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Quoi qu'il en soit, cette approche de la culture juridique n'a donc rien d'anthropologique. Elle fonctionne selon un mode binaire qui consiste &#224; poser les cultures juridiques comme des r&#233;alit&#233;s &#233;trang&#232;res les unes aux autres pour mieux dire les sp&#233;cificit&#233;s nationales, dans une d&#233;marche &lt;i&gt;essentialiste&lt;/i&gt;. Bref, s'il s'agit parfois de comparer (car certains envisagent vraiment la m&#233;thode de la l&#233;gislation compar&#233;e comme l'art -plus que la science d'ailleurs- visant moins &#224; &lt;i&gt;dire&lt;/i&gt; la culture juridique nationale qu'&#224; mettre au jour les &#233;l&#233;ments communs aux diverses traditions nationales&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Telle est l'opinion d'Ed. Lambert, selon qui la l&#233;gislation compar&#233;e est (...)' id='nh1-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), il est rarement question d'ouvrir une culture &#224; une autre mais, plus souvent, de fermer, de verrouiller : l'objectif n'est pas tant d'acc&#233;der &#224; l'autre que de se mieux d&#233;finir soi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. D&#233;finir la culture juridique fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. De tous les crit&#232;res envisageables pour classer les droits nationaux&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. par exemple Arminjon, Nolde et Wolff, Trait&#233; de droit compar&#233;, Paris, (...)' id='nh1-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, donc pour les d&#233;finir, notre doctrine en retient deux. D'une part, un crit&#232;re physique, li&#233; &#224; la race. Conforme &#224; l'id&#233;ologie du moment (sous la III&#232;me R&#233;publique), ce crit&#232;re finit pourtant par &#234;tre abandonn&#233;, tant en raison du d&#233;veloppement des vis&#233;es universalistes (mouvements vers l'unification des droits) que de la volont&#233;, apr&#232;s la Lib&#233;ration, d'en finir avec l'emploi fatal qu'en fit la l&#233;gislation de l'Etat fran&#231;ais. D'autre part, des crit&#232;res d'ordre m&#233;thodologique (la mani&#232;re de raisonner, l'importance attach&#233;e &#224; des principes qui ne soient pas pour autant assimil&#233;s &#224; des abstractions&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Rares sont ceux qui conc&#232;dent la relativit&#233; de ces crit&#232;res et donc (...)' id='nh1-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) d&#233;finis en opposition &#224; ce qui, aux yeux de nos auteurs, constituait le c&#339;ur de la m&#233;thode de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, &lt;i&gt;i.-e&lt;/i&gt;. le culte servile rendu &#224; la loi&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-15' class='spip_note' rel='footnote' title='La critique est excessive. D'une part, on trouve, par exemple chez (...)' id='nh1-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Seuls ces derniers subsisteront apr&#232;s la Lib&#233;ration, comme le legs offert par ces deux g&#233;n&#233;rations de juristes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A. Flux et reflux : le crit&#232;re racial&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. Au commencement de la III&#232;me R&#233;publique, les enseignements tir&#233;s des recherches de l'Ecole historique se joignent aux pr&#233;suppos&#233;s colonialistes pour faire appara&#238;tre, aux yeux de nombreux juristes, le crit&#232;re racique comme d&#233;terminant. Cela dit, portant plus ou moins &#224; cons&#233;quences avant la Grande Guerre (il n'interdit pas le r&#234;ve d'uniformisation), discr&#233;dit&#233; par Vichy, il finit par &#234;tre abandonn&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. Pour la plupart de nos juristes, l'existence de cultures juridiques nationales est un fait, voire une n&#233;cessit&#233;, et ne constitue jamais que l'une des dimensions de l'existence des nations. Cette conviction est &#233;videmment li&#233;e au reflux de la conception du droit naturel (comme mod&#232;le immuable de l&#233;gislation) issue du rationalisme du XVIII&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. Elle s'explique aussi par la conviction qu'il existe ou qu'il doit exister une culture juridique fran&#231;aise (de la m&#234;me mani&#232;re, par exemple, qu'il existe une musique fran&#231;aise diff&#233;rente des autres musiques nationales&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-16' class='spip_note' rel='footnote' title='J.-P. Niboyet (Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, p. 41).' id='nh1-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) en raison de l'unit&#233; profonde de toutes les manifestations ext&#233;rieures de la vie d'une nation, qu'il s'agisse de la culture -juridique ou non-, de l'action militaire ou politique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-17' class='spip_note' rel='footnote' title='A propos de l'Allemagne, on dit ainsi &#171; qu'il n'y a pas deux Allemagnes, que la (...)' id='nh1-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La culture juridique comme les autres formes d'expressions culturelles a, pour nos juristes habitu&#233;s &#224; l'unit&#233; nationale du droit consacr&#233;e en 1804, une dimension d'abord nationale. Cette mani&#232;re de voir est li&#233;e, dans la France du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., &#224; l'identification discut&#233;e mais persistance dans la conscience juridique moyenne du Droit &#224; la Loi propre &#224; l&#233;gitimer une perception nationale du Droit (puisqu'elle localise pr&#233;cis&#233;ment sa production : la Loi est l'&#339;uvre d'un L&#233;gislateur national) et, m&#234;me dans l'esprit de ceux qui entendent luter contre le f&#233;tichisme de la loi&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-18' class='spip_note' rel='footnote' title='L'expression est employ&#233;e notamment par E.-H. Perreau, &#171; Du r&#244;le de l'habitude (...)' id='nh1-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, l'id&#233;e que l'Etat est l'&#234;tre-l&#224; du droit : &#171; le droit ne se r&#233;alise pleinement que dans l'Etat et par l'Etat &#187;, affirme G&#233;ny&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-19' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, &#171; La notion de droit en France &#187;, A.P.D., 1931, p. 22.' id='nh1-19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Peu importe : la plupart estiment que &#171; les habitudes, les traditions, les occupations d'un peuple ont un reflet sur ses lois int&#233;rieures &#187;, et en tirent la cons&#233;quence que &#171; les m&#234;mes codes ne sauraient convenir &#224; des nations qui ne vivent pas de la m&#234;me existence &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-20' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Pillet, &#171; La m&#233;thode en droit international priv&#233; &#187;, dans : Les m&#233;thodes (...)' id='nh1-20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. Or, de cet ancrage national on glisse insensiblement vers un crit&#232;re ethnique. On le sait, la III&#232;me R&#233;publique soul&#232;ve la question de la race dans un contexte particulier (colonisation) pour la r&#233;soudre en affirmant clairement la sup&#233;riorit&#233; morale de certaines races sur les autres ; sup&#233;riorit&#233; en vertu de laquelle elles ont des devoirs (civiliser les races inf&#233;rieures) mais aussi des droits, comme l'explique J. Ferry dans son fameux discours de 1885 &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Invoqu&#233;e par le politique qui, dans un contexte de d&#233;veloppement des nationalismes, relie souvent la race &#224; l'appartenance religieuse ou nationale, la notion de race appartient aussi au vocabulaire scientifique de l'&#233;poque, qui caract&#233;rise les races essentiellement selon la couleur et affirme entre elles une hi&#233;rarchie : il n'est que de songer &#224; l'&lt;i&gt;Essai sur l'in&#233;galit&#233; des races humaines&lt;/i&gt; de A. de Gobineau, ouvrage teint&#233; de romantisme et publi&#233; dans les ann&#233;es 1853-1855 (traduit en anglais d&#232;s 1856 et en allemand en 1898), ou du d&#233;veloppement de l'anthropologie physique (gr&#226;ce aux efforts de P. Broca&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-21' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. Cl. Blanckaert, De la race &#224; l'&#233;volution. Paul Broca et l'anthropologie (...)' id='nh1-21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) pour voir combien, &#224; partir du biologique, sont tir&#233;es des cons&#233;quences sur le plan culturel et id&#233;ologique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-22' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;e n'est d'ailleurs pas ancienne. Elle se rencontre d&#233;j&#224; chez Cabanis (...)' id='nh1-22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il n'est pas &#233;tonnant, dans ces conditions, qu'un fondement racial soit invoqu&#233; &#224; l'appui des distinctions culturelles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. Du c&#244;t&#233; des juristes, cette conception raciale culmine chez le belge Edmond Picard, dont &lt;i&gt;Le droit pur&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; Paris en 1908, conna&#238;t un r&#233;el succ&#232;s en France, o&#249; ses id&#233;es re&#231;oivent un large &#233;cho et contribuent &#224; alimenter la discussion. Adepte du polyg&#233;nisme, Picard explique que les groupes humains sont distincts quant &#224; leur physique et leur psychisme, qu'ils sont apparus sur terre &#171; en des temps et des lieux divers et sous des influences vari&#233;es &#187;, si bien que tous les individus ne sont pas &#171; raciquement fongibles &#187;, contrairement aux pr&#233;tentions des d&#233;fenseurs des droits de l'homme&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-23' class='spip_note' rel='footnote' title='Ed. Picard, Le droit pur, Paris, Flammarion, 1908, p. 239.' id='nh1-23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il distingue plusieurs races : les aryens, les s&#233;mites, les mongols, les hindoustanis (Birmanie) et les &#171; n&#232;gres &#187;. La race, qui &#171; n'a qu'une &#226;me et qu'un corps &#187;, lui appara&#238;t comme une &#171; totalit&#233; complexe et magnifique, rayonnant dans tous les ordres de la vie &#187;, &#233;crit Picard&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-24' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 241.' id='nh1-24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Or, outre la couleur, les races se s&#233;parent surtout, d'apr&#232;s lui, par &#171; leurs natures psychiques &#187; qui les font d&#233;velopper des formes artistiques, linguistiques, morales, religieuses ou juridiques diff&#233;rentes. La race induit donc le comportement. Certaines races comme la &#171; blanche &#187; (le type aryen) et la &#171; jaune &#187; (le type chinois) sont plus &#171; sociables &#187; que d'autres, par exemple celles qui peuplent l'Afrique qui, du fait des &#171; rivalit&#233;s de tribu &#224; tribu&#8230; si fr&#233;quentes, est une vaste n&#233;cropole de peuplades &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-25' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 209.' id='nh1-25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es et concluant ainsi, apr&#232;s avoir cit&#233; Gobineau, &#224; une hi&#233;rarchie des races, Picard n'exprime pas un point de vue iconoclaste (pour l'&#233;poque) lorsqu'il affirme que l'Aryen incarne &#171; l'avant-garde de l'Humanit&#233; &#187; et repr&#233;sente la force cr&#233;atrice, tandis que les autres races se complaisent dans l'inertie et l'imitation&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-26' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 242.' id='nh1-26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On ne peut plus clairement assumer la confusion du biologique, du racial et du juridique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. Transpos&#233;e sur le plan du droit (le doit mat&#233;riel aussi bien que la &lt;i&gt;repr&#233;sentation&lt;/i&gt; du droit), l'importance accord&#233;e au crit&#232;re racial produit des cons&#233;quences fondamentales parce qu'un peuple &#171; est non seulement d&#233;positaire de son Droit, mais &#233;metteur de celui-ci &#187;, &#224; travers notamment la coutume : &#171; un droit &#233;tabli par elle, est un murmure de la Race fig&#233; &#224; travers les si&#232;cles &#187;. Fortement attach&#233; &#224; la production coutumi&#232;re du droit (l'influence de l'Ecole historique p&#232;se ici beaucoup), Picard souligne qu'&#171; un peuple sue son Droit &#187;, qu'il &#171; le suinte, l'&#233;mane comme la fleur son parfum &#187;. Le droit est donc caus&#233; &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt;. Mais il est aussi et n&#233;cessairement &lt;i&gt;historique &lt;/i&gt; : &#171; chaque &#233;poque, chaque race projette son Droit comme elle projette son Art, sa Morale, sa Religion, sa Langue, son Industrie, son Commerce, sa Politique&#8230; son Amour &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-27' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 201.' id='nh1-27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Bref, le droit est &#171; un instinct ethnique &#187; parce que &#171; un bloc ethnique cr&#233;e et pousse son droit de la m&#234;me mani&#232;re qu'il grandit &#187;. En cons&#233;quence, on ne saurait concevoir l'existence d'un droit &lt;i&gt;mondial&lt;/i&gt; : &#171; il n'y a que des droits raciques &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-28' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 243.' id='nh1-28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, m&#234;me si, lorsque plusieurs peuples proc&#232;dent de la m&#234;me race, ils sont soumis &#224; &#171; l'action d'une psychologie racique commune indomptable &#187; qui explique les analogies qui peuvent, &#233;ventuellement, rapprocher leurs syst&#232;mes juridiques. Le droit n'est donc qu'&#171; une facette de l'expression visible du g&#233;nie d'un peuple, un trait caract&#233;ristique de son visage &#187;, qui exprime son &#171; individualit&#233; &#187;, son &#171; originalit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire ce qui fait de lui une &#171; patrie &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-29' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 237.' id='nh1-29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On comprend d&#232;s lors que &#171; une &#226;me raciquement &#233;trang&#232;re &#187; (la formule est audacieuse : l'&#226;me n'est plus l'universel, le d&#233;sincarn&#233;) ne peut pas comprendre &#171; l'esprit &#187; des institutions juridique du peuple &#224; laquelle elle n'appartient pas&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-30' class='spip_note' rel='footnote' title='Picard illustre cette affirmation par un exemple tir&#233; du droit romain : &#224; (...)' id='nh1-30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. En France (mais l'importance attach&#233;e au crit&#232;re racial se v&#233;rifie aussi en dehors de la doctrine fran&#231;aise&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-31' class='spip_note' rel='footnote' title='Le comparatiste suisse Sauser-Hall consid&#232;re ainsi la race comme &#233;l&#233;ment cl&#233; (...)' id='nh1-31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), un repr&#233;sentant de l'&#233;cole lib&#233;rale comme Ch. Beudant &#233;voque pour sa part la race saxonne qui, selon lui, partage avec la race latine une pr&#233;f&#233;rence pour l'individu contre la collectivit&#233; : &#171; l'esprit si profond&#233;ment individualiste de la race saxonne la pr&#233;parait mieux et plus que toute autre &#224; l'id&#233;e des droits de l'homme et du &lt;i&gt;self&lt;/i&gt; &lt;i&gt;government &lt;/i&gt; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-32' class='spip_note' rel='footnote' title='Ch. Beudant, Le droit individuel, Paris, Rousseau, 1890, n&#176; 65.' id='nh1-32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. R. Saleilles, &#224; propos du droit constitutionnel, estime que l'&#233;tude des textes doit n&#233;cessairement se r&#233;aliser en conformit&#233; au &#171; g&#233;nie traditionnel de la race et &#224; son d&#233;veloppement historique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-33' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Saleilles, &#171; Quelques mots sur le r&#244;le de la m&#233;thode historique dans (...)' id='nh1-33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. L. Josserand explique que le droit, par exemple le Code civil, est le &#171; miroir o&#249; se refl&#232;te fid&#232;lement l'&#226;me d'une race &#187; et qu'un droit national est pr&#233;f&#233;rable &#224; un &#171; article d'importation &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-34' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Josserand, &#171; Le Code civil fran&#231;ais et ses destin&#233;es &#187;, &#201;volutions et (...)' id='nh1-34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Quant &#224; R. Demogue, il para&#238;t restreindre l'utilit&#233; du droit compar&#233; aux &#233;tudes concernant des &#171; pays voisins, qui sont soumis aux m&#234;mes influences de race et de climat&#8230; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-35' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Demogue, Les notions fondamentales du droit priv&#233;, Paris, Rousseau, 1911, (...)' id='nh1-35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, tandis que Fr. G&#233;ny estime que chaque peuple a son temp&#233;rament et que celui-ci, conjugu&#233; aux &#171; forces &#187; pr&#233;sentes dans le milieu o&#249; il &#233;volue, influe sur le Droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-36' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, M&#233;thode d'interpr&#233;tation et sources en droit priv&#233; positif, Paris, (...)' id='nh1-36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Du &#171; g&#233;nie &#187; de la race d&#233;pend donc l'&#233;laboration du juridique par la jurisprudence &lt;i&gt;lato sensu&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire l'identification par les interpr&#232;tes, parmi tous les faits de la vie sociale, de ceux auxquels une nature juridique et une &#171; protection publique &#187; sont attribu&#233;es&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-37' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, M&#233;thode&#8230;, op. cit., I, n&#176; 77.' id='nh1-37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La race anglo-saxonne, par exemple, commande selon lui d'attribuer une place importante &#224; la coutume, parce qu'elle repose sur la forte coh&#233;sion des unit&#233;s qui la composent et parce que ces unit&#233;s jouissent d'une libert&#233; d'activit&#233; importante Par ailleurs, la fusion des races conduit &lt;i&gt;&#233;videmment&lt;/i&gt; &#224; des modifications dans le droit mat&#233;riel comme dans l'attitude face au droit ou la conception g&#233;n&#233;rale de ce qu'est une r&#232;gle juridique. Ainsi aux Etats-Unis la coutume recule-t-elle devant le droit &#233;crit &#171; sous la pouss&#233;e envahissante du cosmopolitisme international &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-38' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., I, n&#176; 111. Du c&#244;t&#233; des publicistes, cf. par exemple A. Esmein qui, &#224; (...)' id='nh1-38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. Un tel attachement au facteur racial dans la production du droit conduit &#233;videmment &#224; une forme de nationalisme juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-39' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la question, cf. J.-L. Halp&#233;rin, Entre nationalisme juridique et (...)' id='nh1-39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Picard en a pleinement conscience. Ce nationalisme lui appara&#238;t m&#234;me comme une &#171; v&#233;rit&#233; &#187; voil&#233;e &#224; tort par &#171; le concept enfantin de l'unit&#233; du couple adamique originaire accept&#233; par le Christianisme &#187; et la &#171; pr&#233;tendue unit&#233; humaine tr&#232;s ch&#232;re aux id&#233;ologues sentimentaux &#187;. Il en conclut que &#171; l'unification de l'humanit&#233; terrestre&#8230; en un seul tout identique, soit religieux, linguistique&#8230; soit juridique, est utopique &#187; et serait &#171; arbitraire &#187; et tyrannique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-40' class='spip_note' rel='footnote' title='Ed. Picard, op. cit., p. 239.' id='nh1-40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. D'une certaine mani&#232;re, ce nationalisme peut &#234;tre compris comme l'adaptation &#224; la mati&#232;re juridique de la notion de &lt;i&gt;race&lt;/i&gt; &lt;i&gt;historique&lt;/i&gt; d&#233;velopp&#233;e par les historiens fran&#231;ais depuis Michelet (y compris par Renan, chez qui l'id&#233;e d'adh&#233;sion renouvel&#233;e c&#244;toie celle de la continuit&#233; des g&#233;n&#233;rations) et de l'id&#233;e romantique du g&#233;nie national, dont Taine faite la synth&#232;se lorsqu'il &#233;voque &#224; propos de l'&#233;tude des faits historiques la n&#233;cessaire prise en compte des interactions de la race, du milieu (localisation, climat) et du moment. Nos juristes sont donc des hommes de leur temps.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. Il n'en demeure pas moins que certains d'entre eux (peu nombreux), bien qu'ils accordent une certaine importance au crit&#232;re racial, tentent cependant de d&#233;passer ce nationalisme. Demogue reconna&#238;t ainsi que, s'il existe &#171; sous tous les climats &#187; une m&#234;me r&#233;alit&#233; humaine faite des m&#234;mes sentiments, aspirations, d&#233;sirs et besoins, celle-ci donne naissance, concr&#232;tement, &#224; des droits mat&#233;riels et &#224; des conceptions juridiques qui divergent selon les lieux : &#171; m&#234;me les besoins de l'humanit&#233; qui semblent les plus g&#233;n&#233;raux &#8211;par exemple : cr&#233;er une famille, organiser sa succession- se traduisent par des lois tr&#232;s diverses &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-41' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Demogue, L'unification internationale du droit priv&#233;, Paris, 1927, p. (...)' id='nh1-41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il reconna&#238;t aussi que cette diversit&#233; s'explique au moins en partie par le lien qui peut exister, et qu'il ne r&#233;pudie pas, entre le contenu des r&#232;gles juridiques et le substrat ethnique, auquel il fait allusion &#224; plusieurs reprises pour lui conf&#233;rer un r&#244;le moteur dans la cr&#233;ation du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-42' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Demogue, Les notions fondamentales&#8230;, op. cit., p. 90 : &#171; des modifications (...)' id='nh1-42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais, suivant l'id&#233;e d&#233;velopp&#233;e par G. del Vecchio&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-43' class='spip_note' rel='footnote' title='G. Del Vecchio, &#171; L'id&#233;e d'une science du droit universel compar&#233; &#187;, Revue (...)' id='nh1-43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, Demogue soutient que les syst&#232;mes juridiques les plus d&#233;velopp&#233;s, parce qu'ils font une part plus grande aux principes rationnels, donc universels, et parce que l'homme est un &#234;tre rationnel, peuvent atteindre une certaine similitude facilitant leur unification. Les &#171; diff&#233;rences r&#233;sultant de la race &#187; n'emp&#234;chent pas de mani&#232;re absolue l'unification internationale du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-44' class='spip_note' rel='footnote' title='L'unification&#8230;, op. cit., p. 6.' id='nh1-44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Des peuples de races diff&#233;rentes, d&#232;s lors qu'ils ont subi une influence commune &#8211;comme celle du droit romain ou de la codification napol&#233;onienne- peuvent parfaitement r&#233;ussir leur unification juridique (Demogue pense aux peuples de &#171; race latine ou non : comme la Pologne ou l'Egypte &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-45' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 122.' id='nh1-45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;). La condition en est &#224; la fois simple et d&#233;licate &#224; mettre en &#339;uvre : l'unification internationale du droit priv&#233; ne doit pas &#234;tre conduite selon une d&#233;marche qui donnerait syst&#233;matiquement la pr&#233;f&#233;rence &#224; tel ordre national sur les autres (en c&#233;dant &#224; &#171; l'&#233;tat d'esprit dominateur &#187;, qui se manifeste par &#171; un effort pour faire triompher le droit national &#187; et le faire adopter par les autres nations), mais en recherchant &#171; la solution la meilleure &#187; ou bien, entre deux solutions de valeur &#233;gale, en s'arr&#234;tant &#224; celle qui &#171; rallie d&#233;j&#224; le plus grand nombre d'adh&#233;sions &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-46' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 138.' id='nh1-46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Demogue invite finalement le juriste &#224; mettre &#224; distance sa propre culture juridique, &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; droit pour ne plus l'envisager comme &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; droit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. Quant &#224; Larnaude, il estime que la culture juridique se confond essentiellement avec la mani&#232;re d'appr&#233;hender la r&#232;gle de droit. Puisque cette mani&#232;re doit &#234;tre rationnelle, la science juridique n'a pas &#171; de fronti&#232;res &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-47' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Larnaude, Rapport &#224; Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, (...)' id='nh1-47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et produit une culture juridique &#224; son image, c'est-&#224;-dire qu'elle peut proposer des mod&#232;les transposables d'un pays &#224; un autre, du moins dans les branches du droit o&#249; &#171; le caract&#232;re national, autochtone, particulariste &#187; des r&#232;gles juridiques n'est pas trop accus&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-48' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 41.' id='nh1-48'&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Plus franchement que Demogue il affirme une anthropologie universaliste : la V&#233;rit&#233; n'est pas une mais l'homme est un &#234;tre de besoins et ces besoins, qui forment la trame de la vie sociale et &#233;conomique, sont partout les m&#234;mes, explique Larnaude&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-49' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 61.' id='nh1-49'&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Comme le pense &#233;galement H. Capitant, l'extension d'un mod&#232;le culturel en dehors de sa sph&#232;re g&#233;ographique originelle ne lui para&#238;t cependant possible que l&#224; o&#249; l'&#233;tat &#233;conomique et social, les besoins, sont d&#233;j&#224; semblables. Elle n&#233;cessite donc une grande homog&#233;n&#233;it&#233; des r&#233;gimes de production et des conditions de vie dans les pays concern&#233;s, o&#249; les &#171; m&#234;mes besoins appellent les m&#234;mes rem&#232;des &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-50' class='spip_note' rel='footnote' title='H. Capitant, &#171; Un projet de Code international des Obligations et des (...)' id='nh1-50'&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais le rapport entre cette homog&#233;n&#233;it&#233; et l'extension des r&#232;gles juridiques est plus complexe, puisque l'adoption de r&#232;gles communes issues du m&#234;me fonds culturel juridique conditionne, &#224; son tour, le d&#233;veloppement entre les nations d'une certaine &#171; uniformit&#233; de pens&#233;e, de vue &#187;, pr&#233;alable &#224; leur rapprochement et &#224; leur entente&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-51' class='spip_note' rel='footnote' title='H. Capitant, art. pr&#233;cit., p. 199.' id='nh1-51'&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Bref, Demogue et Larnaude, sans dire que les divers syst&#232;mes nationaux ne sont, au fond, que des manifestations d'une civilisation commune&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-52' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. P. Arminjon, B. Nolde et M. Wolff, op. cit., I, p. 29.' id='nh1-52'&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, insistent sur le fait que, par un effort de la raison vers l'objectivit&#233;, les disparit&#233;s locales peuvent &#234;tre d&#233;pass&#233;es. Ils n'incarnent cependant pas la doctrine dominante qui, sans toutefois rester dans &#171; l'auto-contemplation du droit national &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-53' class='spip_note' rel='footnote' title='Le jugement ainsi pos&#233; par A. Stora-Lamarre (&#171; La guerre au nom du droit &#187;, (...)' id='nh1-53'&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, estime que ce droit national conditionne les emprunts au droit compar&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. Quoi qu'il en soit, la r&#233;f&#233;rence &#224; la race tend, apr&#232;s la II&#232;me Guerre mondiale, &#224; s'estomper dans la litt&#233;rature &#233;trang&#232;re&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-54' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., I, p. 11 : la diversit&#233; des syst&#232;mes juridiques a des causes multiples (...)' id='nh1-54'&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et fran&#231;aise, m&#234;me si elle persiste un temps chez certains, notamment A. Rouast, qui parle d'une &#171; race latine &#187;, porteuse d'une certaine culture juridique parce qu'elle se caract&#233;rise par un temp&#233;rament particulier : l'individualisme&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-55' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, Paris, Dalloz, 1946, p. 51.' id='nh1-55'&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, ou encore dans certaines introductions &#224; l'&#233;tude du droit, par exemple celle de J. Br&#232;the de la Gressaye et M. Laborde-Lacoste. Chez ces derniers, les &#171; facteurs ethniques &#187; (&#171; temp&#233;rament d'un peuple, g&#233;nie national, ensemble de ses comportements sociaux caract&#233;ristiques &#187;) sont rang&#233;s, &#224; c&#244;t&#233; des facteurs naturels ou historiques, parmi les &#171; principaux facteurs sociaux du droit &#187; et justifient de distinguer les peuples individualistes, port&#233;s &#224; la d&#233;mocratie, des peuples aux tendances plus communautaires. Et m&#234;me si la r&#233;f&#233;rence faite par ces deux auteurs aux comportements sociaux peut &#234;tre comprise comme d&#233;finissant ces facteurs ethniques moins par la g&#233;n&#233;tique que d'un point de vue sociologique (constat que, en un lieu donn&#233;, un groupe d'individus partage les m&#234;mes &lt;i&gt;habitus&lt;/i&gt;), ceux-ci prennent soin de pr&#233;ciser que l'ethnologie permet de &#171; classer les peuples en diff&#233;rents types et finalement en races &#187; en fonction non seulement de crit&#232;res linguistiques et culturels mais aussi &lt;i&gt;physiques&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-56' class='spip_note' rel='footnote' title='Introduction g&#233;n&#233;rale &#224; l'&#233;tude du droit, Paris, Sirey, 1947, n&#176; (...)' id='nh1-56'&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Deux causes au moins expliquent la rar&#233;faction du recours &#224; telle notion : d'une part, l'usage naus&#233;abond qu'en fit le droit de Vichy&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-57' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. not. D. Lochak, &#171; La race : une cat&#233;gorie juridique ? &#187;, Mots, n&#176; 33, 27 (...)' id='nh1-57'&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et dont il convient, d&#233;sormais, de se d&#233;partir (en dissociant race et culture) et, d'autre part, les th&#232;ses sociologiques qui, de Durkheim &#224; Mauss, rejetaient depuis la fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. toute id&#233;e de d&#233;terminisme racial des comportements sociaux, mais dont l'influence sur ce point &#233;tait jusqu'alors limit&#233;e par le rayonnement de l'&#233;cole de l'anthropologie physique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;B : Une m&#233;thode scientifique sp&#233;cifique&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. S'int&#233;resser &#224; l'&lt;i&gt;esprit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;ais&lt;/i&gt; ou &#224; la tradition juridique nationale, c'est tout autant porter l'attention sur le contenu de la r&#232;gle de droit que s'attacher &#224; la mani&#232;re dont elle est con&#231;ue et pr&#233;sent&#233;e, aux structures du Droit (vocabulaire, cat&#233;gories, classifications), dans une approche &lt;i&gt;formelle&lt;/i&gt; qui permet de mieux saisir la sp&#233;cificit&#233; d'une culture juridique. Mais parce qu'elle accorde une place importante aux principes qui doivent guider la r&#233;flexion du juriste, cette approche formelle d&#233;bouche sur l'affirmation de certaines valeurs. Glissant insensiblement de la m&#233;thode au fond, nos juristes cherchent en effet, escamotant ainsi l'exp&#233;rience vichyssoise, &#224; mettre en exergue un crit&#232;re id&#233;ologique : l'esprit de justice, con&#231;u pour l'essentiel contre le positivisme et en conformit&#233; avec la tradition lib&#233;rale de sauvegarde de l'individu.&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;1) La dimension formelle&lt;/font&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;17. &#192; cet &#233;gard, les civilistes fran&#231;ais con&#231;oivent la sp&#233;cificit&#233; de leur droit, en premier lieu, d'un point de vue stylistique. Des affirmations parfois anciennes, comme celle qui consiste &#224; mettre en exergue le style particulier du L&#233;gislateur napol&#233;onien, sont, &#224; partir de la fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., d&#233;sormais exploit&#233;es dans le cadre de la comp&#233;tition internationale que se livrent les syst&#232;mes juridiques et non plus seulement pour vanter les m&#233;rites intrins&#232;ques des codes fran&#231;ais. Elles deviennent une antienne jusqu'&#224; la Lib&#233;ration au moins. Il n'est que de rappeler, par exemple, les jugements port&#233;s sur le droit fran&#231;ais par Ch. Beudant, qui &#233;voque le &#171; g&#233;nie fran&#231;ais, r&#233;put&#233; pour son bon sens et sa clart&#233; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-58' class='spip_note' rel='footnote' title='Le droit individuel, op. cit., n&#176; 106. Voir aussi les &#171; caract&#232;res g&#233;n&#233;raux &#187; (...)' id='nh1-58'&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, par R. Saleilles, qui vante ses formules &#171; claires, pr&#233;cises, d&#233;gag&#233;es de toute th&#233;orie inutile &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-59' class='spip_note' rel='footnote' title='De la d&#233;claration de volont&#233;, contribution &#224; l'&#233;tude de l'acte juridique dans le (...)' id='nh1-59'&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et affirme que le droit fran&#231;ais, comme la langue fran&#231;aise, est &#171; fait pour donner droit de cit&#233; aux id&#233;es qui ont une valeur universelle &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-60' class='spip_note' rel='footnote' title='Mieux : ces id&#233;es ne prennent leur valeur universelle &#171; que lorsqu'il les a (...)' id='nh1-60'&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, ou par Larnaude, qui singularise l'&#171; esprit juridique fran&#231;ais &#187; par son &lt;i&gt;amour&lt;/i&gt; pour la &#171; clart&#233; &#187; et la &#171; pr&#233;cision &#187; et souligne qu'il ne se r&#233;alise au fond pleinement que dans un ordre juridique &#171; syst&#233;matis&#233;, logiquement ordonn&#233; et class&#233; dans de grandes &#339;uvres l&#233;gislatives aux divisions claires et m&#233;thodiques &#187;, c'est-&#224;-dire un droit codifi&#233; dont les origines remontent au moins au XVI&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., temps de la r&#233;daction officielle des coutumes et des premi&#232;res grandes ordonnances royales&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-61' class='spip_note' rel='footnote' title='Larnaude, Les sciences juridiques et politiques, dans : La science (...)' id='nh1-61'&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Telle est aussi l'opinion du romaniste G. May (la codification est un art qui s'inscrit parfaitement dans &#171; la tradition fran&#231;aise &#187; parce qu'il est conforme &#171; &#224; l'esprit fran&#231;ais, &#233;pris de logique, de clart&#233;, de pr&#233;cision, attach&#233; aux id&#233;es g&#233;n&#233;rales &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-62' class='spip_note' rel='footnote' title='Introduction &#224; la science du droit, dans : Cours profess&#233;s &#224; la Facult&#233; de (...)' id='nh1-62'&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) et de Colin et Capitant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-63' class='spip_note' rel='footnote' title='Cours &#233;l&#233;mentaire de droit civil fran&#231;ais, Paris, Dalloz, 1934, 8&#232;me &#233;d., I, (...)' id='nh1-63'&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. Si souvent il s'agit ainsi de critiquer le style allemand, le style anglais finit &#224; son tour, surtout apr&#232;s la Lib&#233;ration (&#224; un moment o&#249; les Anglo-Saxons incarnent eux aussi la conception lib&#233;rale qui l'a emport&#233; sur l'Allemagne et o&#249; il faut donc, dans le groupe des vainqueurs, se singulariser), par faire les frais de telles louanges. On n'h&#233;site pas &#224; affirmer que &#171; la France a toujours apport&#233; des formules infiniment plus claires, plus pr&#233;cises que ce droit un peu flottant&#8230; qu'est le droit anglo-saxon &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-64' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Capitant (Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. (...)' id='nh1-64'&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; clart&#233; et synth&#232;se qui sont aussi pr&#233;sent&#233;es comme caract&#233;ristiques de l'esprit fran&#231;ais par des juristes &#233;trangers, notamment le suisse Schumacker&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-65' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, op. cit., 1946, p. 107.' id='nh1-65'&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; qui se montre moins critique que ne l'avait &#233;t&#233; C. Crome &#224; l'occasion du centenaire du Code civil&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-66' class='spip_note' rel='footnote' title='L'Allemand en effet ironisait sur le fameux sens fran&#231;ais de la clart&#233; et (...)' id='nh1-66'&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. Outre le style dans lequel les r&#232;gles juridiques sont exprim&#233;es, l'approche formelle donne &#224; voir la culture juridique comme le r&#233;sultat produit par le recours &#224; une certaine m&#233;thode de raisonnement : la rationalit&#233; (ce que certains appellent la &lt;i&gt;m&#233;thode&lt;/i&gt; &lt;i&gt;scientifique&lt;/i&gt;) comme instrument de recherche de la solution raisonnable. Plus g&#233;n&#233;ralement, on peut consid&#233;rer ce que G&#233;ny appelle la dogmatique fran&#231;aise&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-67' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, M&#233;thode, I, n&#176; 109, p. 318.' id='nh1-67'&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, c'est-&#224;-dire la fa&#231;on d'appr&#233;hender le fonctionnement du Droit et dont sont construites les institutions juridiques (comment choisir, parmi toutes les pratiques sociales, celles qui vont rev&#234;tir un v&#234;tement juridique ?), qui est d'ailleurs aussi une mani&#232;re de d&#233;limiter l'ordre juridique (que l'on adopte le principe formaliste ou que l'on prenne en consid&#233;ration les &#233;l&#233;ments substantiels, de fond, des institutions en cause, il s'agit d'&#233;laborer des cat&#233;gories, des types, des classifications&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-68' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., I, n&#176; 77, p. 174.' id='nh1-68'&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), comme l'un des &#233;l&#233;ments de la culture juridique. En effet, par la mise en &#339;uvre de cette technique, le &lt;i&gt;donn&#233;&lt;/i&gt; se trouve inform&#233; et acc&#232;de v&#233;ritablement &#224; la vie juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-69' class='spip_note' rel='footnote' title='Le &#171; construit&#8230; par un effort subjectif&#8230; vise &#224; &#233;riger la r&#232;gle brute en (...)' id='nh1-69'&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; sous la forme d'une institution ou d'une notion aux contours d&#233;sormais nettement d&#233;finis et permettant de r&#233;unir &#171; sous une enveloppe commune &#187; des &#233;l&#233;ments jusqu'alors dispers&#233;s (comme le montre, d'apr&#232;s G&#233;ny, l'exemple des droits de la personnalit&#233;).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De ce point de vue, la culture juridique est pr&#233;cis&#233;ment ce qui permet au droit fran&#231;ais de &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt; syst&#232;me d'une mani&#232;re que l'on pr&#233;tend originale. Elle est faite d'un vocabulaire, de concepts&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-70' class='spip_note' rel='footnote' title='Planiol par exemple en donne une liste dans la pr&#233;face &#224; la 4&#232;me &#233;d. de son (...)' id='nh1-70'&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, de cat&#233;gories classificatoires (genres, esp&#232;ces) et de techniques de formulations et d'interpr&#233;tation des r&#232;gles, en relation &#233;videmment avec une certaine conception de l'ordre social&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-71' class='spip_note' rel='footnote' title='On retrouve tous ces &#233;l&#233;ments chez R. David, Les grands syst&#232;mes&#8230;, op. cit., (...)' id='nh1-71'&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il ne faut donc pas s'&#233;tonner du fait que, pour le juriste fran&#231;ais, le souci de la syst&#233;matisation soit per&#231;u comme typiquement fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-72' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; cet effort pour remonter au principe &#187;, explique R. Capitant (Trav. de (...)' id='nh1-72'&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et oppos&#233; par exemple &#224; l'esprit pratique et &#224; la conception empirique du droit des Canadiens. Le juriste fran&#231;ais &#8211;celui de l'Ancien r&#233;gime comme celui de l'apr&#232;s 1804&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-73' class='spip_note' rel='footnote' title='La &#171; tradition juridique fran&#231;aise &#187;, qui remonte &#224; l'Ancien droit, ne (...)' id='nh1-73'&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;- n'a cependant pas &#171; le m&#234;me penchant pour les id&#233;es purement doctrinales et les g&#233;n&#233;ralisations abstraites &#187; que ses homologues allemands ou autrichiens&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-74' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, M&#233;thode&#8230;, op. cit., I, p. 10. Cf. aussi Ch. Beudant, Cours&#8230;, op. (...)' id='nh1-74'&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il pr&#233;tend ne pas avoir d&#233;velopp&#233; les proc&#233;d&#233;s de la logique abstraite jusqu'&#224; leur ultime limite, contrairement aux Allemands, dont il dit qu'ils sont mus tant par la &#171; nature favorable du terrain juridique &#187; que par les &#171; aspirations inn&#233;es de l'esprit germanique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-75' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., I, n&#176; 60, p. 125.' id='nh1-75'&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Outre l'apologie de la force, on reproche en effet &#224; l'esprit juridique allemand son abstraction&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-76' class='spip_note' rel='footnote' title='P. Koschaker, Europa und das r&#246;mische Recht, 1945, exprime sans doute une (...)' id='nh1-76'&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Saleilles, apr&#232;s Bufnoir&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-77' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. en dernier lieu : N. Hakim, &#171; De l'esprit et de la m&#233;thode des civilistes (...)' id='nh1-77'&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, en convient d'ailleurs : &#171; nos habitudes d'esprit s'effraient quelque peu de cette m&#233;thode de g&#233;n&#233;ralisation dont nous ne sentons pas toujours au premier abord la port&#233;e exacte et la juste mesure, au point de vue des applications concr&#232;tes &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-78' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Saleilles, Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation, d'apr&#232;s le projet&#8230;, (...)' id='nh1-78'&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. Si l'esprit fran&#231;ais est rationaliste (go&#251;t pour les principes et les constructions synth&#233;tiques, comme l'explique Planiol&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-79' class='spip_note' rel='footnote' title='M. Planiol, Tr. &#233;l&#233;mentaire, op. cit., pr&#233;f. p. XI. Cf. Ph. R&#233;my, &#171; Planiol : (...)' id='nh1-79'&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, mais on peut penser aussi &#224; ceux qu'on a longtemps pr&#233;sent&#233; comme de simples ex&#233;g&#232;tes), il n'est donc pas abstrait. Il sait distinguer les principes des &#171; constructions abstractives &#187;. Le principe, un peu &#224; la mani&#232;re des &lt;i&gt;regulae iuris &lt;/i&gt;du Digeste (50, 17), est, selon l'expression de G&#233;ny, une synth&#232;se de r&#233;alit&#233;s, fond&#233;e sur l'observation de la vie, exprim&#233;e de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, et non pas une pure conception de l'esprit, id&#233;ale, d&#233;connect&#233;e de la r&#233;alit&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-80' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, M&#233;thode&#8230;, op. cit., I, n&#176; 81.' id='nh1-80'&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. R. Saleilles n'aurait pas dit mieux, lui qui consid&#233;re que toute construction doctrinale (principe) est un &#171; &lt;i&gt;a posteriori &lt;/i&gt;qui r&#233;sultera de la loi &#187; et non &#171; un &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;qui domine la loi &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-81' class='spip_note' rel='footnote' title='Pr&#233;f. &#224; L. Lyon-Caen, La femme mari&#233;e allemande de L. Lyon-Caen, Th&#232;se Droit, (...)' id='nh1-81'&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La g&#233;n&#233;ralit&#233; (dont le Code fran&#231;ais sait faire preuve, notamment &#224; l'art. 1382) ne doit pas &#234;tre confondue avec l'abstraction. Le code fran&#231;ais &#171; ne formule pas de r&#232;gles abstraites &#187;, parce que ses r&#233;dacteurs &#233;taient &#233;trangers &#224; &#171; tout esprit de syst&#232;me &#187;, &#233;crit Beudant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-82' class='spip_note' rel='footnote' title='Cours de droit civil, op. cit., t. I, n&#176; 119 et 120. Beudant voit l&#224; une (...)' id='nh1-82'&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Apr&#232;s lui, H. Solus expliquera encore que &#171; la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale proc&#232;de d'une abstraction mais n'&#233;nonce pas une abstraction &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-83' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. 106.' id='nh1-83'&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. On comprend mieux ainsi les remarques formul&#233;es, &#224; la Lib&#233;ration, par L. Mazeaud : ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de la culture juridique fran&#231;aise, c'est moins sa dimension n&#233;cessairement philosophique que son souci de la pr&#233;cision. Ce sont, indique celui-ci, &#171; d'autres &#233;coles juridiques qui ont la r&#233;putation d'&#234;tre les &#233;coles philosophiques &#187;, tandis que la France est &#171; l'&#233;cole de la pr&#233;cision, des solutions exactes &#187; (m&#234;me si celles-ci reposent &#233;videmment sur des principes). Nombreux sont ceux, en effet, qui voient dans le Code civil fran&#231;ais une somme de r&#232;gles certes g&#233;n&#233;rales mais de port&#233;e concr&#232;te, donc distinctes des abstractions, ce qui n'est pas contradictoire avec l'affirmation selon laquelle la tradition fran&#231;aise est celle de la philosophie (contre la tradition allemande qui serait celle du concret) : la vraie philosophie n'est pas la vaine sp&#233;culation... . C'est ainsi qu'il faut comprendre l'affirmation selon laquelle, contrairement au B.G.B., le Code civil fran&#231;ais &#171; ne contient pas de philosophie du droit et c'est ce qui a fait sa valeur &#224; l'&#233;tranger &#187;. C'est par-l&#224; surtout qu'il se distinguerait des autres codifications plus philosophiques et dont on convient qu'il ne faut pas se rapprocher pour ne pas lui perdre sa sp&#233;cificit&#233;. L&#224; encore, on l'aura compris, c'est l'esprit allemand, tel que les juristes fran&#231;ais d'apr&#232;s guerre le con&#231;oivent, qui est vis&#233;. Le Code civil fran&#231;ais renferme, comme le B.G.B., des th&#233;ories g&#233;n&#233;rales, des &#171; principes g&#233;n&#233;raux &#187; mais, contrairement au B.G.B., il ne les exprime pas de mani&#232;re abstraite et dogmatique : &#171; les abstractions, les g&#233;n&#233;ralisations de port&#233;e presque m&#233;taphysique ne sont pas conformes au g&#233;nie fran&#231;ais &#187;, explique ainsi Ancel&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-84' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. 90. Cf. aussi A. (...)' id='nh1-84'&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La discussion relative &#224; la n&#233;cessit&#233; d'introduire dans le Code civil une partie g&#233;n&#233;rale (qui contiendrait notamment une th&#233;orie de l'acte juridique d&#233;bordant celle du contrat), ouverte &#224; la Lib&#233;ration dans le cadre du processus devant conduire &#224; une r&#233;vision du Code civil, illustre parfaitement cet &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;priori&lt;/i&gt;, en m&#234;me temps qu'elle d&#233;voile, au-del&#224; de son aspect technique, sa dimension politique. Pour les partisans de cette partie g&#233;n&#233;rale, il s'agirait de faire en sorte que le futur Code civil fran&#231;ais r&#233;vis&#233; donne &#171; au monde entier &#187;, comme celui de 1804 en son temps, &#171; sous une forme tr&#232;s claire, tr&#232;s pr&#233;cise et en m&#234;me temps tr&#232;s pratique, l'&#233;nonc&#233; des grands principes du droit de l'avenir &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-85' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 99 : ambition &#171; louable, non seulement du point de vue juridique, (...)' id='nh1-85'&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais ses d&#233;tracteurs ne l'entendent pas ainsi et d'embl&#233;e soul&#232;vent la question du rapport &#224; l'Allemagne : faut-il proc&#233;der &#224; la mani&#232;re des Allemands parce que, depuis la promulgation du B.G.B. en1900, &#171; on nous a expliqu&#233; qu'il &#233;tait bon de suivre sur ce point son exemple &#187;, s'interroge Ancel ? Assur&#233;ment non&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-86' class='spip_note' rel='footnote' title='Une telle r&#233;ponse, partag&#233;e par de nombreux adh&#233;rents de l'Association, tranche (...)' id='nh1-86'&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; : introduire une partie g&#233;n&#233;rale, dont on voit mal comment elle pourrait &#234;tre con&#231;ue diff&#233;remment de la mani&#232;re dont elle l'a &#233;t&#233; en Allemagne dans le B.G.B., reviendrait &#224; rompre avec la culture juridique fran&#231;aise, &#171; avec ce qui a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent la m&#233;thode de notre droit codifi&#233;, une m&#233;thode qui remonte au-del&#224; m&#234;me du Code civil, qui remonte &#224; Pothier et plus loin encore&#8230; avec ce qui a &#233;t&#233; l'esprit de notre Code civil &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-87' class='spip_note' rel='footnote' title='Ancel (Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. 90). L'id&#233;e, (...)' id='nh1-87'&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En r&#233;sum&#233;, on pr&#233;tend que l'&lt;i&gt;allgemeine Teil&lt;/i&gt; du B.G.B. n'est pas conforme &#224; la m&#233;thode du droit civil. Il vaut mieux, comme le recommande Boulanger dans un rapport r&#233;dig&#233; pour l'Association H. Capitant, s'en tenir &#224; la solution donn&#233;e par le Code civil suisse &#224; propos du r&#233;gime g&#233;n&#233;ral des actes juridique : plus &lt;i&gt;&#233;l&#233;gant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-88' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, p. 84.' id='nh1-88'&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/i&gt;, il ne contient pas cette fameuse partie g&#233;n&#233;rale et, comme le Code civil fran&#231;ais, il est une &#339;uvre de transaction anim&#233;e d'un souci de clart&#233; et de synth&#232;se (selon Schumacker, qui ironise sur le fait que l'esprit fran&#231;ais, &#171; &#233;minemment synth&#233;tique au fond &#187; a d&#233;bouch&#233; sur un code &#171; assez analytique &#187; alors que l'esprit suisse, &#171; aussi peu synth&#233;tique qu'on peut l'&#234;tre, remporte en quelque sorte le prix de synth&#232;se &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-89' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 107.' id='nh1-89'&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;22. Le &#171; g&#233;nie fran&#231;ais &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-90' class='spip_note' rel='footnote' title='J.-P. Niboyet (Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, p. 10).' id='nh1-90'&gt;90&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; serait donc celui qui, &#224; travers des r&#232;gles g&#233;n&#233;rales, au prix d'un effort de l'esprit pour s'&#233;lever au-del&#224; des cas concrets, est en mesure d'adapter la g&#233;n&#233;ralit&#233; aux applications pratiques, sans se laisser enfermer dans le dogmatisme ; celui qui, d'une id&#233;e g&#233;n&#233;rale, fait sortir &#171; tout un monde &#187; (&#224; l'exemple de la construction pr&#233;torienne &#233;labor&#233;e &#224; partir de l'art. 1384 C.Civ.). C'est dire s'il y a une bonne et une mauvaise approche philosophique, celle qui &#233;claire, par la mise au jour des principes qui sous-tendent les solutions concr&#232;tes, et celle qui se complait dans une abstraction peu fertile, c'est-&#224;-dire peu soucieuse d'applications f&#233;condes en jurisprudence. Bref, d'un c&#244;t&#233; des principes, une g&#233;n&#233;ralit&#233; bien comprise, c'est-&#224;-dire porteuse de solutions pratiques ; de l'autre des d&#233;finitions. Ce faisant, la doctrine fran&#231;aise expose sa conception de la r&#232;gle de droit, ni trop g&#233;n&#233;rale, parce qu'elle perdrait alors tout int&#233;r&#234;t pour la pratique, ni trop sp&#233;cifi&#233;e, parce qu'elle se r&#233;duirait alors &#224; n'&#234;tre, sur le mod&#232;le anglais, qu'une solution de litige. D'une certaine mani&#232;re, elle tient le milieu entre la &lt;i&gt;legal&lt;/i&gt; &lt;i&gt;rule&lt;/i&gt; et les principes abstraits et dogmatiques du Pandectisme recueillis dans le B.G.B. Or cette conception, si elle pr&#233;tend se fonder sur des exemples tir&#233;s du droit positif (on peut songer aux formules compr&#233;hensives des art. 1382 ou 1134 C.Civ. par exemple), permet aussi, lorsque le L&#233;gislateur s'en &#233;carte en r&#233;digeant des lois aux r&#232;gles trop pr&#233;cises, de porter sur le travail l&#233;gislatif un regard critique.&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;2) Le rejet du positivisme et la question des valeurs&lt;/font&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;23. Dans sa lutte contre le positivisme, dont G&#233;ny affirme qu'il est &#171; impuissant &#224; satisfaire la raison &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-91' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, &#171; La notion de droit en France &#187;, art. pr&#233;cit. p. 15.' id='nh1-91'&gt;91&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, de nombreux civilistes affirment la n&#233;cessit&#233; du Juste&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-92' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour certains, la qu&#234;te de l'id&#233;al de justice cens&#233;e animer le droit fran&#231;ais (...)' id='nh1-92'&gt;92&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, d'un &#171; id&#233;al de justice tenu pour obligatoire &#187; dont &#171; tout le monde &#187; pr&#233;suppose, d'apr&#232;s G&#233;ny toujours, l'existence&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-93' class='spip_note' rel='footnote' title='Art. pr&#233;cit., p. 18. A la conception du droit de Saleilles, G&#233;ny reproche (...)' id='nh1-93'&gt;93&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, sous la forme d'un droit naturel r&#233;nov&#233;, appel&#233; aussi droit &lt;i&gt;rationnel&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;objectif&lt;/i&gt;, ou m&#234;me plus largement de la morale sociale. Il n'est que de lire Demogue, qui, une fois n'est pas coutume, exprime un sentiment plut&#244;t g&#233;n&#233;ral : &#171; nous croyons d'abord &#224; la possibilit&#233;, &#224; la n&#233;cessit&#233; de mettre un id&#233;al au-dessus des faits &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-94' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Demogue, Les notions fondamentales du droit priv&#233;, Paris, 1911, p. (...)' id='nh1-94'&gt;94&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. C'est l&#224; le but commun vers lequel tendent, malgr&#233; certaines divergences, ceux (Saleilles, G&#233;ny, Capitant&#8230;) qui entendent alors r&#233;nover la m&#233;thode du droit : faire sa place &#224; l'observation et &#224; l'induction dans l'&#233;laboration du droit tout en maintenant la part belle &#224; l'&#233;l&#233;ment id&#233;al ou rationnel dans son interpr&#233;tation.&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;a) Une illustration du positivisme aveugle : l'Allemagne&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-95' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour un expos&#233; g&#233;n&#233;ral des attitudes fran&#231;aises face &#224; l'Allemagne sur la (...)' id='nh1-95'&gt;95&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, la loi du plus fort et le m&#233;pris du Droit&lt;/font&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;24. &#192; l'esprit juridique allemand on reproche &#224; la fois ses valeurs (apologie de la force, du droit du plus fort), jug&#233;es contraires aux tendances lib&#233;rales incarn&#233;es par la France, et sa mani&#232;re de proc&#233;der, son abstraction obscure&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-96' class='spip_note' rel='footnote' title='Pour Vareilles-Sommi&#232;res, les juristes allemands ont trop franchement c&#233;d&#233; &#171; (...)' id='nh1-96'&gt;96&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La critique est d&#233;velop&#233;e d&#232;s avant la Grande Guerre. L'antilib&#233;ralisme allemand est notamment point&#233; du doigt, &#224; l'extr&#234;me fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., par Ch. Beudant selon qui &#171; la race germanique, on l'a observ&#233; maintes fois, est mystique et fataliste &#187;, soumet la volont&#233; non pas &#224; la raison mais au &#171; besoin d'une puissance&#8230; qui s'impose &#224; elle et l'entra&#238;ne &#187;. Ainsi s'explique son go&#251;t, en philosophie, pour le panth&#233;isme et, en politique, pour le &#171; culte de la force &#187; symbolis&#233; par la soumission &#224; la &lt;i&gt;Herrschaft&lt;/i&gt;, &#171; mot qui veut dire &#224; la fois autorit&#233; et domination &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-97' class='spip_note' rel='footnote' title='Le droit individuel, op. cit., n&#176; 119.' id='nh1-97'&gt;97&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le r&#233;sultat, amusant, d'une telle appr&#233;ciation, consiste &#224; voir en Kant un Fran&#231;ais plus qu'un Allemand ! Parce qu'il exalte &#171; dans l'homme le sentiment de sa personnalit&#233; et de ses droits &#187;, Kant est en effet davantage en accord avec la philosophie fran&#231;aise du XVIII&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. qu'avec celle de son propre pays, dont il m&#233;conna&#238;t au fond &#171; les tendances essentielles &#187; de son &#171; g&#233;nie &#187;, le d&#233;veloppement de l'Ecole historique n'&#233;tant finalement qu'une r&#233;action contre Kant en tant qu'il repr&#233;sente une tradition &#233;trang&#232;re&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-98' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 120 : &#171; C'est de la r&#233;action contre Kant et son syst&#232;me qu'est sortie (...)' id='nh1-98'&gt;98&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Or l'Ecole historique, si elle partage certaines des id&#233;es de Montesquieu ou de Portalis&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-99' class='spip_note' rel='footnote' title='Ad&#233;quation entre le droit et le pays qu'il r&#233;git, son climat, le genre de vie, (...)' id='nh1-99'&gt;99&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, adopte une conception du fondement du droit (ce que Beudant appelle le &lt;i&gt;principe philosophique du droit&lt;/i&gt;) assur&#233;ment originale et oppos&#233;e &#224; celle qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la tradition fran&#231;aise : contre l'id&#233;e lib&#233;rale, qui le place dans l'homme, elle le situe en effet dans le sentiment collectif du peuple. Le message est simple et s'adresse aux juristes fran&#231;ais sans doute davantage qu'aux &#233;trangers : toutes les th&#233;ories qui ne ram&#232;nent pas le droit dans l'individu ne sont pas conformes &#224; la culture juridique fran&#231;aise. Cela ressort &#233;galement de sa critique de Hegel et des publicistes allemands, qui vise &#224; opposer la tradition lib&#233;rale fran&#231;aise &#224; l'attitude allemande, cens&#233;e attendre &#224; tort de l'Etat la r&#233;solution de la question sociale&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-100' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.., n&#176; 132.' id='nh1-100'&gt;100&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour le pr&#233;ciser davantage encore, Beudant dresse le tableau de l'&#233;volution de la pens&#233;e juridique en Europe pour en tirer la le&#231;on suivant laquelle l'Angleterre repr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t, l'Allemagne la force, tandis que la France &#171; ne serait plus elle-m&#234;me si elle venait &#224; cesser de repr&#233;senter le droit &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-101' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 170.' id='nh1-101'&gt;101&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. A la m&#234;me &#233;poque, une telle critique se d&#233;ploie &#233;galement parmi des auteurs secondaires. On peut ainsi lire dans une th&#232;se de 1892 que la conception germanique du droit assimile ce dernier au &#171; d&#233;ploiement de l'&#233;nergie physique &#187; et conduit &#224; &#171; l'affirmation de la force sous toutes ses formes &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-102' class='spip_note' rel='footnote' title='Aguilera, L'id&#233;e du droit en Allemagne depuis Kant jusqu'&#224; nos jours, Th&#232;se (...)' id='nh1-102'&gt;102&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;25. Pendant la Grande Guerre, les lyonnais Josserand et Bouvier dressent le m&#234;me constat et font le proc&#232;s du pangermanisme&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-103' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. L. Josserand, La force et le droit. Conf&#233;rence faite &#224; l'Universit&#233;, (...)' id='nh1-103'&gt;103&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour le premier, la &lt;i&gt;conception allemande du droit&lt;/i&gt; est fond&#233;e essentiellement sur la force et l&#233;gitime le non-respect de la parole donn&#233;e. Elle n'est pas le r&#233;sultat de quelques sp&#233;culations individuelles (Schopenhauer, Ihering) mais exprime un trait culturel national, une &#171; mentalit&#233; &#187; : &#171; les refrains sur la force deviennent la voix du peuple allemand &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-104' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 12. L. L&#233;vy-Bruhl (La conflagration europ&#233;enne, ses causes (...)' id='nh1-104'&gt;104&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le peuple allemand est d&#233;sormais, du fait de l'action politique de la Prusse, de son sentiment de sup&#233;riorit&#233; et du culte qu'il voue &#224; l'Etat, &#171; le peuple d'une pens&#233;e, celle de la force &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-105' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Josserand, La force et le droit, op. cit., p. 22.' id='nh1-105'&gt;105&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour le second, l'id&#233;e que le droit implique la force explique des traits culturels allemands : la r&#233;signation et l'esprit d'ob&#233;issance&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-106' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Bouvier, La conception allemande de l'Etat, Tr&#233;voux, impr. Jeannin, 1917, (...)' id='nh1-106'&gt;106&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Lasson lui-m&#234;me, dans son &lt;i&gt;Syst&#232;me de philosophie du droit&lt;/i&gt;, ne voit-il pas dans l'ob&#233;issance passive du soldat &#171; l'id&#233;al de la culture et de la civilisation &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-107' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Lasson, System der Rechtsphilosophie, Halle, 1883, p. 54.' id='nh1-107'&gt;107&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ? En 1916, Larnaude, qui accuse la philosophie du droit allemande, sp&#233;cialement celle de Hegel, de fonder le droit sur la force, ne d&#233;ment pas, bien au contraire : &#171; la fameuse th&#233;orie invent&#233;e et soutenue en Allemagne, &#224; savoir que la Force est la source du Droit, que la Force est le Droit lui-m&#234;me &#187; lui semble insupportable et ceux qui la soutiennent ne sont que des &#171; ennemis de l'humanit&#233; &#187;, parce qu'elle ruine aussi bien la libert&#233; que l'&#233;galit&#233; et contrevient au besoin juridique et social essentiel de tranquillit&#233;, ce qui, remarque-t-il, ne para&#238;t pas g&#234;ner les Allemands qui &#171; ont les opinions qui conviennent &#224; leurs int&#233;r&#234;ts &#187; et dont les &#171; volte-faces &#187; sont des &#171; habitudes &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-108' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans : Les sciences juridiques, op. cit., p. 14 et 49.' id='nh1-108'&gt;108&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Un tel jugement est d'ailleurs relay&#233; par des auteurs qui pourraient &#234;tre qualifi&#233;s &lt;i&gt;secondaires&lt;/i&gt;, comme J. Cruet, dont la cinqui&#232;me &#233;dition, en 1918, de &lt;i&gt;La vie du droit et l'impuissance des lois&lt;/i&gt;, souligne encore que, dans l'ordre social, &#171; l'esprit alleman... se caract&#233;rise par une hypertrophie du sentiment de la discipline &#187;, ajoutant que, en Allemagne, la &#171; manie de l'autorit&#233;&#8230; n'a pas de bornes &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-109' class='spip_note' rel='footnote' title='p. 218. 1&#232;re &#233;d. : Paris, Flammarion, 1908' id='nh1-109'&gt;109&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Parmi tous les jursites allemands, Jhering fait &#233;videmment les frais d'une telle critique : relay&#233; en France avant la Grande Guerre, notamment par G&#233;ny et Saleilles mais aussi Planiol, il passe d&#233;sormais pour le d&#233;fenseur apolog&#233;tique d'une conception brutale du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-110' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la r&#233;ception de Jhering en France, cf. J. Q. Whitman, &#171; Jhering parmi les (...)' id='nh1-110'&gt;110&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;26. Il s'agit l&#224; d'id&#233;es assez r&#233;pandues en France depuis la fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., dont la propagation n'est sans doute pas &#233;trang&#232;re &#224; la d&#233;faite de Sedan (m&#234;me si, paradoxalement, celle-ci a pu aussi inciter certains juristes, comme Saleilles ou G&#233;ny, &#224; s'int&#233;resser davantage &#224; la culture juridique du vainqueur). Elles se rencontrent dans l'&#233;lite intellectuelle, avant comme pendant la Grande Guerre. En philosophie, Bergson s'en prend au m&#233;canisme allemand, inflexible, pour mieux mettre en exergue l'id&#233;e de conscience. A. Fouill&#233;e, bien connu des civilistes fran&#231;ais et dont Josserand notamment s'inspire parfois, critique d&#232;s 1878 dans son &lt;i&gt;Id&#233;e moderne du droit&lt;/i&gt; la conception allemande de l'origine et du fondement du droit (la force comme source cr&#233;atrice du droit), tandis que, en France, philosophes et juristes s'accordent &#224; trouver le fondement du droit dans la raison et la libert&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-111' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Fouill&#233;e, L'id&#233;e moderne du droit en Allemagne, en Angleterre et en France, (...)' id='nh1-111'&gt;111&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Du c&#244;t&#233; des sociologues, Durkheim, parti &#224; la cherche de la &#171; mentalit&#233; &#187; allemande, &lt;i&gt;i.-e&lt;/i&gt;. de l'ensemble &#171; d'id&#233;es et de sentiments &#187; qui fait le trait d'union entre toutes les manifestations de &#171; l'&#226;me allemande &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-112' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Durkheim, L'Allemagne au-dessus de tout. La mentalit&#233; allemande et la (...)' id='nh1-112'&gt;112&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, dans le but de montrer que les atrocit&#233;s allemandes trouvent leur origine dans cette mentalit&#233; si favorable &#224; la guerre (rest&#233;e, pendant la paix, &#171; &#224; l'arri&#232;re-plan des consciences &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-113' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 13.' id='nh1-113'&gt;113&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), la d&#233;finit comme fondamentalement favorable &#224; la guerre parce qu'elle voit l'Etat comme puissance, l'affranchit de toute soumission &#224; la morale (sauf lorsqu'il y va de son int&#233;r&#234;t&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-114' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 40.' id='nh1-114'&gt;114&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) et lui commande comme seul devoir celui d'&#234;tre toujours plus fort.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27. En r&#233;alit&#233;, au-del&#224; du cas allemand&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-115' class='spip_note' rel='footnote' title='Que les civilistes ne sont &#233;videmment pas seuls &#224; critiquer, cf. A. (...)' id='nh1-115'&gt;115&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, on instruit le proc&#232;s du positivisme&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-116' class='spip_note' rel='footnote' title='Les Fran&#231;ais se r&#233;jouissent d'ailleurs du fait que certains publicistes (...)' id='nh1-116'&gt;116&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, allant m&#234;me, comme c'est le cas de Saleilles, jusqu'&#224; affirmer la responsabilit&#233; sociale du juriste, plus sp&#233;cialement du professeur, auquel il n'est pas &#234;tre permis &#171; de se d&#233;sint&#233;resser des r&#233;sultats de fait d'une doctrine ou d'une solution juridique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-117' class='spip_note' rel='footnote' title='La m&#233;thode d'enseignement qu'il pr&#233;conise comme la plus apte &#224; &#171; l'&#233;ducation (...)' id='nh1-117'&gt;117&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; responsabilit&#233; que l'Occupation fera cependant oublier&#8230; Ce proc&#232;s est conduit soit au nom soit de la pr&#233;cellence de la morale sur le droit (Ripert&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-118' class='spip_note' rel='footnote' title='Lequel stigmatise le &#171; fameux verboten &#187; qui a malheureusement selon lui &#171; (...)' id='nh1-118'&gt;118&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), soit d'un droit naturel que les premi&#232;res g&#233;n&#233;rations de commentateurs du Code civil sont accus&#233;es d'avoir fait peu de cas&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-119' class='spip_note' rel='footnote' title='Telle est du moins le point de vue de G&#233;ny, qui lui sert &#233;videmment &#224; mieux (...)' id='nh1-119'&gt;119&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et que l'on cherche &#224; renouveler (pour prendre acte des critiques que lui a adress&#233;es l'Ecole historique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-120' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme l'&#233;crit Saleilles, il ne saurait en effet &#234;tre question de perp&#233;tuer les (...)' id='nh1-120'&gt;120&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), tout en affirmant sa fonction de guide et de censeur du L&#233;gislateur (Saleilles, G&#233;ny&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-121' class='spip_note' rel='footnote' title='G&#233;ny, dans les Etudes offertes &#224; G. Ripert (I, p. 7), reproche aux (...)' id='nh1-121'&gt;121&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, Josserand&#8230;)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-122' class='spip_note' rel='footnote' title='On pourrait ajouter G. Baudry-Lacantinerie &#224; la liste, qui critique la (...)' id='nh1-122'&gt;122&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, pour des raisons &#224; la fois th&#233;oriques (r&#233;novation des m&#233;thodes de cr&#233;ation et d'interpr&#233;tation du droit) et circonstancielles : pendant la Grande Guerre, l'exaltation du droit du plus fort et &#171; les abominations du r&#233;alisme allemand &#187; sont cens&#233;es provoquer chez les juristes fran&#231;ais un &#171; incoercible d&#233;go&#251;t &#187; auquel seule l'invocation du droit naturel peut mettre un terme, &#233;crit Josserand&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-123' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Josserand, La force et le droit, op. cit., p. 27-28 : alors que l'Etat &#171; (...)' id='nh1-123'&gt;123&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;b) La promotion d'une id&#233;ologie protectrice de l'individu ?&lt;/font&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;28. Fid&#232;les &#224; une habitude qui plonge ses racines dans notre ancien droit, les civilistes fran&#231;ais n'envisagent pas les notions de principes et de r&#232;gles g&#233;n&#233;rales seulement d'un point de vue formel ou fonctionnel (au regard de leur r&#244;le structurant dans l'ordre juridique) mais aussi d'un point de vue mat&#233;riel. A leurs yeux, un principe exprime n&#233;cessairement la raison, l'&#233;quit&#233;, la justice. Telle est, notamment, l'opinion de G&#233;ny : les principes g&#233;n&#233;raux, plac&#233;s &#224; la base de la loi, doivent s'accorder, quant au fond, avec les traits permanents de la nature humaine&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-124' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, M&#233;thode&#8230;, op. cit., I, p. 33.' id='nh1-124'&gt;124&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ils sont, d'une certaine mani&#232;re, le vecteur d'une id&#233;ologie juridique. Par le truchement du principe s'op&#232;re ainsi un glissement insensible vers une d&#233;finition substantielle de la culture juridique, qui se caract&#233;riserait donc par un certain contenu : l'illustration et la d&#233;fense de certaines valeurs, dans la mesure o&#249; tout syst&#232;me juridique exprime une conception particuli&#232;re de l'homme et de la soci&#233;t&#233;, traduit &lt;i&gt;juridiquement&lt;/i&gt; le lien qui unit l'homme &#224; la soci&#233;t&#233; et forme donc, de ce point de vue, une culture. Malgr&#233; la tendance &#224; la socialisation du droit puis l'Occupation, ces valeurs finissent par s'&#233;panouir pleinement dans le discours des &lt;i&gt;leading&lt;/i&gt; &lt;i&gt;civilists&lt;/i&gt; &#224; partir de la Lib&#233;ration.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;29. A la fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle, tout &lt;i&gt;Le droit individuel&lt;/i&gt; de Ch. Beudant, par exemple, est destin&#233; &#224; montrer, d'une part, que la conception fran&#231;aise du droit s'inscrit dans la tradition du droit naturel, depuis Sophocle jusqu'&#224; Montesquieu et le titre pr&#233;liminaire du Code civil en passant par Grotius, Constant ou Tocqueville et, d'autre part, que cette conception se confond avec celle du lib&#233;ralisme : &#171; en d&#233;pit des irr&#233;conciliables, des ren&#233;gats, des frondeurs ou des raffin&#233;s, l'id&#233;e de libert&#233; envisag&#233;e comme principe du droit n'en reste pas moins la tradition nationale et vraiment fran&#231;aise &#187;, h&#233;rit&#233;e de 1789, &#233;crit Beudant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-125' class='spip_note' rel='footnote' title='Le droit individuel, op. cit., n&#176; 91 et n&#176; 106 : les &#171; traditions de l'esprit (...)' id='nh1-125'&gt;125&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle peut &#234;tre d&#233;finie assez simplement : voir dans la soci&#233;t&#233; un &#171; groupement d'&#234;tres unis dans un commun sentiment de sympathie, d'assistance et de protection mutuelles &#187;. En cons&#233;quence, l'approche sociologique, parce qu'elle renoue avec la pr&#233;cellence antique du Tout sur l'Individu, et plus g&#233;n&#233;ralement les approches organicistes, parce qu'elles r&#233;duisent l'homme &#224; n'&#234;tre qu'un simple rouage ou une cellule, se placent &lt;i&gt;de facto &lt;/i&gt;en marge de la culture juridique fran&#231;aise : les &#171; sociologistes fran&#231;ais&#8230; se trompent &#233;trangement en se croyant hommes de progr&#232;s ; ils ne sont, qu'ils le sachent ou non, qu'ils en conviennent ou non, que des revenants du droit antique et des ren&#233;gats de 89 &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-126' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 143 et 157.' id='nh1-126'&gt;126&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Oppos&#233;es au lib&#233;ralisme, ces approches aboutissent &#224; valoriser &#171; le droit du plus Fort &#187;, lequel n'est que &#171; la n&#233;gation du droit dans ce qu'il a de plus &#233;l&#233;mentaire, dans son essence m&#234;me &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-127' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 145.' id='nh1-127'&gt;127&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, mais ne parviennent pas, estime Beudant, &#224; infl&#233;chir la tradition nationale : &#171; le pays reste invinciblement lib&#233;ral ; il l'est de temp&#233;rament, d'aspirations et par la tradition toujours vivante de 89 &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-128' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 167.' id='nh1-128'&gt;128&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;30. Si la plupart de nos civilistes ne sont pas aussi authentiquement lib&#233;raux que Beudant, le constat que dresse ce dernier n'est pas r&#233;cus&#233;. Durant la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., les juristes fran&#231;ais demeurent convaincus d'incarner le droit, la libert&#233; et la d&#233;mocratie, ce qui autorise par exemple E. Gaudemet, en 1904, &#224; juger que le B.G.B. ne r&#233;pond pas &#171; &#224; toutes les exigences d'un Etat d&#233;mocratique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-129' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes et la r&#233;vision du Code civil &#187;, Le (...)' id='nh1-129'&gt;129&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Les propos adress&#233;s par Larnaude aux &#233;tudiants am&#233;ricains au lendemain de la Grande guerre&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-130' class='spip_note' rel='footnote' title='Le 7 mars 1919, cf. l'avant-propos des Cours profess&#233;s &#224; la Facult&#233; de droit (...)' id='nh1-130'&gt;130&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; en sont une illustration parmi d'autres. Pour le doyen de la Facult&#233; de droit de Paris, la &#171; doctrine fran&#231;aise &#187; a &#171; toujours &#187; consist&#233; dans l'&#233;nonc&#233; d'id&#233;es &#171; les plus g&#233;n&#233;reuses, les plus id&#233;alistes, les plus conformes aux grandes id&#233;es de justice, de raison, d'&#233;quit&#233;, de droit individuel &#187; (et Larnaude de citer Oudot, Boistel, Renouvier, Tanon, Tissot, Charmont, Vareilles-Sommi&#232;res ou encore Beudant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-131' class='spip_note' rel='footnote' title='Larnaude dans : Les sciences juridiques, op. cit., p. 49. Les m&#234;mes auteurs (...)' id='nh1-131'&gt;131&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;). Et le m&#234;me de pr&#233;ciser un peu plus tard, au moment de l'&#233;laboration du &lt;i&gt;Projet franco-italien Code des obligations&lt;/i&gt;, que la tradition juridique fran&#231;aise place au c&#339;ur du Droit le souci de l'&#233;quit&#233;, de la justice et de l'humanit&#233;, qu'elle est anim&#233;e d'une forte tendance &#224; l'universalit&#233; et, enfin, qu'elle rejette la force comme fondement du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-132' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Larnaude, Rapport&#8230;, op. cit., p. 17.' id='nh1-132'&gt;132&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Quant &#224; Colin et Capitant, s'ils pr&#233;conisent dans les ann&#233;es Trente la r&#233;vision du Code civil, ils esp&#232;rent qu'elle saura conserver &#171; &#224; la pens&#233;e fran&#231;aise son r&#244;le s&#233;culaire d'&#233;mancipation du genre humain &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-133' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Colin et H. Capitant, Cours de droit civil fran&#231;ais, Paris, Dalloz, 1934, (...)' id='nh1-133'&gt;133&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;31. La culture juridique fran&#231;aise et latine serait donc d&#233;finie par son lib&#233;ralisme essentiel. Certes, certains auteurs reconnaissent l'&#233;volution qu'a connue le droit fran&#231;ais sous l'impulsion des id&#233;es nouvelles promues par la III&#232;me R&#233;publique. C'est le cas notamment de L. Josserand (&#171; l'&#233;volution bienfaisante s'est poursuivie sans rel&#226;che dans une m&#234;me direction : elle a &#233;t&#233; constamment sociale &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-134' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Josserand, &#171; Essai sur la propri&#233;t&#233; collective &#187;, Le Code civil 1804-1904, (...)' id='nh1-134'&gt;134&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), de E. Gaudemet, selon qui l'individualisme excessif h&#233;rit&#233; de la R&#233;volution s'att&#233;nue &#171; dans la moyenne du sentiment juridique contemporain &#187; (en 1904&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-135' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes&#8230; &#187;, art. pr&#233;cit., p. 978.' id='nh1-135'&gt;135&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), ou encore de A. Colin et H. Capitant, qui expliquent que la socialisation du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-136' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur ce th&#232;me, on consultera &#233;videmment les travaux de Fr. Audren, not. &#171; (...)' id='nh1-136'&gt;136&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; conduit &#224; &#233;largir le champ d'intervention de l'Etat &#171; surtout en vue de la protection des faibles et du redressement des in&#233;galit&#233;s naturelles &#187;, que cette extension est &#171; dans une certaine mesure &#187; contradictoire avec l'individualisme consacr&#233; par la R&#233;volution et par nos codes mais qu'elle doit &#234;tre accept&#233;e parce qu'elle est, finalement, &#171; conforme &#224; notre sentiment de la justice et aux tendances de plus en plus d&#233;mocratiques de notre soci&#233;t&#233; &#187; ; extension dont ils estiment qu'elle est appel&#233;e &#171; sinon &#224; renouveler de fond en comble, du moins &#224; &#233;largir consid&#233;rablement notre Droit naturel moderne et, par l&#224;, notre Droit positif &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-137' class='spip_note' rel='footnote' title='Cours &#233;l&#233;mentaire de droit civil, Paris, 1930, 6&#232;me &#233;d., I, p. (...)' id='nh1-137'&gt;137&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais une partie importante de la doctrine se charge, &#224; sa mani&#232;re, de limiter l'impact de cette socialisation, feignant parfois de l'incorporer &#224; sa propre r&#233;flexion pour mieux la d&#233;passer&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-138' class='spip_note' rel='footnote' title='La th&#233;orie de l'institution, d&#233;velopp&#233;e par G. Renard et appr&#233;ci&#233;e par G&#233;ny, (...)' id='nh1-138'&gt;138&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle affirme, &#233;galement, son attachement &#224; la notion de sujet de droit, parce que sa n&#233;gation, propos&#233;e notamment par Duguit, reviendrait &#224; &#171; supprimer toute id&#233;e de personnalit&#233; individuelle &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-139' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, &#171; Conception g&#233;n&#233;rale du droit dans l'&#339;uvre de R. Saleilles &#187;, art. (...)' id='nh1-139'&gt;139&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, y compris ceux qui, comme Josserand ou Saleilles, pr&#233;conisent la prise en compte du point de vue social et la conciliation des droits individuels avec ceux de la communaut&#233; par le moyen de la th&#233;orie de l'abus de droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-140' class='spip_note' rel='footnote' title='Rejeter le droit subjectif, n'est-ce pas nier le droit, comme l'explique (...)' id='nh1-140'&gt;140&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;32. Une conclusion para&#238;t donc pouvoir &#234;tre tir&#233; de tout cela : la mission du juriste ne se limite pas &#224; la seule exposition des r&#232;gles mais l'autorise &#233;galement &#224; les &#233;valuer ; raison pour laquelle, d'ailleurs, G&#233;ny l'invite &#224; accorder une place &#224; la m&#233;taphysique, &#224; laquelle il serait &#171; pu&#233;ril &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-141' class='spip_note' rel='footnote' title='Science et technique, op. cit., II, p. 358.' id='nh1-141'&gt;141&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, si bien que, contrairement au positivisme kels&#233;nien, il n'est pas question de rel&#233;guer la discussion du caract&#232;re juste ou injuste de ces r&#232;gles dans le domaine de la politique juridique. Mais alors que nos juristes rendent ainsi un hommage appuy&#233; &#224; l'id&#233;al de Justice ou au droit naturel, ils ne se servent de ce dernier qu'assez peu, par crainte ou par incapacit&#233; d'en pr&#233;ciser davantage le contenu. Apr&#232;s la Lib&#233;ration, le silence prudent gard&#233; par la plupart sur le droit vichyste est, de ce point de vue, &#233;loquent. S'il peut se comprendre de la part des civilistes issus des rangs de la R&#233;sistance, tel Julliot de la Morandi&#232;re, il ne doit pas masquer la contradiction dans laquelle ce droit a plac&#233; ceux qui ont d&#251; en pr&#233;senter le contenu ou l'appliquer&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-142' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la p&#233;riode : M. Fabre, &#171; La doctrine sous Vichy. Analyse syst&#233;matique des (...)' id='nh1-142'&gt;142&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Jusqu'alors contempteurs d'un positivisme &#233;troit au nom du Juste, c'est pourtant &#224; cette posture qu'ils pr&#233;tendent se limiter (sauf ceux, plus nombreux ou plus franchement du c&#244;t&#233; des publicistes, qui proclament la n&#233;cessit&#233; d'un jugement de valeur fond&#233; sur les principes du nouveau r&#233;gime&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-143' class='spip_note' rel='footnote' title='Il n'est que de rappeler les mots de R. Bonnard : &#171; A cette &#339;uvre de (...)' id='nh1-143'&gt;143&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) lorsqu'ils l'&#233;tudient. La plupart adoptent &#224; l'&#233;gard du droit positif une d&#233;marche d'observation / explication qu'ils disent plac&#233;e sous le signe de l'objectivit&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-144' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la question : D. Lochak, &#171; La doctrine sous Vichy&#8230; &#187;, art. pr&#233;cit., p. 266 (...)' id='nh1-144'&gt;144&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Au pire ils se montrent indiff&#233;rents aux cons&#233;quences qu'elle peut engendrer : G. Ripert vante ainsi l'objectivit&#233; des &lt;i&gt;Etudes&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;droit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;allemand&lt;/i&gt; qu'il pr&#233;face en plein conflit, expliquant que le juriste, comme homme de science, peut &#171; &lt;i&gt;se d&#233;sint&#233;resser des cons&#233;quences pratiques de ses &#233;tudes&lt;/i&gt; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-145' class='spip_note' rel='footnote' title='Paris, L.G.D.J., 1943.' id='nh1-145'&gt;145&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Au mieux ils trouvent refuge dans une rassurante neutralit&#233; (qu'ils d&#233;passent tout de m&#234;me parfois, par exemple lorsqu'ils estiment &#171; naturel &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-146' class='spip_note' rel='footnote' title='Telle est l'opinion de E.-H. Perreau dans sa seconde &#233;tude sur le statut des (...)' id='nh1-146'&gt;146&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; que l'autorit&#233; publique &#233;carte certains individus -les Juifs- de certaines fonctions, en raison des qualit&#233;s morales ou du comportement atavique qui leur sont pr&#234;t&#233;s). En guise de justification, il suffira d'&#233;crire, apr&#232;s guerre, que quels que soient ses pr&#233;suppos&#233;s, il n'est pas possible au juriste d'emp&#234;cher que le droit positif soit, &#224; un moment donn&#233;, injuste&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-147' class='spip_note' rel='footnote' title='Telle est la ligne de d&#233;fense qui ressort notamment de G. Ripert, Les forces (...)' id='nh1-147'&gt;147&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;33. La Lib&#233;ration, parce que la guerre qui vient de s'achever est pr&#233;sent&#233;e comme un affrontement entre deux conceptions politiques, donc deux conceptions juridiques, s'av&#232;re, sur ce point, un moment crucial. La vision allemande ayant sombr&#233; avec la d&#233;faite militaire du Reich, on annonce (mais sans grande lucidit&#233;) la victoire des conceptions fran&#231;aises&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-148' class='spip_note' rel='footnote' title='On pr&#233;dit l'effondrement de l'Allemagne, la disparition de la science des &#171; (...)' id='nh1-148'&gt;148&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le b&#226;tonnier Charpentier, Pr&#233;sident de l'Association H. Capitant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-149' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. 114.' id='nh1-149'&gt;149&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, continue alors de la caract&#233;riser par des &#233;l&#233;ments de fond : p&#233;tri de l'id&#233;e que le droit n'est pas une simple technique, que les juristes ne sont pas &#171; des auteurs de manuels de recettes, destin&#233;s &#224; fournir des proc&#233;dures aux plaideurs ou des pr&#233;textes honorables aux gouvernements &#187;, il affirme la conviction que toute doctrine juridique repose sur &#171; une certaine philosophie et sur une certaine morale &#187;, ce qui rejoint le point de vue de Niboyet, selon lequel la culture juridique fran&#231;aise est celle qui privil&#233;gie le &#171; point de vue philosophique &#187; sur les &#171; points de vue &#233;trangers plus utilitaires &#187; et se place volontiers sur le terrain moral&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-150' class='spip_note' rel='footnote' title='A propos du droit de la responsabilit&#233;, Trav. de l'Association H. Capitant, (...)' id='nh1-150'&gt;150&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. C'est ainsi d'ailleurs qu'est pr&#233;sent&#233;e l'&#339;uvre de G. Ripert : Roubier, dans son compte-rendu sur &lt;i&gt;Les forces cr&#233;atrices&lt;/i&gt;, insiste sur le fait que la pens&#233;e de Ripert exprime parfaitement la tradition fran&#231;aise qui consiste &#224; assigner &#224; la r&#232;gle de droit un fondement moral, donc &#224; d&#233;passer le positivisme froid&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-151' class='spip_note' rel='footnote' title='Revue internationale de droit compar&#233;, 1955, vol. 7, pp. 877-878.' id='nh1-151'&gt;151&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On souligne &#233;galement que, jusqu'&#224; la fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., cette philosophie et cette morale seraient rest&#233;es marqu&#233;es par le legs du droit romain, du christianisme et de la R&#233;volution de 1789 : elles se singulariseraient par la place fondamentale qu'elles accordent &#224; l'individu. X. Janne&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-152' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, p. 112.' id='nh1-152'&gt;152&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, pr&#233;sident du groupe belge de l'Association Capitant, confirme : la culture juridique fran&#231;aise incarne le lib&#233;ralisme des Lumi&#232;res et de la R&#233;volution de 1789, donc le respect de l'individu, garantie de son libre d&#233;veloppement, mais aussi le respect du contrat (&#171; &#224; l'encontre des id&#233;ologies qui n'on plus de protection que pour les d&#233;biteurs &#187;), la croyance dans le Droit contre &#171; l'insolence affirm&#233;e du dieu de la force brutale et aveugle &#187; (insolence allemande !) ; elle consiste, enfin, dans une &#171; certaine mani&#232;re d'enseigner les sciences juridiques et d'&#233;crire &#224; leur sujet qu'Aubry et Rau, puis tant d'autres&#8230; ont d&#233;finitivement impos&#233;e &#187; (en oubliant que la m&#233;thode d'exposition d'Aubry et Rau a &#233;t&#233; emprunt&#233;e &#224; un Allemand !). Bref, elle se d&#233;finit aussi bien par son contenu (un ensemble de valeurs) que par sa forme, par l'approche intellectuelle de ses objets. Cette &#171; conception traditionnelle fran&#231;aise &#187;, que les id&#233;es du tournant des XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. (l'individu n'est sujet de droit qu'autant qu'il est membre d'une communaut&#233; sociale qui, seule, cr&#233;e du droit) ont tent&#233; de battre en br&#232;che, y compris par la force et les armes (Allemagne), doit &#234;tre maintenue et prot&#233;g&#233;e. Il faut, comme l'affirme Charpentier, substituer au &#171; syst&#232;me hypocrite et brutal &#187; qui a engendr&#233; &#171; l'oppression de l'individu &#187; et les d&#233;sastres de la guerre, c'est-&#224;-dire le syst&#232;me allemand, &#171; ce respect de la personne, cet humanisme sur lequel est fond&#233;e notre civilisation &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-153' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 32.' id='nh1-153'&gt;153&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;34. Pour de nombreux juristes, il s'agit donc de consolider une conception plus individualiste et lib&#233;rale du droit, ce qui montre que l'affirmation d'une approche sp&#233;cifique du droit r&#233;pond le plus souvent &#224; un souci id&#233;ologique, qui para&#238;t cependant assez &#233;loign&#233; des orientations nouvelles du droit positif (mise en place de la S&#233;curit&#233; sociale) et de l'organisation &#233;conomique (planification). Puisque la victoire des Alli&#233;s n'assure pas, &#224; elle seule, le regain de cet humanisme, et m&#234;me s'ils se d&#233;fendent de toute propagande, plusieurs membres de l'Association Capitant d&#233;veloppent ainsi, derri&#232;re le dialogue ou la m&#233;thode, un programme de fond : prot&#233;ger le droit civil comme espace de la libert&#233; individuelle, &#233;viter sa publicisation, son &#233;tatisation, ou encore ce que certains appellent le &#171; totalitarisme &#233;tatique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-154' class='spip_note' rel='footnote' title='C'est l&#224; une mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; l'expansion du droit public, que nos (...)' id='nh1-154'&gt;154&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. R. Savatier&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-155' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 163. On trouve le m&#234;me constat (en r&#233;alit&#233; une p&#233;tition de principe) (...)' id='nh1-155'&gt;155&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; r&#233;sume parfaitement ce programme : le droit civil doit demeurer un droit o&#249; l'homme est l'homme, &#171; &#339;uvre de l'homme &#187;, destin&#233; &#171; &#224; la protection et au libre d&#233;veloppement de l'homme &#187;. Pour cela, il convient de confier aux tribunaux judiciaires le r&#232;glement des conflits entre la libert&#233; individuelle et &#171; ce que l'on consid&#232;re un peu, souvent &lt;i&gt;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;priori&lt;/i&gt;, comme l'int&#233;r&#234;t social &#187;, de m&#234;me qu'il faut tenter d'endiguer le flot des nationalisations, comme le souhaite Hamel. Plus radicalement, G. Ripert veut mettre le droit priv&#233; &#224; l'abri d'une nouvelle &#171; invasion, peut-&#234;tre suivie d'une occupation &#187;, du droit public parce que la publicisation n'est que l'antichambre de la socialisation du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-156' class='spip_note' rel='footnote' title='G. Ripert, Le d&#233;clin du droit, op. cit., not. le chap. II Tout devient droit (...)' id='nh1-156'&gt;156&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, comme si le droit priv&#233; n'&#233;tait pas seulement une technique mais aussi une substance, d&#233;finie par un contenu sp&#233;cifique et intangible (le droit priv&#233; comme champ d'action de l'autonomie individuelle) et comme si la culture juridique &#233;tait l'expression d'une id&#233;ologie. En enracinant la culture juridique fran&#231;aise dans une forme de lib&#233;ralisme (con&#231;u de mani&#232;re souple et souvent conservatrice), c'est le d&#233;veloppement de l'id&#233;e de solidarit&#233; que nos juristes tentent d'endiguer.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Une culture juridique, pour quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;35. A quelles fins ces juristes s'&#233;vertuent-ils &#224; identifier une culture juridique fran&#231;aise ? Sans doute au moins pour deux raisons, selon que l'on se situe sur le plan interne ou sur le plan international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A. Au plan interne&lt;/p&gt; &lt;p&gt;36. La notion de &lt;i&gt;culture&lt;/i&gt; &lt;i&gt;juridique&lt;/i&gt; fonctionne comme un outil de l&#233;gitimation. Puisqu'elle exprime la mani&#232;re de produire des r&#232;gles, des institutions, des techniques, puisqu'elle leur sert de point d'appui, le fait d'inscrire une telle pratique, technique ou institution dans le champ culturel revient &#224; en assurer la protection et la prosp&#233;rit&#233; tandis que, au contraire, ne pas l'int&#233;grer explicitement, c'est lui d&#233;nier sa valeur (quand bien m&#234;me il s'agirait v&#233;ritablement d'une sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise). Contre le mod&#232;le allemand&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-157' class='spip_note' rel='footnote' title='On peut songer &#224; la passe d'armes qui eut lieu entre J. Bonnecase et L. (...)' id='nh1-157'&gt;157&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, la doctrine fran&#231;aise culturalise ainsi sa conception de l'acte juridique (emprunt&#233;e au droit romain classique) comme rencontre n&#233;cessaire d'au moins deux consentements, c'est-&#224;-dire comme acte bilat&#233;ral dans sa formation, parce qu'elle correspond non pas tant aux besoins &#233;conomiques qu'&#224; l'enseignement traditionnel des juristes fran&#231;ais depuis l'Ancien r&#233;gime. Il n'est que de se rappeler la position de Planiol&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-158' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple : Tr. &#233;l&#233;mentaire de droit civil, Paris, L.G.D.J., 1906, 4&#232;me (...)' id='nh1-158'&gt;158&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., ou les d&#233;bats auxquels a donn&#233; lieu la question de l'engagement unilat&#233;ral de volont&#233; au sein de la commission de r&#233;vision du Code civil mise en place &#224; la Lib&#233;ration, la doctrine dominante n'h&#233;sitant d'ailleurs pas &#224; exag&#233;rer l'opposition entre ce que A. Rieg a appel&#233; le &lt;i&gt;subjectivisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt;capricieux&lt;/i&gt; du droit fran&#231;ais et l'&lt;i&gt;objectivisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt;arbitraire&lt;/i&gt; du droit allemand&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-159' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Rieg, Le r&#244;le de la volont&#233; dans l'acte juridique en droit civil fran&#231;ais (...)' id='nh1-159'&gt;159&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;37. C'est ainsi aussi qu'elle identifie le contrat &#224; un &lt;i&gt;produit&lt;/i&gt; de ces volont&#233;s ; produit qu'elle souhaite placer, pour l'essentiel, &#224; l'abri des interventions ext&#233;rieures. Au nom d'une certaine conception du respect de la parole donn&#233;e, elle limite la prise en compte de la l&#233;sion (dont le &lt;i&gt;Projet franco-italien&lt;/i&gt; voulait quand m&#234;me faire une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale) et de l'impr&#233;vision. L'attachement visc&#233;ral dont fait montre une grande partie de la doctrine &#224; l'&#233;gard de la notion d'autonomie de la volont&#233;, m&#234;me ramen&#233;e &#224; une signification &lt;i&gt;faible &lt;/i&gt;(effet obligatoire du contrat), le prouve assez. De m&#234;me, lutter contre l'Allemagne, c'est combattre l'abus des droits, que le BGB a consacr&#233; en permettant au juge de chercher les limites objectives &#224; l'exercice des droits d'apr&#232;s les m&#339;urs, l'&#233;quit&#233; et son appr&#233;ciation des n&#233;cessit&#233;s des rapports sociaux. Dernier exemple : dans les pays &#171; de race latine, au temp&#233;rament tr&#232;s individualiste &#187;, la notion de propri&#233;t&#233; priv&#233;e ne saurait &#234;tre m&#233;connue.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;38. Inversement, on refuse parfois d'int&#233;grer dans l'horizon de la culture juridique fran&#231;aise des techniques ou des solutions juridiques pourtant &#233;prouv&#233;es. Le cas de la responsabilit&#233; objective du fait des choses &#233;labor&#233;e par la jurisprudence &#224; partir du premier alin&#233;a de l'art. 1384 C.civ. illustre bien une telle pratique : alors que l'id&#233;e m&#234;me d'une clause g&#233;n&#233;rale de responsabilit&#233; du fait des choses est inconnue des autres droits continentaux et du &lt;i&gt;common&lt;/i&gt; &lt;i&gt;law&lt;/i&gt;, personne ou presque ne songe &#224; voir en elle un &#233;l&#233;ment typique ou topique de la culture juridique fran&#231;aise. La raison est simple : la doctrine civiliste, qui d&#233;cr&#232;te ce qui rel&#232;ve ou non de cette culture, n'est pas en g&#233;n&#233;ral favorable au r&#233;gime juridique mis en place par les juges. A quelques exceptions pr&#232;s (Saleilles, Josserand), elle cherche par tous les moyens &#224; ramener cette cause de responsabilit&#233; dans le cadre connu et &#233;prouv&#233; de la faute classique. La r&#233;sistance dont font preuve de nombreux juristes fran&#231;ais &#224; l'&#233;gard d'une d&#233;finition du droit subjectif comme int&#233;r&#234;t juridiquement prot&#233;g&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-160' class='spip_note' rel='footnote' title='Sauf, au moins, M. Planiol, n&#176; 2 et H. Capitant (Introduction &#224; l'&#233;tude du (...)' id='nh1-160'&gt;160&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, propos&#233;e en Allemagne par Ihering, illustre aussi l'effet d&#233;l&#233;gitimant que produit le refus d'inscrire une notion dans la culture juridique nationale, de sorte que le droit subjectif reste per&#231;u comme une pr&#233;rogative du sujet&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-161' class='spip_note' rel='footnote' title='Julliot de la Morandi&#232;re, Droit civil&#8230;, op. cit., I, n&#176; 24.' id='nh1-161'&gt;161&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De m&#234;me, la volont&#233; unilat&#233;rale, la &lt;i&gt;culpa in contrahendo&lt;/i&gt; et l'acte abstrait de transfert sont-ils consid&#233;r&#233;s comme des notions typiques du droit allemand, fruits d'une conception particuli&#232;re du droit, qu'il ne faut pas transposer en droit fran&#231;ais, tout comme d'ailleurs le &lt;i&gt;trust &lt;/i&gt;anglais. Quant &#224; la classification des personnes &#233;nonc&#233;e dans le B.G.B., elle constitue rien de moins qu'une &#171; faute lourde &#187;, sans doute parce qu'elle ne correspond pas &#224; &#171; nos traditions fran&#231;aises et latines &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-162' class='spip_note' rel='footnote' title='G. de Vareilles-Sommi&#232;res dans sa Lettre ouverte &#224; la Commission de r&#233;vision (...)' id='nh1-162'&gt;162&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Enfin, ce refus de consid&#233;rer comme culturellement fran&#231;aise une technique juridique peut &#233;galement s'&#233;tendre &#224; des pens&#233;es ou des hommes. Il s'agit alors non plus seulement de critiquer les constructions doctrinales d'un auteur, mais de les disqualifier purement et simplement. L'attitude de J. Bonnecase &#224; l'&#233;gard de R. Saleilles para&#238;t r&#233;v&#233;latrice d'une telle tentation : bien qu'il s'en d&#233;fende (en citant Thaler : &#171; surtout, qu'on ne lui reproche pas son germanisme ! &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-163' class='spip_note' rel='footnote' title='Avant-propos &#224; L'&#339;uvre juridique de R. Saleilles, Paris, 1912, p. (...)' id='nh1-163'&gt;163&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et en protestant du fait que &#171; Saleilles ait jamais reni&#233; le g&#233;nie fran&#231;ais &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-164' class='spip_note' rel='footnote' title='J. Bonnecase, Science du droit.., op. cit., p. 601.' id='nh1-164'&gt;164&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), il r&#233;duit Saleilles &#224; un simple commentateur du droit allemand, en affirmant que sa notori&#233;t&#233; ne repose que sur deux ouvrages &#171; dont le droit allemand lui a fourni la substance &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-165' class='spip_note' rel='footnote' title='Il vise : Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation d'apr&#232;s le projet de Code (...)' id='nh1-165'&gt;165&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, &#224; un admirateur excessif et irraisonn&#233; de la culture juridique allemande, lui attribuant le m&#234;me r&#244;le que G. de Mme Sta&#235;l au d&#233;but du si&#232;cle : il est celui qui a le plus fait pour la p&#233;n&#233;tration en France du mysticisme allemand, ce qui expliquerait le succ&#232;s tr&#232;s relatif &#224; ses yeux de ses propositions.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;B. Le plan international&lt;/p&gt; &lt;p&gt;39. Culturaliser des mani&#232;res de penser permet donc de baliser le terrain et de distribuer les comp&#233;tences entre les aires g&#233;ographiques. Au-del&#224; de l'opposition des mod&#232;les, il s'agit de situer l'offre fran&#231;aise de droit sur le march&#233; international o&#249; sont mis en concurrence les divers syst&#232;mes juridiques. Mieux : l'identification d'une culture juridique permet de soutenir le droit national qu'elle produit dans sa comp&#233;tition avec les autres syst&#232;mes juridiques et d'&#233;laborer une taxinomie desdits syst&#232;mes. Car si la III&#232;me R&#233;publique est bien un moment d'ouverture du droit, par le d&#233;veloppement du droit international et du droit compar&#233;, celle-ci &#171; se fait dans l'exaltation du droit national &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-166' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Stora-Lamarre, &#171; La guerre au nom du droit &#187;, Revue d'histoire du XIX&#232; (...)' id='nh1-166'&gt;166&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;1) La comp&#233;tition des droits&lt;/font&gt;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;40. Le programme des &lt;i&gt;leading&lt;/i&gt; &lt;i&gt;civilists&lt;/i&gt; pourrait &#234;tre r&#233;sum&#233; en deux points : ne plus chercher en Allemagne les mat&#233;riaux d'une reconstruction du droit fran&#231;ais et exacerber les sp&#233;cificit&#233;s du droit fran&#231;ais au point d'en faire l'arch&#233;type d'une culture particuli&#232;re, la culture latine, de laquelle l'Allemagne &#233;videmment ne participerait pas. Si en effet, &#224; la charni&#232;re des XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt;-XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., on cherche parfois outre-Rhin de nouvelles techniques (on peut penser &#224; la tentative de Josserand d'acclimater en droit fran&#231;ais, pour combler les lacunes de la th&#233;orie de l'indivision, trop individualiste, la &lt;i&gt;Gesammte&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Hand&lt;/i&gt; ou propri&#233;t&#233; en main commune)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-167' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple, la propri&#233;t&#233; en main commune, &#233;tudi&#233;e par Josserand dans le Livre (...)' id='nh1-167'&gt;167&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ou les mat&#233;riaux propres &#224; stimuler, en France, de nouvelles interpr&#233;tations ou &#224; &lt;i&gt;rajeunir&lt;/i&gt;, selon le mot de Saleilles, les conceptions doctrinales&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-168' class='spip_note' rel='footnote' title='Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation&#8230;, op. cit., pr&#233;f., p. VIII. (...)' id='nh1-168'&gt;168&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, l'Allemagne, son droit et son rayonnement apparaissent par la suite plut&#244;t comme des probl&#232;mes, auxquels les deux guerres mondiales donneront une acuit&#233; toute particuli&#232;re. D&#232;s 1904, E. Gaudemet pr&#233;sente le programme qui sera suivi par la doctrine dominante : reconna&#238;tre les lacunes du Code fran&#231;ais par rapport au B.G.B. sans pour autant pr&#233;coniser sa r&#233;vision g&#233;n&#233;rale, dans la mesure o&#249; des &#171; institutions traditionnelles du droit national &#187; peuvent parfaitement, gr&#226;ce &#224; la souplesse de l'interpr&#233;tation doctrinale et jurisprudentielle, rendre des services &#233;quivalents &#224; ceux des techniques allemandes nouvelles&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-169' class='spip_note' rel='footnote' title='Plus radicalement, A. Esmein (&#171; La jurisprudence et la doctrine &#187;, R.TD.Civ. (...)' id='nh1-169'&gt;169&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Par exemple, il n'est pas indispensable de consacrer l&#233;gislativement la technique allemande de la reprise de dette, parce que la d&#233;l&#233;gation passive et la stipulation pour autrui permettent de parvenir au m&#234;me r&#233;sultat. Autres exemples : la reconnaissance d'une soci&#233;t&#233; tacite entre les copropri&#233;taires permettrait de suppl&#233;er l'absence, en droit fran&#231;ais, de la technique allemande de la propri&#233;t&#233; en main commune, de m&#234;me qu'il est possible d'expliquer certaines solutions juridiques en mati&#232;re d'engagements &#171; sans abandonner les id&#233;es classiques &#187; au profit de la notion allemande de d&#233;claration de volont&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-170' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes&#8230; &#187;, art. pr&#233;cit., p. 973.' id='nh1-170'&gt;170&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. On pr&#233;tend m&#234;me que l'&#233;volution des id&#233;es g&#233;n&#233;rales (par exemple la socialisation des droits) peut se r&#233;aliser sans modification l&#233;gislative, par des interpr&#233;tations nouvelles, notamment, de l'article 1382 C.Civ. (pour l'abus des droits)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-171' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 980.' id='nh1-171'&gt;171&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Gaudemet conclut ainsi son &#233;tude sur la r&#233;vision du Code civil : &#171; le droit priv&#233; en France n'a pas besoin d'un Code nouveau &#187;, &#224; la condition que &#171; la science renouvel&#233;e de l'interpr&#233;tation &#187; sache faire &#171; circuler sous l'&#233;corce antique la s&#232;ve vivifiante &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-172' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 986.' id='nh1-172'&gt;172&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;41. Avec la Grande Guerre, cette tendance au repli sur les institutions nationales s'&#233;panouit davantage encore. Elle est aliment&#233;e, dans ce contexte si particulier, par la critique du g&#233;nie allemand (&#171; rigorisme logique, brutalit&#233; et id&#233;alisme &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-173' class='spip_note' rel='footnote' title='Aguilera, Th. pr&#233;cit., p. 381.' id='nh1-173'&gt;173&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), dont on dit qu'il a tort d'afficher sa pr&#233;tention &#171; de repr&#233;senter ou de condenser l'esprit g&#233;n&#233;ral de l'humanit&#233; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-174' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 379.' id='nh1-174'&gt;174&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, alors que, rappelle Larnaude&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-175' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans : Les sciences juridiques&#8230;, op. cit., p. 20.' id='nh1-175'&gt;175&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, il ne saurait y avoir d'h&#233;g&#233;monie scientifique dans le droit, pas plus qu'il ne doit en exister une sur le plan politique. La &#171; mani&#232;re fran&#231;aise &#187; d'utiliser les apports juridiques des autres pays montre d'ailleurs selon lui combien la France adopte une attitude plus ouverte : si elle &#171; a pr&#234;t&#233; et pr&#234;te encore beaucoup &#187;, elle &#171; emprunte &#187; aussi et ne &#171; pr&#233;tend imposer une direction exclusive et tyrannique au droit ni aux institutions d'aucune nation &#187; (&#171; il n'y a pas de peuple moins exclusif dans ses opinions m&#234;me juridiques, bien que son patrimoine propre dans cet ordre de faits et d'id&#233;es ne soit pas le moins riche, que le peuple fran&#231;ais &#187;). Le contexte politique (nous sommes en 1916) p&#232;se ici, &#233;videmment, de tout son poids et explique la conclusion en forme d'avertissement que Larnaude donne &#224; son &#233;tude sur la contribution de la science juridique fran&#231;aise au &#171; patrimoine commun des peuples civilis&#233;s &#187; : &#171; Nous d&#233;sirons rendre justice &#224; chacun, aux petits peuples comme aux grands&#8230; une h&#233;g&#233;monie intellectuelle ou morale serait aussi odieuse qu'une h&#233;g&#233;monie mat&#233;rielle dans le concert des nations qui doit rester libre pour &#234;tre f&#233;cond &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-176' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 58.' id='nh1-176'&gt;176&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Apr&#232;s la guerre, le p&#232;re lyonnais du comparatisme, Ed. Lambert, estime lui aussi que l'influence allemande doit &#234;tre combattue et qu'il faut rappeler aux Anglo-am&#233;ricains, qui tendent &#224; consid&#233;rer le B.G.B. comme &#171; la derni&#232;re expression de la pens&#233;e juridique continentale &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-177' class='spip_note' rel='footnote' title='Selon l'expression qu'il emprunte &#224; R.-W. Lee, Harvard Review, XXX, p. (...)' id='nh1-177'&gt;177&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, que les &#171; codifications latines &#187; ne sont pas des &#171; &#233;tapes d&#233;pass&#233;es &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-178' class='spip_note' rel='footnote' title='Ed. Lambert, L'Institut de droit compar&#233;, son programme, ses m&#233;thodes (...)' id='nh1-178'&gt;178&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. D'ailleurs, si le B.G.B. est per&#231;u, en ce d&#233;but de XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s., comme le &lt;i&gt;nec plus ultra &lt;/i&gt;de la codification, faisant p&#226;lir le vieux Code civil des Fran&#231;ais, la faute n'en revient-elle pas, dans une certaine mesure, &#224; la doctrine fran&#231;aise elle-m&#234;me, qui encourt le reproche d'avoir relay&#233; trop facilement la &#171; propagande &#187; allemande en se &#171; pliant trop avec trop de complaisance aux rites et aux modes de l'&#233;rudition germanique &#187;, oubliant du coup de lutter pour &#171; l'avortement des efforts faits par l'Allemagne pour &#233;tablir son h&#233;g&#233;monie scientifique dans les compartiments juridiques de la science &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-179' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 6.' id='nh1-179'&gt;179&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ? La critique vise &#233;videmment Saleilles, peut-&#234;tre aussi G&#233;ny, et c'est pourquoi E. Gaudemet, dans le &lt;i&gt;Recueil d'&#233;tudes sur les sources du droit &lt;/i&gt;offert &#224; Fr. G&#233;ny en 1934, cherche &#224; d&#233;douaner le premier de toute responsabilit&#233; : Saleilles &#171; &#233;chappe au reproche de germanisme, qu'on lui a injustement adress&#233; &#187;, parce qu'il n'a &#171; jamais cherch&#233;, sous pr&#233;texte de comparatisme, &#224; d&#233;tourner l'esprit juridique fran&#231;ais de la ligne normale et droite de son d&#233;veloppement national, pour l'engager dans les chemins de la pens&#233;e allemande, ou pour le subordonner &#224; aucune direction &#233;trang&#232;re &#187; : ce qui revient &#224; affirmer le cadre n&#233;cessairement national de l'&#233;volution du droit, en contradiction peut-&#234;tre avec les vis&#233;es de Saleilles (G&#233;ny n'indique-t-il pas d'ailleurs que son &lt;i&gt;Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation &lt;/i&gt;fond&#233;e sur l'&#233;tude du premier projet de Code civil allemand &#171; tendait &#224; modifier, parfois &#224; bouleverser ou supplanter les conceptions classiques issues du droit romain et tenues jusqu'alors en honneur &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-180' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, &#171; L'&#233;volution de la pens&#233;e juridique&#8230; &#187;, art. pr&#233;cit., p. (...)' id='nh1-180'&gt;180&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ?) et s&#251;rement avec l'objectif du comparatisme de Lambert. Il n'en demeure pas moins que, &#224; la Lib&#233;ration, la g&#233;n&#233;ration des juristes (du moins certains d'entre eux) des ann&#233;es 1890-1900 est toujours accus&#233;e de s'&#234;tre mise, &#224; l'exemple de Saleilles, &#171; dans une large mesure &#224; l'&#233;cole de la doctrine allemande &#187; pour y d&#233;couvrir des th&#233;ories g&#233;n&#233;rales (sur les personnes, les actes juridiques, l'exercice des droits) que le Code fran&#231;ais, sans les exprimer formellement, est pourtant cens&#233; contenir d&#233;j&#224; implicitement&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-181' class='spip_note' rel='footnote' title='D'apr&#232;s Ancel, qui oublie d'ailleurs que Bufnoir et Saleilles se sont montr&#233;s (...)' id='nh1-181'&gt;181&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;42. Quoi qu'il en soit, apr&#232;s la Lib&#233;ration, la victoire des Alli&#233;s appara&#238;t &#224; la doctrine fran&#231;aise l'occasion de rem&#233;dier &#224; ce qu'elle per&#231;oit comme une perte d'influence&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-182' class='spip_note' rel='footnote' title='Perte d'influence que C. Crome, Professeur &#224; Bonn, &#233;voquait dans un hommage (...)' id='nh1-182'&gt;182&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, voire un repli fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-183' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit. : &#171; la langue fran&#231;aise, (...)' id='nh1-183'&gt;183&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. L'heure est venue pour la France &#171; d'exercer dans tous les pays du monde une influence semblable &#224; celle qu'elle avait pu exercer pendant toute la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&#232; si&#232;cle. &#187;, d&#233;clare par exemple Niboyet&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-184' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 36.' id='nh1-184'&gt;184&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il est donc temps de lutter contre la cause de ce d&#233;clin, &#224; savoir la diffusion d'autres cultures, qui &#224; leur tour se sont lanc&#233;es &#171; &#224; la conqu&#234;te du monde &#187;, principalement, en fait, la &#171; culture germanique &#187;. C'est dans ce contexte que l'on croit favorable que l'Association H. Capitant, cr&#233;&#233;e avant guerre (en 1934 sous le nom : &lt;i&gt;Association des juristes de langue fran&#231;aise&lt;/i&gt;), est appel&#233;e &#224; &#171; rendre de tr&#232;s grands services au pays &#187; en permettant &#224; la France de &#171; reprendre une place qu'elle a perdue &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-185' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 30-31.' id='nh1-185'&gt;185&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les cultures juridiques ne sont-elles pas des marchandises que leurs &#171; repr&#233;sentants &#187; (&lt;i&gt;sic &lt;/i&gt; !) sont charg&#233;s de d&#233;fendre ? N'existe-t-il pas, comme l'affirme Niboyet, des &#171; march&#233;s juridiques &#187;, intellectuels, &#224; c&#244;t&#233; des &#171; march&#233;s commerciaux &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-186' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 36.' id='nh1-186'&gt;186&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ? Et, m&#234;me si certains des membres de l'Association s'en d&#233;fendent, notamment X. Janne (qui se veut rassurant : l'Association Capitant n'est pas une association &#171; de propagande &#8216;imp&#233;rialiste'&#8230; elle n'est pas attach&#233;e au service de la propagande &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-187' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 112.' id='nh1-187'&gt;187&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), beaucoup n'h&#233;sitent pas &#224; souligner qu'il s'agit non seulement de &lt;i&gt;faire&lt;/i&gt; &lt;i&gt;conna&#238;tre&lt;/i&gt; la culture juridique fran&#231;aise mais de &#171; montrer sa sup&#233;riorit&#233; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-188' class='spip_note' rel='footnote' title='J.-P. Niboyet (Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. 38). (...)' id='nh1-188'&gt;188&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;43. Les moyens ? D'une part, faire reconna&#238;tre l'&#233;minence de la culture juridique fran&#231;aise&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-189' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946, op. cit., p. 38.' id='nh1-189'&gt;189&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; &#224; l'ext&#233;rieur, tout en se d&#233;fendant, selon les mots de son Pr&#233;sident le b&#226;tonnier Charpentier, de toute propagande (&#171; nous ne venons pas ici, sous l'inspiration d'un nationalisme &#233;troit, pr&#233;tendre &#224; je ne sais quelle sup&#233;riorit&#233; de culture ; nous ne faisons pas &#339;uvre de propagande &#187;, terme qui lui para&#238;t &#171; une des inventions les plus n&#233;fastes du dernier demi-si&#232;cle &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-190' class='spip_note' rel='footnote' title='Pourtant, l'Association H. Capitant, du moins &#224; ses d&#233;buts, para&#238;t bien offrir (...)' id='nh1-190'&gt;190&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;). Or la culture juridique fran&#231;aise ne pourrait-elle pas trouver dans un Code civil r&#233;vis&#233; un nouvel outil de sa propagation, on pourrait m&#234;me dire, avec Niboyet, un nouvel instrument de la &#171; propagande juridique fran&#231;aise &#187; ? La plupart de nos auteurs en sont convaincus et c'est la raison pour laquelle l'Association H. Capitant, d&#232;s 1945, incite le Gouvernement fran&#231;ais &#224; mettre en place une commission de r&#233;vision du Code civil, &#224; laquelle Julliot de la Morandi&#232;re, vice-pr&#233;sident de l'Association, prendra une part importante&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-191' class='spip_note' rel='footnote' title='Part importante qu'il doit &#233;galement &#224; son attitude pendant l'Occupation.' id='nh1-191'&gt;191&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; : il faut refondre le Code civil pour reconqu&#233;rir le monde, ce qui est une mani&#232;re de reconna&#238;tre que la production doctrinale &lt;i&gt;stricto sensu &lt;/i&gt;n'est pas le seul vecteur de diffusion d'une culture juridique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;44. D'autre part, ne pas n&#233;gliger pour autant l'&#171; activit&#233; interne &#187;, c'est-&#224;-dire celle qui consiste &#224; contribuer au d&#233;veloppement de la culture juridique fran&#231;aise &#171; dans ses sources &#187;, par un travail de r&#233;flexion sur l'ordre juridique fran&#231;ais lui-m&#234;me, de mise &#224; l'&#233;tude de certains probl&#232;mes fondamentaux du Droit pour mieux affronter, &#224; l'ext&#233;rieur, la discussion avec les autres syst&#232;mes juridiques en montrant la &#171; virtualit&#233; d'&#233;volution du droit fran&#231;ais &#187;. C'est l&#224; une mani&#232;re, souligne Niboyet, de &#171; servir la culture juridique fran&#231;aise &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-192' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 38.' id='nh1-192'&gt;192&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; c'est l&#224; aussi une fa&#231;on de dire que s'int&#233;resser &#224; la culture juridique, c'est exposer, voire exporter un mod&#232;le, mais c'est aussi &lt;i&gt;&#233;laborer&lt;/i&gt; ce mod&#232;le en se pla&#231;ant &#171; essentiellement sur le terrain des hauts sommets juridiques &#187; (ce que Niboyet appelle un &#171; but culturel &#187;) et non pas en &#233;tudiant sp&#233;cialement quelques probl&#232;mes de droit concrets (t&#226;che dont s'occupent d&#233;j&#224; la Soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes l&#233;gislatives ou la Soci&#233;t&#233; de l&#233;gislation compar&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;2) Une taxinomie des syst&#232;mes juridiques&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p&gt;45. Peut-on inclure la France et l'Allemagne dans un m&#234;me groupe de familles juridiques ? Ont-elles pour cela suffisamment de points communs ? Tous nos auteurs sont d'accord sur un point : si la distinction entre le droit fran&#231;ais et le droit anglais peut &#234;tre fond&#233;e sur l'importance que chacun d'eux accorde ou non &#224; telle ou telle source de droit (jurisprudence, coutume), ce crit&#232;re n'est pas op&#233;rant s'agissant d'une comparaison du droit fran&#231;ais avec le droit allemand, puisqu'il s'agit de deux droits codifi&#233;s. En cons&#233;quence, c'est plut&#244;t vers l'approche conceptuelle des droits, la question de la place et de la fonction du Droit dans l'ordre social (de quel type de soci&#233;t&#233; est-il porteur ?) qu'il faut se tourner. C'est l&#224; que les divergences apparaissent entre ceux que l'on peut qualifier de v&#233;ritablement comparatistes et les autres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;46. Pour les premiers, les disparit&#233;s ne sont pas si fondamentales qu'elles doivent emp&#234;cher le regroupement des syst&#232;mes juridiques fran&#231;ais et allemand dans le m&#234;me groupe. Par exemple, si l'&#233;quipe mandat&#233;e par la Soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes l&#233;gislatives pour traduire le B.G.B. estime qu'il existe un &#171; esprit allemand &#187;, il n'emp&#234;che que le droit allemand fait partie avec le droit fran&#231;ais des &#171; l&#233;gislations issues d'une m&#234;me technique initiale&#8230; celles qui tirent leur unification premi&#232;re du Droit romain &#187;, de sorte que son &#233;tude, sp&#233;cialement celle de ses principes g&#233;n&#233;raux, est indispensable &#224; l'&#233;volution de la science juridique &#171; prise dans son unit&#233; int&#233;grale, et en dehors de toute question de fronti&#232;res politiques et de divergences l&#233;gislatives &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-193' class='spip_note' rel='footnote' title='C. Bufnoir et alii, Code civil allemand traduit et annot&#233;, Paris, imp. nat., (...)' id='nh1-193'&gt;193&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De m&#234;me, E. Glasson classe, sans doute en raison de son go&#251;t pour l'histoire du droit, les divers syst&#232;mes juridiques selon leurs origines historiques et place la France et l'Allemagne (avec la Suisse) dans le m&#234;me groupe de l&#233;gislations (celui o&#249; le droit romain a fusionn&#233; avec les &#233;l&#233;ments de droit barbare)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-194' class='spip_note' rel='footnote' title='E. Glasson, Le mariage civil et le divorce dans l'antiquit&#233; et dans les (...)' id='nh1-194'&gt;194&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais parmi ces juristes fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-195' class='spip_note' rel='footnote' title='En Suisse, le syst&#232;me de Sauser-Hall, fond&#233; sur le crit&#232;re de la race, conduit (...)' id='nh1-195'&gt;195&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; qui adoptent la m&#233;thode comparative, l'unanimit&#233; ne r&#232;gne pas. H. L&#233;vy-Ullmann opte finalement pour un classement tripartite des syst&#232;mes juridiques (pays continentaux -de droit &#233;crit-, pays de langue anglaise et pays musulmans) et, dans le premier groupe, range &#224; la fois la France, l'Allemagne et la plupart des pays europ&#233;ens auxquels s'ajoutent ceux de l'Afrique et de l'Asie&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-196' class='spip_note' rel='footnote' title='Les transformations du droit. Livre du cinquantenaire de la Soci&#233;t&#233; de (...)' id='nh1-196'&gt;196&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Quant &#224; Ed. Lambert, il souligne d'un c&#244;t&#233;, parce qu'il adopte la mani&#232;re anglo-saxonne d'exposer les divers groupes de syst&#232;mes juridiques, que l'Allemagne appartient comme la France &#224; la culture juridique que les Am&#233;ricains appellent &lt;i&gt;droit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;civil&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;droit continental&lt;/i&gt; par opposition au &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et de l'autre que, en d&#233;pit des luttes d'influence entre le droit fran&#231;ais et le droit allemand, cette &#171; culture commune faite d'un ciment de droit romain &#187; et renforc&#233;e par les codifications du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. &#171; tient encore solidement unies les l&#233;gislations latines et les l&#233;gislations germaniques &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-197' class='spip_note' rel='footnote' title='L'institut de droit compar&#233;&#8230;, op. cit., p. 13. Dans ses Etudes de droit commun (...)' id='nh1-197'&gt;197&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il existe donc entre ces deux droits des divergences mais, comme celles qui existaient en France avant la R&#233;volution entre les coutumes, elles trouvent leur origine moins dans des facteurs structurels ou raciaux que dans des &lt;i&gt;accidents&lt;/i&gt;. Malgr&#233; tout, l'essentiel demeure : la France et l'Allemagne ne m&#233;ritent pas &#224; ses yeux de figurer dans des groupes radicalement distincts.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;47. C'est &#224; un jugement tout diff&#233;rent que parviennent, pour leur part, les civilistes. Parmi eux, nombreux sont ceux en effet qui tiennent que l'Allemagne et la France repr&#233;sentent chacune un type culturel sp&#233;cial, que la diff&#233;rence entre ces deux nations et l'origine de leur &#171; querelle &#187; se ram&#232;nent &#224; une &#171; question de droit, la premi&#232;re se pr&#233;valant d'un droit nouveau, la derni&#232;re d'un droit ancien &#187;, comme l'expliquait d&#233;j&#224; Lavisse&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-198' class='spip_note' rel='footnote' title='Journal des d&#233;bats, 5 mars 1892.' id='nh1-198'&gt;198&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ils distinguent ainsi la &lt;i&gt;culture juridique&lt;/i&gt; &lt;i&gt;latine&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;culture&lt;/i&gt; &lt;i&gt;germanique&lt;/i&gt;, paradoxalement (au regard de la formation historique du droit allemand, de la r&#233;ception officielle du droit romain au d&#233;but de l'&#233;poque moderne) mais logiquement, en cons&#233;quence de la critique formul&#233;e contre la conception allemande du droit. A. Esmein par exemple, d&#233;sireux de classer les droits nationaux en un petit nombre de familles ou groupes et s'attachant aux sources historiques, &#224; la structure g&#233;n&#233;rale et aux caract&#233;ristiques particuli&#232;res de chacun d'eux, distingue, &#224; c&#244;t&#233; des groupes anglo-saxon, slave et musulman, un groupe latin (France, Belgique, Italie, Espagne, Portugal, Roumanie et r&#233;publiques latines d'Am&#233;rique) et un groupe germanique (y compris les peuples scandinaves et la Hongrie). M&#234;me s'il est difficile de discerner le crit&#232;re sur lequel se fonde un tel classement (la race, la langue, l'origine commune ?)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-199' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Le droit compar&#233; et l'enseignement du droit &#187;, Congr&#232;s international de droit (...)' id='nh1-199'&gt;199&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, son attitude est r&#233;v&#233;latrice d'une tendance forte, de la part de la doctrine fran&#231;aise, &#224; s&#233;parer la France de l'Allemagne en faisant de la premi&#232;re la principale incarnation de la tradition latine-romaine. L'identification d'une culture juridique fran&#231;aise (ou latine) fonctionne v&#233;ritablement comme un repoussoir contre l'Allemagne. Pour Josserand, la conception allemande du droit (le droit n'est pas l'&#233;quilibre des int&#233;r&#234;ts mais l'action et la lutte des int&#233;r&#234;ts contre les autres) est radicalement diff&#233;rente de celle que la France tient des Grecs, des Romains et du Christianisme et qui forme la &#171; conception latine du droit &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-200' class='spip_note' rel='footnote' title='La force et le droit, op. cit., p. 1-2 : &#171; nos philosophes, nos (...)' id='nh1-200'&gt;200&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La mentalit&#233; allemande ne peut que r&#233;volter l' &#171; &#226;me latine &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-201' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 13.' id='nh1-201'&gt;201&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La r&#233;ception du droit romain en Allemagne n'aura &#233;t&#233; qu'une greffe artificielle, dont la culture allemande n'est pas sortie affect&#233;e ou transform&#233;e. On arrive m&#234;me &#224; dire que l'Allemagne est une terre r&#233;fractaire au droit &#233;crit et &#171; aux tendances de l'esprit latin, alors qu'au d&#233;but du si&#232;cle Saleilles insistait au contraire sur le fait que le droit romain fournit au B.G.B. sa source d'inspiration principale&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-202' class='spip_note' rel='footnote' title='Essai&#8230;, op. cit., n&#176; 2 ; il est vrai cependant que, suivant en cela les (...)' id='nh1-202'&gt;202&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;48. Bien que l'Allemagne ait &#233;t&#233; terre de romanit&#233; (peut-&#234;tre plus que la France, o&#249; le droit romain n'a pas &#233;t&#233; officiellement re&#231;u), la France, avec aussi l'Italie, est donc pr&#233;sent&#233;e comme la fille de Rome, l'h&#233;riti&#232;re de ses m&#233;thodes, y compris par des &#233;trangers d'ailleurs, m&#234;me des Allemands. G. Ripert notamment se plait &#224; rappeler le jugement formul&#233; par le journaliste et critique litt&#233;raire Fr. Sieburg, correspondant &#224; Paris du &lt;i&gt;Frankfurter Zeitung&lt;/i&gt;, qui &#233;crivait dans son &lt;i&gt;Dieu est-il fran&#231;ais&lt;/i&gt; traduit en 1930 que &#171; &#234;tre fran&#231;ais, c'est se sentir l'h&#233;ritier, l'admirateur et le continuateur de Rome et des pays latins &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-203' class='spip_note' rel='footnote' title='Cit&#233; par G. Ripert, Les forces cr&#233;atrices du droit, Paris, L.G.D.J., 1955, p. (...)' id='nh1-203'&gt;203&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, en omettant de signaler qu'un juriste allemand comme C. Crome &#233;crivait au contraire que &#171; au XIX&#232; si&#232;cle, &lt;i&gt;le droit commun allemand avait une structure beaucoup plus romaine que le droit fran&#231;ais &lt;/i&gt; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-204' class='spip_note' rel='footnote' title='C. Crome, &#171; Les similitudes&#8230; &#187;, art. pr&#233;cit., p. 589.' id='nh1-204'&gt;204&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Apr&#232;s Rome, la France et l'Italie, dont on dit qu'elles partagent une &#171; discipline de raisonnement &#187; et une logique semblables, sont ainsi pr&#233;sent&#233;es comme des lieux d'incarnation d'une certaine mani&#232;re de penser le droit qui se caract&#233;rise par sa m&#233;thode (pr&#233;cision, clart&#233;, codification) et ses objectifs (&#233;quit&#233;, justice, humanit&#233;, universalit&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-205' class='spip_note' rel='footnote' title='F. Larnaude, Rapport&#8230;, op. cit., p. 17.' id='nh1-205'&gt;205&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;49. C'est &#224; cette mani&#232;re de voir que se rangent, au lendemain de la II&#232;me Guerre mondiale, la plupart de ceux qui appartiennent &#224; l'Association H. Capitant. La tendance &#224; sp&#233;cifier une culture juridique latine et &#224; la r&#233;duire essentiellement &#224; la France et &#224; l'Italie s'affirme alors davantage encore dans la doctrine fran&#231;aise (alors que, en Suisse, A. Schnitzer r&#233;unit la France et l'Allemagne dans ce qu'il identifie comme le troisi&#232;me &#171; cycle juridique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-206' class='spip_note' rel='footnote' title='A. Schnitzer, Vergleichende Rechtslehre, B&#226;le, 1945. Il s'agit de cycles plus (...)' id='nh1-206'&gt;206&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) parce que, avec la d&#233;faite militaire, explique notamment le b&#226;tonnier J. Charpentier, se sont effondr&#233;es non seulement la puissance militaire et politique de l'Allemagne mais aussi &#171; pour la plus grande part la pens&#233;e allemande, la culture allemande &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-207' class='spip_note' rel='footnote' title='Trav. de l'Association H. Capitant, 1946.' id='nh1-207'&gt;207&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour autant, le conflit politique avec l'Allemagne r&#233;sorb&#233;, elle tend irr&#233;m&#233;diablement &#224; refluer&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-208' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple, L. Julliot de la Morandi&#232;re (Droit civil&#8230;, op. cit, I, n&#176; 172) (...)' id='nh1-208'&gt;208&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;50. Les travaux de R. David, qui donnent une importance capitale &#224; l'id&#233;ologie du syst&#232;me juridique (fondements philosophiques ou religieux, conceptions de la justice) et, peut-&#234;tre dans une moindre mesure, aux techniques qui le font vivre, viennent sonner le glas, en France du moins&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-209' class='spip_note' rel='footnote' title='Ailleurs, on continue parfois &#224; affirmer l'appartenance de la France et de (...)' id='nh1-209'&gt;209&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, d'une telle pr&#233;sentation des familles juridiques, pour ce qui concerne l'Europe continentale, et consacre l'existence de ce qu'il appelle la famille romano-germanique, qui regroupe tous les pays dont la science du droit s'est form&#233;e sur la base du droit romain&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-210' class='spip_note' rel='footnote' title='Les grands syst&#232;mes&#8230;, op. cit., n&#176; 17 : apr&#232;s avoir class&#233; les syst&#232;mes en : (...)' id='nh1-210'&gt;210&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ce classement nouveau, qui tient l'opposition si souvent formul&#233;e entre droits latins et droits germaniques pour &#171; tr&#232;s superficielle et factice &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-211' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 110.' id='nh1-211'&gt;211&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, s'explique par deux raisons au moins. D'une part, R. David refuse d'associer le syst&#232;me romano-germanique &#224; une forme particuli&#232;re d'organisation politique nationale et insiste au contraire sur le fait qu'il s'est d&#233;velopp&#233; &#171; ind&#233;pendamment de toute vis&#233;e politique &#187;, ce qui le distingue sur syst&#232;me de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, et sur la base seulement d'une &#171; communaut&#233; de culture &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-212' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 30.' id='nh1-212'&gt;212&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; diffus&#233;e par les universit&#233;s (ce qui accentue son caract&#232;re transnational). D'autre part, il tient pour un &#171; accident &#187; de l'histoire le triomphe de l'&#233;cole pandectiste en Allemagne et en tire la cons&#233;quence que les diff&#233;rences de m&#233;thodes ou de style qui peuvent exister entre le Code civil fran&#231;ais et le B.G.B. ne sauraient fonder, du moins de mani&#232;re permanente, une &#171; opposition de principe entre conception latine et germanique du droit &#187;. Il en conclut que le droit fran&#231;ais n'est pas moins proche du droit du droit allemand que du droit italien, voire plus&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-213' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 111.' id='nh1-213'&gt;213&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;51. C'est en donc fini du mythe forg&#233; dans l'entre-deux-guerres d'une culture juridique latine sp&#233;cifique, la race, d'ailleurs, n'apparaissant pas aux yeux de R. David comme un facteur fondamental de distinction&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-214' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 59. Arminjon, Nolde et Wolff (Tr. de droit compar&#233;, op. cit.), en (...)' id='nh1-214'&gt;214&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. &lt;i&gt;Mythe&lt;/i&gt; en effet parce qu'une telle affirmation ne correspondait pas vraiment &#224; la r&#233;alit&#233; des choses et sous-estimait volontairement la proximit&#233; du droit allemand avec le droit fran&#231;ais. Celle-ci n'est pourtant pas n&#233;gligeable. Tous deux recourent &#224; des cat&#233;gories classificatoires qui sont parfois identiques (parce qu'elles sont h&#233;rit&#233;es du droit romain : personne / chose), voire d&#233;finies de la m&#234;me mani&#232;re : par exemple l'affirmation, de chaque c&#244;t&#233; du Rhin, de la corpor&#233;it&#233; de la chose, d'o&#249; d&#233;coule l'id&#233;e que seuls les corporels sont v&#233;ritablement objets de propri&#233;t&#233;. Tous deux partagent en r&#233;alit&#233; la m&#234;me conception du r&#244;le social du Droit : le Droit est ensemble de r&#232;gles qui structurent l'ordre social et prescrivent certains types de comportements (la r&#232;gle de droit comme r&#232;gle de conduite, ce qui les distinguent des pays de &lt;i&gt;common&lt;/i&gt; &lt;i&gt;law&lt;/i&gt;). On pourrait ajouter, encore, le souci, pr&#233;sent chez de nombreux fran&#231;ais d&#232;s le d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle. (Planiol, Baudry-Lacantinerie&#8230;), d'&#233;laborer une th&#233;orie de l'acte juridique et d'adopter la distinction des faits et des actes juridiques&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-215' class='spip_note' rel='footnote' title='D. Deroussin, Histoire du droit des obligations, Paris, Economica, 2007, p. (...)' id='nh1-215'&gt;215&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, tandis qu'une &#233;tude compar&#233;e des interpr&#233;tations jurisprudentielles, dans chacun des deux pays, montrerait leur relative convergence s'agissant de la formation des obligations, le juge fran&#231;ais ne se montrant pas toujours r&#233;calcitrant &#224; faire produire &#224; la volont&#233; unilat&#233;rale certains effets et le juge allemand ne l'appr&#233;ciant pas de mani&#232;re si objective (ce qui a fait dire &#224; certains que &#171; l'originalit&#233; du droit allemand est plus technique que fondamentale &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-216' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Houin, &#171; Codification europ&#233;enne des contrats et des obligations &#187;, Etudes (...)' id='nh1-216'&gt;216&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;52. Que conclure de tout cela ? Certes, certains juristes fran&#231;ais de la premi&#232;re moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle. r&#234;vent d'un droit commun l&#233;gislatif, plus ou moins &#233;tendu d'ailleurs (Lambert et Saleilles&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-217' class='spip_note' rel='footnote' title='Puisque la vie est diversit&#233;, Saleilles ne r&#234;ve pas d'un droit &#171; unique et (...)' id='nh1-217'&gt;217&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;). Certes encore, Demogue affirme que les civilisations les plus d&#233;velopp&#233;es doivent et peuvent combiner les aspirations nationales avec le souci de l'unification internationale du droit parce que, ayant atteint un haut degr&#233; de complexit&#233;, elles &#171; arrivent &#224; tenir compte d'un plus grand nombre d'id&#233;es &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-218' class='spip_note' rel='footnote' title='R. Demogue, L'unification internationale&#8230;, op. cit., p. 9.' id='nh1-218'&gt;218&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Mais la plupart d'entre eux cherchent au contraire, dans un contexte marqu&#233; par deux guerres mondiales et une forte hostilit&#233; au pangermanisme, &#224; sp&#233;cifier, singulariser &#171; l'esprit fran&#231;ais &#187;. Pour eux, penser la culture juridique fran&#231;aise, c'est offrir une certaine mani&#232;re de penser sur le droit de sorte que &#171; les questions trait&#233;es par nous le sont autrement que quand elles sont trait&#233;es par la m&#233;thode et la science d'autres pays &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-219' class='spip_note' rel='footnote' title='J.-P. Niboyet (Trav. de l'Association h. Capitant, 1946, op. cit., p. (...)' id='nh1-219'&gt;219&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De ce point de vue, R. David n'avait pas tort quand il expliquait que les codes promulgu&#233;s au XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme l'aboutissement de ph&#233;nom&#232;nes de cr&#233;ation de droits nationaux, c'est-&#224;-dire comme les &#171; instruments d'une &#8216;nationalisation' du droit &#187;, et non comme un &#171; expos&#233; nouveau du droit commun &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-220' class='spip_note' rel='footnote' title='R. David, op. cit., n&#176; 55.' id='nh1-220'&gt;220&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;53. La culture juridique que fa&#231;onnent ces juristes est donc moins un constat, un r&#233;sultat (de la conjonction de certains faits, m&#234;me si la tradition p&#232;se de tout son poids : la conception fran&#231;aise de la r&#232;gle de droit comme prescription g&#233;n&#233;rale remonte aux juristes de l'Ancien r&#233;gime) que le vecteur d'une certaine id&#233;ologie, dont on cherche &#224; affirmer la l&#233;gitimit&#233; et la force en la rattachant &#224; une tradition nationale qui, &#224; bien des &#233;gards, n'est au fond elle-m&#234;me qu'une construction doctrinale. &lt;i&gt;Construction &lt;/i&gt;&#233;galement, cette culture juridique fran&#231;aise se montre parfois indiff&#233;rente &#224; la r&#233;alit&#233; juridique, en exag&#233;rant des oppositions entre ordres juridiques dont l'histoire compar&#233;e des droits montre les limites ou, pire encore, &#224; la r&#233;alit&#233; historique : apr&#232;s la Lib&#233;ration, le silence prudent gard&#233; par la plupart sur le droit vichyste est, de ce point de vue, &#233;loquent. S'il peut se comprendre de la part des civilistes issus des rangs de la R&#233;sistance, tel Julliot de la Morandi&#232;re, il ne doit pas masquer la contradiction dans laquelle ce droit a plac&#233; ceux qui ont d&#251; en pr&#233;senter le contenu ou l'appliquer&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-221' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la p&#233;riode : M. Fabre, &#171; La doctrine sous Vichy. Analyse syst&#233;matique des (...)' id='nh1-221'&gt;221&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Contempteurs d'un positivisme &#233;troit au nom du Juste, c'est pourtant &#224; cette posture qu'ils pr&#233;tendent se limiter (sauf ceux, plus nombreux ou plus franchement du c&#244;t&#233; des publicistes, qui proclament la n&#233;cessit&#233; d'un jugement de valeur fond&#233; sur les principes du nouveau r&#233;gime&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-222' class='spip_note' rel='footnote' title='Il n'est que de rappeler les mots de R. Bonnard : &#171; A cette &#339;uvre de (...)' id='nh1-222'&gt;222&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) lorsqu'ils l'&#233;tudient. La plupart prennent &#224; l'&#233;gard du droit positif une posture d'observation / explication qu'ils disent plac&#233;e sous le signe de l'objectivit&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-223' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur la question : D. Lochak, &#171; La doctrine sous Vichy&#8230; &#187;, art. pr&#233;cit., p. 266 (...)' id='nh1-223'&gt;223&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et se montrent indiff&#233;rents aux cons&#233;quences qu'elle peut engendrer. G. Ripert vante ainsi l'objectivit&#233; des &lt;i&gt;Etudes&lt;/i&gt; &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;droit&lt;/i&gt; &lt;i&gt;allemand&lt;/i&gt; qu'il pr&#233;face en plein conflit, expliquant que le juriste, comme homme de science, peut &#171; &lt;i&gt;se d&#233;sint&#233;resser des cons&#233;quences pratiques de ses &#233;tudes&lt;/i&gt; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-224' class='spip_note' rel='footnote' title='Paris, L.G.D.J., 1943.' id='nh1-224'&gt;224&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Apr&#232;s avoir rendu hommage &#224; l'id&#233;al de Justice ou au droit naturel, nos juristes s'en servent donc finalement assez peu, par crainte ou par incapacit&#233; d'en pr&#233;ciser davantage le contenu, et trouvent refuge dans une rassurante neutralit&#233; (qu'ils d&#233;passent tout de m&#234;me parfois, par exemple lorsqu'ils estiment &#171; naturel &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-225' class='spip_note' rel='footnote' title='Telle est l'opinion de E.-H. Perreau dans sa seconde &#233;tude sur le statut des (...)' id='nh1-225'&gt;225&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; que l'autorit&#233; publique &#233;carte certains individus -les Juifs- de certaines fonctions, en raison des qualit&#233;s morales ou du comportement atavique qui leur sont pr&#234;t&#233;s). En guise de justification, il suffira d'&#233;crire, apr&#232;s guerre, que quels que soient ses pr&#233;suppos&#233;s, il n'est pas possible au juriste d'emp&#234;cher que le droit positif soit, &#224; un moment donn&#233;, injuste&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-226' class='spip_note' rel='footnote' title='Telle est la ligne de d&#233;fense qui ressort notamment de G. Ripert, Les forces (...)' id='nh1-226'&gt;226&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;54. Quoi qu'il en soit, cette construction l&#233;gu&#233;e aux juristes de la seconde moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. est celle d'un lib&#233;ralisme&lt;i&gt; &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt;, raisonnablement accueillant (donc pas trop !) au point de vue social (par opposition au point de vue individuel), mais pla&#231;ant l'individu au c&#339;ur des repr&#233;sentations du droit. Cela explique que les tentatives de renouvellement des m&#233;thodes d'interpr&#233;tation du droit (Saleilles, ou G&#233;ny condamnant les &#171; proc&#233;d&#233;s &#233;triqu&#233;s et st&#233;riles &#187; de la doctrine classique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-227' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; L'&#233;volution contemporaine de la pens&#233;e juridique dans la doctrine fran&#231;aise (...)' id='nh1-227'&gt;227&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) ou du regard pos&#233; sur ses fonctions aient fait long feu, &#224; supposer qu'elles aient v&#233;ritablement eu en vue de mettre fondamentalement en cause le classicisme dont elles montraient pourtant les limites. L'id&#233;e demeure que le droit s'organise par le moyen d'une succession de principes hi&#233;rarchis&#233;s et accept&#233;s &#171; par le &lt;i&gt;consensus&lt;/i&gt; r&#233;fl&#233;chi des esprits d&#233;sint&#233;ress&#233;s &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-228' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, &#171; La notion de droit en France &#187;, Archives de philosophie du droit, (...)' id='nh1-228'&gt;228&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Des ann&#233;es Trente &#224; la Lib&#233;ration s'op&#232;re donc une sorte de &lt;i&gt;fermeture&lt;/i&gt;. Pour s'en convaincre, il suffit de lire ce qu'&#233;crit Julliot de la Morandi&#232;re, qui n'incarne pourtant pas l'attitude la plus r&#233;fractaire au &lt;i&gt;point de vue social&lt;/i&gt;, en 1960 : si le droit fran&#231;ais &#171; h&#233;site &#187; d&#233;sormais entre la conception individualiste et les doctrines sociales, sa &#171; terminologie, sinon son contenu&#8230; reste cependant, &#224; l'heure actuelle, conforme aux postulats des conceptions classiques lib&#233;rales &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-229' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Julliot de la Morandi&#232;re, Droit civil&#8230;, op. cit., I, n&#176; 19. Le m&#234;me, I, n&#176; (...)' id='nh1-229'&gt;229&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; : la &#171; persistance de la notion classique &#187; des droits subjectifs&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-230' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid.., n&#176; 24, malgr&#233; les critiques qui lui ont &#233;t&#233; adress&#233;es depuis la fin du (...)' id='nh1-230'&gt;230&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, la r&#233;f&#233;rence constante &#224; l'autonomie de la volont&#233;, m&#234;me r&#233;duite &#224; la libert&#233; contractuelle, demeurent par exemple des cat&#233;gories essentielles pour la pr&#233;sentation du droit civil fran&#231;ais&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-231' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., n&#176; 27.' id='nh1-231'&gt;231&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Si l'on feint parfois d'adopter un langage nouveau, la classicisme domine, les le&#231;ons potentiellement subversives (de la sociologie) sont neutralis&#233;es : &#171; on a commenc&#233; par opposer droit et sociologie, sociologie et spiritualisme ; et aujourd'hui nous constatons que la sociologie devient de plus en plus spiritualiste et que la science du droit tend &#224; se p&#233;n&#233;trer de cette sociologie &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-232' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr. G&#233;ny, pr&#233;f. au n&#176; 1 des Archives de philosophie du droit, 1931.' id='nh1-232'&gt;232&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Bref, les cat&#233;gories de notre histoire nationale du droit sont moins des donn&#233;es neutres et objectives que des &lt;i&gt;constructions&lt;/i&gt;, &#233;labor&#233;es dans des contextes particuliers.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;David Deroussin, professeur des Universit&#233;s en histoire du droit et des institutions &#224; l'Universit&#233; Jean Moulin Lyon 3&lt;/br&gt;
Directeur du Centre lyonnais d'histoire du droit et de la pens&#233;e politique EA 669&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-_2A' id='nb1-_2A' class='spip_note' title='Notes 1-_2A' rev='footnote'&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le pr&#233;sent travail prend pour objet principal la doctrine civiliste fran&#231;aise, &#224; travers ses repr&#233;sentants des ann&#233;es 1890 (sur le &#171; moment &#187; 1900, cf. Ch. Jamin, &#171; Dix-neuf cent : Crise et renouveau dans la culture juridique &#187;, Dictionnaire de la culture juridique, D. Alland et St. Rials (sous la dir. de), Paris, PUF, pp.380-384), c'est-&#224;-dire &#224; partir du moment o&#249; de nouvelles codifications viennent concurrencer le rayonnement du Code civil fran&#231;ais, jusqu'aux ann&#233;es qui suivent la Lib&#233;ration. Il encourt donc le reproche de n&#233;gliger, d'une part, la doctrine publiciste (sur laquelle : A. Stora-Lamarre, &#171; La guerre au nom du droit &#187;, Revue d'histoire du XIX&#232; si&#232;cle, 30/2005 en ligne), ce qui peut toutefois s'expliquer par le fait que la culture juridique fran&#231;aise s'exprime &#224; l'&#233;poque essentiellement dans un texte fondateur &#8211;le Code civil- que les civilistes con&#231;oivent comme leur propri&#233;t&#233; exclusive, et, d'autre part, le temps de l'Occupation, dont l'&#233;tude aurait conduit &#224; d&#233;passer (davantage encore) les limites de cet expos&#233;, encore que les figures de Ripert et peut-&#234;tre aussi de Savatier introduisent une certaine continuit&#233;. En outre, il s'agit moins ici d'&#233;voquer l'usage interne de cette notion (par exemple, de d&#233;terminer dans quelle mesure cette culture juridique a favoris&#233; ou non la digestion du droit produit par l'Etat fran&#231;ais) que son usage externe (permettant de situer, sur le plan international, une repr&#233;sentation fran&#231;aise du droit par rapport &#224; d'autres repr&#233;sentations nationales).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple R. David, &lt;i&gt;Les grands syst&#232;mes de droit contemporains&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1969, 3&#232;me &#233;d., pr&#233;f., p. 2 et n&#176; 3.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Josserand, &#171; Essai sur la propri&#233;t&#233; collective &#187;, &lt;i&gt;Le Code civil 1804-1904. Livre du centenaire&lt;/i&gt;, Paris, Rousseau, 1904, I, p. 357.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes et la r&#233;vision du Code civil &#187;, &lt;i&gt;Le Code civil 1804-1904&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., II, p. 969.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Les m&#233;thodes juridiques, Le&#231;ons faites au Coll&#232;ge libre des sciences sociales&lt;/i&gt;, Paris, 1911, p. XX.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-5' id='nb1-5' class='spip_note' title='Notes 1-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple : J. Br&#232;the de la Gressaye et M. Laborde-Lacoste, &lt;i&gt;Introduction g&#233;n&#233;rale &#224; l'&#233;tude du droit&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1947, n&#176; 126 : la culture &lt;i&gt;juridique&lt;/i&gt;, oppos&#233;e &#224; la culture &lt;i&gt;g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, n'est pas la somme des connaissances qui permet de mieux comprendre l'histoire d'un pays mais consiste plut&#244;t dans une certaine mani&#232;re de raisonner sur le Droit, &#224; la formation de laquelle, pr&#233;cisent nos auteurs, l'&#233;tude du droit romain (surtout celle du droit priv&#233;) prend une part plus grande que celle de notre ancien droit, trop marqu&#233; par la vari&#233;t&#233; des coutumes et l'absence de &#171; constructions juridiques g&#233;n&#233;rales &#187; : voil&#224; une mani&#232;re de dire que la culture juridique fran&#231;aise se caract&#233;rise par le go&#251;t des principes et des grandes synth&#232;ses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-6' id='nb1-6' class='spip_note' title='Notes 1-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour d'autres d&#233;finitions encore, cf. le &lt;i&gt;Dictionnaire de sociologie juridique&lt;/i&gt;, v&#176; culture. On ne s'arr&#234;tera pas, notamment, &#224; l'approche de Friedman ou de Legrand consistant &#224; prendre en compte, pour l'&#233;laboration des familles juridiques, le crit&#232;re de la culture juridique entendue comme &lt;i&gt;les attitudes significatives des citoyens &#224; l'&#233;gard du droit&lt;/i&gt;, incluant leurs attentes, leur perception de ce qu'est la juridicit&#233; et de ce qu'est sa fonction sociale. Sur les probl&#232;mes conceptuels et m&#233;thodologiques soulev&#233;es par l'&#233;tude de la notion de culture juridique, cf. l'introduction de D. Nelken dans D. Nelken &#233;d., &lt;i&gt;Comparing legal cultures&lt;/i&gt;, Dartmouth, 1997. On peut m&#234;me se demander si l'usage du concept de culture en droit est vraiment op&#233;ratoire, cf. R. Cotterrell, &#171; The concept of legal cultures &#187;, in D. Nelken, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 14.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-7' id='nb1-7' class='spip_note' title='Notes 1-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Cotterrell, &lt;i&gt;art&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 22. C'est au fond ce que l'Allemand C. Crome, dans le livre du centenaire d&#233;di&#233; au Code civil fran&#231;ais, appelait &#171; habitude de penser juridiquement &#187;. Habitude &#224; laquelle, plus qu'&#224; un facteur politique, il attribuait le manque de compr&#233;hension et de comp&#233;n&#233;tration des droits allemand et fran&#231;ais (&#171; Les similitudes&#8230; &#187;, &lt;i&gt;Le Code civil 1804-1904&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 589).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-8' id='nb1-8' class='spip_note' title='Notes 1-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Il suffit, pour s'en convaincre, de se reporter aux multiples travaux de J.-L. Thireau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-9' id='nb1-9' class='spip_note' title='Notes 1-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple : A. Colin et A. Capitant, &lt;i&gt;Cours&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;, I, p. 31 : &#171; on peut dire que ce droit commun, construit par de grands jurisconsultes tels que Dumoulin et Domat, a fait l'unit&#233; rationnelle et morale du Droit fran&#231;ais avant que la R&#233;volution n'en r&#233;alis&#226;t l'unification l&#233;gale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-10' id='nb1-10' class='spip_note' title='Notes 1-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A tout seigneur tout honneur : Charpentier, pr&#233;sident de l'Association H. Capitant, affirme que &#171; si quelqu'un est qualifi&#233; pour repr&#233;senter la culture juridique fran&#231;aise &#224; l'&#233;tranger c'est elle (la doctrine) &#187;, &lt;i&gt;Travaux de l'Association H. Capitant pour la culture juridique fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1946, p. 31.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-11' id='nb1-11' class='spip_note' title='Notes 1-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;On fait sienne l'id&#233;e &#233;voqu&#233;e par M. Troper (&lt;i&gt;Revue internationale de droit compar&#233;&lt;/i&gt;, 1977, vol. 29, n&#176; 1, p. 213) &#224; propos de A.-J. Arnaud, &lt;i&gt;Les juristes face &#224; la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1975 : &#171; ce qu'ils (les juristes) pensent de la soci&#233;t&#233; d&#233;termine ce qu'ils pensent du droit et ce qu'ils en font &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-12' id='nb1-12' class='spip_note' title='Notes 1-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Telle est l'opinion d'Ed. Lambert, selon qui la l&#233;gislation compar&#233;e est d'ailleurs autant une m&#233;thode que le r&#233;sultat de celle-ci, &lt;i&gt;i.-e&lt;/i&gt;. &#171; le fond commun de conceptions et d'institutions &#187; qui se trouve &#224; l'&#233;tat latent dans des syst&#232;mes juridiques voisins, c'est-&#224;-dire ceux qui sont &#171; les plus semblables &#187; et forment ce qu'il appelle une &#171; communaut&#233; internationale &#187;. En quoi Lambert s'oppose &#224; Saleilles et &#224; sa qu&#234;te d'un droit commun universel, du moins &#233;largi &#224; toutes les nations civilis&#233;es &#8211;chr&#233;tiennes-, r&#233;sultat de l'histoire compar&#233;e et non pas de la l&#233;gislation compar&#233;e (Ed. Lambert, &lt;i&gt;Etudes de droit commun l&#233;gislatif ou de droit civil compar&#233;, Premi&#232;re s&#233;rie : le r&#233;gime successoral. Introduction : la fonction du droit civil compar&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Giard, 1903, p. 916 et sv.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-13' id='nb1-13' class='spip_note' title='Notes 1-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. par exemple Arminjon, Nolde et Wolff, &lt;i&gt;Trait&#233; de droit compar&#233;&lt;/i&gt;, Paris, 1950, pp. 30-31, qui proposent, d'une part, de d&#233;finir les familles juridiques en utilisant la m&#233;thode de la linguistique (d&#233;crire les divers syst&#232;mes nationaux en retra&#231;ant leur histoire pour d&#233;voiler &#171; leurs caract&#232;res communs et leurs particularit&#233;s &#187;) et, d'autre part, de distinguer les &#171; syst&#232;mes juridiques souches &#187; (ceux qui regroupent d'importantes collectivit&#233;s humaines et font preuve d'une plus grande originalit&#233; et d'une plus haute valeur technique) des syst&#232;mes juridiques &#171; d&#233;riv&#233;s &#187;, qui trouvent leur origine et point d'ancrage dans les premiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-14' id='nb1-14' class='spip_note' title='Notes 1-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Rares sont ceux qui conc&#232;dent la relativit&#233; de ces crit&#232;res et donc l'historicit&#233; des syst&#232;mes de classification qu'ils permettent d'&#233;laborer, &#224; l'exception d'Ed. Lambert, selon qui la communaut&#233; juridique form&#233;e par les syst&#232;mes de droit les plus voisins se divisent en &#171; groupes &#187; dont la composition n'est pas fixe et varie avec le temps (&lt;i&gt;Etudes de droit commun l&#233;gislatif&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 921). Cette historicit&#233; est cependant, et pour cause, affirm&#233;e de nos jours : cf. &lt;i&gt;Legal&lt;/i&gt; &lt;i&gt;families&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. ci&lt;/i&gt;t.&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;p. 67 : &#171; so in the theory of legal families much d&#233;pends on the period of time of wich one is speaking &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-15' id='nb1-15' class='spip_note' title='Notes 1-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La critique est excessive. D'une part, on trouve, par exemple chez Demolombe, bien d'autres choses que le texte de la loi&#8230; D'autre part, la r&#233;f&#233;rence au texte demeure une habitude ancr&#233;e dans la m&#233;thode des juristes fran&#231;ais malgr&#233; la &lt;i&gt;r&#233;volution scientifique &lt;/i&gt;qu'ils entendent mettre en &#339;uvre, comme l'a montr&#233; N. Hakim (&#171; Le miroir de l'autorit&#233; : l'instrumentalisation de l'autorit&#233; dans la doctrine contemporaine &#187;, &lt;i&gt;R.H.F.D&lt;/i&gt;. 2007-27, pp. 459-477). Formul&#233;e notamment par ceux qui souhaitent en contrepoint caract&#233;riser cette r&#233;volution et l'&#233;mergence d'une nouvelle &#233;cole (apr&#232;s G&#233;ny et &lt;i&gt;L'&#233;cole de l'Ex&#233;g&#232;se en droit civil&lt;/i&gt;, Paris, 1924 de Bonnecase, elle est prise &#224; son compte par E. Gaudemet, cf. la pr&#233;sentation donn&#233;e par Ch. Jamin et Ph. Jestaz de &lt;i&gt;L'interpr&#233;tation du Code civil en France depuis 1804&lt;/i&gt;, Paris, La M&#233;moire du droit, 2002, not. p. 14 : &#171; l'invention d'une &#233;cole &#187;), elle demeure cependant pr&#233;sente encore apr&#232;s guerre (par exemple : P. Roubier, &lt;i&gt;Th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du droit&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1951, 2&#232;me &#233;d.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-16' id='nb1-16' class='spip_note' title='Notes 1-16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.-P. Niboyet (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, p. 41).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-17' id='nb1-17' class='spip_note' title='Notes 1-17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A propos de l'Allemagne, on dit ainsi &#171; qu'il n'y a pas deux Allemagnes, que la pens&#233;e et la culture allemandes, l'arm&#233;e et la politique allemandes, et l'h&#233;g&#233;monie allemande, tout cela n'est que le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne &#187; (Charpentier, dans : &lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, p. 31).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-18' id='nb1-18' class='spip_note' title='Notes 1-18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'expression est employ&#233;e notamment par E.-H. Perreau, &#171; Du r&#244;le de l'habitude dans la formation du droit priv&#233; &#187;, &lt;i&gt;R.T.D.Civ&lt;/i&gt;., 1911, p. 230 : &#171; nous autres Fran&#231;ais, qui avons le f&#233;tichisme de la loi &#233;crite&#8230; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-19' id='nb1-19' class='spip_note' title='Notes 1-19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &#171; La notion de droit en France &#187;, &lt;i&gt;A.P.D.&lt;/i&gt;, 1931, p. 22.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-20' id='nb1-20' class='spip_note' title='Notes 1-20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Pillet, &#171; La m&#233;thode en droit international priv&#233; &#187;, dans : &lt;i&gt;Les m&#233;thodes juridiques, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 162.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-21' id='nb1-21' class='spip_note' title='Notes 1-21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. Cl. Blanckaert, &lt;i&gt;De la race &#224; l'&#233;volution. Paul Broca et l'anthropologie fran&#231;aise (1850-1900)&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2009, qui rappelle la part prise par Broca dans la fondation de la Soci&#233;t&#233; d'anthropologie de Paris (1858), dont l'objet &#233;tait de promouvoir l'&#233;tude scientifique des races humaines et &#224; laquelle appartenaient des disciples de Gobineau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-22' id='nb1-22' class='spip_note' title='Notes 1-22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'id&#233;e n'est d'ailleurs pas ancienne. Elle se rencontre d&#233;j&#224; chez Cabanis (&lt;i&gt;Rapports du&lt;/i&gt; &lt;i&gt;physique et du moral de l'homme&lt;/i&gt;, 1802), qui identifiait le physique et le moral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-23' id='nb1-23' class='spip_note' title='Notes 1-23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ed. Picard, &lt;i&gt;Le droit pur&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 1908, p. 239.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-24' id='nb1-24' class='spip_note' title='Notes 1-24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 241.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-25' id='nb1-25' class='spip_note' title='Notes 1-25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 209.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-26' id='nb1-26' class='spip_note' title='Notes 1-26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 242.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-27' id='nb1-27' class='spip_note' title='Notes 1-27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 201.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-28' id='nb1-28' class='spip_note' title='Notes 1-28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 243.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-29' id='nb1-29' class='spip_note' title='Notes 1-29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 237.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-30' id='nb1-30' class='spip_note' title='Notes 1-30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Picard illustre cette affirmation par un exemple tir&#233; du droit romain : &#224; Rome, la puissance paternelle, du moins &#224; l'origine, donnait au P&#232;re le droit de vie et de mort sur son enfant ; &#171; quel danger si elle e&#251;t &#233;t&#233; ainsi confi&#233;e &#224; un sauvage d'Afrique ! &#187;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 189.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-31' id='nb1-31' class='spip_note' title='Notes 1-31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le comparatiste suisse Sauser-Hall consid&#232;re ainsi la race comme &#233;l&#233;ment cl&#233; de la classification des droits nationaux en familles, parce qu'une &#171; &#233;volution juridique particuli&#232;re &#187; ne peut &#234;tre constat&#233;e &#171; qu'&#224; l'int&#233;rieur de chaque race &#187; (&lt;i&gt;Fonction et m&#233;thode du droit compar&#233;&lt;/i&gt;, 1913, p. 63).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-32' id='nb1-32' class='spip_note' title='Notes 1-32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ch. Beudant, &lt;i&gt;Le droit individuel&lt;/i&gt;, Paris, Rousseau, 1890, n&#176; 65.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-33' id='nb1-33' class='spip_note' title='Notes 1-33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Saleilles, &#171; Quelques mots sur le r&#244;le de la m&#233;thode historique dans l'enseignement du droit &#187;, &lt;i&gt;Revue internationale de l'enseignement&lt;/i&gt;, t. 19, p. 500.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-34' id='nb1-34' class='spip_note' title='Notes 1-34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Josserand, &#171; Le Code civil fran&#231;ais et ses destin&#233;es &#187;, &lt;i&gt;&#201;volutions et actualit&#233;s, conf&#233;rences de droit civil&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1936, p. 9&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et 21.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-35' id='nb1-35' class='spip_note' title='Notes 1-35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Demogue, &lt;i&gt;Les notions fondamentales du droit priv&#233;, &lt;/i&gt;Paris, Rousseau, 1911,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;p. 274.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-36' id='nb1-36' class='spip_note' title='Notes 1-36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;M&#233;thode d'interpr&#233;tation et sources en droit priv&#233; positif&lt;/i&gt;, Paris, 1932, 2&#232;me &#233;d&lt;i&gt;.,&lt;/i&gt; I, n&#176; 76.).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-37' id='nb1-37' class='spip_note' title='Notes 1-37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;M&#233;thode&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, I, n&#176; 77.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-38' id='nb1-38' class='spip_note' title='Notes 1-38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, I, n&#176; 111. Du c&#244;t&#233; des publicistes, cf. par exemple A. Esmein qui, &#224; propos du &lt;i&gt;case law&lt;/i&gt; et de l'autorit&#233; de la jurisprudence, &#233;voque la &#171; race anglo-saxonne &#187;, laquelle selon lui se caract&#233;rise par le fait qu'elle a toujours octroy&#233; &#224; ses magistrats &#171; de tr&#232;s larges pouvoirs &#187; (&lt;i&gt;Bulletin de la soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes l&#233;gislatives&lt;/i&gt;, 4&#232;me ann&#233;e-1905, Paris, Rousseau, 1905, p. 542).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-39' id='nb1-39' class='spip_note' title='Notes 1-39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la question, cf. J.-L. Halp&#233;rin, &lt;i&gt;Entre nationalisme juridique et communaut&#233; de droit&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1999.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-40' id='nb1-40' class='spip_note' title='Notes 1-40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ed. Picard, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 239.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-41' id='nb1-41' class='spip_note' title='Notes 1-41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Demogue, &lt;i&gt;L'unification internationale du droit priv&#233;&lt;/i&gt;, Paris, 1927, p. 127.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-42' id='nb1-42' class='spip_note' title='Notes 1-42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Demogue, &lt;i&gt;Les notions fondamentales&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;p. 90 : &#171; des modifications ethniques tenant &#224; des immigrations, des changements importants dans la densit&#233; de la population font que les r&#232;gles ant&#233;rieures ne peuvent plus convenablement fonctionner &#187;. Cf. aussi &lt;i&gt;L'unification&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;p. 124 : &#171; il est vrai de dire que la race, le milieu naturel, son &#233;tat &#233;conomique exercent une influence n&#233;cessaire et divergente &#187; sur le Droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-43' id='nb1-43' class='spip_note' title='Notes 1-43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. Del Vecchio, &#171; L'id&#233;e d'une science du droit universel compar&#233; &#187;, &lt;i&gt;Revue critique&lt;/i&gt;, 1910, cit&#233; par R. Demogue, &lt;i&gt;L'unification&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;p. 132, qui postule, dans une tendance jusnaturaliste, l'unit&#233; fondamentale de l'esprit humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-44' id='nb1-44' class='spip_note' title='Notes 1-44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;L'unification&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-45' id='nb1-45' class='spip_note' title='Notes 1-45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 122.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-46' id='nb1-46' class='spip_note' title='Notes 1-46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 138.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-47' id='nb1-47' class='spip_note' title='Notes 1-47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;F. Larnaude, &lt;i&gt;Rapport &#224; Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, sur l'unification l&#233;gislative entre la France et l'Italie&lt;/i&gt;, Paris, Imp. nat., 1929, p. 37.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-48' id='nb1-48' class='spip_note' title='Notes 1-48' rev='footnote'&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 41.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-49' id='nb1-49' class='spip_note' title='Notes 1-49' rev='footnote'&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 61.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-50' id='nb1-50' class='spip_note' title='Notes 1-50' rev='footnote'&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;H. Capitant, &#171; Un projet de Code international des Obligations et des Contrats &#187;, &lt;i&gt;Bulletins de la Classe des Lettres et des Sciences morales et politiques&lt;/i&gt;, Acad&#233;mie royale de Belgique, 5&#232;me s&#233;rie, t. XIV, n&#176; 6, p. 200. Capitant proph&#233;tise m&#234;me ce qui, en ces ann&#233;es 1927-1930, n'est encore qu'une &#171; utopie &#187; : &#171; l'unification g&#233;n&#233;rale de tout le droit civil &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-51' id='nb1-51' class='spip_note' title='Notes 1-51' rev='footnote'&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;H. Capitant, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit., &lt;/i&gt;p. 199.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-52' id='nb1-52' class='spip_note' title='Notes 1-52' rev='footnote'&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. P. Arminjon, B. Nolde et M. Wolff, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., I, p. 29.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-53' id='nb1-53' class='spip_note' title='Notes 1-53' rev='footnote'&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le jugement ainsi pos&#233; par A. Stora-Lamarre (&#171; La guerre au nom du droit &#187;, &lt;i&gt;art&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., n&#176; 10) peut en effet sembler excessif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-54' id='nb1-54' class='spip_note' title='Notes 1-54' rev='footnote'&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;I, p. 11 : la diversit&#233; des syst&#232;mes juridiques a des causes multiples et &#171; n'est que dans une faible mesure la cons&#233;quence de la diversit&#233; des races&#8230; elle r&#233;sulte surtout de circonstances accidentelles, d'&#233;v&#233;nements historiques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-55' id='nb1-55' class='spip_note' title='Notes 1-55' rev='footnote'&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1946, p. 51.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-56' id='nb1-56' class='spip_note' title='Notes 1-56' rev='footnote'&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Introduction g&#233;n&#233;rale &#224; l'&#233;tude du droit&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1947, n&#176; 86.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-57' id='nb1-57' class='spip_note' title='Notes 1-57' rev='footnote'&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. not. D. Lochak, &#171; &lt;i&gt;La race : une cat&#233;gorie juridique ? &lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mots&lt;/i&gt;, n&#176; 33, 27 mars 1992. On rappellera pour exemple que E.-H. Perreau, dans son &#233;tude sur le nouveau statut des Juifs en France (JCP. 1942.I.244), pr&#233;cise que l'adoption ne cr&#233;e qu'un lien &#171; purement l&#233;gal &#187; qui ne saurait servir de canal &#224; une &#171; influence atavique &#187;, de sorte qu'elle ne transmet pas la &#171; race juive de l'adoptant &#187; &#224; l'adopt&#233;. C'est une mani&#232;re de pr&#233;server l'adopt&#233;, mais aussi de reconna&#238;tre que, en dehors de l'adoption, la race est bien constitutive de l'identit&#233; juridique des personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-58' id='nb1-58' class='spip_note' title='Notes 1-58' rev='footnote'&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Le droit individuel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;n&#176; 106. Voir aussi les &#171; caract&#232;res g&#233;n&#233;raux &#187; qu'il pr&#234;te au Code civil fran&#231;ais dans son &lt;i&gt;Cours de droit civil fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, Rousseau, 1934, 2&#232;me &#233;d., I, n&#176; 116 et sv., o&#249; il loue les m&#233;rites de la &#171; langue classique fran&#231;aise, simple, claire, concise, aussi pu technique que possible &#187;, estimant qu'elle constitue un &#171; admirable instrument de vulgarisation &#187; et que, &#224; cet &#233;gard au moins, le Code civil fran&#231;ais &#171; se distingue profond&#233;ment du Code allemand &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-59' id='nb1-59' class='spip_note' title='Notes 1-59' rev='footnote'&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;De la d&#233;claration de volont&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;contribution &#224; l'&#233;tude de l'acte juridique dans le Code civil allemand&lt;/i&gt;, Paris, Pichon, 1901, p. 9. On pourrait ajouter Planiol qui, pour caract&#233;riser le style du B.G.B., reprend le jugement d'Ed. Lambert : &#171; M. Lambert reproche surtout au Code allemand l'abus des dispositions abstraites et th&#233;oriques, les formules compliqu&#233;es et obscures, l'emploi d'une langue inaccessible aux profanes. Et comme il reconna&#238;t en m&#234;me temps que le fond est encore plus allemand que la forme, il est &#224; pr&#233;voir que ce code, malgr&#233; son haut m&#233;rite, n'aura pas, hors les fronti&#232;res de l'Allemagne, la m&#234;me influence que le n&#244;tre &#187; (&lt;i&gt;Trait&#233; &#233;l&#233;mentaire de droit civil&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J. 1906, 4&#232;me &#233;d., I, n&#176; 143).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-60' id='nb1-60' class='spip_note' title='Notes 1-60' rev='footnote'&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Mieux : ces id&#233;es ne prennent leur valeur universelle &#171; que lorsqu'il les a marqu&#233;es au coin de ses formules claires, pr&#233;cises, d&#233;gag&#233;es de toute th&#233;orie inutile &#187; (cit&#233; par J. Bonnecase, &lt;i&gt;Science du droit et romantisme&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1928, p. 605).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-61' id='nb1-61' class='spip_note' title='Notes 1-61' rev='footnote'&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Larnaude, &lt;i&gt;Les sciences juridiques et politiques&lt;/i&gt;, dans : &lt;i&gt;La science fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Paris, Larousse, 1915, t. II, p. 14-15 : &#171; une des tendances les plus marqu&#233;es de l'esprit juridique fran&#231;ais est celle qui l'a toujours pouss&#233; &#224; pr&#233;f&#233;rer le droit &#233;crit au droit coutumier, et la codification &#224; l'accumulation des lois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-62' id='nb1-62' class='spip_note' title='Notes 1-62' rev='footnote'&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Introduction &#224; la science du droit&lt;/i&gt;, dans : &lt;i&gt;Cours profess&#233;s &#224; la Facult&#233; de droit aux &#233;tudiants am&#233;ricains&lt;/i&gt;, Paris, 1921, p. 73.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-63' id='nb1-63' class='spip_note' title='Notes 1-63' rev='footnote'&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Cours &#233;l&#233;mentaire de droit civil fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1934, 8&#232;me &#233;d., I, n&#176; 18, o&#249; sont d&#233;crites les &#171; qualit&#233;s du style fran&#231;ais &#187; : &#171; la clart&#233;, la concision, la simplicit&#233; populaire, la mesure judicieuse que notre Code sait observer et maintenir entre les exc&#232;s de l'abstraction et ceux d'une casuistique exag&#233;r&#233;ment concr&#232;te, son &#233;loignement des subtilit&#233;s doctrinales. L&#224;-dessus le Code civil allemand aurait gagn&#233; &#224; nous emprunter davantage &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-64' id='nb1-64' class='spip_note' title='Notes 1-64' rev='footnote'&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Capitant (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., p. 43).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-65' id='nb1-65' class='spip_note' title='Notes 1-65' rev='footnote'&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;1946, p. 107.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-66' id='nb1-66' class='spip_note' title='Notes 1-66' rev='footnote'&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'Allemand en effet ironisait sur le fameux sens fran&#231;ais de la clart&#233; et s'&#233;tonnait que le comit&#233; mis en place par la Soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes l&#233;gislatives pour la traduction du B.G.B. e&#251;t principalement pour but &#171; de mettre en &#8216;clart&#233; fran&#231;aise' (clart&#233; bien connue) les acquisitions scientifiques de notre science juridique &#187; (C. Crome, &#171; Les similitudes&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 590).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-67' id='nb1-67' class='spip_note' title='Notes 1-67' rev='footnote'&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;M&#233;thode&lt;/i&gt;, I, n&#176; 109, p. 318.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-68' id='nb1-68' class='spip_note' title='Notes 1-68' rev='footnote'&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;I, n&#176; 77, p. 174.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-69' id='nb1-69' class='spip_note' title='Notes 1-69' rev='footnote'&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le &#171; construit&#8230; par un effort subjectif&#8230; vise &#224; &#233;riger la r&#232;gle brute en pr&#233;cepte, capable de s'ins&#233;rer dans la vie et d'animer &#224; son tour celle-ci &#187; (Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;Le&#231;ons faites au Coll&#232;ge&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 182).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-70' id='nb1-70' class='spip_note' title='Notes 1-70' rev='footnote'&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Planiol par exemple en donne une liste dans la pr&#233;face &#224; la 4&#232;me &#233;d. de son &lt;i&gt;Tr. &#233;l&#233;mentaire &lt;/i&gt; : personne, auteur, tiers, acte juridique, titre, patrimoine, cr&#233;ance, droit r&#233;el, preuve, pr&#233;somption&#8230; .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-71' id='nb1-71' class='spip_note' title='Notes 1-71' rev='footnote'&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;On retrouve tous ces &#233;l&#233;ments chez R. David, &lt;i&gt;Les grands syst&#232;mes&#8230;, op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., n&#176; 15.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-72' id='nb1-72' class='spip_note' title='Notes 1-72' rev='footnote'&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; cet effort pour remonter au principe &#187;, explique R. Capitant (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 40).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-73' id='nb1-73' class='spip_note' title='Notes 1-73' rev='footnote'&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La &#171; tradition juridique fran&#231;aise &#187;, qui remonte &#224; l'Ancien droit, ne consisterait pas en effet dans la production d'&#339;uvres &#171; doctrinaires, qui, dans les autres pays de l'Europe continentale, cherchent &#224; d&#233;gager les principes universels du droit naturel &#187;, affirme R. David, &lt;i&gt;Les syst&#232;mes de droit contemporains&lt;/i&gt;, XI : &lt;i&gt;Le droit fran&#231;ais&lt;/i&gt;, I, &lt;i&gt;Les donn&#233;es fondamentales du droit fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J.,1960, p. 10.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-74' id='nb1-74' class='spip_note' title='Notes 1-74' rev='footnote'&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;M&#233;thode&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;I, p. 10. Cf. aussi Ch. Beudant, &lt;i&gt;Cours&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;I, n&#176; 118 (&#171; le Code de 1804 est aussi &#233;loign&#233; que possible de tout esprit de syst&#232;me &#187;) et 120 (&#171; le Code civil ne formule pas de r&#232;gles abstraites &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-75' id='nb1-75' class='spip_note' title='Notes 1-75' rev='footnote'&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;I, n&#176; 60, p. 125.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-76' id='nb1-76' class='spip_note' title='Notes 1-76' rev='footnote'&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;P. Koschaker, &lt;i&gt;Europa und das r&#246;mische Recht&lt;/i&gt;, 1945, exprime sans doute une id&#233;e semblable quand il oppose le droit fran&#231;ais, qu'il pr&#233;sente comme un &lt;i&gt;Juristenrecht &lt;/i&gt;(en incluant parmi ces juristes des praticiens), au droit allemand, qu'il per&#231;oit comme un &lt;i&gt;Professorenrecht&lt;/i&gt;, plus abstrait et doctrinal&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-77' id='nb1-77' class='spip_note' title='Notes 1-77' rev='footnote'&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. en dernier lieu : N. Hakim, &#171; De l'esprit et de la m&#233;thode des civilistes de la seconde moiti&#233; du xixe si&#232;cle : l'exemplarit&#233; de Claude Bufnoir &#187;, &lt;i&gt;Droits, Revue fran&#231;aise de th&#233;orie, de philosophie et de culture juridiques&lt;/i&gt;, n&#176;47, 2008, pp.45-75.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-78' id='nb1-78' class='spip_note' title='Notes 1-78' rev='footnote'&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Saleilles, &lt;i&gt;Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;d'apr&#232;s le projet&#8230;, &lt;/i&gt;Paris, 1890, n&#176; 1. Cf. M. Xifaras, &#171; La &lt;i&gt;veritas iuris &lt;/i&gt;selon Raymond Saleilles. Remarques sur un projet de restauration du juridisme &#187;, &lt;i&gt;Droits, Revue fran&#231;aise de th&#233;orie, de philosophie et de culture juridiques&lt;/i&gt;, n&#176;47, 2008, pp.77-148.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-79' id='nb1-79' class='spip_note' title='Notes 1-79' rev='footnote'&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M. Planiol, &lt;i&gt;Tr. &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., pr&#233;f. p. XI. Cf. Ph. R&#233;my, &#171; Planiol : un civiliste &#224; la Belle &#201;poque &#187;, &lt;i&gt;R.T.D.Civ., &lt;/i&gt;2002, n&#176;1, pp.31-45.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-80' id='nb1-80' class='spip_note' title='Notes 1-80' rev='footnote'&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;M&#233;thode&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;I, n&#176; 81.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-81' id='nb1-81' class='spip_note' title='Notes 1-81' rev='footnote'&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pr&#233;f. &#224; L. Lyon-Caen, &lt;i&gt;La femme mari&#233;e allemande &lt;/i&gt;de L. Lyon-Caen, Th&#232;se Droit, 1903, p. 15.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-82' id='nb1-82' class='spip_note' title='Notes 1-82' rev='footnote'&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Cours de droit civil&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., t. I, n&#176; 119 et 120. Beudant voit l&#224; une autre preuve de la sup&#233;riorit&#233; du code fran&#231;ais sur le code allemand : ce dernier, en raison de sa &#171; rigueur &#187; et de la volont&#233; de ses r&#233;dacteurs de n'omettre aucun d&#233;tail, &#171; laisse &#224; l'interpr&#232;te un r&#244;le plus restreint &#187; que celui qu'il peut jouer en face du texte fran&#231;ais. Du coup, les &#233;volutions rendues n&#233;cessaires par les modifications de la vie sociale auront &#171; plus de peine &#224; p&#233;n&#233;trer dans un code aussi complet &#187; (op. cit., n&#176; 126).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-83' id='nb1-83' class='spip_note' title='Notes 1-83' rev='footnote'&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., p. 106.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-84' id='nb1-84' class='spip_note' title='Notes 1-84' rev='footnote'&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 90. Cf. aussi A. Rouast (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. 1946, p. 88), &#224; propos de la th&#233;orie allemande de l'acte juridique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-85' id='nb1-85' class='spip_note' title='Notes 1-85' rev='footnote'&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 99 : ambition &#171; louable, non seulement du point de vue juridique, mais du point de vue national &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-86' id='nb1-86' class='spip_note' title='Notes 1-86' rev='footnote'&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Une telle r&#233;ponse, partag&#233;e par de nombreux adh&#233;rents de l'Association, tranche singuli&#232;rement avec l'opinion de celui dont elle porte le nom. Ce dernier en effet s'&#233;vertuait pr&#233;cis&#233;ment &#224; r&#233;unir &#171; les &#233;l&#233;ments de cette partie g&#233;n&#233;rale &#187; (H. Capitant, &lt;i&gt;Introduction &#224; l'&#233;tude du droit civil&lt;/i&gt;, Paris, Pedonne, 1898, p. 13, sur lequel, en dernier lieu : D. Deroussin, &#171; La pens&#233;e juridique de H. Capitant &#187;, &lt;i&gt;Le renouveau de la doctrine fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#233;tudes r&#233;unies par N. Hakim et F. Melleray&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 2009, pp. 15-67) ! Elle montre le changement d'attitude de la doctrine vis-&#224;-vis de l'Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-87' id='nb1-87' class='spip_note' title='Notes 1-87' rev='footnote'&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ancel (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 90). L'id&#233;e, de mani&#232;re certes moins brutale, est encore exprim&#233;e par R. David &#224; la fin des ann&#233;es 60 : &#171; la partie g&#233;n&#233;rale du B.G.B. est la manifestation la plus voyante du divorce qui s'est produit, au XIX&#232; si&#232;cle, entre la science juridique allemande&#8230; et la science fran&#231;aise &#187;, au point qu'elle le &#171; compromet s&#233;rieusement l'unit&#233; de la famille romano-germanique &#187; (&lt;i&gt;Les grands syst&#232;mes&#8230;, op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., n&#176; 72).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-88' id='nb1-88' class='spip_note' title='Notes 1-88' rev='footnote'&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, p. 84.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-89' id='nb1-89' class='spip_note' title='Notes 1-89' rev='footnote'&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 107.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-90' id='nb1-90' class='spip_note' title='Notes 1-90' rev='footnote'&gt;90&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.-P. Niboyet (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, p. 10).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-91' id='nb1-91' class='spip_note' title='Notes 1-91' rev='footnote'&gt;91&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &#171; La notion de droit en France &#187;, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit&lt;/i&gt;. p. 15.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-92' id='nb1-92' class='spip_note' title='Notes 1-92' rev='footnote'&gt;92&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour certains, la qu&#234;te de l'id&#233;al de justice cens&#233;e animer le droit fran&#231;ais permet de renouer avec une certaine id&#233;e du droit naturel. Voir not. H. Capitant, &lt;i&gt;Introduction &#224; l'&#233;tude du droit civil&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 35 : &#171; le droit naturel&#8230; n'est qu'un principe directeur&#8230; . C'est l'id&#233;al de justice &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-93' id='nb1-93' class='spip_note' title='Notes 1-93' rev='footnote'&gt;93&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Art&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 18. A la conception du droit de Saleilles, G&#233;ny reproche ainsi d'&#234;tre demeur&#233;e incompl&#232;te, dans la mesure o&#249; elle n'affirme pas franchement que les postulats interm&#233;diaires sur lesquels le sens commun se fonde pour l&#233;gitimer les solutions juridiques sont &#171; subordonn&#233;s, pour leur justification profonde, &#224; des principes sup&#233;rieurs, que l'observation et l'exp&#233;rience sont, &#224; elles seules, impuissantes &#224; r&#233;v&#233;ler &#187; (Fr. G&#233;ny, &#171; Conception g&#233;n&#233;rale du droit dans l'&#339;uvre de R. Saleilles &#187;, &lt;i&gt;L'&#339;uvre juridique de R. Saleilles&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 47).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-94' id='nb1-94' class='spip_note' title='Notes 1-94' rev='footnote'&gt;94&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Demogue, &lt;i&gt;Les notions fondamentales du droit priv&#233;&lt;/i&gt;, Paris, 1911, p. 22.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-95' id='nb1-95' class='spip_note' title='Notes 1-95' rev='footnote'&gt;95&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour un expos&#233; g&#233;n&#233;ral des attitudes fran&#231;aises face &#224; l'Allemagne sur la p&#233;riode, il faut consulter Cl. Digeon, &lt;i&gt;La crise allemande de la pens&#233;e fran&#231;aise (1870-1914), &lt;/i&gt;Paris, PUF, 1959. Pour l'attitude des publicistes, not. de Carr&#233; de Malberg, cf. A. Stora-Lamarre, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit., &lt;/i&gt;n&#176; 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-96' id='nb1-96' class='spip_note' title='Notes 1-96' rev='footnote'&gt;96&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pour Vareilles-Sommi&#232;res, les juristes allemands ont trop franchement c&#233;d&#233; &#171; &#224; l'&#233;rudition et &#224; l'exc&#232;s des lectures &#187;, au m&#233;pris de la &#171; m&#233;thode d'observation directe &#187; (&#171; Lettre&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ouverte &#224; la Commission de r&#233;vision du Code civil &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de la soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes l&#233;gislatives&lt;/i&gt;, 4&#232;me ann&#233;e-1905, Paris, Rousseau, p. 476).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-97' id='nb1-97' class='spip_note' title='Notes 1-97' rev='footnote'&gt;97&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Le droit individuel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;n&#176; 119.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-98' id='nb1-98' class='spip_note' title='Notes 1-98' rev='footnote'&gt;98&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 120 : &#171; C'est de la r&#233;action contre Kant et son syst&#232;me qu'est sortie l'&#201;cole historique. Elle a &#233;t&#233; au commencement du si&#232;cle, au moment o&#249; la fortune des armes venait d'abandonner la France, l'expression de l'affranchissement et du r&#233;veil de l'esprit germanique, d'une protestation nationale contre l'id&#233;e &#233;trang&#232;re qui avait trouv&#233; un &#233;cho dans la doctrine du philosophe de Koenigsberg &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-99' id='nb1-99' class='spip_note' title='Notes 1-99' rev='footnote'&gt;99&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ad&#233;quation entre le droit et le pays qu'il r&#233;git, son climat, le genre de vie, la religion, les m&#339;urs&#8230;, cf. Montesquieu, &lt;i&gt;L'esprit des lois&lt;/i&gt;, I, III.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-100' id='nb1-100' class='spip_note' title='Notes 1-100' rev='footnote'&gt;100&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.., n&#176; 132.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-101' id='nb1-101' class='spip_note' title='Notes 1-101' rev='footnote'&gt;101&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 170.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-102' id='nb1-102' class='spip_note' title='Notes 1-102' rev='footnote'&gt;102&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Aguilera, &lt;i&gt;L'id&#233;e du droit en Allemagne depuis Kant jusqu'&#224; nos jours&lt;/i&gt;, Th&#232;se Droit, Aix, 1892, p. 103.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-103' id='nb1-103' class='spip_note' title='Notes 1-103' rev='footnote'&gt;103&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cf. L. Josserand, &lt;i&gt;La force et le droit&lt;/i&gt;. Conf&#233;rence faite &#224; l'Universit&#233;, Tr&#233;voux, imp. J. Jeannin, 1917, p. 10.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-104' id='nb1-104' class='spip_note' title='Notes 1-104' rev='footnote'&gt;104&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 12. L. L&#233;vy-Bruhl (&lt;i&gt;La conflagration europ&#233;enne, ses causes &#233;conomiques et politiques&lt;/i&gt;, Paris, Alcan, 1915) explique cet attachement allemand &#224; la force par les conditions particuli&#232;res de la formation de l'unit&#233; allemande : celle-ci s'est faite &#171; par la victoire de ses arm&#233;es &#187; si bien que &#171; l'unit&#233; nationale et la puissance militaire demeurent pour elle indissolublement li&#233;es.. Son arm&#233;e est son orgueil, sa joie, sa vie &#187;, p. 13.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-105' id='nb1-105' class='spip_note' title='Notes 1-105' rev='footnote'&gt;105&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Josserand, &lt;i&gt;La force et le droit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 22.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-106' id='nb1-106' class='spip_note' title='Notes 1-106' rev='footnote'&gt;106&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Bouvier, &lt;i&gt;La conception allemande de l'Etat&lt;/i&gt;, Tr&#233;voux, impr. Jeannin, 1917, p. 83.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-107' id='nb1-107' class='spip_note' title='Notes 1-107' rev='footnote'&gt;107&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Lasson, &lt;i&gt;System der Rechtsphilosophie&lt;/i&gt;, Halle, 1883, p. 54.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-108' id='nb1-108' class='spip_note' title='Notes 1-108' rev='footnote'&gt;108&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans : &lt;i&gt;Les sciences juridiques&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 14 et 49.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-109' id='nb1-109' class='spip_note' title='Notes 1-109' rev='footnote'&gt;109&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;p. 218. 1&#232;re &#233;d. : Paris, Flammarion, 1908&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-110' id='nb1-110' class='spip_note' title='Notes 1-110' rev='footnote'&gt;110&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la r&#233;ception de Jhering en France, cf. J. Q. Whitman, &#171; Jhering parmi les Fran&#231;ais, 1870-1918 &#187; dans : O. Beaud et P. Wachsmann (dir.), &lt;i&gt;La science juridique fran&#231;aise et la science juridique allemande de 1870 &#224; 1918&lt;/i&gt;, Strasbourg, PUS, 1997.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-111' id='nb1-111' class='spip_note' title='Notes 1-111' rev='footnote'&gt;111&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Fouill&#233;e, &lt;i&gt;L'id&#233;e moderne du droit en Allemagne, en Angleterre et en France&lt;/i&gt;, Paris, 1878. Pourtant, s'il est vrai que Fichte s&#233;pare morale et droit, toute la philosophie allemande du droit ne s'engage pas dans cette voie, &#224; commencer par Kant, pour qui le droit ne s'identifie pas &#224; la morale mais constitue malgr&#233; tout l'une de ses parties, ou Hegel, qui affirme l'identit&#233; du droit et de la moralit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-112' id='nb1-112' class='spip_note' title='Notes 1-112' rev='footnote'&gt;112&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Durkheim, &lt;i&gt;L'Allemagne au-dessus de tout. La mentalit&#233; allemande et la guerre&lt;/i&gt;, Paris, Colin, 1915, p. 11.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-113' id='nb1-113' class='spip_note' title='Notes 1-113' rev='footnote'&gt;113&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 13.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-114' id='nb1-114' class='spip_note' title='Notes 1-114' rev='footnote'&gt;114&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 40.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-115' id='nb1-115' class='spip_note' title='Notes 1-115' rev='footnote'&gt;115&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Que les civilistes ne sont &#233;videmment pas seuls &#224; critiquer, cf. A. Stora-Lamarre, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit&lt;/i&gt;., n&#176; 17 &#224; 19 (&#224; propos de L. Renault) qui cite : J. Barth&#233;l&#233;my, &#171; La responsabilit&#233; des professeurs allemands de droit public &#187;, &lt;i&gt;Bulletin mensuel de la Soci&#233;t&#233; de l&#233;gislation compar&#233;e&lt;/i&gt;, avril-juin 1916.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-116' id='nb1-116' class='spip_note' title='Notes 1-116' rev='footnote'&gt;116&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Les Fran&#231;ais se r&#233;jouissent d'ailleurs du fait que certains publicistes allemands, apr&#232;s la Grande Guerre, prennent leur distance avec le positivisme de Laband ou de Kelsen, cf. G. Leibholz, &#171; Les tendances actuelles de la doctrine du droit public en Allemagne &#187;, &lt;i&gt;Archives de philosophie du droit&lt;/i&gt;, 1931, p. 207 et sv. Ce proc&#232;s est, mais peut-&#234;tre dans une moindre mesure, instruit &#233;galement par certains publicistes. On peut penser, par exemple, aux mots de H. Dupeyroux dans sa contribution aux &lt;i&gt;Archives de philosophie du droit &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Que sombrent les r&#233;gimes politiques, qu'une dictature emporte le parlementarisme ou que la loi de la majorit&#233; se substitue &#224; la volont&#233; d'un seul &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt;, le positiviste-juridique commente toujours, en principe avec une impassible tranquillit&#233;, parfois aussi avec le plus contagieux enthousiasme, la volont&#233; changeante des ma&#238;tres du jour &lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;A.P.D&lt;/i&gt;. 1938, cit&#233; par D. Lochak, &#171; Ecrire, se taire&#8230; R&#233;flexions sur la doctrine antis&#233;mite de Vichy &#187;, &lt;i&gt;Le genre humain&lt;/i&gt;, n&#176; 30-31).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-117' id='nb1-117' class='spip_note' title='Notes 1-117' rev='footnote'&gt;117&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La m&#233;thode d'enseignement qu'il pr&#233;conise comme la plus apte &#224; &#171; l'&#233;ducation intellectuelle de la jeunesse &#187; est celle qui doit faire sentir aux &#233;tudiants qu'ils n'auront pas le &#171; droit &#187;, lorsqu'ils auront &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; un probl&#232;me juridique, &#171; d'ignorer les r&#233;percussions morales, pratiques et sociales qui peuvent se trouver en jeu &#187;. En cons&#233;quence : entre deux solutions propos&#233;es pour interpr&#233;ter une loi douteuse, il faut pr&#233;f&#233;rer celle qui est en &#171; accord avec les exigences de l'&#233;quit&#233; ou de la pratique &#187; plut&#244;t que celle qui est &#171; n&#233;faste &#187; (&#171; Les m&#233;thodes d'enseignement&#8230; &#187;, &lt;i&gt;Revue internationale de l'enseignement&lt;/i&gt;, 1902, t. 44, p. 313 et 324).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-118' id='nb1-118' class='spip_note' title='Notes 1-118' rev='footnote'&gt;118&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Lequel stigmatise le &#171; fameux &lt;i&gt;verboten &#187; &lt;/i&gt;qui a malheureusement selon lui &#171; pass&#233; dans les m&#339;urs fran&#231;aises &#187;, &lt;i&gt;Le d&#233;clin du droit&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J., 1949, n&#176; 13. Si Ripert peut trompeusement passer pour positiviste, dans la mesure o&#249; il renonce &#224; recourir au droit naturel (il faut abandonner le droit naturel parce que les juristes sont dans l'impossibilit&#233; de lui donner un contenu facilement mobilisable), il rejette toute conception formaliste du droit : il n'est pas possible de s&#233;parer le droit de la morale et puisque que la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise est domin&#233;e par la morale chr&#233;tienne, c'est celle-ci qui doit servir de fondement au droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-119' id='nb1-119' class='spip_note' title='Notes 1-119' rev='footnote'&gt;119&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Telle est du moins le point de vue de G&#233;ny, qui lui sert &#233;videmment &#224; mieux mettre en exergue le renouveau qu'il souhaite insuffler &#224; la notion (Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;Science et technique en droit priv&#233; positif&lt;/i&gt;, Paris, 1914-1924, II, p. 14). Le droit naturel n'&#233;tait pourtant pas totalement ignor&#233; ni r&#233;duit &#224; de simples &#171; truismes &#187; &#224; cette p&#233;riode, cf. Ph. R&#233;my, &#171; 'La Th&#233;mis' et le droit naturel &#187;, &lt;i&gt;Revue d'histoire des Facult&#233;s de droit&lt;/i&gt;, 1987, pp. 145-160.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-120' id='nb1-120' class='spip_note' title='Notes 1-120' rev='footnote'&gt;120&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Comme l'&#233;crit Saleilles, il ne saurait en effet &#234;tre question de perp&#233;tuer les erreurs de l'&#233;cole &#171; dogmatique et philosophique &#187; (&#171; &#201;cole historique et droit naturel d'apr&#232;s quelques ouvrages r&#233;cents &#187;, &lt;i&gt;R.T.D.Civ&lt;/i&gt;., 1902, p. 81).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-121' id='nb1-121' class='spip_note' title='Notes 1-121' rev='footnote'&gt;121&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G&#233;ny, dans les &lt;i&gt;Etudes &lt;/i&gt;offertes &#224; G. Ripert (I, p. 7), reproche aux publicistes d'avoir abandonn&#233; le droit naturel et plac&#233; la production du droit exclusivement entre les mains de l'Etat (Carr&#233; de Malberg), et constate, &#224; travers &#171; les ann&#233;es troubles que la France a travers&#233;es depuis les r&#233;centes guerres mondiales &#187;, les &#171; dangers &#187; auquel cet abandon livre le Droit. Mais ce droit naturel, inscrit dans la nature des choses, n'est pas le droit rationaliste et abstrait de l'Ecole jusnaturaliste. Il se ram&#232;ne aux &#171; principes &#233;l&#233;mentaires de la justice &#187; dont le m&#233;pris conduit au &lt;i&gt;d&#233;clin &lt;/i&gt;du droit d&#233;crit par Ripert et consiste, sans davantage de pr&#233;cisions contraignantes, &#224; affirmer que &#171; le Droit dans son essence propre d&#233;rive d'une source sup&#233;rieure aux d&#233;cisions des volont&#233;s individuelles ou collectives &#187; (suffrage universel, droit syndical : sans doute ce que d'autres appellent le droit corporatif). Ne s'agit-il pas l&#224; d'affirmer la pr&#233;pond&#233;rance de la classe des interpr&#232;tes, pour limiter l'impact sur le Droit du suffrage universel ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-122' id='nb1-122' class='spip_note' title='Notes 1-122' rev='footnote'&gt;122&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;On pourrait ajouter G. Baudry-Lacantinerie &#224; la liste, qui critique la conception classique du droit naturel pour mieux promouvoir, sous l'appellation &#171; droit id&#233;al &#187;, un droit naturel dont le contenu &#233;volue avec le temps (&lt;i&gt;Pr&#233;cis de droit civil&lt;/i&gt;, Paris, 1907, I, n&#176;1). Cf. D. Deroussin, &#171; Une renaissance du droit naturel dans la doctrine civiliste &#224; la Belle Epoque : le droit naturel &#224; contenu variable, le juge et le l&#233;gislateur &#187;, &lt;i&gt;Un dialogue juridico-politique : le droit naturel, le l&#233;gislateur et le juge&lt;/i&gt;, Aix, P.U.A.M., 2010, pp. 409-431.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-123' id='nb1-123' class='spip_note' title='Notes 1-123' rev='footnote'&gt;123&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Josserand, &lt;i&gt;La force et le droit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 27-28 : alors que l'Etat &#171; n'est pas tout &#187;, qu'il est &#171; soumis &#224; des lois qui lui sont ant&#233;rieures &#187;, les Allemands ont la f&#226;cheuse tendance &#224; le consid&#233;rer comme &#171; l'unique source du droit &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-124' id='nb1-124' class='spip_note' title='Notes 1-124' rev='footnote'&gt;124&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &lt;i&gt;M&#233;thode&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;I, p. 33.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-125' id='nb1-125' class='spip_note' title='Notes 1-125' rev='footnote'&gt;125&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Le droit individuel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;n&#176; 91 et n&#176; 106 : les &#171; traditions de l'esprit national &#187; se ram&#232;nent au lib&#233;ralisme. On pourrait en dire de m&#234;me de G&#233;ny, sur lequel, en dernier lieu : J. Boulaire, &#171; Fr. G&#233;ny et le l&#233;gislateur &#187;, &lt;i&gt;Le renouveau de la doctrine fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 75.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-126' id='nb1-126' class='spip_note' title='Notes 1-126' rev='footnote'&gt;126&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 143 et 157.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-127' id='nb1-127' class='spip_note' title='Notes 1-127' rev='footnote'&gt;127&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 145.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-128' id='nb1-128' class='spip_note' title='Notes 1-128' rev='footnote'&gt;128&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 167.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-129' id='nb1-129' class='spip_note' title='Notes 1-129' rev='footnote'&gt;129&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes et la r&#233;vision du Code civil &#187;, &lt;i&gt;Le Code civil 1804&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;1904&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 969.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-130' id='nb1-130' class='spip_note' title='Notes 1-130' rev='footnote'&gt;130&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt; Le 7 mars 1919, cf. l'avant-propos des &lt;i&gt;Cours profess&#233;s &#224; la Facult&#233; de droit de Paris aux &#233;tudiants am&#233;ricains&lt;/i&gt;, Paris, 1921.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-131' id='nb1-131' class='spip_note' title='Notes 1-131' rev='footnote'&gt;131&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Larnaude dans : &lt;i&gt;Les sciences juridiques&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 49. Les m&#234;mes auteurs (Oudot, Renouvier, Fouill&#233;e, Boistel, Beudant) sont cit&#233;s par G&#233;ny pour illustrer la persistance, en France, d'une &#171; philosophie du droit &#187; visant &#224; &#171; maintenir le flambeau de l'id&#233;ale justice au-dessus du terre &#224; terre du droit positif &#187; (Fr. G&#233;ny, &#171; Conception g&#233;n&#233;rale du droit dans l'&#339;uvre de R. Saleilles &#187;, &lt;i&gt;L'&#339;uvre juridique de R. Saleilles&lt;/i&gt;, Paris, 1914, pp. 9-11).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-132' id='nb1-132' class='spip_note' title='Notes 1-132' rev='footnote'&gt;132&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;F. Larnaude, &lt;i&gt;Rapport&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;p. 17.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-133' id='nb1-133' class='spip_note' title='Notes 1-133' rev='footnote'&gt;133&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Colin et H. Capitant, &lt;i&gt;Cours de droit civil fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1934, 8&#232;me &#233;d., I, n&#176; 18.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-134' id='nb1-134' class='spip_note' title='Notes 1-134' rev='footnote'&gt;134&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Josserand, &#171; Essai sur la propri&#233;t&#233; collective &#187;, &lt;i&gt;Le Code civil 1804-1904&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 357.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-135' id='nb1-135' class='spip_note' title='Notes 1-135' rev='footnote'&gt;135&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 978.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-136' id='nb1-136' class='spip_note' title='Notes 1-136' rev='footnote'&gt;136&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur ce th&#232;me, on consultera &#233;videmment les travaux de Fr. Audren, not. &#171; Comment la science sociale vient aux juristes ? Les professeurs lyonnais et les traditions de la science sociale (1875-1930) &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;D. Deroussin (dir.), &lt;i&gt;La Facult&#233; de droit de Lyon et le renouvellement de la science juridique sous la IIIe R&#233;publique&lt;/i&gt;, Paris, La M&#233;moire du droit, 2007, pp. 3-50 et sa th&#232;se de doctorat : &lt;i&gt;Les juristes et les mondes de la science sociale 1789-1914, &lt;/i&gt;Universit&#233; de Bourgogne, 2005 (sous la dir. de J.-L. Halp&#233;rin).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-137' id='nb1-137' class='spip_note' title='Notes 1-137' rev='footnote'&gt;137&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Cours &#233;l&#233;mentaire de droit civil&lt;/i&gt;, Paris, 1930, 6&#232;me &#233;d., I, p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-138' id='nb1-138' class='spip_note' title='Notes 1-138' rev='footnote'&gt;138&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La th&#233;orie de l'institution, d&#233;velopp&#233;e par G. Renard et appr&#233;ci&#233;e par G&#233;ny, traduit par exemple la prise en compte du point de vue social par rapport au point de vue individuel mais transcende cette opposition au moyen d'une r&#233;f&#233;rence ultime au Bien commun, dont la charge id&#233;ologique est &#233;vidente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-139' id='nb1-139' class='spip_note' title='Notes 1-139' rev='footnote'&gt;139&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &#171; Conception g&#233;n&#233;rale du droit dans l'&#339;uvre de R. Saleilles &#187;,&lt;i&gt; art. pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 32.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-140' id='nb1-140' class='spip_note' title='Notes 1-140' rev='footnote'&gt;140&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Rejeter le droit subjectif, n'est-ce pas nier le droit, comme l'explique Saleilles ? A la d&#233;finition du droit de Jhering, il entend (avec Michoud) en effet ajouter l'id&#233;e d'un &#171; pouvoir correspondant et autonome &#187;. Il propose m&#234;me de mettre au premier plan de la d&#233;finition du droit cette id&#233;e de pouvoir-volont&#233; (&#171; autonome &#187;, pour le distinguer des &#171; pouvoirs publics &#187;), avant l'id&#233;e d'int&#233;r&#234;t, car c'est l&#224; selon lui &#171; la caract&#233;ristique m&#234;me du droit &#187; : le droit est une force active et non pas &#171; inerte &#187;, qui suppose une volont&#233; (m&#234;me s'il ne s'agit pas n&#233;cessairement de la volont&#233; du titulaire du droit, &lt;i&gt;De la personnalit&#233; juridique&lt;/i&gt;, 22&#232;me le&#231;on, Paris, Rousseau, 1922, 2&#232;me &#233;d., p. 546).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-141' id='nb1-141' class='spip_note' title='Notes 1-141' rev='footnote'&gt;141&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Science et technique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., II, p. 358.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-142' id='nb1-142' class='spip_note' title='Notes 1-142' rev='footnote'&gt;142&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la p&#233;riode : M. Fabre, &#171; La doctrine sous Vichy. Analyse syst&#233;matique des revues de droit priv&#233; de juin 1940 &#224; juin 1944 &#187;, in : B. Durand, J.-P. Le Crom et A. Somma (dir.),&lt;i&gt; Le droit sous Vichy&lt;/i&gt;, Frankfort, 2006, pp. 375-402.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-143' id='nb1-143' class='spip_note' title='Notes 1-143' rev='footnote'&gt;143&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Il n'est que de rappeler les mots de R. Bonnard : &#171; &lt;i&gt;A cette &#339;uvre de restauration, nous devons, particuli&#232;rement, nous les juristes de droit public (...), apporter une collaboration ardente et passionn&#233;e &lt;/i&gt; &#187; (avertissement, &lt;i&gt;R.D.P&lt;/i&gt;. 1941, cit&#233; par D. Lochak, &#171; La doctrine sous Vichy ou les m&#233;saventures du positivisme &#187;, &lt;i&gt;Les usages sociaux du droit&lt;/i&gt;, PUF, 1989, p. 253 et G. Bigot, &#171; Vichy dans l'&#339;il de la revue de droit public &#187;, B. Durand, J.-P. Le Crom et A. Somma (dir.),&lt;i&gt; Le droit sous Vichy&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;pp. 419).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-144' id='nb1-144' class='spip_note' title='Notes 1-144' rev='footnote'&gt;144&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la question : D. Lochak, &#171; La doctrine sous Vichy&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit., &lt;/i&gt;p. 266 et sv. et, dans le m&#234;me ouvrage, la mise au point de M. Troper sur le &#171; positivisme &#187; des juristes sous l'Occupation. Au-del&#224; de la question de savoir si ces juristes se montrent authentiquement, &lt;i&gt;i.-e&lt;/i&gt;. scientifiquement, positivistes, il n'en demeure pas moins que, comme le remarque J. Marcou, &#171; des juristes, sous l'Occupation, se sont mis &#224; faire du droit antis&#233;mite, comme l'on fait du droit civil ou du droit administratif &#187;, classifiant, distinguant, et interpr&#233;tant des normes en faisant totalement abstraction de leur contenu (J. Marcou, &lt;i&gt;Le Conseil d'Etat sous Vichy&lt;/i&gt;, Th. Droit, Univ. Grenoble II, 1984, p. 236).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-145' id='nb1-145' class='spip_note' title='Notes 1-145' rev='footnote'&gt;145&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paris, L.G.D.J., 1943.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-146' id='nb1-146' class='spip_note' title='Notes 1-146' rev='footnote'&gt;146&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Telle est l'opinion de E.-H. Perreau dans sa seconde &#233;tude sur le statut des Juifs (&#171; Les mesures compl&#233;mentaires concernant le statut des juifs &#187;, JCP. 1942.I.244). E.H. Perreau, alors professeur honoraire &#224; la Facult&#233; de droit de Toulouse, s'&#233;tait fait une sp&#233;cialit&#233; d'&#233;tudier le nouveau statut des Juifs dans des commentaires sous arr&#234;ts et dans ses deux contributions &#224; la &lt;i&gt;Semaine juridique&lt;/i&gt;. Dans la premi&#232;re (&#171; Le nouveau statut des juifs en France &#187;, &lt;i&gt;J.C.P. &lt;/i&gt;1941.I.216), il justifiait avec une neutralit&#233; plus grande l'analyse des lois nouvelles en les pr&#233;sentant comme des &#171; faits juridiques &#187; dont le juriste, par m&#233;tier, doit faciliter la connaissance &#8211;et donc aussi l'application. De l'une &#224; l'autre de ces deux &#233;tudes, il glisse insensiblement de l'expos&#233; du &lt;i&gt;fait &lt;/i&gt;&#224; celui de la &lt;i&gt;ratio legis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-147' id='nb1-147' class='spip_note' title='Notes 1-147' rev='footnote'&gt;147&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Telle est la ligne de d&#233;fense qui ressort notamment de G. Ripert, &lt;i&gt;Les forces cr&#233;atrices du droit&lt;/i&gt;, Paris, LGDJ, 1955.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-148' id='nb1-148' class='spip_note' title='Notes 1-148' rev='footnote'&gt;148&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;On pr&#233;dit l'effondrement de l'Allemagne, la disparition de la science des &#171; &lt;i&gt;Herren Professoren &lt;/i&gt; &#187;, l'effacement de &#171; ce fameux Code civil allemand &#187; qui, paradoxalement, avait trouv&#233; en France avant 1914 &#171; ses plus grands ap&#244;tres &#187; (&lt;i&gt;Trav. de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-149' id='nb1-149' class='spip_note' title='Notes 1-149' rev='footnote'&gt;149&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 114.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-150' id='nb1-150' class='spip_note' title='Notes 1-150' rev='footnote'&gt;150&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A propos du droit de la responsabilit&#233;, &lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, p. 40 : les juristes fran&#231;ais ne doivent pas se contenter d'&#234;tre des &#171; contrema&#238;tres du droit &#187; mais montrer qu'ils sont aussi des &#171; ing&#233;nieurs &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-151' id='nb1-151' class='spip_note' title='Notes 1-151' rev='footnote'&gt;151&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Revue internationale de droit compar&#233;&lt;/i&gt;, 1955, vol. 7, pp. 877-878.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-152' id='nb1-152' class='spip_note' title='Notes 1-152' rev='footnote'&gt;152&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, p. 112.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-153' id='nb1-153' class='spip_note' title='Notes 1-153' rev='footnote'&gt;153&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 32.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-154' id='nb1-154' class='spip_note' title='Notes 1-154' rev='footnote'&gt;154&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C'est l&#224; une mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; l'expansion du droit public, que nos civilistes ressentent comme une menace (cf. A.-J. Arnaud, &lt;i&gt;Les juristes face &#224; la soci&#233;t&#233;. Du XIX&#232; si&#232;cle &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1975).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-155' id='nb1-155' class='spip_note' title='Notes 1-155' rev='footnote'&gt;155&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 163. On trouve le m&#234;me &lt;i&gt;constat &lt;/i&gt;(en r&#233;alit&#233; une p&#233;tition de principe) chez Julliot de la Morandi&#232;re (&lt;i&gt;Droit civil d'apr&#232;s le Trait&#233; de droit civil d'A. Colin et H. Capitant&lt;/i&gt;, Paris, 1960, 2&#232;me &#233;d., Dalloz, I, n&#176; 33) : par son &#171; caract&#232;re &#187;, le droit priv&#233; se distingue du droit public parce qu'il laisse &#171; une large part &#224; l'autonomie de la volont&#233; &#187;, de sorte que la plupart de ses r&#232;gles ne sont pas imp&#233;ratives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-156' id='nb1-156' class='spip_note' title='Notes 1-156' rev='footnote'&gt;156&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. Ripert, &lt;i&gt;Le d&#233;clin du droit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;not. le chap. II &lt;i&gt;Tout devient droit public &lt;/i&gt; : &#171; dans le monde politique, on ne dit pas la &lt;i&gt;publicisation du droit&lt;/i&gt;, on dit la &lt;i&gt;socialisation du droit &lt;/i&gt; &#187;, p. 38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-157' id='nb1-157' class='spip_note' title='Notes 1-157' rev='footnote'&gt;157&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;On peut songer &#224; la passe d'armes qui eut lieu entre J. Bonnecase et L. Duguit, le premier reprochant pr&#233;cis&#233;ment au second son &#171; conceptualisme &#187; r&#233;v&#233;l&#233; notamment par l'emploi de termes techniques allemands (J. Bonnecase,&lt;i&gt; Science du droit et romantisme&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1928, p. 658).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-158' id='nb1-158' class='spip_note' title='Notes 1-158' rev='footnote'&gt;158&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple : &lt;i&gt;Tr. &#233;l&#233;mentaire de droit civil&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J., 1906, 4&#232;me &#233;d., I, n&#176; 270.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-159' id='nb1-159' class='spip_note' title='Notes 1-159' rev='footnote'&gt;159&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Rieg, &lt;i&gt;Le r&#244;le de la volont&#233; dans l'acte juridique en droit civil fran&#231;ais et allemand&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J. 1961.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-160' id='nb1-160' class='spip_note' title='Notes 1-160' rev='footnote'&gt;160&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sauf, au moins, M. Planiol, n&#176; 2 et H. Capitant (&lt;i&gt;Introduction &#224; l'&#233;tude du droit civil&lt;/i&gt;, Paris, 1898 pour la 1&#232;re &#233;dition).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-161' id='nb1-161' class='spip_note' title='Notes 1-161' rev='footnote'&gt;161&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Julliot de la Morandi&#232;re, &lt;i&gt;Droit civil&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;I, n&#176; 24.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-162' id='nb1-162' class='spip_note' title='Notes 1-162' rev='footnote'&gt;162&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. de Vareilles-Sommi&#232;res dans sa &lt;i&gt;Lettre ouverte &#224; la Commission de r&#233;vision du Code civil&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 476.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-163' id='nb1-163' class='spip_note' title='Notes 1-163' rev='footnote'&gt;163&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Avant-propos &#224; &lt;i&gt;L'&#339;uvre juridique de R. Saleilles&lt;/i&gt;, Paris, 1912, p. 28.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-164' id='nb1-164' class='spip_note' title='Notes 1-164' rev='footnote'&gt;164&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. Bonnecase, &lt;i&gt;Science du droit.., op. cit&lt;/i&gt;., p. 601.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-165' id='nb1-165' class='spip_note' title='Notes 1-165' rev='footnote'&gt;165&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Il vise : &lt;i&gt;Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation d'apr&#232;s le projet de Code civil allemand &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;De la personnalit&#233; juridique, &lt;/i&gt;omettant ici volontairement la part du droit romain et de l'histoire du droit que l'ouvrage rec&#232;le, J. Bonnecase, &lt;i&gt;Science du droit.., op. cit&lt;/i&gt;., p. 606.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-166' id='nb1-166' class='spip_note' title='Notes 1-166' rev='footnote'&gt;166&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Stora-Lamarre, &#171; La guerre au nom du droit &#187;, &lt;i&gt;Revue d'histoire du XIX&#232; si&#232;cle&lt;/i&gt;, 30/2005, n&#176;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-167' id='nb1-167' class='spip_note' title='Notes 1-167' rev='footnote'&gt;167&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple, la propri&#233;t&#233; en main commune, &#233;tudi&#233;e par Josserand dans le &lt;i&gt;Livre du centenaire &lt;/i&gt;du Code civil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-168' id='nb1-168' class='spip_note' title='Notes 1-168' rev='footnote'&gt;168&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Essai d'une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale de l'obligation&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;pr&#233;f., p. VIII. L'introduction &#224; la traduction du B.G.B. (p. XXVI), &#224; laquelle il participe, insiste pour sa part sur le fait que si le nouveau droit allemand repr&#233;sente &#171; sinon un progr&#232;s qui s'impose sur tous les points, tout au moins un essai plus complet d'adaptation du droit aux n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques de l'heure pr&#233;sente, il est indispensable que l'&#233;tude des conceptions qu'il a introduites, ou des institutions qu'il a cr&#233;&#233;es, soit pouss&#233;e un peu partout, et de la part de tous les hommes comp&#233;tents, aussi loin que possible &#187;. Mais Saleilles para&#238;t finalement assez seul lorsqu'il d&#233;nonce le risque d'une &#171; nationalisme intransigeant &#187; qui consisterait, &#224; l'occasion d'une r&#233;vision du Code civil fran&#231;ais, &#224; frapper &#171; d'ostracisme&#8230; des id&#233;es et des conceptions destin&#233;es &#224; s'universaliser &#187; (&lt;i&gt;Introduction &#224; l'&#233;tude du droit civil allemand&lt;/i&gt;, Paris, 1904, p. 123).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-169' id='nb1-169' class='spip_note' title='Notes 1-169' rev='footnote'&gt;169&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Plus radicalement, A. Esmein (&#171; La jurisprudence et la doctrine &#187;, &lt;i&gt;R.TD.Civ&lt;/i&gt;. 1902, I, pp. 17-18) rejette toute influence l&#233;gitime du droit &#233;tranger sur la doctrine et la jurisprudence fran&#231;aises.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-170' id='nb1-170' class='spip_note' title='Notes 1-170' rev='footnote'&gt;170&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Gaudemet, &#171; Les codifications r&#233;centes&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 973.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-171' id='nb1-171' class='spip_note' title='Notes 1-171' rev='footnote'&gt;171&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 980.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-172' id='nb1-172' class='spip_note' title='Notes 1-172' rev='footnote'&gt;172&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 986.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-173' id='nb1-173' class='spip_note' title='Notes 1-173' rev='footnote'&gt;173&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Aguilera, &lt;i&gt;Th&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 381.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-174' id='nb1-174' class='spip_note' title='Notes 1-174' rev='footnote'&gt;174&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 379.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-175' id='nb1-175' class='spip_note' title='Notes 1-175' rev='footnote'&gt;175&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Dans : &lt;i&gt;Les sciences juridiques&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 20.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-176' id='nb1-176' class='spip_note' title='Notes 1-176' rev='footnote'&gt;176&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 58.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-177' id='nb1-177' class='spip_note' title='Notes 1-177' rev='footnote'&gt;177&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Selon l'expression qu'il emprunte &#224; R.-W. Lee, &lt;i&gt;Harvard Review, &lt;/i&gt;XXX, p. 789.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-178' id='nb1-178' class='spip_note' title='Notes 1-178' rev='footnote'&gt;178&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ed. Lambert, &lt;i&gt;L'Institut de droit compar&#233;, son programme, ses m&#233;thodes d'enseignement, Le&#231;on faite &#224; la s&#233;ance d'inauguration&lt;/i&gt;, Lyon, Rey, 1921, p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-179' id='nb1-179' class='spip_note' title='Notes 1-179' rev='footnote'&gt;179&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-180' id='nb1-180' class='spip_note' title='Notes 1-180' rev='footnote'&gt;180&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &#171; L'&#233;volution de la pens&#233;e juridique&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit&lt;/i&gt;., p. 4.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-181' id='nb1-181' class='spip_note' title='Notes 1-181' rev='footnote'&gt;181&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D'apr&#232;s Ancel, qui oublie d'ailleurs que Bufnoir et Saleilles se sont montr&#233;s critiques &#224; l'&#233;gard de la partie g&#233;n&#233;rale du projet de B.G.B. (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 89). Curieusement cependant, personne ne songe &#224; tenir rigueur &#224; G. Ripert d'avoir recommand&#233; &#224; ses coll&#232;gues de tirer pour la France les le&#231;ons des exp&#233;riences men&#233;es dans l'Allemagne nazie ou l'Italie fasciste (G. Ripert, &#171; Ebauche d'un droit priv&#233; professionnel &#187;, &lt;i&gt;Etudes de droit civil &#224; la m&#233;moire de H. Capitant&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1939).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-182' id='nb1-182' class='spip_note' title='Notes 1-182' rev='footnote'&gt;182&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Perte d'influence que C. Crome, Professeur &#224; Bonn, &#233;voquait dans un hommage peut-&#234;tre ironique au Code fran&#231;ais &#224; l'occasion de son centenaire : il a &#233;t&#233; le &#171; chef d'&#339;uvre &#187;.... mais &#171; de son &#233;poque &#187; et, en 1904, c'est d&#233;sormais le B.G.B. qui incarne &#171; toute l'exemplarit&#233; que le Code civil fran&#231;ais pr&#233;sentait &#224; son d&#233;but &#187; et se pr&#233;sente comme &#171; la source et le point de d&#233;part &#187; du nouveau mouvement scientifique (&#171; Les similitude du Code civil allemand et du Code civil fran&#231;ais &#187;, &lt;i&gt;Le Code civil&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;II, p. 614). Pour lui, le nouveau droit allemand doit &#171; f&#233;conder &#187; le droit fran&#231;ais &#171; parce qu'il part de conceptions naturelles aux deux nations &#187; (&lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 589).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-183' id='nb1-183' class='spip_note' title='Notes 1-183' rev='footnote'&gt;183&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit. &lt;/i&gt; : &#171; la langue fran&#231;aise, la culture fran&#231;aise, sous toutes ses formes, qui autrefois d&#233;bordait nos fronti&#232;res, qui avait conquis l'Europe jusqu'aux confins de la Russie, qui ensuite avait conquis le monde entier, depuis un si&#232;cle a subi de terribles assauts &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-184' id='nb1-184' class='spip_note' title='Notes 1-184' rev='footnote'&gt;184&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 36.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-185' id='nb1-185' class='spip_note' title='Notes 1-185' rev='footnote'&gt;185&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid., &lt;/i&gt;p. 30-31.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-186' id='nb1-186' class='spip_note' title='Notes 1-186' rev='footnote'&gt;186&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 36.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-187' id='nb1-187' class='spip_note' title='Notes 1-187' rev='footnote'&gt;187&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 112.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-188' id='nb1-188' class='spip_note' title='Notes 1-188' rev='footnote'&gt;188&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.-P. Niboyet (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 38). Est-il alors exag&#233;rer d'estimer que, au moins dans les premi&#232;res ann&#233;es qui suivent la Lib&#233;ration, l'Association s'est en quelque sorte &#233;loign&#233;e de ce qu'affirmaient, sans doute en r&#233;f&#233;rence &#224; Saleilles et &#224; Lambert, A. Colin et H. Capitant dans leur &lt;i&gt;Cours &#233;l&#233;mentaire &lt;/i&gt;(I, p. 34) : &#171; notons, en passant, une nouvelle fonction assign&#233;e &#224; la science juridique par des &#233;crivains plus audacieux encore. Cette fonction consisterait &#224; tirer de l'&#233;tude des l&#233;gislations &#233;trang&#232;res, et de leur rapprochement avec la n&#244;tre, les grandes lignes d'un &lt;i&gt;Droit commun l&#233;gislatif &lt;/i&gt;qui, en attendant la formation de groupements nouveaux de peuples, plus &#233;tendus que nos patries actuelles, &#233;clairerait l'interpr&#233;tation des diverses lois nationales de mani&#232;re &#224; leur faire produire ensemble des solutions aussi conformes que possibles &#224; la moyenne des aspirations communes au monde civilis&#233;. Il est &#233;vident que, si la Doctrine du XX&#232;me si&#232;cle pouvait jamais jouer un r&#244;le aussi &#233;lev&#233;, sa mission acquerrait une importance et une grandeur qui ne lui laisseraient rien &#224; envier &#224; nos grands jurisconsultes d'autrefois &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-189' id='nb1-189' class='spip_note' title='Notes 1-189' rev='footnote'&gt;189&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-190' id='nb1-190' class='spip_note' title='Notes 1-190' rev='footnote'&gt;190&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pourtant, l'Association H. Capitant, du moins &#224; ses d&#233;buts, para&#238;t bien offrir les moyens d'une action volontaire et concert&#233;e et exprimer, malgr&#233; les in&#233;vitables divergences, une relative homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-191' id='nb1-191' class='spip_note' title='Notes 1-191' rev='footnote'&gt;191&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Part importante qu'il doit &#233;galement &#224; son attitude pendant l'Occupation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-192' id='nb1-192' class='spip_note' title='Notes 1-192' rev='footnote'&gt;192&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-193' id='nb1-193' class='spip_note' title='Notes 1-193' rev='footnote'&gt;193&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C. Bufnoir et alii, &lt;i&gt;Code civil allemand traduit et annot&#233;&lt;/i&gt;, Paris, imp. nat., 1904, introduction, p. 1.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-194' id='nb1-194' class='spip_note' title='Notes 1-194' rev='footnote'&gt;194&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E. Glasson, &lt;i&gt;Le mariage civil et le divorce dans l'antiquit&#233; et dans les principales l&#233;gislations modernes de l'Europe&lt;/i&gt;, Paris, Pedone, 1880, 2&#232;me &#233;d.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-195' id='nb1-195' class='spip_note' title='Notes 1-195' rev='footnote'&gt;195&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;En Suisse, le syst&#232;me de Sauser-Hall, fond&#233; sur le crit&#232;re de la race, conduit &#224; distinguer plusieurs familles juridiques : le droit des peuples de race aryenne (parmi lesquels les droits gr&#233;co-latins sont particularis&#233;s, &#224; c&#244;t&#233; des droits iranien, celtique, anglo-saxon&#8230;), le droit des races s&#233;mitiques, celui des races mongoles et, enfin, des peuples barbares (Indon&#233;sie, Australie&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-196' id='nb1-196' class='spip_note' title='Notes 1-196' rev='footnote'&gt;196&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Les transformations du droit. Livre du cinquantenaire de la Soci&#233;t&#233; de l&#233;gislation compar&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, 1922, I, pp. 87-89. Cf. aussi &#171; Vers le droit mondial &#187;, cit&#233; par J.-L. Halp&#233;rin, &#171; Henri l&#233;vy-Ullmann, classicisme et singularit&#233;s &#187;, &lt;i&gt;Le renouveau de la doctrine fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 114. L'accent ainsi mis par L&#233;vy-Ullmann sur la diff&#233;rence des sources et de leur interpr&#233;tation, parce qu'il conduit &#224; opposer radicalement le syst&#232;me continental &#224; celui du &lt;i&gt;case law&lt;/i&gt;, est aujourd'hui parfois jug&#233; exag&#233;r&#233; (cf. &lt;i&gt;Legal families&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., p. 71).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-197' id='nb1-197' class='spip_note' title='Notes 1-197' rev='footnote'&gt;197&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;L'institut de droit compar&#233;&lt;/i&gt;&#8230;,&lt;i&gt; op. cit&lt;/i&gt;., p. 13. Dans ses &lt;i&gt;Etudes de droit commun l&#233;gislatif&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 895, il explique aussi que les &#171; l&#233;gislations latines et germaniques &#187;, parce qu'elles sont proches &#171; &#224; la fois par la similitude des &#233;tats de culture et des conditions de vie &#233;conomique qu'elles refl&#232;tent et par l'existence de nombreuses influences historiques et qui se sont exerc&#233;es simultan&#233;ment sur les unes et les autres&#8230; &#187;, sont un terrain fertile pour les &#233;tudes de droit compar&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-198' id='nb1-198' class='spip_note' title='Notes 1-198' rev='footnote'&gt;198&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Journal des d&#233;bats&lt;/i&gt;, 5 mars 1892.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-199' id='nb1-199' class='spip_note' title='Notes 1-199' rev='footnote'&gt;199&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; Le droit compar&#233; et l'enseignement du droit &#187;, &lt;i&gt;Congr&#232;s international de droit compar&#233;&lt;/i&gt;, 1905, P.-V. des s&#233;ances, I, pp. 445 et sv. Cette classification est d'ailleurs critiqu&#233;e par Arminjon, Nolde et Wolff dans leur &lt;i&gt;Trait&#233; de droit compar&#233; &lt;/i&gt;(1950) en raison de ses crit&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-200' id='nb1-200' class='spip_note' title='Notes 1-200' rev='footnote'&gt;200&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;La force et le droit&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 1-2 : &#171; nos philosophes, nos jurisconsultes, nos &#233;crivains, le peuple m&#234;me ont recueilli le pr&#233;cieux h&#233;ritage l&#233;gu&#233; par la Rome expirante &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-201' id='nb1-201' class='spip_note' title='Notes 1-201' rev='footnote'&gt;201&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 13.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-202' id='nb1-202' class='spip_note' title='Notes 1-202' rev='footnote'&gt;202&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Essai&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., n&#176; 2 ; il est vrai cependant que, suivant en cela les Pandectistes allemands, il estime par exemple que la technique du contrat abstrait d'ali&#233;nation est typiquement romaine&#8230; .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-203' id='nb1-203' class='spip_note' title='Notes 1-203' rev='footnote'&gt;203&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cit&#233; par G. Ripert, &lt;i&gt;Les forces cr&#233;atrices du droit&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J., 1955, p. 4.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-204' id='nb1-204' class='spip_note' title='Notes 1-204' rev='footnote'&gt;204&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C. Crome, &#171; Les similitudes&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit., &lt;/i&gt;p. 589.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-205' id='nb1-205' class='spip_note' title='Notes 1-205' rev='footnote'&gt;205&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;F. Larnaude, &lt;i&gt;Rapport&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;p. 17.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-206' id='nb1-206' class='spip_note' title='Notes 1-206' rev='footnote'&gt;206&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A. Schnitzer, &lt;i&gt;Vergleichende Rechtslehre&lt;/i&gt;, B&#226;le, 1945. Il s'agit de cycles plus ou moins historiques : le premier est constitu&#233; par les peuples primitifs, le deuxi&#232;me par la culture antique, le troisi&#232;me pour moiti&#233; par l'Europe continentale et pour l'autre moiti&#233; par le droit anglo-am&#233;ricain, le quatri&#232;me par les droits religieux et le cinqui&#232;me par les droits des pays asiatiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-207' id='nb1-207' class='spip_note' title='Notes 1-207' rev='footnote'&gt;207&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Trav. de l'Association H. Capitant&lt;/i&gt;, 1946.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-208' id='nb1-208' class='spip_note' title='Notes 1-208' rev='footnote'&gt;208&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple, L. Julliot de la Morandi&#232;re (&lt;i&gt;Droit civil&#8230;, op. cit&lt;/i&gt;, I, n&#176; 172) range le droit fran&#231;ais au sein du &#171; groupe occidental &#187; et, &#224; l'int&#233;rieur de ce groupe, distingue les syst&#232;mes juridiques l&#233;galistes (dont la source essentielle est la loi promulgu&#233;e), qui comprennent la France et les pays influenc&#233;s par son Code mais aussi la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche ; les syst&#232;mes coutumiers / jurisprudentiels (anglo-saxon), quoiqu'ils soient temp&#233;r&#233;s de plus en plus par l'augmentation du nombre des lois ; et enfin le syst&#232;me scandinave, plus coutumier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-209' id='nb1-209' class='spip_note' title='Notes 1-209' rev='footnote'&gt;209&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ailleurs, on continue parfois &#224; affirmer l'appartenance de la France et de l'Allemagne &#224; des groupes diff&#233;rents en raison de l'ant&#233;riorit&#233; du Code civil fran&#231;ais, de l'absence de r&#233;ception de ce Code en Allemagne ou en Autriche, de l'apparition en Allemagne, sous l'influence du pandectisme, d'une technique juridique mettant en &#339;uvre des concepts aux contours bien arr&#234;t&#233;s. Cela n'emp&#234;che cependant pas de reconna&#238;tre que les syst&#232;mes continentaux se ressemblent, sp&#233;cialement si on les compare au &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, du fait de la place qu'ils accordent dans la mani&#232;re de penser le droit aux r&#232;gles g&#233;n&#233;rales (ce qui s'explique historiquement : &#171; Common law comes from the court, Continental law from the study &#187;, &lt;i&gt;Legal families&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; op. cit&lt;/i&gt;., p. 69 et p. p. 73, o&#249; l'on trouve la classification suivante : famille romaniste, famille germanique, famille scandinave &#8211;nordique-, &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, auxquelles s'ajoutent les droits chinois, japonais, musulman et hindou).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-210' id='nb1-210' class='spip_note' title='Notes 1-210' rev='footnote'&gt;210&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Les grands syst&#232;mes&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;n&#176; 17 : apr&#232;s avoir class&#233; les syst&#232;mes en : occidentaux, socialistes, musulmans, hindou et chinois, il finit par r&#233;duire le nombre de ces familles &#224; trois : famille romano-germanique, famille de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, famille socialiste, en int&#233;grant les droits musulmans et hindous dans le groupe des &#171; autres syst&#232;mes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-211' id='nb1-211' class='spip_note' title='Notes 1-211' rev='footnote'&gt;211&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 110.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-212' id='nb1-212' class='spip_note' title='Notes 1-212' rev='footnote'&gt;212&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 30.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-213' id='nb1-213' class='spip_note' title='Notes 1-213' rev='footnote'&gt;213&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 111.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-214' id='nb1-214' class='spip_note' title='Notes 1-214' rev='footnote'&gt;214&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 59. Arminjon, Nolde et Wolff (&lt;i&gt;Tr. de droit compar&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;.), en se fondant sur la substance qui caract&#233;rise chacun des syst&#232;mes nationaux (m&#234;me s'ils assignent &#224; la l&#233;gislation de la plupart des nations europ&#233;ennes une origine commune &#171; dans une doctrine juridique qui se fonde sur le droit romain et qui s'est d&#233;velopp&#233;e et pr&#233;cis&#233;e depuis le XII&#232; si&#232;cle en Italie, en France, en Allemagne et en Hollande &#187;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 17), &#233;laborent une cartographie des syst&#232;mes juridiques souches distinguant : la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Scandinavie, la Russie, le monde musulman et le monde hindou (&lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 49). Il faut cependant prendre garde au fait que cette identification des syst&#232;mes souches et des syst&#232;mes d&#233;riv&#233;s n'est pas assimilable &#224; une classification des cultures juridiques puisque, comme l'expliquent les auteurs, ces syst&#232;mes sont tous des &#171; manifestations &#187; de la culture juridique moderne (celle des pays civilis&#233;s) &#171; qui est commune aux grandes et petites nations entre lesquelles le monde est partag&#233; &#187; (&lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 47). Surtout, un tel classement repose bien sur l'id&#233;e que la France n'a pas le monopole (m&#234;me partag&#233; avec l'Italie ou l'Espagne) de l'incarnation de la tradition romaine / latine, puisque tous les syst&#232;mes souches, sauf le musulman et l'hindou, ont puis&#233; dans le droit romain et que, si l'on consid&#232;re la r&#233;ception des r&#232;gles du droit romain, elle a &#233;t&#233; au moins aussi profonde en Allemagne qu'en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-215' id='nb1-215' class='spip_note' title='Notes 1-215' rev='footnote'&gt;215&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D. Deroussin, &lt;i&gt;Histoire du droit des obligations&lt;/i&gt;, Paris, Economica, 2007, p. 99.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-216' id='nb1-216' class='spip_note' title='Notes 1-216' rev='footnote'&gt;216&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Houin, &#171; Codification europ&#233;enne des contrats et des obligations &#187;, &lt;i&gt;Etudes juridiques offertes &#224; L. Julliot de la Morandi&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 1961, p. 230.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-217' id='nb1-217' class='spip_note' title='Notes 1-217' rev='footnote'&gt;217&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Puisque la vie est diversit&#233;, Saleilles ne r&#234;ve pas d'un droit &#171; unique et toujours le m&#234;me pour tous les peuples &#187; (&#171; Ecole historique et droit naturel &#187;, &lt;i&gt;R.T.D.Civ&lt;/i&gt;. 1902, p. 80). Mais il accorde un pouvoir important &#224; la doctrine en affirmant que, si de l'&#233;tude des diff&#233;rentes l&#233;gislations elle parvient &#224; une &#171; construction successivement admise par les juristes comme la solution de droit commun qui tende &#224; se faire accepter &#224; peu pr&#232;s partout &#187;, alors cette construction doctrinale devrait rev&#234;tir une v&#233;ritable valeur juridique par rapport aux droits nationaux : quoique subsidiaire, elle devrait &#234;tre tenue pour &#171; un &#233;l&#233;ment, si infime que ce soit, du droit national &#187; (&lt;i&gt;Congr&#232;s international de droit compar&#233;. P.-V. des s&#233;ances et documents&lt;/i&gt;, 1905, I, pp. 173-174, cit&#233; par Arminjon, Nolde et Wolff, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., p. 38).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-218' id='nb1-218' class='spip_note' title='Notes 1-218' rev='footnote'&gt;218&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. Demogue, &lt;i&gt;L'unification internationale&lt;/i&gt;&#8230;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 9.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-219' id='nb1-219' class='spip_note' title='Notes 1-219' rev='footnote'&gt;219&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.-P. Niboyet (&lt;i&gt;Trav&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;de l'Association h. Capitant&lt;/i&gt;, 1946, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 41).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-220' id='nb1-220' class='spip_note' title='Notes 1-220' rev='footnote'&gt;220&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;R. David, &lt;i&gt;op&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;cit&lt;/i&gt;., n&#176; 55.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-221' id='nb1-221' class='spip_note' title='Notes 1-221' rev='footnote'&gt;221&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la p&#233;riode : M. Fabre, &#171; La doctrine sous Vichy. Analyse syst&#233;matique des revues de droit priv&#233; de juin 1940 &#224; juin 1944 &#187;, in : B. Durand, J.-P. Le Crom et A. Somma (dir.),&lt;i&gt; Le droit sous Vichy&lt;/i&gt;, Frankfort, 2006, pp. 375-402.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-222' id='nb1-222' class='spip_note' title='Notes 1-222' rev='footnote'&gt;222&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Il n'est que de rappeler les mots de R. Bonnard : &#171; &lt;i&gt;A cette &#339;uvre de restauration, nous devons, particuli&#232;rement, nous les juristes de droit public (...), apporter une collaboration ardente et passionn&#233;e &lt;/i&gt; &#187; (avertissement, &lt;i&gt;R.D.P&lt;/i&gt;. 1941, cit&#233; par D. Lochak, &#171; La doctrine sous Vichy ou les m&#233;saventures du positivisme &#187;, &lt;i&gt;Les usages sociaux du droit&lt;/i&gt;, PUF, 1989, p. 253 et G. Bigot, &#171; Vichy dans l'&#339;il de la revue de droit public &#187;, B. Durand, J.-P. Le Crom et A. Somma (dir.),&lt;i&gt; Le droit sous Vichy&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;pp. 419).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-223' id='nb1-223' class='spip_note' title='Notes 1-223' rev='footnote'&gt;223&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur la question : D. Lochak, &#171; La doctrine sous Vichy&#8230; &#187;, &lt;i&gt;art. pr&#233;cit., &lt;/i&gt;p. 266 et sv. et, dans le m&#234;me ouvrage, la mise au point de M. Troper sur le &#171; positivisme &#187; des juristes sous l'Occupation. Comme le remarque J. Marcou, &#171; des juristes, sous l'Occupation, se sont mis &#224; faire du droit antis&#233;mite, comme l'on fait du droit civil ou du droit administratif &#187;, classifiant, distinguant, et interpr&#233;tant des normes en faisant totalement abstraction de leur contenu (J. Marcou, &lt;i&gt;Le Conseil d'Etat sous Vichy&lt;/i&gt;, Th. Droit, Univ. Grenoble II, 1984, p. 236).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-224' id='nb1-224' class='spip_note' title='Notes 1-224' rev='footnote'&gt;224&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paris, L.G.D.J., 1943.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-225' id='nb1-225' class='spip_note' title='Notes 1-225' rev='footnote'&gt;225&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Telle est l'opinion de E.-H. Perreau dans sa seconde &#233;tude sur le statut des Juifs (&#171; Les mesures compl&#233;mentaires concernant le statut des juifs &#187;, JCP. 1942.I.244). E.H. Perreau, alors professeur honoraire &#224; la Facult&#233; de droit de Toulouse, s'&#233;tait fait une sp&#233;cialit&#233; d'&#233;tudier le nouveau statut des Juifs dans des commentaires sous arr&#234;ts et dans ses deux contributions &#224; la &lt;i&gt;Semaine juridique&lt;/i&gt;. Dans la premi&#232;re (&#171; Le nouveau statut des juifs en France &#187;, &lt;i&gt;J.C.P. &lt;/i&gt;1941.I.216), il justifiait avec une neutralit&#233; plus grande l'analyse des lois nouvelles en les pr&#233;sentant comme des &#171; faits juridiques &#187; dont le juriste, par m&#233;tier, doit faciliter la connaissance &#8211;et donc aussi l'application. De l'une &#224; l'autre de ces deux &#233;tudes, il glisse insensiblement de l'expos&#233; du &lt;i&gt;fait &lt;/i&gt;&#224; celui de la &lt;i&gt;ratio legis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-226' id='nb1-226' class='spip_note' title='Notes 1-226' rev='footnote'&gt;226&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Telle est la ligne de d&#233;fense qui ressort notamment de G. Ripert, &lt;i&gt;Les forces cr&#233;atrices du droit&lt;/i&gt;, Paris, LGDJ, 1955.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-227' id='nb1-227' class='spip_note' title='Notes 1-227' rev='footnote'&gt;227&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#171; L'&#233;volution contemporaine de la pens&#233;e juridique dans la doctrine fran&#231;aise &#187;, &lt;i&gt;Le droit priv&#233; au milieu du XX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. Etudes offertes &#224; G. Ripert&lt;/i&gt;, Paris, L.G.D.J., 1950, I, p. 4&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-228' id='nb1-228' class='spip_note' title='Notes 1-228' rev='footnote'&gt;228&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, &#171; La notion de droit en France &#187;, &lt;i&gt;Archives de philosophie du droit&lt;/i&gt;, 1931, n&#176; 1-2, p. 12.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-229' id='nb1-229' class='spip_note' title='Notes 1-229' rev='footnote'&gt;229&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Julliot de la Morandi&#232;re, &lt;i&gt;Droit civil&#8230;, op. cit., &lt;/i&gt;I, n&#176; 19. Le m&#234;me, I, n&#176; 172, indique que le droit fran&#231;ais appartient au &#171; groupe occidental &#187;, &lt;i&gt;i.-e&lt;/i&gt;. &#224; l'ensemble constitu&#233; par les syst&#232;mes juridiques europ&#233;ens, am&#233;ricains, de l'Afrique du Sud et de l'Australie, dans lesquels les r&#232;gles juridiques &#171; ont pour fondement les conceptions lib&#233;rales, qui sont celles du droit fran&#231;ais et leur origine tant dans le Droit romain que dans la morale chr&#233;tienne, les traditions des peuples europ&#233;ens et la philosophie de la fin du XVIII&#232; si&#232;cle &#187;. Ici, lib&#233;ral s'oppose aux d&#233;mocraties populaires de l'Europe de l'Est.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-230' id='nb1-230' class='spip_note' title='Notes 1-230' rev='footnote'&gt;230&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.., n&#176; 24, malgr&#233; les critiques qui lui ont &#233;t&#233; adress&#233;es depuis la fin du XIX&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; s. et m&#234;me si l'auteur reconna&#238;t que la &lt;i&gt;socialisation des droits &lt;/i&gt;rappelle &#171; &#224; juste titre &#187; que ces droits ne sont pas reconnus seulement &#224; l'individu pour &#171; ses besoins &#233;go&#239;stes &#187; ; pour autant, ils &#171; ne sont pas que des fonctions &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-231' id='nb1-231' class='spip_note' title='Notes 1-231' rev='footnote'&gt;231&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., n&#176; 27.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-232' id='nb1-232' class='spip_note' title='Notes 1-232' rev='footnote'&gt;232&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr. G&#233;ny, pr&#233;f. au n&#176; 1 des &lt;i&gt;Archives de philosophie du droit&lt;/i&gt;, 1931.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le ius commune europ&#233;en : &#8216;hareng rouge' de l'approche comparative des traditions juridiques anglaise et fran&#231;aise</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



		<description>R&#233;sum&#233; [*] : Pour saisir l'ancien droit anglais dans une approche comparative, le ius commune constitue une t&#234;te de pont inefficace. Au d&#233;part, l'historien du droit fran&#231;ais est mal pr&#233;par&#233;, principalement en raison des carences de son historiographie nationale, laquelle, trop exclusivement ax&#233;e sur les sp&#233;cificit&#233;s fran&#231;aises, ignore largement les caract&#233;ristiques europ&#233;ennes de la tradition romaniste et son &#233;volution aux Temps Modernes. Mais m&#234;me en supposant que cette d&#233;faillance puisse &#234;tre surmont&#233;e, (...)

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&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Clio-Themis-numero-5" rel="directory"&gt;Clio@Themis num&#233;ro 5&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb_2A' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette contribution ne correspond qu'en partie &#224; ma communication pr&#233;sent&#233;e (...)' id='nh_2A'&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; : Pour saisir l'ancien droit anglais dans une approche comparative, le ius commune constitue une t&#234;te de pont inefficace. Au d&#233;part, l'historien du droit fran&#231;ais est mal pr&#233;par&#233;, principalement en raison des carences de son historiographie nationale, laquelle, trop exclusivement ax&#233;e sur les sp&#233;cificit&#233;s fran&#231;aises, ignore largement les caract&#233;ristiques europ&#233;ennes de la tradition romaniste et son &#233;volution aux Temps Modernes. Mais m&#234;me en supposant que cette d&#233;faillance puisse &#234;tre surmont&#233;e, la civil law anglaise ne permet d'appr&#233;hender ni le g&#233;nie de la common law, ni m&#234;me l'esprit dans lequel l'Equity s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; l'&#233;poque moderne. L'interface que constitue dans l'orbis exiguus du ius commune la m&#233;thode moderne &#8211; l'usus modernus syst&#233;matisant ratione materiae et op&#233;rant une fusion substantielle du ius commune et des iura propria d'un territoire &#8211; a &#233;t&#233; trop peu d&#233;velopp&#233;e par les juristes anglais du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, qu'il furent des civil lawyers comme John Cowell ou Thomas Wood, ou, exceptionnellement, un common lawyer comme Sir William Jones.&lt;br&gt;
Mots-cl&#233;s : &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais &#8211; historiographie fran&#231;aise &#8211; John Cowell &#8211; Thomas Wood &#8211; Sir William Jones&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : In order to understand the late-medieval or early-modern English law in a comparative perspective, an approach based on ius commune only leads to a dead end. The French legal historian is handicapped from the start because his national historiography focuses too exclusively on specific French developments and fails to grasp the essential and changing features of the early-modern European civil law tradition. Even supposing that these constraints could be overcome, the English civil law does not pave the way to a proper understanding of the character of the English common law or early-modern Equity. In the small world of European ius commune, the early-modern method (i.e. the usus modernus, which merged ius commune and territorial iura propria in a systematisation by subject-matter) maintained an interface between continental legal systems, but the English usus modernus literature of early-modern English writers such as the civilians John Cowell and Thomas Wood or (exceptionally) a common lawyer such as Sir William Jones was too peripheral to have any major impact on English law.&lt;br&gt;
Keywords : &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; &#8211; English &lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; &#8211; French historiography &#8211; John Cowell &#8211; Thomas Wood &#8211; Sir William Jones&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. L'une des grandes faiblesses de l'historiographie du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; europ&#233;en est le d&#233;faut d'une historiographie europ&#233;enne suffisamment coh&#233;rente pour les Temps Modernes. Sans doute, si l'on se place d'un point de vue doctrinal, il est tentant de ne reconna&#238;tre dans le litt&#233;rature juridique des derniers si&#232;cles de l'Ancien R&#233;gime qu'un faible &#233;cho de la dynamique intellectuelle et scientifique des civilistes (et m&#234;me des canonistes) du Second Moyen &#194;ge : l'expression &#171; post-glossateurs &#187;, depuis longtemps d&#233;pass&#233;e, mais encore toujours utilis&#233;e par certains historiens du droit (soit les plus intransigeants &#8211; ils se font rares , soit les plus paresseux&#8211; sensiblement plus nombreux),rappelle combien les puristes d'antan reconnaissaient d&#233;j&#224; les signes d'un d&#233;clin d&#232;s le XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#8211; c'est-&#224;-dire dans l'&#339;uvre des l&#233;gistes et canonistes du Bas Moyen &#194;ge qui ont pr&#233;cis&#233;ment jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la transmission et la diffusion des doctrines du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; dans la pratique administrative et judiciaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. &#338;ill&#232;res fran&#231;aises...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Ainsi, si l'on prend l'historiographie fran&#231;aise, le &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; n'y figure en g&#233;n&#233;ral pas &#8211; du moins dans la grande majorit&#233; des manuels et autres synth&#232;ses, notamment celles utilis&#233;es pour offrir un cadre de r&#233;f&#233;rence historique aux &#233;tudiants en droit, partant &#224; la grande majorit&#233; des futurs juristes fran&#231;ais &#8211; comme une cat&#233;gorie &lt;i&gt;sui generis&lt;/i&gt;. Pour la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale, il est davantage question de &#171; droit(s) savant(s) &#187;, et l'historiographie du droit en France a compt&#233; jusqu'&#224; nos jours d'excellents historiens ayant &#233;tudi&#233; les diff&#233;rents apports et aspects de l'&#339;uvre et de l'action des l&#233;gistes et canonistes fran&#231;ais ou ayant travaill&#233; en France au Moyen &#194;ge &#8211; les premiers juristes savants dans le Midi, l'&#201;cole parisienne des canonistes, les l&#233;gistes des universit&#233;s de Montpellier, Toulouse, Orl&#233;ans... pour ne citer que quelques chapitres c&#233;l&#232;bres qui font d&#233;sormais partie de l'historiographie europ&#233;enne &#8211; ; puis, pour le XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (avec encore quelques grands repr&#233;sentants au si&#232;cle suivant), l'historiographie conventionnelle traite de l'&#201;cole dite humaniste, qui m&#234;me &#224; l'&#233;tranger est encore r&#233;guli&#232;rement d&#233;sign&#233;e de &lt;i&gt;mos gallicus&lt;/i&gt;, et ne peut donc manquer de prendre une place &#233;minente dans le Panth&#233;on de l'histoire du droit en Europe, mais l&#224; d&#233;j&#224;, l'historiographie semble s'effriter, car hormis un noyau dur d'auteurs et d'ouvrages sur lesquels la plupart des historiens s'entendent, l'appellation humaniste tend &#224; &#234;tre utilis&#233;e &#224; tort et &#224; travers pour un tr&#232;s large &#233;ventail d'approches dans la litt&#233;rature juridique des XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, sans que l'on puisse reconna&#238;tre clairement les crit&#232;res qui d&#233;finissent (et d&#233;limitent) le genre de l'humanisme juridique. Ce d&#233;liement est r&#233;v&#233;lateur d'un manquement autrement plus fondamental : l'absence d'un cadre coh&#233;rent permettant de situer la plus grande part de la production doctrinale fran&#231;aise, de la seconde moiti&#233; du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle jusqu'&#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime, dans le contexte des d&#233;veloppements de la science juridique &#8211; toujours largement d&#233;termin&#233;s par des mod&#232;les romanistes savants &#8211; au cours des derniers si&#232;cles de l'ancien droit. &#192; partir du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le discours typique de l'histoire externe de la doctrine (les &#233;tudes de droit interne, notamment en droit priv&#233;, sont plus nuanc&#233;es et ouvertes, mais sans pour autant remettre en cause le discours conventionnel de l'histoire externe) se focalise davantage sur le d&#233;veloppement &#8211; apr&#232;s quelques pr&#233;curseurs et une p&#233;riode de gestation au cours des derniers si&#232;cles du Moyen &#194;ge &#8211;, voire l'essor de la doctrine ax&#233;e sur la coutume (&#233;crite), la l&#233;gislation, la pratique (des cours sup&#233;rieures). Superficiellement, ce basculement de l'orientation de la doctrine fran&#231;aise aux Temps Modernes n'est &#233;videmment pas faux, mais son expos&#233; historiographique tend &#224; perdre de vue, souvent quasi-compl&#232;tement, que tant la litt&#233;rature coutumi&#232;re que les commentaires de l&#233;gislation que les arr&#234;ts et autres recueils doctrinaux de la pratique judiciaire s'articulaient encore aux Temps Modernes selon de nouveaux mod&#232;les de la pens&#233;e juridique scientifique qui n'&#233;taient pas sp&#233;cifiquement fran&#231;ais, mais que l'on retrouve dans l'ensemble des ordres juridiques appartenant au monde du &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;(un univers restreint malgr&#233; ses pr&#233;tentions : un&lt;i&gt;orbisexiguus, &lt;/i&gt;ou, en anglais, &lt;i&gt;a small world&lt;/i&gt;). Ainsi se perd la perspective qui permet d'appr&#233;cier combien la litt&#233;rature juridique fran&#231;aise des Temps Modernes appartenait encore pleinement, malgr&#233; son attention renforc&#233;e pour les &lt;i&gt;iura propria&lt;/i&gt; fran&#231;ais, &#224; une tradition juridique europ&#233;enne. En caricaturant &#224; peine, c'est comme si, une fois pass&#233;e l'&#232;re des grands humanistes fran&#231;ais du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, tous les auteurs fran&#231;ais d'ouvrages juridiques se trouvent en quelque sorte embrigad&#233;s dans le discours historiographique t&#233;l&#233;ologique dont la vocation essentielle demeure de paver la voie &#224; la formation d'un droit national fran&#231;ais qui culmine dans l'&#232;re des codes. Ce discours t&#233;l&#233;ologique pouvait par ailleurs, &#224; partir de pr&#233;misses oppos&#233;es, aussi bien servir la cause des historiens d&#233;termin&#233;s de marquer une rupture entre l'ancien droit et l'ordre juridique issu de la R&#233;volution (paradoxalement, ceux-ci &#233;taient parfois plus volontiers enclins d'affirmer l'importance de l'apport romaniste &#224; l'ancien droit) que fournir une trame &#224; ceux qui entendaient plut&#244;t mettre en valeur la continuit&#233; entre l'ancien droit et la codification &#8211; le droit priv&#233; et le Code civil &#233;tant &#233;videmment embl&#233;matiques dans ces diff&#233;rentes pr&#233;sentations. Ce discours t&#233;l&#233;ologique tend peut-&#234;tre &#224; s'att&#233;nuer de nos jours, mais en m&#234;me temps, on assiste &#224; un renouvellement de l'historiographie du droit des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles qui fait souvent l'&#233;conomie (il suffit de faire un d&#233;compte des m&#233;moires et th&#232;ses en histoire du droit pour en avoir une premi&#232;re impression) de l'histoire ant&#233;rieure au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : le r&#233;visionnisme (souvent b&#233;n&#233;fique) de l'histoire du droit &#224; l'&#233;poque contemporaine n'a de ce fait pas entra&#238;n&#233; &#224; l'&#233;gard de la pens&#233;e juridique scientifique un r&#233;visionnisme de l'ancien droit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Ce d&#233;faut de perspective n'est m&#234;me pas une exception fran&#231;aise. Il se retrouve dans la plupart des pays europ&#233;ens, partout o&#249; l'historiographie du droit aux Temps Modernes a &#233;t&#233; principalement con&#231;ue comme une pr&#233;paration &#224; l'&#232;re des droits (et &#233;ventuellement, des codes) nationaux du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. L'historiographie allemande d'apr&#232;s-guerre s'est pourtant efforc&#233;e de d&#233;velopper une perspective v&#233;ritablement europ&#233;enne &#8211; une approche qui s'explique en partie par la volont&#233; des historiens du droit allemands de reconstruire une historiographie affranchie des accents nationalistes excessifs qui avaient fini sous le r&#233;gime nazi par pervertir compl&#232;tement le discours historique, et d'autre part la volont&#233; de contribuer &#224; l'effort d'int&#233;gration europ&#233;enne &#224; partir des ann&#233;es 1950. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, cette amorce d'historiographie europ&#233;enne n'a que tr&#232;s fragmentairement &#233;t&#233; reprise &#224; l'&#233;tranger, et particuli&#232;rement peu pour les Temps Modernes. Les m&#233;di&#233;vistes, comme on l'a vu, ont en revanche souvent &#233;t&#233; plus dispos&#233;s et plus aptes &#224; transcender les particularismes r&#233;gionaux et nationaux.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. L'historiographie anglaise est rest&#233;e largement absente de ces d&#233;veloppements. Le &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;y est trait&#233; &#8211; sans doute, &#224; raison &#8211; comme un ph&#233;nom&#232;ne tout &#224; fait marginal par rapport au d&#233;veloppement de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, et m&#234;me l'histoire de l'&lt;i&gt;Equity&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; construite davantage dans ses rapports avec la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; qu'&#224; partir de ses origines romano-canoniques. L'id&#233;e d'une rupture dans le d&#233;veloppement du droit anglais des d&#233;buts des Temps Modernes au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en particulier dans le domaine du droit priv&#233;, n'a gu&#232;re occup&#233; les esprits jusqu'&#224; une &#233;poque plus r&#233;cente. Jusqu'&#224; nos jours, l'art&#232;re principale de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, la pratique et la jurisprudence des cours sup&#233;rieures, a davantage &#233;t&#233; orient&#233;e (encore que tr&#232;s s&#233;lectivement) vers les autres syst&#232;mes non-europ&#233;ens marqu&#233;s par le droit anglais afin de pr&#233;server une interface effective et l'apparence d'une tradition commune, plut&#244;t que de s'embarrasser de ce qu'aurait pu &#234;tre l'apport de la tradition du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt;. Il est d'ailleurs frappant que parmi les principaux auteurs qui, ces derni&#232;res d&#233;cennies, ont apport&#233; des contributions importantes &#224; l'histoire du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; en Angleterre, la majorit&#233; d'entre eux ne sont pas des Anglais. Aussi, toute tentative d'effectuer un rapprochement entre les traditions continentales marqu&#233;es par le droit romano-canonique et la tradition juridique anglaise &#224; partir du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; est condamn&#233;e &#224; se heurter &#224; cette marginalit&#233; de l'apport romaniste &#224; la formation et au d&#233;veloppement du droit anglais.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Pour les Temps Modernes, justement, on peut v&#233;rifier combien m&#234;me les plus &#233;minents historiens du droit en Allemagne au cours des d&#233;cennies d'apr&#232;s-guerre n'ont pas r&#233;ussi, malgr&#233; la reconnaissance internationale de leur &#339;uvre scientifique, &#224; modifier les moules nationaux de la pens&#233;e de l'histoire du droit &#224; l'&#233;tranger. D&#232;s la seconde moiti&#233; du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on reconna&#238;t les premiers signes d'une nouvelle m&#233;thode juridique qui emprunta aussi bien &#224; la m&#233;thode italienne traditionnelle qu'aux r&#233;alisations de l'humanisme juridique, tout en d&#233;veloppant sa singularit&#233; innovatrice : cette m&#233;thode moderne, qui s'imposera comme la m&#233;thode pr&#233;valente au cours de la premi&#232;re moiti&#233; du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, supplantant la m&#233;thode italienne et rel&#233;guant d&#233;finitivement l'humanisme juridique antiquisant &#224; une occupation acad&#233;mique pour &#233;rudits, a depuis longtemps &#233;t&#233; reconnue en Allemagne comme l'approche ayant marqu&#233; la pens&#233;e juridique la plus commun&#233;ment suivie aussi bien dans l'enseignement des facult&#233;s de droit que dans la pratique administrative et judiciaire. Elle a atteint sa pleine maturit&#233; vers la seconde moiti&#233; du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, et il n'est d&#232;s lors pas surprenant que ce fut une &#339;uvre caract&#233;ristique de cette &#233;poque, celle de S. Stryk, qui pr&#234;ta son nom &#224; l'ensemble de ces courants qui pr&#233;domin&#232;rent aux XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#8211; l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Pandectarum&lt;/i&gt;) &#8211;, tout en &#233;tant concurrenc&#233;, &#224; un niveau th&#233;orique, par le Droit de la Raison (&lt;i&gt;Vernunftrecht&lt;/i&gt;, ou Droit Naturel dans l'historiographie fran&#231;aise) &#224; partir de la fin du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Or, certainement en France, l'historiographie tend toujours &#224; ne reconna&#238;tre dans cet &lt;i&gt;usus modernus &lt;/i&gt;qu'un courant sp&#233;cifiquement allemand. Pourtant, un auteur comme F. Wieacker a insist&#233; sur le caract&#232;re europ&#233;en de cette m&#233;thode &#8211; &#224; l'instar de ce qu'avaient &#233;t&#233; la m&#233;thode dite italienne (&#171; &lt;i&gt;mos italicus&lt;/i&gt; &#187;) ou l'humanisme juridique (&#171; &lt;i&gt;mos gallicus&lt;/i&gt; &#187;). Ce qui semble avoir &#233;chapp&#233; &#224; la plupart des historiens en dehors de l'Allemagne, c'&#233;tait qu'&#224; c&#244;t&#233; de l'innovation qui consistait d&#233;sormais &#224; traiter syst&#233;matiquement du droit par mati&#232;re (ce qui supposait une syst&#233;matisation globale du droit, et une nouvelle discipline restreignant l'applicabilit&#233; des r&#232;gles &lt;i&gt;ratione materiae&lt;/i&gt;), l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; innovait &#233;galement en effectuant, dans les mati&#232;res qu'il d&#233;limitait, une synth&#232;se mat&#233;rielle du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;iurapropria&lt;/i&gt; d'un territoire donn&#233;. On assiste ainsi au paradoxe qu'aux Temps Modernes, le &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt; se maintenait et se d&#233;veloppait aux prix d'une fragmentation partielle, incorporant dans ses mati&#232;res un apport variable (selon les mati&#232;res, mais aussi selon les territoires) de droit particulier. C'est ce trait commun &#224; la pens&#233;e juridique en Europe aux Temps Modernes qui permet de saisir dans quelle mesure la pens&#233;e juridique fut encore largement une pens&#233;e juridique commune jusqu'&#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime. En m&#233;connaissant ce d&#233;veloppement pan-europ&#233;en, les historiens du droit en dehors de l'Allemagne &#8211; et en France en particulier &#8211; ont laiss&#233; de c&#244;t&#233; une opportunit&#233; de d&#233;velopper une construction juridique qui e&#251;t &#233;t&#233; particuli&#232;rement pertinente &#224; une &#233;poque o&#249; se formait un droit europ&#233;en appel&#233; &#224; s'embo&#238;ter dans les syst&#232;mes juridiques nationaux. Mais, jusqu'&#224; nos jours, aucun manuel fran&#231;ais ne se risque &#224; faire &#233;tat d'un &lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt;fran&#231;ais (ou r&#233;gional), pourtant une d&#233;signation qui ne serait pas simplement une &#233;tiquette historique de plus, mais une notion permettant de situer l'&#339;uvre des grands auteurs juridiques fran&#231;ais de l'Ancien R&#233;gime, m&#234;me lorsqu'il traitaient de droit fran&#231;ais, dans la perspective europ&#233;enne qui est &#233;vidente si l'on se garde d'ignorer &#8211; comme c'est encore le plus souvent le cas &#8211; la masse des autorit&#233;s et r&#233;f&#233;rences qui jalonnent leurs ouvrages, et dont les biblioth&#232;ques juridiques de l'Ancien R&#233;gime constituent encore le t&#233;moignage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. ... et &lt;i&gt;blind spot&lt;/i&gt; &#224; l'anglaise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. Pour l'Angleterre, H. Coing, l'initiateur et directeur de la grande entreprise europ&#233;enne que fut le &lt;i&gt;Handbuch&lt;/i&gt;, s'est lui aussi efforc&#233; de d&#233;montrer qu'il y eut une vell&#233;it&#233; des &lt;i&gt;civil lawyers&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;poque moderne de d&#233;velopper un &#171; &lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais &#187; &#8211; mais c'est &#224; peine si sa contribution a re&#231;u quelque &#233;cho dans la litt&#233;rature anglo-am&#233;ricaine sur l'histoire de la &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt; en Angleterre, et lorsqu'il fut cit&#233;, ce fut parfois encore tout &#224; fait &#224; c&#244;t&#233; du propos. Pourtant, les exemples et l'analyse de Coing &#233;taient convaincants &#8211; m&#234;me s'il fallait admettre que le volume de cette litt&#233;rature des &lt;i&gt;civil lawyers &lt;/i&gt;&#233;tait demeur&#233; tr&#232;s restreint, et que leur impact sur les milieux de &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; pratiquement nul. Ainsi, m&#234;me si l'historiographie du droit en France e&#251;t fait preuve d'une plus grande sensibilit&#233; europ&#233;enne et d&#233;velopp&#233; la notion de l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; fran&#231;ais &#8211; il n'est d'ailleurs jamais trop tard de l'entreprendre &#8211;, cette notion ne serait pas susceptible de constituer une t&#234;te de pont dans la tradition juridique anglaise pour y faciliter un rapprochement comparatif.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. Mais le propos ici n'est pas d'entamer l'expos&#233; de ce qu'a &#233;t&#233; l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; fran&#231;ais, mais plut&#244;t d'insister sur le risque, en voulant amorcer une histoire comparative des traditions juridiques anglaise et fran&#231;aise, de s'engager dans le cul-de-sac historiographique qu'est l'histoire de la &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt; en Angleterre. Or, pour marquer ce propos, pas de meilleure &#233;cole que la litt&#233;rature de l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais : en effet, dans les principales approches ant&#233;rieures du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt;, les m&#233;thodes n'incorporaient pas syst&#233;matiquement les &lt;i&gt;iura propria&lt;/i&gt;&#8211; en Angleterre ou ailleurs. Les courants des approches m&#233;di&#233;vales (&#171; la m&#233;thode italienne &#187;) s'int&#233;ressaient beaucoup aux droits particuliers, tant d'un point de vue th&#233;orique (on &#233;voquera par exemple la th&#233;orie complexe des sources d&#233;velopp&#233;e par les commentateurs) que pratique (comme il appert des milliers de &lt;i&gt;consilia&lt;/i&gt; de l'&#233;poque), mais ces droits particuliers n'alimentaient pas explicitement leurs doctrines : dans les commentaires et autres ouvrages doctrinaux, les droits particuliers constituent parfois un objet d'&#233;tude, mais les r&#232;gles coutumi&#232;res ou l&#233;gislatives ne sont gu&#232;re incorpor&#233;es dans l'&#233;laboration de la dogmatique des institutions juridiques ; dans les consultations, l'application des droits particuliers est subordonn&#233;e &#224; l'ensemble de l'arsenal des r&#232;gles de d&#233;finition, d'interpr&#233;tation, de preuve... emprunt&#233;es aux droits savants. Les juristes humanistes, notamment en France, se sont &#233;galement int&#233;ress&#233;s aux droits particuliers, mais &#224; nouveau, leurs ouvrages ne vis&#232;rent pas &#224; assembler le droit romain et la coutume ou la l&#233;gislation en un ensemble &#8211; la coutume ou la l&#233;gislation contemporaine ne venait pas alimenter la reconstitution des doctrines du droit romain. Dans les commentaires typiques du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle consacr&#233;s &#224; une coutume ou &#224; une l&#233;gislation, l'assemblage tend en g&#233;n&#233;ral &#224; doter le texte coutumier ou l&#233;gislatif d'une glose ou d'un commentaire largement aliment&#233; par la tradition scientifique romaniste, mais sans encore &#233;laborer une synth&#232;se doctrinale. Une telle synth&#232;se doctrinale sera pr&#233;cis&#233;ment l'objectif de l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt;, dans une approche d&#233;termin&#233;e par des cat&#233;gories correspondant &#224; des &#171; mati&#232;res &#187; du droit. Il en fut ainsi sur le continent, mais aussi en Angleterre. En Angleterre, en outre, l'absence de juristes universitaires dans les principales cours royales o&#249; fut d&#233;velopp&#233;e la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; permit d'&#233;viter la moindre flexion des droits particuliers en fonction des canons scientifiques propag&#233;s par les facult&#233;s de droit. D'autre part, jusqu'&#224; la guerre civile et la p&#233;riode du &lt;i&gt;Commonwealth&lt;/i&gt;, les quelques poches s&#233;culi&#232;res de &lt;i&gt;civil lawyers &lt;/i&gt;anglais attestent que les d&#233;veloppements doctrinaux et m&#233;thodologiques de la tradition du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; &#233;taient relativement bien suivis en Angleterre : ainsi, la composition des biblioth&#232;ques institutionnelles (&#224; Oxford et &#224; Cambridge) et des collections priv&#233;es (des juristes universitaires) jusqu'en 1640 sont en g&#233;n&#233;ral repr&#233;sentatives (avec quelque d&#233;calage) de la litt&#233;rature juridique savante continentale ; de m&#234;me, la pratique des avocats de &lt;i&gt;Doctors' Commons&lt;/i&gt; (en particulier &#224; la Haute Cour de l'Amiraut&#233;) montre que ces praticiens londoniens &#233;taient &#224; la hauteur des techniques permettant de mettre en &#339;uvre les raisonnements de la tradition juridique universitaire dans leurs argumentations judiciaires. Tout au plus peut-on constater que la m&#233;thode italienne semble avoir plus longtemps pr&#233;valu &#8211; l'apport de l'humanisme juridique y a &#233;t&#233; plus restreint, et la litt&#233;rature de l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt;de la premi&#232;re moiti&#233; du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle import&#233;e en Angleterre n'a pas eu, comme en Europe continentale, l'ampleur d'une lame de fond ayant entra&#238;n&#233; l'ancienne m&#233;thode m&#233;di&#233;vale &#8211; puis, &#224; la Restauration, les ressources et le dynamisme des &lt;i&gt;civil lawyers&lt;/i&gt; furent trop restreints pour rattraper le retard encouru.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. Malgr&#233; ces limites, on retrouve un reflet des m&#233;tamorphoses ayant caract&#233;ris&#233; la pens&#233;e dans la tradition du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; chez quelques juristes anglais plus ambitieux. Trois de ces auteurs, repr&#233;sentant des &#233;poques successives des deux derniers si&#232;cles de l'Ancien R&#233;gime, illustrent &#224; propos ce lien tenu avec la tradition continentale : John Cowell, Thomas Wood, et, enfin, un &lt;i&gt;commonlawyer&lt;/i&gt;, William Jones.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Les&lt;i&gt; Institutes&lt;/i&gt; de John Cowell&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. John Cowell (1554-1611) fut titulaire de la chaire royale de droit civil (c'est-&#224;-dire, romain) &#224; Cambridge de 1594 &#224; 1611, et &lt;i&gt;Master&lt;/i&gt; de Trinity Hall, le coll&#232;ge par excellence des l&#233;gistes aux Temps Modernes, &#224; partir de 1598. Deux ouvrages de Cowell sont r&#233;guli&#232;rement mentionn&#233;s dans l'histoire du droit en Angleterre : ses &lt;i&gt;Institutiones juris Anglicani&lt;/i&gt; (1605), et l'&lt;i&gt;Interpreter&lt;/i&gt; (1607), un lexique du droit anglais qui suscita l'irritation de parlementaires et de &lt;i&gt;common lawyers &lt;/i&gt; ; Jacques I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; fut contraint de le condamner et Cowell d&#233;missionna de sa chaire quelques mois avant sa mort &#8211; mais son dictionnaire connut tout de m&#234;me onze r&#233;impressions jusqu'au d&#233;but du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Les &lt;i&gt;Institutiones&lt;/i&gt; sont un exemple du genre assez r&#233;pandu sur le continent europ&#233;en du &#171; syst&#232;me institutionnel &#187;, c'est-&#224;-dire un expos&#233; (dans le cas de Cowell, plut&#244;t sommaire) d'un droit particulier (en l'occurrence, du droit anglais dont la composante principale &#233;tait la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;) selon l'agencement des Institutes de Justinien. Le livre, qui pr&#233;tendait ouvrir une perspective sur le droit anglais aux &#233;tudiants, doit sans doute &#234;tre envisag&#233; dans le contexte des projets d'une union juridique anglo-&#233;cossaise avanc&#233;s au tout d&#233;but du r&#232;gne anglais de Jacques I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. Selon l'auteur, cette approche &#233;tait possible du fait qu'il existait &#8211; c'est la th&#232;se axiomatique de ce petit ouvrage &#8211; une correspondance fondamentale entre la &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;. Comme d'autres auteurs contemporains, Cowell expliquait cette correspondance par une argumentation historique : dans cette construction historiographique, le droit anglais &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme le produit d'une combinaison de droit f&#233;odal et de tradition romaniste, tout comme dans la plupart des autres pays europ&#233;ens. Au fil des si&#232;cles, la congruence entre droit anglais et droits continentaux avait toutefois &#233;t&#233; perdue de vue, masqu&#233;e par des diff&#233;rences de langage (le &lt;i&gt;Law French&lt;/i&gt; au lieu du latin), de m&#233;thode (une r&#233;f&#233;rence, sans doute, &#224; l'approche proc&#233;durale de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, suivant le syst&#232;me des brefs, des &lt;i&gt;forms of actions&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;pleadings&lt;/i&gt; pr&#233;liminaires). Pourtant, Cowell &#233;tait conscient que cette r&#233;f&#233;rence &#224; un fondement historique commun ne pouvait suffire pour d&#233;gager les principes communs et sous-jacents que l'auteur croyait reconna&#238;tre dans les syst&#232;mes anglais et continentaux. Aussi, il plaidait pour une nouvelle approche du droit anglais, qu'il concevait &#233;galement &#224; son &#233;poque comme un amalgame romano-f&#233;odal, une th&#232;se qui pr&#233;sentait in&#233;vitablement une port&#233;e davantage politique. Un premier argument avanc&#233; par Cowell en faveur d'une prise de conscience de cette synth&#232;se &#233;tait cens&#233; b&#233;n&#233;ficier aux &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt;, auxquels un agencement rationnel du droit faisait d&#233;faut. Il s'agissait d'un th&#232;me largement r&#233;pandu en son temps, aussi bien en Angleterre qu'en Europe continentale. En Angleterre, quelques voix influentes (mais tout de m&#234;me pas suffisamment influentes pour surmonter les suspicions de l'&lt;i&gt;establishment&lt;/i&gt; corporatif des &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt;) s'&#233;taient prononc&#233;es en ce sens, comme dans le cas du projet de &#171; codification &#187; du droit anglais exprim&#233; par Francis Bacon &#8211; on songera aux &#233;laborations doctrinales en France vers la m&#234;me &#233;poque en vue d'une &#171; codification &#187; du droit fran&#231;ais, ou du moins d'une compilation plus ou moins syst&#233;matique de la l&#233;gislation royale (P. Rebuffi, B. Brisson...). Un deuxi&#232;me argument avanc&#233; par Cowell avait &#224; l'esprit l'int&#233;r&#234;t des &lt;i&gt;civil lawyers&lt;/i&gt;, dont la contribution &#224; un r&#233;agencement du droit anglais e&#251;t favoris&#233; leur int&#233;gration dans la vie juridique anglaise en g&#233;n&#233;ral, plut&#244;t que de se voir confin&#233;s &#224; quelques occupations et juridictions marginales. &#192; l'occasion de cet argument, Cowell se r&#233;f&#232;re &#224; nouveau &#224; la situation sur le continent, o&#249; les juristes universitaires occupaient des positions pr&#233;-&#233;minentes dans l'administration et dans la pratique judiciaire, quoique sur le continent aussi, les &lt;i&gt;iurapropria&lt;/i&gt; pr&#233;valaient dans la hi&#233;rarchie des sources juridiques. Enfin, Cowell d&#233;veloppait un argument qui devait plaire au nouveau r&#233;gime Stuart : l'union des couronnes d'Angleterre et d'&#201;cosse devait &#234;tre consolid&#233;e par une union des droits dans les deux pays. Ce plaidoyer en faveur d'un &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;britannique pr&#233;supposait toutefois &#8211; comme pour les deux arguments pr&#233;c&#233;dents &#8211; que les syst&#232;mes &#233;cossais et anglais reposaient sur un fondement commun.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. La tentative de Cowell &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Dans le contexte politique de l'&#233;poque, les &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt; &#233;taient plus r&#233;ticents que jamais &#224; ouvrir leur syst&#232;me, certainement envers un corpus de droit per&#231;u (tant &#224; l'&#233;gard de l'esprit qui lui &#233;tait pr&#234;t&#233; qu'en raison des propensions politiques attribu&#233;es &#224; ses praticiens) comme une menace pour les droits acquis (en particulier, de la noblesse fonci&#232;re) qui constituaient le socle de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et le fonds de commerce des &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt;. Mais m&#234;me en faisant abstraction de ces consid&#233;rations politiques, il est peu probable que l'approche propos&#233;e par Cowell e&#251;t pu convaincre les milieux professionnels des &lt;i&gt;commo nlawyers&lt;/i&gt;. Les r&#233;f&#233;rences techniques dont les &lt;i&gt;Institutes&lt;/i&gt; sont parsem&#233;es en offrent d&#233;j&#224; une indication : quoique Cowell ait pris soin de citer d'authentiques autorit&#233;s de la &lt;i&gt;common law, &lt;/i&gt;dont plusieurs ouvrages relativement r&#233;cents (Plowden, Coke, la &lt;i&gt;Natura brevium&lt;/i&gt; de Fitzherbert, et ainsi de suite) et qu'il se soit m&#234;me permis d'ins&#233;rer le droit f&#233;odal dans l'agencement romaniste (parvenant ainsi &#224; citer c&#244;te &#224; c&#244;te Littleton et des feudistes continentaux), ce r&#233;f&#233;rentiel ne permet gu&#232;re de d&#233;gager, comme c'&#233;tait l'intention de l'auteur, des principes communs sous-jacents. Comme on pouvait le pr&#233;voir, l'argument d'une congruence reposait principalement sur l'&#339;uvre des &#171; classiques &#187; m&#233;di&#233;vaux tels que &#171; Bracton &#187; ou &#171; Glanville &#187;, des autorit&#233;s que les &lt;i&gt;common lawyers &lt;/i&gt;saluaient volontiers, mais qui ne pouvaient pas vraiment figurer comme les ouvrages exprimant la quintessence de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; du temps de Sir Edward Coke.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Les &lt;i&gt;Institutes&lt;/i&gt; de Thomas Wood&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. Un si&#232;cle apr&#232;s Cowell, un autre &lt;i&gt;civil lawyer &lt;/i&gt;anglais publia ses &lt;i&gt;Institutes&lt;/i&gt;. Thomas Wood (1661-1772) fit des &#233;tudes de droit &#224; Oxford, o&#249; il devint membre de New College, mais il quitta ses fonctions acad&#233;miques en 1704 pour acc&#233;der &#224; un office eccl&#233;siastique et se marier. Ce fut au cours de cette nouvelle vie rurale dans le Buckinghamshire qu'il r&#233;digea les ouvrages par lesquels il s'est taill&#233; une place dans l'histoire du droit : des Institutes de droit romain (&lt;i&gt;New Institute of the Imperial or Civil Law&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;ed. pr. &lt;/i&gt;1704, et trois &#233;ditions ult&#233;rieures), un opuscule sur les &#233;tudes de droit (dans lequel il plaida pour l'inclusion de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; dans le curriculum universitaire anglais), publi&#233; en 1708, et enfin, sans doute l'ouvrage le plus important : &lt;i&gt;An Institute of the Laws of England, or, the Laws of England in their Natural order&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;ed.pr.&lt;/i&gt; 1720, neuf fois r&#233;&#233;dit&#233; jusqu'en 1772). L'&#339;uvre juridique de Wood &#233;tait fond&#233;e sur sa conviction que les &#233;tudes de droit devaient s'ouvrir vers les forces vives et &#233;lites de la soci&#233;t&#233; anglaise de son temps : la petite noblesse fonci&#232;re et les marchands et entrepreneurs. Pour ces groupes sociaux, l'&#233;tude de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; &#224; travers la pratique des &lt;i&gt;Inns of Court &lt;/i&gt;&#233;tait trop technique et fastidieuse, mais il devait &#234;tre possible, selon Wood, de leur inculquer des connaissances g&#233;n&#233;rales par un enseignement universitaire appropri&#233; et orient&#233; vers leurs futures occupations ; or, &#224; cet &#233;gard, le programme des &#233;tudes de droit &#224; Oxford et &#224; Cambridge &#233;tait &#233;galement tout &#224; fait inad&#233;quat ; Wood &#233;voque ce que les juristes apprenaient en &lt;i&gt;civil law &lt;/i&gt; : les titres &lt;i&gt;De regulisiuris&lt;/i&gt;, compl&#233;ment&#233;s de quelques auteurs de &#171; droit naturel &#187; comme Grotius et Puffendorf. Cela ne pr&#233;parait par les futurs hobereaux, cur&#233;s et n&#233;gociants &#224; un entendement de ce que Wood voyait comme les domaines d'&#233;tudes &#224; privil&#233;gier pour ces cat&#233;gories sociales : &lt;i&gt;Business and Law&lt;/i&gt;. Sans, doute, il n'envisageait pas encore d'accorder un statut acad&#233;mique aux &#233;tudes de la gestion d'entreprise, mais il estimait tout de m&#234;me que, par des enseignements plus pratiques, les techniques commerciales, des n&#233;gociations et des affaires devaient faire partir de la formation des jeunes universitaires. Son plaidoyer en faveur d'une introduction de la &lt;i&gt;commonlaw&lt;/i&gt; dans les &#233;tudes universitaires anticipait de pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle les premiers cours (facultatifs au programme !) de Blackstone. Son but &#233;tait pratique : tout en se d&#233;fendant de r&#233;duire le clerg&#233; &#224; des boutiquiers ou fermiers, il maintenait qu'une connaissance &#233;l&#233;mentaire de la &lt;i&gt;commonlaw&lt;/i&gt; leur serait plus utile que les &#233;l&#233;ments de droit romain ou canonique qu'ils &#233;taient suppos&#233;s apprendre. Les applications qu'il &#233;voque d&#233;montrent qu'il se r&#233;f&#233;rait avant tout &#224; la gestion des domaines fonciers, la source principale des revenus du clerg&#233; et de l'aristocratie fonci&#232;re (dont les membres &#233;taient souvent appel&#233;s &#224; intervenir comme juges de paix). En tout cas, la liste des ouvrages sur lesquels une telle formation en &lt;i&gt;commonlaw&lt;/i&gt; devait &#234;tre bas&#233;e aurait dissuad&#233; plus d'un &#233;tudiant insuffisamment motiv&#233; ou assidu. Dans ce pamphlet soutenu en faveur des &#233;tudes universitaires en &lt;i&gt;commonlaw&lt;/i&gt;, Wood r&#233;futait aussi les pr&#233;tentions d'une rationalit&#233; pr&#233;&#233;minente accord&#233;e au droit romain :&lt;/p&gt; &lt;BLOCKQUOTE&gt;&lt;font size=2&gt;
&lt;p&gt;&#171; ... une guerre savante est poursuivie parmi les interpr&#232;tes quant &#224; l'&#201;quit&#233; de ces droits [&lt;i&gt;c.&#224;.d. les lois de droit romain compil&#233;es par Justinien&lt;/i&gt;], comme chacun peut pleinement s'en convaincre en consultant les livres &lt;i&gt;de legibusabrogatis, &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;de iurenovissimo&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;de opinionibuscommunibus contra commune, de moribushodiernis&lt;/i&gt; etc. De leur c&#244;t&#233;, les &lt;i&gt;commonlawyers&lt;/i&gt; ne manquent pas de mettre en valeur la sagesse de leur propre droit, lorsqu'il diff&#232;re du droit romain, et ils maintiennent volontiers que rien ne peut relever de la &lt;i&gt;commonlaw&lt;/i&gt; anglaise &#224; moins d'&#234;tre en accord avec la juste Raison et la loi de Dieu. Ils acceptent de se soumettre &#224; ce crit&#232;re et de se pr&#234;ter &#224; une comparaison. Cependant, les droits anglais doivent ici pr&#233;valoir, et les vieilles autorit&#233;s que sont Littleton et Coke (quoique m&#233;pris&#233;s par ceux qui ne les comprennent pas) gardent toute leur force, car c'est en vertu de leur raison qu'il faut parvenir &#224; trancher toute question de propri&#233;t&#233;. Que faire alors de toutes ces histoires &#233;cul&#233;es sur chaque fragment de droit romain ? [&lt;i&gt;Whythen all thisdotageuponevery part of the Roman law ?&lt;/i&gt;] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/font&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les paroles d'un &lt;i&gt;civil lawyer &lt;/i&gt; : comme disent les Anglais, &lt;i&gt;withsuchfriends, whoneedsenemies ?&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. Les Institutes de droit romain (1704) &#233;taient cens&#233;es reprendre l'ouvrage de Justinien, mais, note Wood avec un brin d'assurance, en am&#233;liorant le mod&#232;le &#8211; dans le but de le rendre plus intelligible. De plus, tout au long de l'ouvrage, Wood a ajout&#233; de br&#232;ves notes indiquant des convergences ou divergences entre le droit romain tel qu'il est expos&#233; et le droit contemporain &#8211; principalement le droit anglais, mais parfois aussi un droit continental (le plus souvent le droit fran&#231;ais). La conception de la &#171; r&#233;ception &#187; du droit romain adopt&#233;e par Wood est encore traditionnelle, sans grand changement par rapport &#224; la mani&#232;re dont l'avait con&#231;ue un demi-si&#232;cle auparavant un autre &lt;i&gt;civil lawyer&lt;/i&gt; anglais, Arthur Duck. Quant au droit anglais, Wood fait preuve d'une sensibilit&#233; qui eut pu &#234;tre partag&#233;e par Montesquieu ou, &#224; une autre &#233;poque, par les partisans d'une conception du droit fond&#233;e sur le &lt;i&gt;Volksgeist&lt;/i&gt;) : il reconnaissait dans la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; un droit sp&#233;cialement adapt&#233; aux besoins et &#224; la mentalit&#233; du peuple anglais, et cite trois raisons &#224; ce propos &#8211; premi&#232;rement, parce que la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; contribuait &#224; limiter les pouvoirs du souverain ; ensuite, parce qu'elle garantissait les droits et libert&#233;s des sujets ; enfin, du fait qu'elle pr&#233;venait des d&#233;cisions arbitraires des juges. Ces trois qualit&#233;s attribu&#233;es &#224; la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; ont encore longtemps &#233;t&#233; invoqu&#233;es pour soutenir les institutions sp&#233;cifiques du droit anglais. Pourtant, Wood justifiait encore ses Institutes consacr&#233;s au droit romain en affirmant que le droit anglais (Wood se r&#233;f&#232;re express&#233;ment &#224; la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;) avait &#233;t&#233; &#233;labor&#233; sur des fondements romanistes. C'est l'ancienne th&#233;orie de la combinaison de droit f&#233;odal et de droit romain qui refait une nouvelle fois surface. Mais Wood se d&#233;marque de Cowell, car il pr&#233;tendait ne pas seulement vouloir remettre &#224; jour les d&#233;veloppements de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt; depuis le d&#233;but du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, mais il entendait mettre en &#233;vidence les &lt;i&gt;diff&#233;rences&lt;/i&gt; entre les deux syst&#232;mes de droit davantage que ne l'avait fait Cowell un si&#232;cle plus t&#244;t.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. Le grand ouvrage de Wood fut toutefois son &lt;i&gt;Institute&lt;/i&gt; du droit anglais, un livre &#224; la fois plus original et plus ambitieux. On a pu y reconna&#238;tre une &#233;tape significative dans le long cheminement des tentatives de concevoir le droit anglais selon un ordre syst&#233;matique, entre l'&#339;uvre d'un Finch ou d'un Hale et les commentaires de Blackstone. L'ouvrage de Wood n'appartient d&#233;j&#224; plus &#224; la tradition du &#171; syst&#232;me institutionnel &#187; d'inspiration romaniste : bien qu'agenc&#233; en quatre livres, avec les personnes et les biens faisant l'objet des deux premiers livres, les livres trois et quatre sont consacr&#233;s, respectivement, au droit p&#233;nal et aux juridictions. Surtout, Wood a abandonn&#233; la s&#233;quence des rubriques des Institutes de droit romain, et il renonce &#224; pr&#233;sent &#224; &#233;tablir des comparaisons avec le droit romain, sans s'attarder &#224; des convergences ou &#224; des divergences. Les sources cit&#233;es appartiennent exclusivement &#224; la tradition de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, parmi lesquelles l'&#339;uvre de Coke (aussi bien les &lt;i&gt;Reports&lt;/i&gt; que les &lt;i&gt;Institutes&lt;/i&gt;) et la l&#233;gislation prennent une place importante. En outre, Wood &#233;tait conscient que son livre ne pouvait pr&#233;tendre offrir un nouveau cadre m&#233;thodologique aux &lt;i&gt;common lawyers &lt;/i&gt; : il reconna&#238;t d'ailleurs que certaines techniques caract&#233;ristiques de la pratique des &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt;, comme les &lt;i&gt;pleadings&lt;/i&gt;, n'y figuraient m&#234;me pas. Ses objectifs &#233;taient diff&#233;rents. D'une part, conform&#233;ment &#224; ses anciennes vues sur les exigences d'une bonne formation en droit, il visait des lecteurs qui n'&#233;taient pas des juristes professionnels, mais qui, par leurs occupations et responsabilit&#233;s, &#233;taient confront&#233;s avec des questions de droit, en particulier dans l'administration de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Pour ce public, Wood avait compris l'utilit&#233; d'un manuel g&#233;n&#233;ral du droit anglais, syst&#233;matique et accessible. D'autre part, on retrouve dans ce livre l'influence d'ouvrages continentaux qui visaient &#224; pr&#233;senter le &lt;i&gt;iuspatriae&lt;/i&gt; selon un ordre (d'apr&#232;s la terminologie de l'&#233;poque) &#171; naturel &#187; ou &#171; rationnel &#187;. L'influence de Domat, en particulier, est &#233;vidente : Wood avait fait pr&#233;c&#233;der ses Institutes de droit romain par une traduction des consid&#233;rations de Domat sur les fondements du droit, et le sous-titre de son &lt;i&gt;Institute&lt;/i&gt; de droit anglais, &#171; Les lois d'Angleterre selon leur ordre naturel, suivant l'usage commun &#187; (&lt;i&gt;The Laws of England in their Natural order, according to Common Use&lt;/i&gt;), &#233;voquait l'approche rationelle et jusnaturaliste de son &#233;poque sur le continent. Pourtant, le livre paru en 1720 avait abandonn&#233; le projet de combiner droit romain et &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, tant pour des raisons de principe que d'ordre pratique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. Cette br&#232;ve &#233;vocation des Institutes de Cowell et de Wood ne doit pas sugg&#233;rer que le syst&#232;me institutionnel &#233;tait le seul cadre dans lequel une synth&#232;se des syst&#232;mes juridiques pouvait &#234;tre envisag&#233;e. L'&#233;tude des &lt;i&gt;regulae iuris &lt;/i&gt;a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e : selon Wood, c'&#233;tait une approche privil&#233;gi&#233;e dans les facult&#233;s de droit anglaises &#224; son &#233;poque. Cowell avait d&#233;j&#224; exprim&#233; l'intention de publier un tel commentaire, projet qu'il ne r&#233;alisa pas, mais de son temps, dans son propre coll&#232;ge, l'enseignement du droit romain suivait notamment le format d'un commentaire du titre 50.17 du Digeste. Un successeur de Cowell &#224; la pr&#233;sidence de Trinity Hall, Thomas Eden, enseigna semble-t-il lui aussi le droit selon l'ordre &lt;i&gt;De regulis iuris&lt;/i&gt; &#224; Gresham College, et &#224; Trinity Hall, ce type d'enseignement semble s'&#234;tre perp&#233;tu&#233; jusqu'&#224; l'&#233;poque de la Restauration. Les traces conserv&#233;es de cet enseignement &lt;i&gt;De reguli siuris&lt;/i&gt; ne font toutefois pas appara&#238;tre un effort d'utiliser cette technique pour effectuer des rapprochements entre &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et droit romain : les &lt;i&gt;lecturae&lt;/i&gt; conserv&#233;es demeurent exclusivement ancr&#233;es dans la tradition romaniste.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. Surtout, si l'on consid&#232;re l'impact de l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; sur le continent, cette influence se mesure &#224; l'aune de la litt&#233;rature syst&#233;matique combinant &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;iura propria&lt;/i&gt; dans les domaines les plus divers du droit. Ce fut cette masse d'un nouveau genre litt&#233;raire juridique qui supplanta finalement et d&#233;finitivement la litt&#233;rature de la m&#233;thode italienne au cours de la premi&#232;re moiti&#233; du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Mais ici &#233;galement, l'apport des &lt;i&gt;civil lawyers&lt;/i&gt; anglais fut minime : dans quelques niches, comme le droit testamentaire, on peut par exemple citer le livre de H. Swinburne, mais la liste ne peut gu&#232;re &#234;tre &#233;largie. Les &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt;, quant &#224; eux, pouvaient se permettre d'ignorer enti&#232;rement le &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;lorsqu'ils traitaient d'un sujet de droit priv&#233;. Cette simple observation comprend tout l'&#233;chec du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; en Angleterre : cette tradition n'apparaissait pas dans la litt&#233;rature produite par la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et ses praticiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. Le trait&#233; sur le transfert de possession &#8211;&lt;i&gt;bailment&lt;/i&gt;&#8211; de Sir William Jones&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;17. William Jones (1746-1794) fut l'une des grandes figures intellectuelles de l'Angleterre &#224; la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, quelque peu dans la tradition d'un John Selden au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent. Son engagement politique lib&#233;ral et parfois anti-&lt;i&gt;establishment&lt;/i&gt;, l'emp&#234;cha sans doute de poursuivre une carri&#232;re en Grande-Bretagne, mais facilita sa nomination loin de la m&#233;tropole, au Bengale, o&#249; il fut nomm&#233; juge en 1783. Jones &#233;tait depuis ses &#233;tudes &#224; Oxford avant tout un orientaliste, mais il &#233;tudia &#233;galement le droit &#224; Middle Temple &#224; partir de 1770, et y fut re&#231;u au barreau en 1774. Son &#339;uvre juridique, hormis ses interventions dans la pratique judiciaire anglaise, comporte des ouvrages sur le droit de l'ancienne Gr&#232;ce, sur le droit islamique et sur la tradition hindoue. L'ouvrage qu'il importe de relever ici est son trait&#233; sur les transferts de possession ou d&#233;tention d'un meuble selon la notion du &lt;i&gt;bailment&lt;/i&gt; en &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Essay on the Law of Bailments, ed.pr. &lt;/i&gt;1781). Il s'agit sans doute du meilleur exemple d'une &#233;tude pr&#233;sentant les caract&#233;ristiques de l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais, et peut-&#234;tre du seul exemple d'un tel ouvrage r&#233;dig&#233; par un &lt;i&gt;common lawyer&lt;/i&gt;&#8211; le produit d'un intellectuel dont les talents et l'ouverture d'esprit d&#233;passaient de loin le niveau moyen du &lt;i&gt;common lawyer&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;civil lawyer &lt;/i&gt;anglais aux Temps Modernes. Le livre de Jones illustre ce qu'aurait pu devenir l'&lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais si les &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt; n'avaient pendant des si&#232;cles verrouill&#233; leur monopole corporatif par un protectionnisme professionnel et culturel &#224; outrance.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. La m&#233;thode de Jones dans son trait&#233; est syst&#233;matique : il &#233;tablit d'abord en g&#233;n&#233;ral les crit&#232;res de responsabilit&#233; du &lt;i&gt;bailee&lt;/i&gt; (le r&#233;cipiendaire de la possession du bien), ce qu'il qualifie de partie analytique de son trait&#233;, et ensuite il envisage la responsabilit&#233; du &lt;i&gt;bailee &lt;/i&gt;en rapport avec plusieurs types de relations juridiques, notamment contractuelles, ce qu'il appelle la partie historique de son trait&#233;, mais que l'on pourrait tout aussi bien qualifier d'approche comparative. L'auteur y consid&#232;re en effet la tradition de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et celle de la tradition romaniste. Celle-ci est abord&#233;e &#224; travers les textes du &lt;i&gt;corpus iuri scivilis&lt;/i&gt;, mais aussi de la doctrine moderne. Parmi les auteurs continentaux, Jones privil&#233;gie quelques auteurs fran&#231;ais, tels que Domat, Pothier, Lebrun ou Despeisses. La &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; est repr&#233;sent&#233;e par ses grands auteurs et par les recueils de jurisprudence (&lt;i&gt;reports&lt;/i&gt;) ; lorsqu'il se r&#233;f&#232;re &#224; la jurisprudence anglaise, Jones mentionne aussi bien les faits que les consid&#233;rations &#233;mises par les juges, et le trait&#233; contient (&#224; l'instar des ouvrages juridiques anglo-am&#233;ricains contemporains) un relev&#233; des jugements (&lt;i&gt;index of cases&lt;/i&gt;). La tradition de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; et la tradition romaniste ne sont pas trait&#233;es s&#233;par&#233;ment et la discussion des &lt;i&gt;cases &lt;/i&gt;anglais (Jones n'h&#233;site pas &#224; critiquer r&#233;guli&#232;rement les d&#233;cisions des cours de &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;) s'inspire souvent des autorit&#233;s de droit romain ou des doctrines d'auteurs continentaux. &#192; quelques occasions, une critique historique qui rappelle quelque peu le registre de la tradition humaniste vient s'ajouter aux consid&#233;rations doctrinales. Ainsi, par exemple, dans le cas de la location de biens et de son incidence sur le &lt;i&gt;bailment&lt;/i&gt; qui s'ensuit, l'analyse de Jones tend &#224; d&#233;montrer que dans ce cas, le&lt;i&gt;bailee&lt;/i&gt; ne peut &#234;tre cens&#233; faire preuve d'une prudence ou diligence sp&#233;ciale. Cette conclusion m&#232;ne l'auteur &#224; critiquer un &lt;i&gt;dictum&lt;/i&gt; du c&#233;l&#232;bre juge Holt dans la d&#233;cision &lt;i&gt;Coggs v. Bernard, &lt;/i&gt;o&#249; le locataire &#233;tait soumis &#224; un crit&#232;re de &#171; diligence supr&#234;me, telle dont fait preuve le plus diligent p&#232;re de famille &#187;. Jones observe que la seule autorit&#233; de Holt pour imposer ce crit&#232;re &#233;tait fond&#233;e sur &#171; Bracton &#187;, dont l'auteur avait emprunt&#233; un passage des Institutes de Justinien. Cette observation lui fournit l'occasion d'avancer l'hypoth&#232;se que ce passage &#233;tait probablement repris des Institutes de Gaius, juriste r&#233;put&#233; pour son langage &#233;nergique et son usage fr&#233;quent de superlatifs ; la paraphrase de Th&#233;ophile (la principale source disponible du temps de Jones) aurait transpos&#233; les termes de Gaius d'une mani&#232;re &#171; plus que litt&#233;rale &#187;. Sur base de cet excursus comprenant une br&#232;ve critique du texte, Jones att&#233;nue la port&#233;e de l'expression &#171; &lt;i&gt;diligentissimus paterfamilias&lt;/i&gt; &#187; et affirme que dans ce contexte de location, la r&#233;f&#233;rence est simplement une personne normalement prudente et diligente. Jones poursuit en remarquant que cette interpr&#233;tation permet de mieux concilier quelques passages disparates du &lt;i&gt;corpus iuris&lt;/i&gt;, mais qu'elle faciliterait aussi une concordance entre le droit anglais avec ce qu'il appelle &#171; le consentement harmonieux des nations &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. Cette derni&#232;re remarque nous ram&#232;ne &#224; la question fondamentale formul&#233;e dans la pr&#233;sente contribution, car bien que Jones semble ici adopter une notion universaliste du droit en accord avec les courants du Droit de la Raison &#224; son &#233;poque, son approche &#233;tait n&#233;anmoins celle d'un comparatiste, qui ne m&#233;connaissait pas les traits caract&#233;ristiques des syst&#232;mes juridiques particuliers. Jones l'orientaliste a &#233;tendu cette approche au-del&#224; du continent europ&#233;en, soucieux de respecter les sp&#233;cificit&#233;s des cultures et syst&#232;mes juridiques tout en gardant un &#339;il ouvert &#224; ce qu'il supposait &#234;tre des caract&#233;ristiques ou principes communs universels. Ainsi, en &#233;voquant les droits persan et hindou, il admet des diff&#233;rences essentielles par rapports aux droits anglais et europ&#233;ens dans les domaines des successions et du droit p&#233;nal, mais il estime reconna&#238;tre des principes rationnels communs partag&#233;es par l'humanit&#233; en g&#233;n&#233;ral dans le domaine des contrats &#8211; et conclut d&#232;s lors que &#171; &lt;i&gt;The Pootee of the Indians and the Digest of the Romans are by no meansdissimilar &#187;&lt;/i&gt;. Exprimant l'id&#233;ologie de son temps, Jones &#233;tait certainement marqu&#233; par le rationalisme, mais toute intelligence du droit sevr&#233;e de la raison e&#251;t &#224; ses yeux rabaiss&#233; la science jurisprudentielle&#224; une simple technique d'un &#171; amalgame sans ordre de lois et de d&#233;cisions &#187;. Vers la fin de son trait&#233; sur le droit de &lt;i&gt;bailment&lt;/i&gt;, Jones avait exprim&#233; son intention d'&#233;tendre cette m&#233;thode &#224; toutes les branches du droit &#8211; ce projet fut abandonn&#233; lorsqu'il fut nomm&#233; &#224; Calcutta et devint un pionnier des &#233;tudes occidentales des droits hindous et islamiques. Son esprit d'ouverture et sa curiosit&#233; scientifique s'expriment &#233;galement &#224; travers un bref &lt;i&gt;post scriptum&lt;/i&gt;, dans lequel il informe le lecteur qu'apr&#232;s la r&#233;daction de son trait&#233;, il avait pris connaissance d'un livre &#171; sur le m&#234;me sujet &#187; du juriste allemand Christian Thomasius ; il promettait d'int&#233;grer son enseignement dans une &#233;dition future de son trait&#233;, mais l&#224; &#233;galement, le tournant dans la carri&#232;re de Jones emp&#234;cha la r&#233;alisation de cette intention. Son approche n'eut plus gu&#232;re de suite dans la litt&#233;rature juridique des &lt;i&gt;common lawyers&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. Post scriptum : &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; et historiographies nationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. Dans cette contribution, le &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; qualifi&#233; de &#8216;fausse piste' pour une recherche comparative historique approfondie entre les traditions juridiques fran&#231;aise et anglaise, essentiellement en raison du r&#244;le marginal de ce &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;europ&#233;en dans la formation et le d&#233;veloppement de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; anglaise&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;On peut sans doute relever plusieurs aspects relevant de la tradition du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; aussi bien dans l'histoire du droit fran&#231;ais que dans l'histoire du droit anglais, et certains de ces aspects ont &#233;t&#233; mentionn&#233;s ci-dessus, mais l'historien du droit ne pourra jamais pr&#233;tendre acc&#233;der &#224; l'essentiel de la &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; s'il se borne &#224; &#233;tudier le droit anglais &#224; partir des droits savants &#8211; que ce soit dans leurs traditions doctrinales ou &#224; travers la pratique judiciaire. En revanche &#8211; et sans entrer ici dans un d&#233;bat franco-fran&#231;ais dont on aurait pu esp&#233;rer qu'il f&#251;t compl&#232;tement d&#233;pass&#233; &#8211;, l'historiographie du droit fran&#231;ais, que ce soit dans le cadre d'une approche qui s'attache avant tout ou exclusivement &#224; des d&#233;veloppements fran&#231;ais, ou selon une approche davantage comparative (avec quelque autre syst&#232;me juridique en Europe que ce soit, y compris le syst&#232;me anglais) ne peut presque jamais faire l'&#233;conomie du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt;, sous peine de m&#233;conna&#238;tre le caract&#232;re propre de la tradition juridique fran&#231;aise, impensable dans toutes ses articulations sans l'apport des droits romain et canonique. Or, au cours de la longue et intensive transition que furent les Temps Modernes entre le pluralisme juridique du Second Moyen &#194;ge o&#249; les traditions coutumi&#232;res pr&#233;dominaient (m&#234;me dans les pays dits de droit &#233;crit) et l'&#232;re des codes nationaux, les sources doctrinales, judiciaires et m&#234;me l&#233;gislatives en France ont &#233;t&#233; fortement impr&#233;gn&#233;es par les paradigmes changeants du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt;. Cette influence n'exclut &#233;videmment pas un recyclage en partie sp&#233;cifiquement &#8216;gallican' du droit romain et du droit canonique dans l'ordre juridique fran&#231;ais, m&#234;me d&#233;j&#224; au cours des derniers si&#232;cles du Moyen &#194;ge.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. Ainsi, toute approche comparative historique &#224; partir du droit fran&#231;ais devra n&#233;cessairement inclure l'apport du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt;. Dans les comparaisons avec d'autres pays dont la tradition juridique a &#233;t&#233; sensiblement influenc&#233;e par la diffusion du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; (ce qui a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; ci-dessus comme l'&lt;i&gt;orbis exiguus &lt;/i&gt;du &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;europ&#233;en), cet apport est indispensable afin de reconna&#238;tre &#224; la fois les sp&#233;cificit&#233;s fran&#231;aises (&#224; l'&#233;chelle du royaume ou de ses r&#233;gions) et les caract&#233;ristiques partag&#233;es avec d'autres pays. Pour l'Angleterre et sa tradition de &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt;, comme le d&#233;montrent les rares exemples d'un &lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais, les limites de cette comparaison seront rapidement atteintes. Mais d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, l'enjeu pour l'historien du droit fran&#231;ais est double : premi&#232;rement, sa compr&#233;hension du droit fran&#231;ais sans l'apport du &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;con&#231;u comme une matrice de pens&#233;e juridique trans-territoriale aux Temps Modernes demeurera tronqu&#233;e ; en second lieu, &#224; une &#233;poque o&#249; le paradigme d'un droit national ne peut plus &#234;tre con&#231;u sans tenir compte des nouveaux d&#233;veloppements juridiques infra-nationaux, trans-nationaux, supra-nationaux et internationaux, la notion d'un droit commun &#8211; notion qui &#233;voque par d&#233;finition la complexit&#233; et diversit&#233; de syst&#232;mes juridiques coexistants&#8211;, l'historiographie du droit se doit de valoriser cette exp&#233;rience du pass&#233;, lorsque tout juriste fran&#231;ais de qualit&#233; &#233;tait et devait &#234;tre capable de ma&#238;triser aussi bien quelque droit local et r&#233;gional que le droit du royaume et les droits savants &#8211; ces derniers selon une tradition doctrinale europ&#233;enne. Le &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; &#233;tait &#224; la fois un &#233;l&#233;ment essentiel de ce complexe de droits positifs, et en m&#234;me temps la m&#233;thode qui permettait d'appr&#233;hender cette complexit&#233; juridique. Comme le droit compar&#233; contemporain, c'est bien cette ouverture sur le droit national dans un monde complexe que l'histoire du droit, con&#231;ue comme mati&#232;re d'enseignement ou de recherche scientifique, doit offrir aux juristes d'aujourd'hui.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain Wijffels&lt;br&gt;
Directeur de recherche au CNRS&lt;br&gt;
Centre d'Histoire Judiciaire UMR 8025&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quelques orientations bibliographiques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Parmi les principaux auteurs ayant publi&#233; des &#233;tudes sur le &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; en Angleterre ces derni&#232;res d&#233;cennies, on citera en particulier : R.H. Helmholz, auteur du premier tome de la &lt;i&gt;Oxford History of the Laws of England&lt;/i&gt; :&lt;i&gt;The Canon Law and Ecclesiastical Jurisdiction from 597 to the 1640s &lt;/i&gt;(Oxford 2004) ; &#233;galement : &lt;i&gt;Canon Law and the Law of England &lt;/i&gt;(Londres 1987) ; &lt;i&gt;The ius commune in England&lt;/i&gt; (Oxford 2001) ; Helmholz a aussi co-dirig&#233; avec V. Piergiovanni un recueil intitul&#233; &lt;i&gt;Relations between the &lt;/i&gt;ius commune &lt;i&gt;and English Law &lt;/i&gt;(Soveria Mannelli 2009), mais, typiquement, toutes les contributions n'y parviennent pas &#224; combiner les deux syst&#232;mes &#233;voqu&#233;s dans le titre g&#233;n&#233;ral de l'ouvrage. Davantage orient&#233;s vers la tradition romaniste, les travaux de P.G. Stein, notamment le recueil d'&#233;tudes publi&#233; sous le titre : &lt;i&gt;The character and influence of the Roman civil law. Historical Essays &lt;/i&gt;(Londres 1988). Un aper&#231;u utile, mais peu inform&#233; sur la tradition du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; en Europe, est le recueil d'articles de D.R. Coquillette repris sous le titre : &lt;i&gt;The civilian writers of Doctor's Commons, London. Threecenturies of juristic innovation in comparative, commercial and international law &lt;/i&gt;(Berlin 1988).V. &#233;galement B.P. Levack, &lt;i&gt;The civil lawyers in England&lt;/i&gt;,&lt;i&gt;1603 &#8211; 1641. Apolitical study &lt;/i&gt;(Oxford 1973). L'ambitieuse s&#233;rie &lt;i&gt;Comparative&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Studies in Continental andAnglo&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;American Legal History &lt;/i&gt;(Duncker&amp;Humblot, Berlin) comprend plusieurs tomes importants, mais &#224; nouveau, peu de contributions adoptant une double perspective et relativement peu de synth&#232;ses.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La remarque sur l'acquisition d'ouvrages du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; continental en Angleterre (en particulier, jusqu'en 1640) est bas&#233;e, pour les biblioth&#232;ques de personnes physiques &#224; Cambridge, sur : E.S. Leedham-Green, &lt;i&gt;Books in Cambridge Inventories. Book-Lists from Vice-Chancellor's Court Probate Inventories in the Tudor and Stuart Periods&lt;/i&gt;. Volume I : &lt;i&gt;The Inventories&lt;/i&gt;. Volume II : &lt;i&gt;Catalogue &lt;/i&gt;(Cambridge 1986), v. mon compte-rendu traitant syst&#233;matiquement des ouvrages de droit mentionn&#233;s dans cet ouvrage dans &lt;i&gt;Tijdschrift voor Rechtsgeschiedenis&lt;/i&gt; 58 (1990), 486-494. Pour Oxford, la publication &#233;quivalente a &#233;t&#233; &#233;dit&#233;e sous la direction d'E. Leedham-Green et R. Fehrenbach sous le titre g&#233;n&#233;ral : &lt;i&gt;Private Libraries in Renaissance England &lt;/i&gt;(plusieurs tomes parus). Pour les biblioth&#232;ques institutionnelles &#224; Cambridge, v. mes articles : Law Books in Cambridge Libraries, 1500-1640, &lt;i&gt;Transactions of the Cambridge Bibliographical Society&lt;/i&gt; 10 (1993), 359-412 ; Law Books at Cambridge, 1500-1640,dans : P. Birks (dir.), &lt;i&gt;The Life of the Law, Proceedings of the Tenth British Legal History Conference, Oxford 1991&lt;/i&gt; (London/Ronceverte 1993), 59-87 ; From Ius Commune to Common Law, and Back Again : Legal Books at Trinity Hall : An Historical Perspective from the Old Library,dans :&lt;i&gt;Trinity Hall 2000. Legal Education and Learning. Proceedings of the Second Conference Held in July 1997 to Commemorate 650 Years of Education and Learning at Trinity Hall 1350-2000&lt;/i&gt; (s.l.n.d. [= Cambridge 1999]), 33-42 ; &lt;i&gt;Early-Modern Lawyers' Books in Trinity Hall Library. An Exhibition of Books and Documents Illustrating the Development of the Legal Collection in a Civil Lawyers' College &lt;/i&gt;(Cambridge 1997). Pour Oxford :&lt;i&gt;Late Sixteenth-Century Lists of Law Books at Merton College&lt;/i&gt; [Libri Pertinentes, I] (Cambridge 1992). J'ai &#233;galement publi&#233; quelques reconstitutions de collections particuli&#232;res de juristes, v. notamment : Sir Edward Stanhope, dans : R.J. Fehrenbach (dir.), &lt;i&gt;Private Libraries in Renaissance England&lt;/i&gt; 1 (New York 1992), 41-78 ; &lt;i&gt;Robert Jones. Sexton : Probate Inventory. 1567&lt;/i&gt;, dans : R.J. Fehrenbach and E.S. Leedham-Green (dir.), Private Libraries in Renaissance England, 3. (Binghamton, NY/Marlborough 1994), 123-128 ; [avecE.S. Leedham-Green :] &lt;i&gt;Tichborne. Scholar (probably B.C.L.) : Inventory. 1570 (partly 1569)&lt;/i&gt;, dans : &lt;i&gt;Private Libraries in Renaissance England&lt;/i&gt;, IV (Binghamton, NY 1995), No. 90, 13-27 ; [avec E.S. Leedham-Green :] &lt;i&gt;William Stocker. Scholar (M.A.) : Inventory c. 1570&lt;/i&gt;, dans : &lt;i&gt;Private Libraries in Renaissance England&lt;/i&gt;, IV (Binghamton, NY 1995), No. 88, 4-8. Pour une synth&#232;se g&#233;n&#233;rale, v. mon chapitre &#171; The Civil Law &#187;, dans : L. Hellinga et J.B. Trapp (dir.), &lt;i&gt;The Cambridge History of the Book in Britain&lt;/i&gt;, III, &lt;i&gt;1400-1557&lt;/i&gt; (Cambridge 1999), 399-410 (dans le m&#234;me volume, v. &#233;galement le chapitre sur le droit canonique par R.H. Helmholz).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La remarque sur l'application des m&#233;thodes du &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; dans la pratique s&#233;culi&#232;re (de la haute Cour de l'Amiraut&#233; &#224; Londres) est en partie fond&#233;e sur ma seconde th&#232;se de doctorat : &lt;i&gt;Civil Law and the Practice of the High Court of Admiralty at the Time of Alberico Gentili&lt;/i&gt; (Cambridge 1994), suivie de plusieurs &#233;tudes sp&#233;cifiques parues en Angleterre et ailleurs. Certaines de ces &#233;tudes concernent l'&#339;uvre d'Alberico Gentili en particulier (v. not. les actes des colloques biennaux du &lt;i&gt;Centro internazionale di Studi Gentiliani &lt;/i&gt;parus chez Giuffr&#232; &#224; Milan), mais comme j'ai insist&#233; &#224; de nombreuses reprises, cette &#339;uvre est &#224; maint &#233;gard atypique de l'histoire de la &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt; en Angleterre et n'y a pas, je crois, exerc&#233; une influence durable ou profonde (v. notamment mon article, en fran&#231;ais : Disputations en droit &#224; l'Universit&#233; de Cambridge sous le r&#232;gne &#233;lisab&#233;thain, &lt;i&gt;M&#233;moires de la Soci&#233;t&#233; d'Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands&lt;/i&gt; 57 (2000), 113-130, avec &#233;galement des r&#233;f&#233;rences &#224; des disputations &#224; Oxford).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conception de r&#233;ception du droit romain dans l'ouvrage d'A. Duck, &lt;i&gt;De l'Usage et de l'Autorite&#769; du Droit Civil dans les &#201;tats des Princes Chre&#769;tiens&lt;/i&gt;. Traduit du Latin (Paris, 1689 ; &#233;d.pr. : &lt;i&gt;De usu et authoritate juris civilis Romanorum, in dominiis Christianorum, libri duo&lt;/i&gt; [Londres 1653], et plusieurs &#233;ditions ult&#233;rieures) est trait&#233;e dans mon article : &#171; Arthur Duck et le ius commune europ&#233;en &#187;, &lt;i&gt;Revue d'histoire des facult&#233;s de droit et de la science juridique,&lt;/i&gt; 1990, 193-221.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;tude consacr&#233;e par H. Coing &#224; la &lt;i&gt;civil law&lt;/i&gt; anglaise s'intitule : Das Schrifttum der englischen Civilians und die kontinentale Rechtsliteratur in der Zeitzwischen 1550 und 1800, parue dans &lt;i&gt;Ius Commune&lt;/i&gt; 5 (1975), 1-55. La r&#233;f&#233;rence &#224; F. Wieacker porte sur son &lt;i&gt;magnum opus &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Privatrechtsgeschichte der Neuzeit&lt;/i&gt; (G&#246;ttingen 1967). Sur le &#171; syst&#232;me institutionnel &#187; en Angleterre, v. notamment A. Watson Justinian's Institutes and Some English Counterparts, dans : P.G. Stein et A.D.E. Lewis (dir.), &lt;i&gt;Studies in Justinian's Institutes in Memory of J.A.C. Thomas &lt;/i&gt;(Londres 1983), 181-186.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur les auteurs des trois ouvrages de l'&#171; &lt;i&gt;usus modernus&lt;/i&gt; anglais &#187;trait&#233;s dans cette contribution, on peut se r&#233;f&#233;rer aux notices bibliographiques dans la nouvelle &#233;dition du &lt;i&gt;Dictionary of National Biography&lt;/i&gt; (Oxford 2004), respectivement par B.P. Levack (sur J. Cowell, une notice assez sommaire et sans doute pas tout &#224; fait exacte), M. Hoeflich (sur T. Wood) et M.J. Franklin (sur William Jones, la notice la plus &#233;labor&#233;e, en partie gr&#226;ce &#224; la diversit&#233; des int&#233;r&#234;ts de Jones).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; propos de Cowell, le lecteur fran&#231;ais ne peut ignorer la petite phrase c&#233;l&#232;bre (en tout cas souvent cit&#233;e dans la litt&#233;rature anglo-am&#233;ricaine) de Sir Jocelyn Simon, Dr. Cowell, &lt;i&gt;Cambridge Law Journal&lt;/i&gt; 1968, 260-272, qui avait compar&#233; le projet des &lt;i&gt;Institutiones iuris anglicani &lt;/i&gt;&#224; une tentative visant &#224; &#171; [&lt;i&gt;crush&lt;/i&gt;] &lt;i&gt;an uglysister's foot, bunions and all, into Cinderella's glass slipper&lt;/i&gt; &#187; (p. 263).Les &lt;i&gt;Institutiones iuris anglicani ad methodum et seriem Institutionum imperialium compositae et digestae&lt;/i&gt; sont parues &#224; Cambridge (Ex Officina Iohannis Legat) en 1605 ; la biblioth&#232;que de Trinity Hall conserve un manuscrit destin&#233; une &#233;dition remani&#233;e de l'ouvrage. Les propos de l'auteur cit&#233;s dans la pr&#233;sente contribution sont pour la plupart tir&#233;es de l'&lt;i&gt;Epistola Dedicatoria.&lt;/i&gt; Sur le contexte des d&#233;bats concernant une uniformisation juridique en Grande-Bretagne au cours des premi&#232;res ann&#233;es du r&#232;gne de Jacques Ier, v. B.P. Levack, &lt;i&gt;The Formation of the British State. England, Scotland and the Union 1603-1607 &lt;/i&gt;(Oxford 1987), pp. 82-85 ; et A. Wijffels, &#171; A British ius commune ? A Debate on the Union of Laws of England and Scotland during the First Years of James VI/I's English Reign &#187;, &lt;i&gt;The Edinburgh Law Review&lt;/i&gt; 6 (2002), 315-355, avec des r&#233;f&#233;rences &#224; la litt&#233;rature ant&#233;rieure. &#192; propos de l'enseignement &lt;i&gt;De regulis iuris&lt;/i&gt; &#224; Trinity Hall : A. Wijffels, &#171; A Seventeenth-Century English Commentary &#8220;De regulisiuris&#8221; (D.50.17) &#187;, dans : O. Condorelli (a cura di), &#8220;Pantarei&#8221;, &lt;i&gt;Studidedicati a ManlioBellomo&lt;/i&gt;, (Rome 2005), T. 5, 473-496.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur l'&#339;uvre de Thomas Wood, v. R.R. Robinson, The Two &#8216;Institutes' of Thomas Wood. A Study in Eighteenth Century Legal Scholarship, &lt;i&gt;The American Journal of Legal History&lt;/i&gt; 35 (1991), 432-458. L'opuscule sur les &#233;tudes de droit s'intitule : &lt;i&gt;Some Thoughts Concerning the Study of the Laws of England. Particularly in the Two Universities &lt;/i&gt;(j'ai utilis&#233; : The Second Edition, Londres 1727). Pour les Institutes de droit romain, j'ai utilis&#233; l'&#233;dition : &lt;i&gt;A New Institute of the Imperial or Civil Law. With Notes, Shewing in Some Principal Cases, amongstother Observations, How the Canon Law, the Laws of England, and the Laws and Customs of Other Nations differfromit. In Four Books&lt;/i&gt; (Londres 1704). Pour les Institutes du droit anglais, j'ai utilis&#233; l'&#233;dition : &lt;i&gt;An Institute of the Law of England : or, The Laws of England in their Natural Order, according to Common Use &lt;/i&gt;(4&#232;me &#233;d., Londres 1728).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur William Jones, v. &#233;galement M.J. Franklin, &lt;i&gt;Sir William Jones&lt;/i&gt; (Cardiff 1996) et du m&#234;me auteur : &lt;i&gt;&#8216;Orientalist Jones'. Sir William Jones. Poet, Lawyer, and Linguist, 1746-1794&lt;/i&gt; (Oxford 2011). Sur son travail en tant que comparatiste : D. Ibbetson, &#171; Sir William Jones as Comparative Lawyer &#187;, dans A. Murray (dir.), &lt;i&gt;Sir William Jones 1746-94. A Commemoration&lt;/i&gt; (Oxford 1998), 17-42, et, du m&#234;me auteur : &#171; Absolute Liability in Contract : The Antecedents of &lt;i&gt;Paradine v. Jayne &#187;&lt;/i&gt;, dans : F.D. Rose (dir.), &lt;i&gt;Consensus ad idem&lt;/i&gt; (Londres 1996), 1-37, ainsi que : &#171; Sir William Jones (1746-1794) &#187;, &lt;i&gt;Transactions of the Honourable Society of Cymmrodorion&lt;/i&gt; (2000), 66-82 ; et J. Oldham, &#171; The Survival of Sir William Jones in American Jurisprudence &#187;, dans G. Cannon et K.R. Brine (dir.), &lt;i&gt;The Life, Contributions, and Influences of Sir William Jones (1746-1794)&lt;/i&gt; (New York 1995), 92-101. J'ai utilis&#233; l'&#233;dition : &lt;i&gt;An Essay on the Law of Bailments &lt;/i&gt;(Londres 1781). Le &lt;i&gt;post scriptum&lt;/i&gt; &#224; la fin de cet ouvrage se r&#233;f&#232;re &#224; : C. Thomasius, &lt;i&gt;De usu practicodoctrinae difficillimae juris romani de culparum praestatione in contractibus&lt;/i&gt; (Halle 1705).&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, sur le &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt; qui a fait l'objet de ma communication &#224; Oxford sont parus depuis lors ou sont sous presse : (a) &#224; propos des consultations juridiques introduites au cours des controverses entre la Hanse allemande et l'Angleterre vers le milieu du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : International Trade Disputes and ius commune. The &#8216;Gdansk Issue' during the Hanseatic Embassy to London (1553) ; (b) &#224; propos des notes de lectures d'A. Gentili : &#171; De la lecture &#224; l'&#233;criture : les notes de lecture d'Alberico Gentili et leur remploi dans la r&#233;daction de son &#339;uvre doctrinale &#187;, dans : L. Giavarini (dir.), &lt;i&gt;L'&#233;criture des juristes. XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt;(Paris 2010), 93-109 ; &#171; Alberico Gentili e il rinnovamento del diritto pubblico nella tradizione dello &lt;i&gt;ius commune &#187;&lt;/i&gt;, dans : &lt;i&gt;Alberico Gentili (San Ginesio 1552 &#8211; Londra 1608). Atti dei Convegni nel Quarto Centenario della morte, &lt;/i&gt;vol. II (Milan 2010), 519-556 ; From Perugia to Oxford : Past and Present of Political Paradigms, dans : F. Treggiari (dir.), &lt;i&gt;Alberico Gentili. La tradizione giuridica perugina e la fondazione del diritto internazionale&lt;/i&gt; [Atti dell'Incontro di studio (Perugia, 10 ottobre 2008)] (P&#233;rouse 2010), 57-78 (dans ce dernier article, je traite notamment des notes de lecture inspir&#233;es par les &lt;i&gt;Six Livres de la R&#233;publique&lt;/i&gt; de Bodin et de leur utilisation dans le &lt;i&gt;De iure belli&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh_2A' id='nb_2A' class='spip_note' title='Notes _2A' rev='footnote'&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Cette contribution ne correspond qu'en partie &#224; ma communication pr&#233;sent&#233;e lors de la r&#233;union &#224; la Maison fran&#231;aise d'Oxford le lundi de Pentec&#244;te 2010, o&#249; j'ai principalement trait&#233; de &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt; en rapport avec la tradition romano-canonique en Angleterre dans d'autres contextes. Pour cette version &#233;crite, j'ai remani&#233; un article (en anglais) paru dans les &lt;i&gt;M&#233;langes offerts au Professeur F. Vanhemelryck : Civil Law v. Common Law ? John Cowell, Thomas Wood and William Jones : The Elusive English Usus Modernus&lt;/i&gt;, dans : J. Ockeley &lt;i&gt;et al&lt;/i&gt;. (dir.), &lt;i&gt;Recht in Geschiedenis, Een bundel bijdragen over rechtsgeschiedenis van de Middeleeuwen tot de hedendaagse tijd aangeboden aan prof.dr. Fernand Vanhemelryck&lt;/i&gt; (Leuven, Davidsfonds, 2005), 501-516, article auquel je me permets de renvoyer les lecteurs de langue anglaise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The Varieties of Legal History</title>
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		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : Cet article examine les diff&#233;rentes approches qui ont &#233;t&#233; emprunt&#233;es dans l'&#233;tude de l'histoire du droit en Angleterre et aux Etats-Unis par les historiens &#224; la fois dans les facult&#233;s de droit et d'histoire. En Angleterre, le pionnier de l'histoire du droit fut F.W Maitland, pour qui les capacit&#233;s du juriste &#233;taient n&#233;cessaires afin de comprendre les sources juridiques qui sont &#224; l'origine d'une grande partie de l'histoire sociale et &#233;conomique du Moyen Age. Maitland, qui ne souhaitait pas utiliser l'histoire pour expliquer la doctrine contemporaine, a pouss&#233; une g&#233;n&#233;ration d'historiens m&#233;di&#233;vistes &#224; se tourner vers les questions juridiques. Dans les &#233;coles de droit anglaises, l'&#233;tude de l'histoire du droit fut &#224; son tour transform&#233;e de mani&#232;re r&#233;volutionnaire par S.F.C Milsom, qui croyait que l'essence de l'histoire du droit ne r&#233;sidait pas dans l'application des techniques et du savoir du juriste contemporain au droit du pass&#233;, mais dans la tentative de comprendre en profondeur les esprits des g&#233;n&#233;rations pass&#233;es de juristes. Dans les pas de Milsom, l'histoire du droit doctrinale a connu un essor en Angleterre. Aux Etats Unis, les &#233;coles de droit ont &#233;t&#233; domin&#233;es par une tradition diff&#233;rente. L&#224;, le pr&#233;curseur fut J. Willard Hurst, gr&#226;ce &#224; qui l'attention des historiens se d&#233;tourna d'une histoire doctrinale &#233;troite pour s'attacher &#224; une &#233;tude contextuelle du droit beaucoup plus large, &#233;tudiant l'op&#233;ration du droit dans la soci&#233;t&#233;. Cet article examine le type d'historiographie qui se d&#233;veloppa aux Etats Unis apr&#232;s Hurst, avant d'offrir une discussion sur le r&#244;le qu'une histoire du droit doctrinale peut continuer &#224; jouer, pour enrichir les d&#233;bats &#224; la fois dans le domaine de l'histoire et dans celui du droit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots clefs : histoire du droit, historiographie, Maitland, Milsom, Hurst.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract : This article looks at the different approaches which have been taken in the study of legal history in England and America by both historians in law and history faculties. The pioneer English legal historian was F.W. Maitland, who felt that the skills of the lawyer were needed to understand the legal materials which were the source of much medieval social and economic history. Maitland, who had no wish to use history to explain current doctrine, inspired a generation of medieval historians to look at legal questions. The study of legal history in English law schools was in turn revolutionized by S. F. C Milsom, who felt that the key to legal history was not to apply the skills of the present lawyer to the law of the past, but to attempt to get into the minds of previous generations of lawyers. Following Milson, doctrinal legal history flourished in England. In the United States, a different tradition dominated law schools. Here, the pioneer was J. Willard Hurst, who turned attention away from narrow doctrinal history, to a broader contextual study of law, looking at the operation of law in society. The article discusses the kind of historiography which developed in America after Hurst, before turning to what discuss what role doctrinal legal history can continue to play, both to inform historical and legal debates.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Key words : legal history, historiography, Maitland, Milsom, Hurst.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;I&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;1. The title of this paper is borrowed from the subtitle of a lecture given by the late Patrick Wormald to the Selden Society in 2001&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='P. Wormald, Lawyers and the State : the Varieties of Legal History (London (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Wormald's own work is an appropriate place to start a discussion on this topic, since he was a &lt;i&gt;historian &lt;/i&gt;- a member of Oxford Modern History Faculty -whose main subject of study was Anglo-Saxon &lt;i&gt;law&lt;/i&gt;. In his work, he showed that legal materials were worthy subjects of study in themselves for generalist historians ; for a close study of legislation and dispute resolution could teach important lessons about the nature of politics and governance in Anglo-Saxon England. At the same time, he also raised a fresh set of questions about some foundational topics in English legal history. In the century after F. W. Maitland, historians tracing the origins of the common law tended to focus on the tenurial disputes which arose in the mid-twelfth century and the consequent judicial reforms of Henry II (1154-89) which paved the way for the record-keeping central common law courts. Wormald drew attention to the fact that there were other questions we might care to consider, about public order, kingship and dispute resolution, which might suggest that the legal historian should begin his study in an earlier age&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Other historians have also looked back to the Anglo-Saxon era in discussing (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, and think about law and its effects in different ways.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Bearing this model in mind, what I want to do in the following pages is to ask what the varieties of legal history are, and how far we can hope for a model which combines them. In England, though not (as we shall see) in America, legal history is usually done in different ways by those working in law faculties, and those who work in history faculties. Broadly speaking, those in the former camp - the lawyers - tend to focus their attention on the history of the legal doctrines whose contemporary manifestation they (or their colleagues) also teach. They are engaged with what is sometimes called the &#8216;internal' history of the law&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='For a useful discussion, see David Ibbetson, &#8216;What is Legal History a (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Those in the latter camp - the historians - look not at the language and doctrines of law, but at the impact of legal agencies on particular historical societies, other features of whose lives they teach in other courses. They do what is sometimes called the &#8216;external' history of law. It is curious to note that both of these kinds of legal historian would probably trace their professional genealogy to one man, F.W. Maitland. Maitland was one of the central figures who helped to turn the study of history into a professional pursuit, in which the scholar was encouraged to spend long hours in the archives reading primary sources, in order to produce thoroughly researched works on specific periods and subjects. This very Germanic method stood in contrast to the tradition of gentlemanly historiography in England, written by men such as E. A. Freeman, whose passion for the grand narrative matched their aversion for the archives&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Freeman was the author of The History of the Norman Conquest of England, 6 (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Maitland's approach to legal history also stood in contrast to that taken by his legal predecessors. Two approaches may be identified&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='I omit from discussion the bland version of constitutional history written (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. The first may be associated with the historical school of F. C. von Savigny and his followers, which argued that law was the product of the spirit of the people - the &lt;i&gt;Volksgeist&lt;/i&gt; - as it developed over time. The Pandectists were not interested in the wider history of ideas in society to see what the &lt;i&gt;Volksgeist &lt;/i&gt;actually &lt;i&gt;was. &lt;/i&gt;Instead, they looked for its manifestation in legal doctrine, which was the preserve of jurists, who teased out and perfected the legal concepts which were rooted in the customs and practices of the community&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Roscoe Pound later described it as an idealistic interpretation of legal (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pandectism sought to interpret the history of legal doctrine better to understand and shape current doctrine. Although the early nineteenth century English jurist John Austin had studied in Germany and admired the Pandectist method, he was more attracted by its analytical lessons than its historical ones. However, a generation of scholars after Austin - notably in the United States - did seek to develop legal doctrine by applying the tools of analytical jurisprudence to historical common law cases. Men like C. C. Langdell at Harvard and his followers sought to tease doctrines and principles out of a series of leading common law cases, which stretched back to the middle ages. Legal &#8216;formalism' was a form of Pandectism for the common law world, based on a notion that a rigorous study and analysis of case law could generate correct and coherent doctrine for the present day&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='For a recent work on the influence of Savigny's historical school on Francis (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. The second method was that of Sir Henry Maine. Maine's work appeared to many Victorians to be revolutionary because it brought a historical dimension which had seemed to be ignored by the analytical jurisprudence of John Austin. Maine was not interested in understanding the details of current doctrine, but at looking at how law developed in society. In fact, his work gave ambiguous messages. On the one hand, he challenged analytical jurisprudence by showing that the legal concepts which Austin had seen as timeless were contingent and reflected the needs and practices of the society in which they were developed. This held out the promise of a sociological jurisprudence in which legal development could be seen as the product of human agency and social choice. On the other hand, Maine's broad sweep of history was also highly teleological, tracing the evolution of all &#8216;progressive societies' - including England - from &#8220;status to contract&#8221;. The telos of Roman law development - the paradigm for all progressive societies - was the individualistic, consensually-contracting world of Savigny's will theory. Maine did not explain how the common law got to that telos : he simply assumed that, as far as present law was concerned, the analytical jurists had got it right, and could be left to explain the law&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb8' class='spip_note' rel='footnote' title='On Maine, see George Feaver, From Status to Contract : a Biography of Sir (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Maine's work attracted huge attention in the later nineteenth century, particularly from social theorists, for it seemed to open up a new methodology which would explore the nature of legal change over the longue dur&#233;e. But his influence soon faded. Since Maine's historical jurisprudence had proclaimed the discovery of universal trends from looking at ancient legal systems, the contextual message which could be taken from his work - that law was the product of choice and circumstance - was lost, at least in England, which would not see a flowering of Realism or sociological jurisprudence after Maine. Equally, he was soon seen to have been flawed on very much of the detail. With him fell both the promise of historical jurisprudence, and also a broader sociological jurisprudence&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb9' class='spip_note' rel='footnote' title='See N. Duxbury, &#8216;Why English Jurisprudence is Analytical,' Current Legal (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. By contrast, Maitland was interested neither in being a kind of Pandectist, nor a Mainite historical jurist. He did not aim to use history to advance jurisprudence, far less to understand present day law ; and he was famously sceptical about the utility of history to lawyers&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb10' class='spip_note' rel='footnote' title='As he put it, to do his job properly, a lawyer had to be orthodox ; but an (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. In an early essay which criticised the state of the English law of real property, Maitland dismissed the approach of the &#8220;historical school now fashionable&#8221;, which said that property law was a product of social evolution and national life, which was not to be condemned because it failed to conform to modern notions of practical convenience. Maitland said,&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&#8220;It is [...] our present lawgivers, and we who have elected them, that are to blame, if the right to land, and the right to vote, may still depend upon nonsense which it would be unjust to the schoolmen to call scholastic, nonsense which can only be explained by long stories about the quarrels between Courts which we have abolished. If these quarrels ended in an illogical compromise, this may have been our ancestors' wisdom, but that the terms of this compromise are still retained as law for all time is no better than our own folly.&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb11' class='spip_note' rel='footnote' title='F.W. Maitland, &#8216;The Law of Real Property,' in H. A. L. Fisher (ed) The (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;7. Indeed, his prime interest as a researcher was not in the law, but in history. However, he argued that to understand the periods of history which most interested him, one needed to have a lawyer's training, since &#8220;[l]egal documents, documents of the most technical kind, are the best, often the only evidence that we have for social and economic history, for the history of morality, for the history of practical religion&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb12' class='spip_note' rel='footnote' title='&#8216;Why the History of English law is not Written', in H.A.L. Fisher (ed) The (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. His inaugural lecture thus contained a rallying cry to lawyers to spend time in the archives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. Maitland's influence on the study of history in England has long been recognised&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb13' class='spip_note' rel='footnote' title='See John Hudson, F. W. Maitland and the Englishness of English Law (London (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. But what was his influence on &lt;i&gt;legal&lt;/i&gt; history ? In the first half of the twentieth century, Maitland's work inspired a succeeding generation of &lt;i&gt;historians &lt;/i&gt;who were interested not in the doctrines of law as such, but who were interested in law as one of the means of governance in medieval society. It is notable that many of the figures who we would now account as the main legal historians of the middle ages at work in the first half of the twentieth century were not the trained lawyers Maitland wished to see at work, but historians working in history faculties. They were part of the first generation of historians trained by universities which by the 1920s were beginning to imitate the German idea that history was a subject to be studied scientifically, by students writing doctorates based on extensive research into primary sources - an approach which was certainly not taken in law schools, whose educational standards before the second world war remained often rudimentary. These historians include such names as H.G. Richardson (1884-1974) and G.O. Sayles (1901-94), Helen Cam (1885-1968) and Sir Frank (1880-1967) and Doris Stenton (1894-1971). Their work contributed importantly to an enriching of the medieval historiography of law, in the editions and monographs they produced.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. Their contemporary T.F.T. Plucknett (1897-1965) did teach in a law school - the London School of Economics - and he did write a &lt;i&gt;Concise History of the Common Law&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb14' class='spip_note' rel='footnote' title='T. F. T. Plucknett, A Concise History of the Common Law (1st ed. London : (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ; but he was a historian, rather than a lawyer by training, and he seemed to be more interested in talking to medieval historians than to lawyers. As Keith Smith and John McLaren have observed, &#8220;beyond the &lt;i&gt;Concise History&lt;/i&gt;, Plucknett's scholarship displayed many of the characteristics of Maitland's highly focused archival methods&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb15' class='spip_note' rel='footnote' title='K. J. M. Smith and J. P. S. McLaren, &#8220;History's Living Legacy : an Outline of (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Moreover, like Maitland, he held that law was not to be learned by history. &#8220;It is still too often said that English law can only be understood historically,&#8221; he observed : &#8220;Now, English law may be bad, but is it as bad as that ?&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb16' class='spip_note' rel='footnote' title='T. F. T. Plucknett, Early English Legal Literature (Cambridge : Cambridge (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Moreover, Plucknett himself noted that &#8220;[t]he completely opposite aims and methods of the lawyer and the legal historian are inherent in the very nature of history and of English law.&#8221; Whereas Maitland had bemoaned the fact that too few trained lawyers followed his example in going to the Public Record Office, Plucknett bemoaned the fact that students began their law studies in England at undergraduate level, something which made &#8220;it very difficult for the well-trained lawyer to think like a historian&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb17' class='spip_note' rel='footnote' title='Plucknett, &#8216;Frederic William Maitland,' in Studies in English Legal History, (...)' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. This is not to say that there was no interest in legal history of this sort among lawyers. In 1921, the Cambridge Studies in English Legal History series was launched, with Percy H. Winfield's &lt;i&gt;The History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb18' class='spip_note' rel='footnote' title='The History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure (Cambridge : (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. In his preface to the new series, the editor H.D. Hazeltine (a product of the Harvard Law School of the 1890s) wrote that the series aimed to explore the &#8220;place of English law in world history&#8221;. The series would include monographs based on original research on special periods or special topics, whose authors sought to uncover historical truth. The study of English legal history, Hazeltine wrote, &#8220;not only forms a contribution of far-reaching scope to the study of comparative legal development, it also serves to throw light on many aspects of the political, ecclesiastical, economic and social evolution of Western civilization&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb19' class='spip_note' rel='footnote' title='History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure, xi.' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. However, for the most part, legal historians working in law faculties tended to focus more on doctrinal histories. This was true on both sides of the Atlantic. In America, the generation after Langdell continued his formalist project. Men like M.M. Bigelow, J. B. Ames, J. B. Thayer and J. H. Wigmore were very interested in Maitland's work, and engaged in correspondence with him. Indeed, Maitland observed in a letter to Bigelow that &#8220;you seem to care a deal more for legal history on your bank of the Atlantic than we do here&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb20' class='spip_note' rel='footnote' title='Fifoot (ed), The Letters of Frederic William Maitland, p. 45. On the late (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Nonetheless, these enterprise these law teachers engaged in was to a significant degree different from Maitland. They were not only interested in exploring the nature of medieval society and politics, but also sought to use history to help understand the current common law, or particular doctrines of it, which they felt could be better understood if their medieval and early modern antecedents were studied rigorously. According to a memoir of him, James Barr Ames &#8220;cared for the law of the past only for the light it threw on that of to-day&#8221;, and used the Year Books as &#8220;the source of the most practical knowledge of current principles&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb21' class='spip_note' rel='footnote' title='J.B. Ames, Lectures on Legal History (Cambridge Mass, 1913), p. (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ames used history to reveal how misconceptions led to erroneous views of the nature current law&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb22' class='spip_note' rel='footnote' title='In his view, for instance, courts could be freed from the constraints which (...)' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. These lawyers - who included Oliver Wendell Holmes - sought to apply a higher standard of historical scholarship to past cases in order better to understand and reorder present doctrine&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb23' class='spip_note' rel='footnote' title='As Rabban points out, the fashion for this kind of legal historical (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. In England, doctrinal legal history continued to be studied by the relatively few scholars who engaged in legal historical work. In his later work, Winfield himself used history to make sense of the developments of areas of private law&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb24' class='spip_note' rel='footnote' title='E.g. P.H. Winfield, &#8216;The History of Negligence in the Law of Torts,' Law (...)' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, which became his main focus of attention as a scholar. It was an approach shared by other scholars, who also turned to doctrinal historical studies to understand current law&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb25' class='spip_note' rel='footnote' title='Mention might also be made of F. H. Newark (1907-76), professor of law at (...)' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. The legal history done by lawyers remained firmly doctrinal and &#8216;internal'. Within English law schools, the dominant legal historian of the first half of the century was W. S. Holdsworth (1871-1944). Holdsworth did have a degree in history, but had also studied law and entered into an academic law career in Oxford. Holdsworth's considerable fame derives from his sixteen volume &lt;i&gt;History of English Law&lt;/i&gt;, which traces the history from the middle ages to 1875. Holdsworth's forte was not archival research. Rather, he wrote up his manuscripts, often after a hearty college meal and with a bottle of port on his desk, directly from treatises taken from the college library. It was also a broad encyclopedic sweep of legal topics, a manual in which the reader could discover the history of particular doctrines or institutions. This was clear &#8216;internal' legal history, seeing the law as developing autonomously. Reviewing the first volume of the great history in 1903, Maitland acutely observed that its readers would be law students and lay historians&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb26' class='spip_note' rel='footnote' title='Law Quarterly Review, vol. 19 (1903), p.335, quoted in Smith and McLaren, (...)' id='nh26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Reviewing the twelfth in 1938, Lord Macmillan observed that Holdsworth's encyclopaedic &#8220;account of the technical apparatus of the law in reports, abridgments, etc., and of the literature of the law is [...] perhaps more useful for reference than attractive to be read&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb27' class='spip_note' rel='footnote' title='Modern Law Review, vol. 2 (1938), pp. 245-6.' id='nh27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. This was not the work of original scholarship in the tradition of Maitland ; and many of its judgments would not be sustained by empirical research.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. All this may suggest that Maitland's impact on doctrinal history may not have been as great as one might have thought. The real revolution on doctrinal legal history was that brought about by S.F.C. Milsom (b. 1923). It is Milsom who in many ways has defined legal history as a subject within the law faculty. In a series of articles in the 1950s, a general textbook in 1969, and a monograph in 1976, he transformed the field&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb28' class='spip_note' rel='footnote' title='S. F. C. Milsom, &#8216;Trespass from Henry III to Edward III', Law Quarterly (...)' id='nh28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Unlike Maitland and his followers in history faculties, Milsom was only interested in the history of the law itself, rather than in how it worked in a broader polity and society. He was interested in the &#8216;internal' or doctrinal history. Unlike the &#8216;post-Langdellian' American legal historians of the late nineteenth century, Milsom was not interested in using history to understand present doctrine. He was, however, interested both in jurisprudential questions (about how law, and in particular the common law) works and in historical questions (about how the law at a certain period in its history was understood and practiced).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. The great lesson taught by Milsom was that legal historians who wanted to understand the &#8216;internal' history of the law - its doctrines and practices - had to attempt to think like a lawyer of the age they were studying. They should not look at past law through the lenses of contemporary legal doctrine. For Milsom, legal history was therefore a form of intellectual history. In undertaking it, one had to grasp the fact that terms and concepts which hold one meaning for us held a different meaning in different times. Milsom took up Maitland's lesson that the historian had to study the past on its own terms, and through careful, focused archival work. He took up Maitland's point that only the lawyer could properly understand medieval legal records. But his message seemed in one sense to &#8216;out-Maitland' Maitland : for he seemed to say that it was not the legally trained scholar who understood &lt;i&gt;current&lt;/i&gt; law who could make sense of it : but only the lawyer who had the imagination and historical skill to get inside the medieval lawyer's mind. It is therefore worth noting that no less a historian than Geoffrey Elton should have said that Milsom had &#8220;put his finger on some real weaknesses in Maitland's historical method&#8221; and that his view &#8220;fits the experience of the historian but not of the lawyer&#8221; insofar as his &#8220;account incorporates the fact of continuous change in ways that Maitland's fails to do&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb29' class='spip_note' rel='footnote' title='G. R. Elton, F. W Maitland (London : Weidenfeld and Nicolson, 1985), p. (...)' id='nh29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. As Milsom explained at the beginning of his &lt;i&gt;Historical Foundations of the Common Law&lt;/i&gt;, two jurisprudential questions drove his work. Firstly, how did the common law &lt;i&gt;originate&lt;/i&gt; ; or (to put it differently), how did a system of custom become one of &lt;i&gt;law&lt;/i&gt;. This was a question he took up further in his later work, &lt;i&gt;The Legal Framework of English Feudalism&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Secondly, how did a system premised on an ideology that it was constant and unchanging adapt to a constantly changing world. This was to focus on the way lawyers adapted and manipulated old forms of procedure to meet the changing needs of clients. For Milsom &#8220;[t]he life of the common law has been in the unceasing abuse of its elementary ideas&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb30' class='spip_note' rel='footnote' title='Milsom, Historical Introduction, xi. In the second edition (p. 6), he (...)' id='nh30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Legal rules designed for one purpose were diverted to new purposes. The common law remained fluid, and was in a constant process of reclassification. It was this point which made Milsom's challenge so difficult and so exciting : for it often involved trying to capture what was in the minds of lawyers, who were apt to keep changing their minds, and who often failed to leave a written record of the crucial assumptions they were making. As Milsom saw it, lawyers were only ever interested in winning the case before them : and if the path of the law was tortuous and winding, this was because this is how it developed, from case to case&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb31' class='spip_note' rel='footnote' title='As Milsom put it, &#8220;We look back and see a twisting path circumventing an (...)' id='nh31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Some doctrinal developments were intended ; others accidental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. One of Milsom's achievements was to reinvigorate legal history as a subject in English legal scholarship. Unsurprisingly, legal scholars following Milsom have largely concentrated on those areas which have generated the most legal doctrine, and the knottiest problems for lawyers to wrestle with. Milsom's textbook (like Plucknett's earlier &lt;i&gt;Concise History&lt;/i&gt; and J.H. Baker's later &lt;i&gt;Introduction to English Legal History&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb32' class='spip_note' rel='footnote' title='J. H. Baker, An Introduction to English Legal History, 4th ed (London : (...)' id='nh32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) concentrated largely on the institutions of the common law (courts and procedures) and on private law - property and obligations. Subjects which have attracted the interest of social historians - notably crime and disorder - have attracted less attention from these scholars. &#8220;The miserable history of crime in England can be shortly told,&#8221; Milsom wrote, &#8220;Nothing worth-while was created&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb33' class='spip_note' rel='footnote' title='Historical Introduction, 2nd ed (London : Butterworths, 1981), p. (...)' id='nh33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Milsom's intellectual project has been continued by Sir John Baker, who is not only the Literary Director of the Selden Society, but also General editor of the &lt;i&gt;Oxford History of the Laws of England&lt;/i&gt;, a project which aims to supplant Holdsworth's history as the major reference point for English legal history. Appropriately enough, the first volume was produced by Baker. In his preface, he gives a useful definition of the subject : &#8220;The focus of this book, and of this series, is the intellectual and institutional framework within which the lawyers' opinions were formed and their arguments devised, the processes of litigation managed and recorded, and the legislative changes achieved&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb34' class='spip_note' rel='footnote' title='J. H. Baker, The Oxford History of the Laws of England, vol VI, 1483-1558 (...)' id='nh34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. As this suggests, this is a specialist enterprise, which is not designed to be either constitutional history or social history, but which aims to describe the subject matter of the law.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt;II&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;17. In England, Milsom's work reinvigorated doctrinal legal history, and liberated it from being the handmaiden of current doctrinalists. Indeed, for Milsom and Baker, legal history was seen as a largely medieval and early-modern enterprise : dealing with an obviously &lt;i&gt;different&lt;/i&gt; legal world. Milsom in a way continued Maitland's project, for he brought the legal mind to questions of the past. Yet in a world of increasing specialization among historians, this raised a potential danger that the generalist would not be taught by the legal historian, but would be baffled by his specialist language&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb35' class='spip_note' rel='footnote' title='Baker's preface includes the interesting remark, &#8220;I hope that most of the (...)' id='nh35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. The United States also saw a legal-historical revolution in the mid twentieth century, but it was not a Milsomite one. Its roots were in the Realist reaction against Langdell's formalism. By the 1890s, Oliver Wendell Holmes, who had drawn heavily on history in &lt;i&gt;The Common Law&lt;/i&gt; to tease out a theory of the common law, and its various doctrines, came round to the view that the role of history in explaining current law was limited. In the &#8216;Path of the Law', he noted that history had to be part of the rational study of the law, since without history &#8220;we cannot know the precise scope of rules which it is our business to know.&#8221; But the study of history (he now said) was only &#8220;the first step towards an enlightened scepticism, that is, towards a deliberate reconsideration of the worth of those rules&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb36' class='spip_note' rel='footnote' title='O.W. Holmes, &#8216;The Path of the Law', Harvard Law Review, vol. 10 (1896-7), pp. (...)' id='nh36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Holmes inspired the Realist reaction against formalism, and by the 1930s, the kind of doctrinal legal history espoused by the likes of the formalist Ames were going out of fashion. Roscoe Pound's &lt;i&gt;Interpretations of Legal History - &lt;/i&gt;the third volume in the Cambridge series&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb37' class='spip_note' rel='footnote' title='Plucknett's Statutes and their interpretation in the Fourteenth Century was (...)' id='nh37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; - spent much time criticizing jurists like Savigny and Ames for seeking ideas in history which were fundamental and necessary&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb38' class='spip_note' rel='footnote' title='Pound, Interpretations, p. 42.' id='nh38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Doctrinal legal history of that sort fell out of favour in America by the mid century. When James Willard Hurst was asked in the 1990s to cast his mind back to the world of legal history in America which existed when he began, he accordingly replied, &#8220;That would be a bit like studying snakes in Ireland, wouldn't it ?&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb39' class='spip_note' rel='footnote' title='H. Hartog, &#8216;Snakes in Ireland : A Conversation with Willard Hurst', Law and (...)' id='nh39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. It was Hurst whose work reinvigorated American legal history. His approach was very different from that practised in England for he turned the legal historian's attention away from the highest courts, and their development of doctrine. In his book of 1950, &lt;i&gt;The Growth of American Law&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb40' class='spip_note' rel='footnote' title='James Willard Hurst, The Growth of American Law : the law makers (Boston : (...)' id='nh40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, Hurst wanted to look at all the institutions which dealt with law : not just the courts, but also the legislature, the executive, and administrative agencies. His vision of what &#8216;law' was was a far broader one than what the doctrinalists thought. Instead of being an intellectual history of the concepts used by lawyers, he saw &#8220;the proper subject of legal history [as] coterminous with the whole history of governance, broadly construed - formal and informal, local and central, public and private, jural, legislative, and administrative&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb41' class='spip_note' rel='footnote' title='William J. Novak, &#8216;Law, Capitalism, and the Liberal State : the Historical (...)' id='nh41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Law, in the Hurstian view, was about the practice of government, at every level where law structured or regulated the exercise of power between people. In his view, the proper way to study legal history was not to look at the development of single doctrines over the long term, but to look in great detail at the working of law in one particular context and era. Hurst did this himself with his 1964 book, &lt;i&gt;Law and Economic Growth : the legal history of the Wisconsin Lumber Industry 1836-1915&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb42' class='spip_note' rel='footnote' title='James Willard Hurst, Law and Economic Growth : the legal history of the (...)' id='nh42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. The fruit of 15 years of research, and running to nearly 1000 pages, this book looked at every legal agency dealing with the lumber trade at a time of its rise and decline. One of the key questions Hurst explored was how the exploitation of the lumber trade had led to massive deforestation in Wisconsin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. Hurst, who was well-read in continental sociology as well as Legal Realism, sought in his work to explore what jobs the law could do. Assuming that societies were based on a broad consensus, he looked at how law could channel scarce resources into productive ends. It was this interest which took him to economic questions, to see how law was used to serve the economy. However, his view of the law was far from being crudely functionalist : for he also showed how law often failed to fulfil the functions it was set. Hurst developed a theory of legal change. A key part of his view of law is that the important legal decisions are often not the high level ones of superior courts developing doctrine through conscious choices, but the routine decisions of lower level institutions. Routine decisions tend to follow old patterns : just as common law judges tend to try to resolve new cases by analogy with old ones, so lower level officials solve new problems by fitting them into the pattern of old solutions. In this way, Hurst argued, a kind of inertia creeps into the legal process. The result is that one gets unintended and unplanned consequences, which arise almost as a result of a failure of the legal imagination. The routine only breaks down when things become so complex that they cannot be fitted into the old boxes ; or in other words, when new problems arise which cannot simply be fitted into the familiar categories.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. Hurst focused attention on new topics of research, such as the relationship between law and the economy. As he explained it, early nineteenth century American economic actors, who looked for immediate, short term gains, wanted a law which would help them in this pursuit. They got what they wanted : the law was to be facilitative and not directive. In the early years of the American republic, when the continent was settled and the economy expanded, the law's response allowed (in Hurst's phrase) a release of energy, which drove economic growth. But the pragmatism which drove this expansion was a &#8216;bastard' pragmatism, which looked to short term gains rather than long term consequences, which could be negative. Hurst's view was that law affected the economy by its impact on the decisions of entrepreneurs, who acted (as Mark Tushnet has suggested) very much like Holmes's &#8216;bad man' : they were not ideologues but shaped their behaviour by what they predicted the legal response would be. But unlike Law and Economics scholars, Hurst did not see the results as necessarily optimal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;22. Although written at a time when much American historiography was concerned with nineteenth century economic development, Hurst's work was not an economic or social history of the lumber industry : it was a &lt;i&gt;legal &lt;/i&gt;history, taking up the concerns of Law and Society movement, which grew out of American Legal Realism. Firstly, its aim was to look at how &lt;i&gt;law&lt;/i&gt; functioned in facilitating or hindering the development of a certain industry ; rather than looking at the development of industry itself. Hurst did not overestimate the importance of law in society, and when there were social issues which he felt generated no legal issues, he omitted them&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb43' class='spip_note' rel='footnote' title='Note his response in an interview to a comment that his book had ignored (...)' id='nh43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Secondly, he did have an interest in developing a theory about how law developed, and how it interacted with society. Legal history could also give us a theory of law. Moreover, as Robert Gordon has pointed out, Hurst saw his audience as one of lawyers and law students : his primary aim was &#8220;training reflective lawyer-statesmen through uncovering the historical &#8216;record', largely one of short-sighted regulatory failures and mistakes punctuated by the occasional successful piece of rational planning&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb44' class='spip_note' rel='footnote' title='Robert W. Gordon, &#8216;Hurst Recaptured,' Law and History Review, vol. 18 (2000) (...)' id='nh44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;23. Hurst's work has had a great influence on American legal historiography since the 1960s, and in many ways has shaped the dominant methodology on that side of the Atlantic. Yet the work of younger American scholars looks very different from Hurst's. Besides attracting praise, his work has also attracted criticism. Firstly, critics charged him with assuming too much of a consensus, and overlooking the role of struggle. His general view seemed to be of a middle class consensus, inherited from the &#8216;polite and commercial people' who had settled North America in earlier centuries, which drifted on by a process of inertia throughout the century until the unplanned social consequences of drift forced it to embrace new forms of regulation&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb45' class='spip_note' rel='footnote' title='Gordon, &#8216;Hurst Recaptured', p. 168.' id='nh45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. In fact, critics said, there was far more struggle and contestation, much more use of the law as an instrument of power, than this model seemed to allow. Secondly, the fact that Hurst focused so much on law, and tended to make simple and unsophisticated assumptions about society, had deleterious effects on his view of law itself. The very fact that one decision might be seen as routine, and another as special, could be the product of a contest or a choice, rather than the result of inertia. To know why some problems were regarded as routine and others not, one needed to look more at society&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb46' class='spip_note' rel='footnote' title='As Mark Tushnet argued, there is a danger in using only legal materials : (...)' id='nh46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;24. The generations which followed Hurst in America took legal history in two different directions. One direction was to return to doctrine. The 1970s and 1980s saw a flowering of critical legal histories, which sought to show how the doctrine which developed had been the product of contestation between rival interests. Morton Horwitz's &lt;i&gt;The Transformation of American Law&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb47' class='spip_note' rel='footnote' title='Morton J. Horwitz, The Transformation of American Law, 1780-1860 (Cambridge (...)' id='nh47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; was, like Hurst's &lt;i&gt;Law and Economic Growth,&lt;/i&gt; a work which looked at law and the economy. But unlike Hurst - and in less than 350 pages - Horwitz surveyed developments in all of private law, looking at high level decisions - to argue that the law had played an instrumental role in developing capitalist growth. The aim of the critical legal scholars was to show that legal doctrine was not coherent and consensual, but that it advanced particular social and economic goals. For these scholars, putting doctrine into its historical context could show its incoherence and its nature as an instrument of power. The critical perspective has proved very influential on American legal historians, though it was unable to produce a replacement for the theories it challenged&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb48' class='spip_note' rel='footnote' title='See the observations of Catherine L. Fisk and Robert W. Gordon in &#8216;&#8220;Law (...)' id='nh48'&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;25. Another direction was to take up Hurst's call for focused and local studies, but to turn attention away from the economic development which Hurst concentrated on, towards social relations. Much of this history rejects Hurst's consensus model, looking at those who were largely excluded from political power in the nineteenth and twentieth centuries - slaves, Native Americans, women, immigrants, labourers. This work does not seek to discuss the nature of present day doctrine, or to develop sociological theories of legal change. Rather, it aims to contribute to our historical understanding of past eras, by rethinking the role and function of law. Like Maitland's early successors, these writers seek to explore a society's history through its law, as widely interpreted. For example, William J. Novak's &lt;i&gt;The People's Welfare : Law and Regulation in Nineteenth Century America&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb49' class='spip_note' rel='footnote' title='William J. Novak, The People's Welfare : Law and Regulation in Nineteenth (...)' id='nh49'&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; draws on local and state level public law sources - local ordinances, legislation and cases in state courts - to give a radically different picture from that generally accepted in the historiography. Instead of seeing nineteenth century America as a small state, which gave individuals great freedom to pursue their own interests, by protecting contract and property rights but not otherwise interfering with them, he argues that public power expanded significantly in the period up to the 1870s. Judges were willing to subordinate the interests of individuals to the wider interest of a well-regulated society. There was, he argues, significant regulation of markets, highways and even morals, to a degree which historians who focus on other legal sources - such as the Supreme Court material - tend to overlook. Novak's view is that private law was not as dominant as many histories would lead us to believe, and that public regulation played a significant part. Other scholars focusing on questions of race, gender and exclusion have sought to show both how the material of social history shaped the law in the late nineteenth and early twentieth century, and how the law itself shaped social history&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb50' class='spip_note' rel='footnote' title='As Barbara Young Welke has put it, &#8220;law was as central in the nineteenth (...)' id='nh50'&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. It is noteworthy that the history of doctrine - and the history of &#8216;private law' in general - plays a very small part in this. The internal and institutional history which stands at the heart of &lt;i&gt;Oxford History of the Laws of England&lt;/i&gt; plays a very small role in &lt;i&gt;The&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Cambridge History of Law in America&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb51' class='spip_note' rel='footnote' title='Michael Grossberg and Christopher Tomlins (ed), The Cambridge History of (...)' id='nh51'&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Broadly speaking, the American approach to legal history continues to focus more on &#8216;Law and Society' than legal doctrine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;26. Many of the leading American legal historians are scholars with both legal and historical training, who have found their scholarly homes (or at least one of them) in History Faculties. Their work often resembles the kind done in England by social historians outside the law faculty. Since the 1970s, there has been a flourishing and continuing interest among such historians in the crime. Although this area had been the subject of study by criminologists such as Leon Radzinowicz and his students from the mid twentieth century&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb52' class='spip_note' rel='footnote' title='L. Radzinowicz A History of English Criminal Law and its Administration (...)' id='nh52'&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, it grew significantly under the impetus given by a group of social historians at Warwick in the 1970s, notably Edward Thompson and Douglas Hay.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb53' class='spip_note' rel='footnote' title='See especially E. P. Thompson, Whigs and Hunters : the Origin of the Black (...)' id='nh53'&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; 1986 saw the publication of John Beattie's highly influential &lt;i&gt;Crime and the Courts in England 1600-1800&lt;/i&gt;, and a number of his students have continued to enrich the field&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb54' class='spip_note' rel='footnote' title='See, e.g., Allyson N. May, The Bar and the Old Bailey, 1750-1850 (Chapel (...)' id='nh54'&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. The centrality of this topic in the history curriculum - and indeed in the broader culture - can be gauged from the fact that the Old Bailey Sessions Papers - the records of London's prime criminal court, covering the period 1674 to 1913 - have been digitized and made publicly available, with generous government funding. It is not insignificant that the project was the brainchild of two social historians of the eighteenth century&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb55' class='spip_note' rel='footnote' title='They are Robert Shoemaker and Tim Hitchcock, neither of whom are (...)' id='nh55'&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27. The social history of law long remained the preserve of non-doctrinal historians. Some attempts were made in law schools to encourage English legal scholars to cultivate a &#8216;Law and Society' approach to their topic. Prime among these was the collection edited by G. R. Rubin and David Sugarman, &lt;i&gt;Law, Economy and Society &lt;/i&gt;published in 1984, with an extensive editorial introduction, &#8216;Towards a New History of Law and Material Society in England, 1750-1914'&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb56' class='spip_note' rel='footnote' title='G. R. Rubin and David Sugarman (ed.), Law, Economy and Society, 1750-1914 : (...)' id='nh56'&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Since that collection was published, a number of English lawyers have turned their attention more towards broader, contextual questions, applying the technical skills of the legal historian to broader historical questions&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb57' class='spip_note' rel='footnote' title='Examples range from crime through to family law and the poor law. See e.g. (...)' id='nh57'&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;strong&gt; III&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;28. The &#8216;American' style of legal history discussed in the last section is arguably more &#8216;mainstream' now than the Milsomite one, insofar as there are many more historians who take this approach to law than the doctrinal one. Nonetheless, the doctrinal approach - with its focus on private law - remains alive and kicking in English law faculties. I want to turn now to ask what the role of doctrinal legal history should be in this historiographical world ? Is there an audience for doctrinal history and what should it be ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;29. A first audience to consider is the &lt;i&gt;historical &lt;/i&gt;one. Although there has often been a temptation among some historians to disparage the narrowness of doctrinal history, historians have become increasingly aware of the relevance of legal doctrine for much social and economic history. Private law is an important instrument of governance : law provides a framework within which power is exercised by individuals and groups on society. While some parts of law are developed through legislatures after much public debate and as a result of conscious choice and political struggle, very much is developed either through the practices of lawyers drafting documents and instruments, or through legal contestations in court&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb58' class='spip_note' rel='footnote' title='See M. Lobban, &#8216;The Politics of English Law in the Nineteenth Century', in (...)' id='nh58'&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. One of the tasks of the legal historian speaking to a wider historical audience is to remind them that the language which lawyers and legal officials use, and the operation of their institutions play a crucial part in the governance of society and in structuring private relations. Legal historians can explain how these fundamentals of governance &lt;i&gt;work&lt;/i&gt; in any given historical society ; and to show how they &lt;i&gt;change&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;30. In recent years, an increasing number of historians have become aware of the importance of private law to social and economic life&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb59' class='spip_note' rel='footnote' title='E.g. Margot Finn, The Character of Credit : Personal Debt in English (...)' id='nh59'&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, particularly when dealing with questions such as the property rights of women&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb60' class='spip_note' rel='footnote' title='See e.g. Lee Holcombe, Wives and Property : Reform of the Married Women's (...)' id='nh60'&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. This is in many ways Maitland's project coupled with Milsom's methodology. Indeed, one might argue that much of the fruitful work done by Hurstian and post-Hurstian &#8216;law and society' scholars assumes a knowledge of doctrine&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb61' class='spip_note' rel='footnote' title='See e.g. Rande W. Kostal's Law and English Railway Capitalism, 1825-1875 (...)' id='nh61'&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;31. Historians have also long been interested in the language of law in the context of political debate. This is particularly true in England of the seventeenth century. Indeed, much of the revisionist history of the last three decades has focused attention on the legal and constitutional debates in the run up to the English civil war&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb62' class='spip_note' rel='footnote' title='See e.g. J.G.A. Pocock, The Ancient Constitution and the Feudal Law : a (...)' id='nh62'&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. There has been much debate about the nature of the &#8216;common law mind', and about common law constitutionalism. In such era, aspects of legal doctrine were turned into political dogma. To understand the political debates - many of which were conducted by lawyers - one needs also to understand the law itself. On a wider European level, the interest which has developed in post war Europe in the common legal past of Europe, and which has focused on exploring the tradition of the &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; from the origins of the Bolognese law school to the French revolution, has not been limited to doctrinal questions, but has engaged with broader questions of politics and the ideology of governance. Although the number of English speaking scholars working in this field has not been great, those who have worked in this area - such as Peter Stein, Kenneth Pennington, James Brundage and Magnus Ryan - have used legal sources to explore questions about the nature of political power and governance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;32. A second audience to consider is the &lt;i&gt;legal &lt;/i&gt;one. Lawyers often use legal history for different ends. Thus, in his preface to Winfield's history of conspiracy, Hazeltine wrote that the &#8220;functional use of legal history is the study of legal traditions, in their course of development and in the light of the conditions which produced them and gave them continuity, in order that they may be used with intelligence by the courts or that they may be modified, or even abolished, by the law-making process&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb63' class='spip_note' rel='footnote' title='History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure, xi-xiii.' id='nh63'&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Lawyers have long been aware of the need to understand the history of legal systems, to understand their nature. In the preface to his (significantly titled) &lt;i&gt;Historical Introduction to the Law of Obligations&lt;/i&gt;, David Ibbetson writes, &#8220;If we are to make sense of today's law we have to understand its history, and it is only when we can make sense of it that we can confidently begin to reform it&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb64' class='spip_note' rel='footnote' title='David Ibbetson, An Historical Introduction to the Law of Obligations (...)' id='nh64'&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. His project also has comparative ambitions, seeking to demonstrate in what ways English law was influenced by continental ideas and shares in a &lt;i&gt;ius commune &lt;/i&gt;tradition. Just as one cannot have a proper understanding of one's own legal system without understanding its history, so a proper comparative law requires comparative legal history.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;33. Some comparative legal work has been done in recent years by those who wish to trace the common legal roots of European countries, in order to promote greater integration and harmonization of its laws. This may raise the question whether doctrinal legal history is now expected by lawyers to be new form of Pandectism. Do we expect the past to teach us how to make a better and more coherent doctrine for the present ? There are a number of scholars who do seek to draw on comparative legal traditions to help us rethink and reshape modern law. For instance, James Gordley's &lt;i&gt;Philosophical Origins of Modern Contract Doctrine&lt;/i&gt; argues that the incoherence of much modern doctrine is to be explained by a careful study of its intellectual history. In his view, the roots of modern contract doctrine are to be traced to the marriage of Roman law and Aristotelian philosophy made by the late scholastics. But a doctrinal crisis was created by the early modern attack on scholasticism, which undermined the philosophical bases on which rules were built. &#8220;For three and a half centuries,&#8221; he writes, &#8220;one of the most important facts about Western legal history has been than something is missing&#8221;. Moreover, &#8220;[b]y understanding what is wrong, we may be able not only to understand our history, but also to shape it&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb65' class='spip_note' rel='footnote' title='J. Gordley, The Philosophical Origins of Modern Contract Doctrine (Oxford : (...)' id='nh65'&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. For scholars such as Gordley, the wider social or economic context in which legal doctrine develops is not particularly significant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb66' class='spip_note' rel='footnote' title='See also J. Gordley (ed.), The Development of Liability between Neighbours (...)' id='nh66'&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Legal history by this view plays a part in contemporary doctrinal elaboration, but it is in essence a juristic enterprise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;34. Within English law, other scholars have also looked to history to help create a coherent doctrine, without being much interested in social contexts. One area where scholars have long sought to make fruitful use of history is in the law of unjust enrichment. It is not insignificant that the most influential theorist of the subject in England was Peter Birks, who was also a noted Roman lawyer and Regius Professor of Civil Law at Oxford. Birks used his knowledge of Roman categories and Roman taxonomies in developing his theories. Other scholars working in this field have made significant contributions to clarifying concepts in this field by looking closely at the historical cases which are sometimes taken to stand for propositions which turn out to be questionable. Since private law theorizing in the common law depends on interpreting legal material found in past cases, a close examination of the doctrinal context of past cases has often served to correct misconceptions in current law. This may help to recategorise cases, and thereby to reshape the law&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb67' class='spip_note' rel='footnote' title='Eg. Lionel D. Smith, &#8216;Tracing in Taylor v Plumer : Equity in the Court of (...)' id='nh67'&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. For instance, historical articles by Lionel D. Smith (on the 1815 case of &lt;i&gt;Taylor &lt;/i&gt;v.&lt;i&gt; Plumer&lt;/i&gt;) and William Swadling (on the 1883 case of &lt;i&gt;Phillips &lt;/i&gt;v.&lt;i&gt; Homfray&lt;/i&gt;) have shown that these cases can not be taken to stand for the doctrinal and theoretical positions which have generally been associated with them&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb68' class='spip_note' rel='footnote' title='W. Swadling, &#8216;Phillips v Homfray (1883)' in C. Mitchell and P. Mitchell (ed), (...)' id='nh68'&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Such studies cannot produce a new doctrinal solution to an old problem, as if one were pulling a rabbit out of a hat : but they show that there is space to rethink the current law.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;35. We may note that this kind of history study is not the crude, whiggish one, which would invite the scholar to find present answers in reading past printed case law. The point of the historical enterprise is to take the history seriously. When historians like Ibbetson invite current lawyers to read his historical introduction to their subject, it is to tell them, in the style of Milsom, that legal development was often shaped by short term arguments used by lawyers to win their cases&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb69' class='spip_note' rel='footnote' title='E.g. see his description of the nature of legal development in Historical (...)' id='nh69'&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Gordley's reading of civilian writers equally seeks to be sensitive to their intellectual context. For such scholars, the history of doctrine may be said to be relevant to current concerns, since law is an interpretive pursuit, in which the material which is interpreted is in part historical. However, the notion that history can be used to help construct taxonomies of modern law has come in for recent criticism. This can be seen from Stephen Waddams's &lt;i&gt;Dimensions of Private Law&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb70' class='spip_note' rel='footnote' title='S.M. Waddams, Dimensions of Private Law : Categories and Concepts in (...)' id='nh70'&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. The book is not a history of private law, but is historical in perspective, in that it directs attention to the past to show that no single organizational scheme or simple explanation can fully describe the law which preceded it or give a guide for future decisions&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb71' class='spip_note' rel='footnote' title='Waddams, Dimensions of Private Law, vi.' id='nh71'&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. History shows the fallacy of trying to uncover a single map of the law ; for &#8220;[t]he image of mapping, and sometimes also the idea of schematic classification, imply a stability that cannot easily be reconciled with changes that have occurred in every aspect of private law in its recent history&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb72' class='spip_note' rel='footnote' title='Waddams, Dimensions of Private Law, p. 12.' id='nh72'&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. History is the record of &lt;i&gt;change&lt;/i&gt;. It is not just that a map of 1800 would look very different from a map of 1900 : it is that those who draw up the maps would not agree what should be mapped - political boundaries, geological features, economic activity. For Waddams, when judges make decisions which change law, they can keep in their minds a variety of concepts and doctrines ; so that it is artificial to claim that a case stands for only one of them.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;36. This leads Waddams to be critical of the whole enterprise of seeking an artificial ordering of the law. &#8220;Proposed accounts of Anglo-American law,&#8221; he says &#8220;have usually been in part derived from and in part imposed upon historical materials, the reader being invited to understand the past in light of the account, and then to apply the account to past, present, and future as a universal criterion of right judgment&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb73' class='spip_note' rel='footnote' title='Waddams, Dimensions of Private Law, p. 22.' id='nh73'&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. For Waddams, it is not enough to look more closely and carefully at past cases, to help develop a more accurate typology of concepts, since any attempt to read a past case for only one doctrinal view would be to oversimplify. He points out that in the twentieth century, the failure of any doctrinal scheme adequately to explain actual decisions led to alternative accounts which claimed that policy or utility determined the shape of law. In his view, none of these works in isolation. But there is a jurisprudential lesson : &#8220;though considerations of principle, utility, and policy have each played an important part, none, considered alone, supplies a full explanation of the past. It is not so much that various &lt;i&gt;alternative&lt;/i&gt; approaches are &lt;i&gt;permissible&lt;/i&gt; [...] as that various &lt;i&gt;complementary&lt;/i&gt; approaches are &lt;i&gt;necessary&lt;/i&gt;&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb74' class='spip_note' rel='footnote' title='Waddams, Dimensions of Private Law, p. 232.' id='nh74'&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Waddams's jurisprudential lesson has been rejected by theorists who defend the practice of private lawyers in building interpretive theories of the common law on the foundation of historical cases. They argue that legal history provides a starting point for the theorist, but cannot determine theory. Allan Beever and Charles Rickett have responded to Waddams by arguing that while the historian can describe the legal developments of the past, he cannot determine how the law is to be understood. &#8220;History is objectionable &lt;i&gt;qua&lt;/i&gt; legal theory, and it is legal theory, not legal history, that lies at the heart of lawyering&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb75' class='spip_note' rel='footnote' title='Allan Beever and Charles Rickett, &#8216;Interpretive Legal Theory and the (...)' id='nh75'&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;37. Lawyers in other areas of doctrine have also used history to cast doubt on present taxonomies and policies. Often, current lawyers turn to legal history to show incoherence in current law, rather than to show that there is an underlying coherence. One might point to the history of intellectual property, a subject which has been very much in fashion recently. Much of the work in this field has been done by those who regard themselves primarily as intellectual property lawyers, rather than as legal historians in general. Much of the recent scholarship here seeks to show through their history that the shape which modern intellectual property law took was not inevitable, but was the product of a range of historical contingencies. According to Brad Sherman and Lionel Bently&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb76' class='spip_note' rel='footnote' title='See Brad Sherman and Lionel Bently, The Making of Modern Intellectual (...)' id='nh76'&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, the very notion of intellectual property, they argue, is not a philosophical or a natural one, but took its shape from the various different kinds of things which the law came to protect, and from how the law came to interpret them. A number of writers exploring the history of copyright have shown that the history of their subject is more complex and more contingent than is sometimes assumed. This can help inform the view current lawyers take of their subject, both by showing that the theoretical justifications for the protection of intellectual property rights which are put forward today have been deployed and redeployed in a variety of different contexts in the past by interested parties, and by showing that the direction the law took was often shaped by interest groups arguing for particular protections&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb77' class='spip_note' rel='footnote' title='Catherine Seville, Literary Copyright Reform in Early Victorian England : (...)' id='nh77'&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;38. Such work can at least convince us that historical study is &lt;i&gt;relevant&lt;/i&gt; to current doctrinal debates, in Holmes's sense of showing us where we misunderstand and misinterpret&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb78' class='spip_note' rel='footnote' title='See also Catharine MacMillan, Mistakes in Contract Law (Oxford : Hart (...)' id='nh78'&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. This is surely of value in systems whose law is based on older sources. What the recent histories of copyright and intellectual property also show is that legal history can tell us much about how law develops. The history of intellectual property is especially instructive, since its practitioners include not merely lawyers interested in current law, but also literary scholars interested in authorship and the book trade, and economic historians interested in the development of technologies. Locating doctrinal developments in their context helps to show how the law developed, and shows its locality and specificity.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;39. Moreover, legal history has continuing value as a form of jurisprudence&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb79' class='spip_note' rel='footnote' title='Legal historians do not tend to engage directly in theoretical debates, (...)' id='nh79'&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Where jurisprudence is often abstract and philosophical - arguing about how lawyers reason and how courts behave without actually looking at what they &lt;i&gt;do&lt;/i&gt; - legal history often gives us a test bed to see how legal ideas develop. This can be seen from the series of books on the history of tort law recently published by Cambridge University Press&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb80' class='spip_note' rel='footnote' title='Comparative Studies in the Development of the Law of Torts in Europe, 6 (...)' id='nh80'&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. A number of volumes in the series have shown that jurists working in systems with similar genealogies can come up with very different doctrinal solutions to similar problems. For instance, Simon Whittaker, editor of the volume on &#8216;product liability', points out that five countries which had systems developed on the basis of the &lt;i&gt;ius commune&lt;/i&gt; developed very different approaches to the problem of dangerously defective goods. For example, French case law in this area was &#8220;a rebellion against the shared Roman tradition and against the wording of the codes which adopted it&#8221;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb81' class='spip_note' rel='footnote' title='S. Whittaker (ed.), The development of Product Liability (Cambridge : (...)' id='nh81'&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. France developed a series of devices to allow the imposition of a liability for defective products which did not seem possible from the language of the code. French judges and jurists were not merely seeking to work out the complexities of ancient doctrine, but developed new jurisprudential approaches, and used them to rethink old doctrine, and reorientate it to new situations. This kind of study can show how different results can come from differing intellectual traditions, developing in different political and social contexts, and in economies at different stages of development. As the volume on product liability shows, the detailed development of doctrine can be shaped by events (such as the disastrous effects of the thalidomide drug, sold between 1957 and 1961), by ideas external ideas (such as the impetus given to European thought by American writings on product liability in the 1930s), and by political impetuses (such as the need to harmonise European rules on consumer protection, in such a way as to ensure a level playing field). Such studies show the complex and multifaceted nature of doctrinal development, which is enriched by its comparative element.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;40. We have seen that the work of legal historians can serve the needs of both general historians and of lawyers. But are they necessarily separate audiences, served by &lt;i&gt;different &lt;/i&gt;histories ? In conclusion, it may be suggested that the best kind of legal history is that which addresses both. Perhaps the riches kind of legal history now done is that done by those scholars who undertake deep archival research, which seeks to answer historical questions, but whose subject matter makes us rethink familiar legal and jurisprudential subjects. One recent example of this is Paul Halliday's recent work on the history of habeas corpus&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb82' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul D. Halliday, Habeas Corpus : From England to Empire (Cambridge MA : (...)' id='nh82'&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Based on a decade of research in the national archives - looking at the writs which were issued and how they operated, rather than at the case law and treatises which discuss them - he has written a masterly and definitive book on this most central of constitutional instruments. Along the way, he has managed to dispose of a number of myths about the writ, showing that it was an instrument of prerogative power which could be dislodged. As a major work by an early modern historian, this book will have an impact in its historical field. However, Halliday's research in this field has also had a significant influence on law. For in &lt;i&gt;Boumedienne &lt;/i&gt;v. &lt;i&gt;Bush&lt;/i&gt; in 2008&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb83' class='spip_note' rel='footnote' title='Boumedienne v. Bush 553 US 723 (2008).' id='nh83'&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, the US Supreme Court cited an article written by Halliday and G. Edward White&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb84' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul D. Halliday and G. Edward White &#8216;The Suspension Clause : English Text, (...)' id='nh84'&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, in a case which held that the writ of habeas corpus - which has constitutional status in the US - was available to detainees at Guantanamo Bay. Halliday's research in the archives disproved the state's contention that at the time the constitution was enacted, the writ could only be used to free those held within the king's realm. This legal history led to a reinterpretation of a central part of US constitutional law, and paved the way for real prisoners to get access to a court.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Michael Lobban&lt;br&gt;
Professor of Legal History&lt;br&gt;
Queen Mary University of London&lt;br&gt;
School of Law&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;P. Wormald, &lt;i&gt;Lawyers and the State : the Varieties of Legal History&lt;/i&gt; (London : Selden Society, 2006).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Other historians have also looked back to the Anglo-Saxon era in discussing the early history of English law : Paul R. Hyams, &lt;i&gt;Rancour and Reconciliation in Medieval England&lt;/i&gt; (Cornell University Press, 2003), John Hudson, &lt;i&gt;The Oxford History of the Laws of England, vol. II, 871-1216 &lt;/i&gt;(Oxford : Oxford University Press, 2012).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For a useful discussion, see David Ibbetson, &#8216;What is Legal History a History of' in A. Lewis and M. Lobban, &lt;i&gt;Law and History&lt;/i&gt; (Current Legal Issues 6, Oxford University Press, 2004), pp. 33-40. The distinction between &#8216;internal' and external' legal history was made by Robert W. Gordon in &#8216;J. Willard Hurst and the Common Law Tradition in American Legal Historiography', &lt;i&gt;Law &amp; Society Review&lt;/i&gt;, vol. 9 (1975-6), pp. 9-55 at p. 11, drawing on T.S. Kuhn, &#8216;Relations between History and History of Science', &lt;i&gt;Daedalus&lt;/i&gt;, vol. 100 (1971), pp. 271-304.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Freeman was the author of &lt;i&gt;The History of the Norman Conquest of England,&lt;/i&gt; 6 vols (Oxford : Clarendon Press, 1867-79). In 1896, Maitland wrote to Henry Sidgwick, &#8220;I had it on the tip of my tongue to reply to your remark about Freeman and Florence that, just because the said Freeman believed that history was past politics, he never succeeded in adding anything to our knowledge of medieval politics but spoiled everything by inept comparisons.&#8221; C. H. S Fifoot (ed), &lt;i&gt;The Letters of Frederic William Maitland&lt;/i&gt; (London : Selden Society, 1965), p. 148.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;I omit from discussion the bland version of constitutional history written by men like E.S. Creasy, author of &lt;i&gt;The Text-book of the Constitution&lt;/i&gt; (London : Richard Bentley, 1848) and &lt;i&gt;The Rise and Progress of the English Constitution &lt;/i&gt;(London : Richard Bentley, 1853).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Roscoe Pound later described it as an idealistic interpretation of legal history, with Hegelian overtones : &#8220;An idea was realizing in legal history. It could be discovered by historical research and when discovered its implications could be developed logically.&#8221; &lt;i&gt;Interpretations of Legal History&lt;/i&gt; (Gloucester, Mass. 1967), p. 18 (first published Cambridge 1923).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For a recent work on the influence of Savigny's historical school on Francis Wharton, see Stephen A. Siegel, &#8216;Francis Wharton's Orthodoxy : God, Historical Jurisprudence, and Classical Legal Thought,' &lt;i&gt;American Journal of Legal History, &lt;/i&gt;vol. 46 (2004), pp. 422-46. On Langdell, see Bruce A. Kimball, &lt;i&gt;The Inception of Modern Professional Education : C.C. Langdell, 1826-1906&lt;/i&gt; (Chapel Hill : University of North Carolina Press, 2009).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh8' id='nb8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;On Maine, see George Feaver, &lt;i&gt;From Status to Contract : a Biography of Sir Henry Maine, 1822-1888&lt;/i&gt; (London : Longmans, 1969), R. C. J. Cocks, &lt;i&gt;Sir Henry Maine : a Study in Victorian Jurisprudence&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;(Cambridge : Cambridge University Press, 1988) and Karuna Mantena, &lt;i&gt;Alibis of Empire : Henry Maine and the Ends of Liberal Imperialism&lt;/i&gt; (Princeton : Princeton University Press, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh9' id='nb9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See N. Duxbury, &#8216;Why English Jurisprudence is Analytical,' &lt;i&gt;Current Legal Problems, &lt;/i&gt;vol. 57&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(2004), pp. 1-51.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh10' id='nb10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;As he put it, to do his job properly, a lawyer had to be orthodox ; but an orthodox history was a contradiction in terms. Moreover, &#8220;If we try to make history the handmaiden of dogma she will soon cease to be history.&#8221; &#8216;Why the History of English law is not Written', p.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;491-2.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh11' id='nb11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;F.W. Maitland, &#8216;The Law of Real Property,' in H. A. L. Fisher (ed) &lt;i&gt;The Collected Papers of Frederic William Maitland&lt;/i&gt;, 3 vols (Cambridge : Cambridge University Press, 1911), vol. 1, pp.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;162-201 at 194.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh12' id='nb12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#8216;Why the History of English law is not Written', in H.A.L. Fisher (ed) &lt;i&gt;The Collected Papers of Frederick William Maitland&lt;/i&gt; (Cambridge 1911), p.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;486.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh13' id='nb13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt; See John Hudson, &lt;i&gt;F. W. Maitland and the Englishness of English Law&lt;/i&gt; (London : Selden Society, 2007).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh14' id='nb14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;T. F. T. Plucknett, &lt;i&gt;A Concise History of the Common Law&lt;/i&gt; (1st ed. London : Butterworths, 1929, 5th ed. 1956).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh15' id='nb15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;K. J. M. Smith and J. P. S. McLaren, &#8220;History's Living Legacy : an Outline of &#8216;modern' historiography of the common law&#8221;, &lt;i&gt;Legal Studies&lt;/i&gt;, vol. 21 (2001), pp. 251-343 at p. 264. See Plucknett's works, &lt;i&gt;Statutes and their Interpretation in the First Half of the Fourteenth Century&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1922), &lt;i&gt;Legislation of Edward I &lt;/i&gt;(Oxford : Clarendon Press, 1949) and his collected &lt;i&gt;Studies in English Legal History&lt;/i&gt; (London : Hambledon Press, 1983).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh16' id='nb16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;T. F. T. Plucknett, &lt;i&gt;Early English Legal Literature&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1958), p. 17.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh17' id='nb17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Plucknett, &#8216;Frederic William Maitland,' in &lt;i&gt;Studies in English Legal History&lt;/i&gt;, XX 7. He wrote to Ames in 1888, &#8220;I very much wish that I could train up a few Cambridge men to use the Record Office ; but they all believe they are going to succeed at the bar&#8221; : Fifoot (ed), &lt;i&gt;The Letters of Frederic William Maitland&lt;/i&gt;, p. 41.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh18' id='nb18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;The History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1921), author's preface ; see also his &lt;i&gt;The Chief Sources of English Legal History&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1925).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh19' id='nb19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure&lt;/i&gt;, xi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh20' id='nb20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fifoot (ed), &lt;i&gt;The Letters of Frederic William Maitland,&lt;/i&gt; p. 45. On the late nineteenth century American tradition, see also David M. Rabban, &#8216;From Maine to Maitland via America' &lt;i&gt;Cambridge Law Journal&lt;/i&gt;, vol. 68 (2009), pp.410-35.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh21' id='nb21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J.B. Ames, &lt;i&gt;Lectures on Legal History&lt;/i&gt; (Cambridge Mass, 1913), p. 18.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh22' id='nb22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;In his view, for instance, courts could be freed from the constraints which the puzzling doctrine of consideration seemed to impose in contract law, if only they better understood the early seventeenth century cases on which it had been developed : J. B. Ames, &#8216;Two Theories of Consideration. 1 : Unilateral Contracts', &lt;i&gt;Harvard Law Review&lt;/i&gt;, vol. 12 (1899), pp. 515-31.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh23' id='nb23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;As Rabban points out, the fashion for this kind of legal historical scholarship did not survive into the twentieth century : &#8220;In law, as in many other fields, interest in social science, tied to social reconstruction, superseded historical analysis&#8221; (&#8216;Maine to Maitland', p. 434).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh24' id='nb24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E.g. P.H. Winfield, &#8216;The History of Negligence in the Law of Torts,' &lt;i&gt;Law Quarterly Review&lt;/i&gt;, vol. 42 (1926), pp. 184-201 ; &#8216;The Foundation of Liability in Tort,' &lt;i&gt;Columbia Law Review,&lt;/i&gt; vol 27 (1927), pp. 1-11 ; &lt;i&gt;The Province of the Law of Tort&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1931).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh25' id='nb25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Mention might also be made of F. H. Newark (1907-76), professor of law at Queen's University Belfast from 1937-72 and of A. L. Goodhart (1891-1978), himself American by both and training. See also R. M. Jackson's &lt;i&gt;The History of Quasi-Contract in English Law&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1936).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh26' id='nb26' class='spip_note' title='Notes 26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Law Quarterly Review&lt;/i&gt;, vol. 19 (1903), p.335, quoted in Smith and McLaren, &#8216;History's Living Legacy,' p. 264.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh27' id='nb27' class='spip_note' title='Notes 27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Modern Law Review,&lt;/i&gt; vol. 2 (1938), pp. 245-6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh28' id='nb28' class='spip_note' title='Notes 28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;S. F. C. Milsom, &#8216;Trespass from Henry III to Edward III', &lt;i&gt;Law Quarterly Review, &lt;/i&gt;vol.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; 74 (1958), pp. 195-224, 407-36, 561- 90 ; id., &#8216;Sale of Goods in the fifteenth century,' 77 &lt;i&gt;Law Quarterly Review,&lt;/i&gt; vol. 77 (1961), pp. 257-84 ; id. &lt;i&gt;Historical Foundations of the Common Law &lt;/i&gt;(London : Butterworths, 1969) ; id. &lt;i&gt;The Legal Framework of English Feudalism&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1976).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh29' id='nb29' class='spip_note' title='Notes 29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. R. Elton, &lt;i&gt;F. W Maitland&lt;/i&gt; (London : Weidenfeld and Nicolson, 1985), p. 48.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh30' id='nb30' class='spip_note' title='Notes 30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Milsom, &lt;i&gt;Historical Introduction&lt;/i&gt;, xi. In the second edition (p. 6), he dropped the word &#8216;unceasing'.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh31' id='nb31' class='spip_note' title='Notes 31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;As Milsom put it, &#8220;We look back and see a twisting path circumventing an inconvenient rule ; but only the last steps can have been directed to that end. The earlier ones were individual solutions to different and smaller problems ; and those who took them, far from willing the end, would have regarded it as a subversion of their legal order. But since in the nature of the legal process each step is made to seem to follow from the other, it is often difficult to tell at what point the end, desired or not, becomes a visible possibility.&#8221; &lt;i&gt;Historical Introduction, &lt;/i&gt; p. 53.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh32' id='nb32' class='spip_note' title='Notes 32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. H. Baker, &lt;i&gt;An Introduction to English Legal History&lt;/i&gt;, 4th ed (London : Butterworths, 2002).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh33' id='nb33' class='spip_note' title='Notes 33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Historical Introduction,&lt;/i&gt; 2nd ed (London : Butterworths, 1981), p. 403.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh34' id='nb34' class='spip_note' title='Notes 34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. H. Baker, &lt;i&gt;The Oxford History of the Laws of England, vol VI, 1483-1558&lt;/i&gt; (Oxford : Oxford University Press, 2003), vi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh35' id='nb35' class='spip_note' title='Notes 35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Baker's preface includes the interesting remark, &#8220;I hope that most of the chapters will be reasonably accessible to readers who are not already experts in legal history.&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh36' id='nb36' class='spip_note' title='Notes 36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;O.W. Holmes, &#8216;The Path of the Law', &lt;i&gt;Harvard Law Review&lt;/i&gt;, vol. 10 (1896-7), pp. 457-78 at p. 469 (French translation : &lt;a href='http://www.cliothemis.com/Traduction-La-passe-etroite-du' class='spip_out'&gt;http://www.cliothemis.com/Traductio...&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh37' id='nb37' class='spip_note' title='Notes 37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Plucknett's &lt;i&gt;Statutes and their interpretation in the Fourteenth Century&lt;/i&gt; was the second.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh38' id='nb38' class='spip_note' title='Notes 38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pound, &lt;i&gt;Interpretations,&lt;/i&gt; p. 42.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh39' id='nb39' class='spip_note' title='Notes 39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;H. Hartog, &#8216;Snakes in Ireland : A Conversation with Willard Hurst', &lt;i&gt;Law and History Review &lt;/i&gt;12 (1994) 370. Ireland has no snakes. Legend has it that they were cast out by St. Patrick.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh40' id='nb40' class='spip_note' title='Notes 40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;James Willard Hurst, &lt;i&gt;The Growth of American Law : the law makers&lt;/i&gt; (Boston : Little, Brown &amp; Co, 1950).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh41' id='nb41' class='spip_note' title='Notes 41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;William J. Novak, &#8216;Law, Capitalism, and the Liberal State : the Historical Sociology of James Willard Hurst,' &lt;i&gt;Law and History Review&lt;/i&gt;, vol. 18 (2000), pp. 97-145 at p. 114.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh42' id='nb42' class='spip_note' title='Notes 42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;James Willard Hurst, &lt;i&gt;Law and Economic Growth : the legal history of the Wisconsin Lumber Industry 1836-1915&lt;/i&gt; (Cambridge MA : Harvard University Press).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh43' id='nb43' class='spip_note' title='Notes 43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Note his response in an interview to a comment that his book had ignored the labourers : &#8220;there's really not much to say about them in a legal history, because these people just didn't enter the realm that the law dealt with [...] there isn't much to say about labor in that history, because labor was not at that point an active force in what was brought to law and what was done in law.&#8221; Hartog, &#8216;Snakes in Ireland', p. 386.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh44' id='nb44' class='spip_note' title='Notes 44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Robert W. Gordon, &#8216;Hurst Recaptured,' &lt;i&gt;Law and History Review&lt;/i&gt;, vol. 18 (2000) pp. 167-175 at p.172.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh45' id='nb45' class='spip_note' title='Notes 45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Gordon, &#8216;Hurst Recaptured', p. 168.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh46' id='nb46' class='spip_note' title='Notes 46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;As Mark Tushnet argued, there is a danger in using only legal materials : one cannot know the effect of law on society and the economy by looking at law alone. As he put it, &#8220;we cannot evaluate Hurst's assumptions about how people view the law by examining the common sense implications of legal rules ; we must know how people actually gather information, evaluate it, use it, and decide.&#8221; Mark Tushnet, &#8216;Lumber and the Legal Process,' &lt;i&gt;Wisconsin Law Review &lt;/i&gt;(1972), pp. 114-132 at p. 122.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh47' id='nb47' class='spip_note' title='Notes 47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Morton J. Horwitz, &lt;i&gt;The Transformation of American Law, 1780-1860&lt;/i&gt; (Cambridge MA : Harvard University Press, 1977).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh48' id='nb48' class='spip_note' title='Notes 48' rev='footnote'&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See the observations of Catherine L. Fisk and Robert W. Gordon in &#8216;&#8220;Law As...&#8221; : Theory and Method in Legal History', &lt;i&gt;UC Irvine Law Review,&lt;/i&gt; vol. 1 (2011), pp. 519-41 pp. 522-3.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh49' id='nb49' class='spip_note' title='Notes 49' rev='footnote'&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;William J. Novak, &lt;i&gt;The People's Welfare : Law and Regulation in Nineteenth Century America &lt;/i&gt;(Chapel Hill : University of North Carolina Press, 1996).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh50' id='nb50' class='spip_note' title='Notes 50' rev='footnote'&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;As Barbara Young Welke has put it, &#8220;law was as central in the nineteenth century to the creation of the unfreedoms that cleared the path and, indeed, formed the foundation underlying the economic dynamism Hurst traced, as it was to the &#8216;release of energy' itself&#8221; : Barbara Y. Welke, &#8216;Willard Hurst and the Archipelago of American Legal Historiography' 18 &lt;i&gt;Law and History Review, &lt;/i&gt;vol. 18 (2000), pp. 197-204 at p. 203. See also her works &lt;i&gt;Recasting American Liberty : Gender, Race, Law, and the Railroad Revolution, 1865-1920&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2001) and &lt;i&gt;Law and the Borders of Belonging in the Long Nineteenth Century United States&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh51' id='nb51' class='spip_note' title='Notes 51' rev='footnote'&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Michael Grossberg and Christopher Tomlins (ed), &lt;i&gt;The Cambridge History of Law in America&lt;/i&gt;, 3 vols. (Cambridge : Cambridge University Press, 2008).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh52' id='nb52' class='spip_note' title='Notes 52' rev='footnote'&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L. Radzinowicz &lt;i&gt;A History of English Criminal Law and its Administration from 1750&lt;/i&gt;, 4 vols., (London : Stevens, 1948-68). See also Se&#225;n McConville, &lt;i&gt;A History of English Prison Administration&lt;/i&gt; (London : Routledge &amp; Kegan Paul, 1981) ; &lt;i&gt;English Local Prisons, 1860-1900 : Next only to Death&lt;/i&gt; (London : Routledge, 1994) ; &lt;i&gt;Irish Political Prisoners, 1848-1922 : Theatres of War&lt;/i&gt; (London : Routledge, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh53' id='nb53' class='spip_note' title='Notes 53' rev='footnote'&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See especially E. P. Thompson, &lt;i&gt;Whigs and Hunters : the Origin of the Black Act&lt;/i&gt; (London : Allen Lane, 1975) ; D. Hay et al, &lt;i&gt;Albion's Fatal Tree : Crime and Society in Eighteenth-Century England&lt;/i&gt; (London : Allen Lane, 1975).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh54' id='nb54' class='spip_note' title='Notes 54' rev='footnote'&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See, e.g., Allyson N. May, &lt;i&gt;The Bar and the Old Bailey, 1750-1850&lt;/i&gt; (Chapel Hill : University of North Carolina Press, 2003), Greg T. Smith, Allyson N. May and Simon Devereaux, &lt;i&gt;Criminal Justice in the Old World and the New : essays in Honour of J. M. Beattie&lt;/i&gt; (Toronto : University of Toronto, 1998).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh55' id='nb55' class='spip_note' title='Notes 55' rev='footnote'&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;They are Robert Shoemaker and Tim Hitchcock, neither of whom are specialists of legal doctrine or the legal profession.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh56' id='nb56' class='spip_note' title='Notes 56' rev='footnote'&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G. R. Rubin and David Sugarman (ed.), &lt;i&gt;Law, Economy and Society, 1750-1914 : Essays in the History of English Law&lt;/i&gt; (Professional Books, 1984).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh57' id='nb57' class='spip_note' title='Notes 57' rev='footnote'&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Examples range from crime through to family law and the poor law. See e.g. Stephen Cretney, &lt;i&gt;Family Law in the Twentieth Century : a History&lt;/i&gt; (Oxford : Oxford University Press, 2003) ; Rebecca Probert, &lt;i&gt;Marriage Law and Practice in the Long Eighteenth Century : a reassessment&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2009) ; Lorie Charlesworth, &lt;i&gt;Welfare's Forgotten Past : a socio-legal history of the Poor Law&lt;/i&gt; (Abingdon : Routledge, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh58' id='nb58' class='spip_note' title='Notes 58' rev='footnote'&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See M. Lobban, &#8216;The Politics of English Law in the Nineteenth Century', in J. Getzler and P. Brand (ed), &lt;i&gt;Judges and Judging in the History of the Common and Civil Law &lt;/i&gt;(CUP 2012), pp. 102-37 and id., &#8216;&#8220;Private Law&#8221; and the &lt;i&gt;Laissez-Faire&lt;/i&gt; State', in M. Hewitt (ed), &lt;i&gt;The Victorian World&lt;/i&gt; (London : Routledge, 2012), pp. 398-414.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh59' id='nb59' class='spip_note' title='Notes 59' rev='footnote'&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E.g. Margot Finn, &lt;i&gt;The Character of Credit : Personal Debt in English Culture, 1740-1914&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2003).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh60' id='nb60' class='spip_note' title='Notes 60' rev='footnote'&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See e.g. Lee Holcombe, &lt;i&gt;Wives and Property : Reform of the Married Women's Property Law in the Nineteenth Century&lt;/i&gt; (Toronto : Toronto University Press, 1983), Amy Louise Erickson, &lt;i&gt;Women and Property in early Modern England &lt;/i&gt;(London : Routledge, 1993), Maria Cgren, &lt;i&gt;Domestic Secrets : Women and Property in Sweden, 1600-1857&lt;/i&gt; (Chapel Hill : University of North Carolina Press, 2009).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh61' id='nb61' class='spip_note' title='Notes 61' rev='footnote'&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See e.g. Rande W. Kostal's &lt;i&gt;Law and English Railway Capitalism, 1825-1875&lt;/i&gt; (Oxford : Clarendon Press, 1994) and his &lt;i&gt;A Jurisprudence of Power : Victorian Empire and the Rule of Law&lt;/i&gt; (Oxford : Oxford University Press, 2006).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh62' id='nb62' class='spip_note' title='Notes 62' rev='footnote'&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See e.g. J.G.A. Pocock, &lt;i&gt;The Ancient Constitution and the Feudal Law : a Study of English Historical Thought in the Seventeenth Century&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 1957),&lt;i&gt; &lt;/i&gt; Glenn Burgess, &lt;i&gt;The Politics of the Ancient Constitution : An Introduction to English Political Thought 1603-1642&lt;/i&gt; (London : MacMillan, 1992) ; id. &lt;i&gt;Absolute Monarchy and the Stuart Constitution&lt;/i&gt; (New Haven : Yale University Press, 1996) ; Alan Cromartie, &lt;i&gt;The Constitutionalist Revolution : an Essay on the History of England, 1450-1642&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2006) ; and esp. C. W. Brooks, &lt;i&gt;Law, Politics and Society in Early Modern England&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2008).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh63' id='nb63' class='spip_note' title='Notes 63' rev='footnote'&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;History of Conspiracy and Abuse of Legal Procedure&lt;/i&gt;, xi-xiii.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh64' id='nb64' class='spip_note' title='Notes 64' rev='footnote'&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;David Ibbetson, &lt;i&gt;An Historical Introduction to the Law of Obligations &lt;/i&gt;(Oxford : Oxford University Press, 1999), vi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh65' id='nb65' class='spip_note' title='Notes 65' rev='footnote'&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. Gordley, &lt;i&gt;The Philosophical Origins of Modern Contract Doctrine&lt;/i&gt; (Oxford : Clarendon Press), p. 9. Since writing this book, he has written &lt;i&gt;Foundations of Private Law : Property, Tort, Contract, Unjust Enrichment&lt;/i&gt; (Oxford : Oxford University Press, 2006), hich puts forward an argument about the nature of current private law, drawing heavily on history.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh66' id='nb66' class='spip_note' title='Notes 66' rev='footnote'&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See also J. Gordley (ed.), &lt;i&gt;The Development of Liability between Neighbours&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2010), pp. 1-2.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh67' id='nb67' class='spip_note' title='Notes 67' rev='footnote'&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Eg. Lionel D. Smith, &#8216;Tracing in &lt;i&gt;Taylor v Plumer&lt;/i&gt; : Equity in the Court of King's Bench', [1995] &lt;i&gt;Lloyds Maritime and Commercial Law Quarterly&lt;/i&gt;, pp.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;240-268.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh68' id='nb68' class='spip_note' title='Notes 68' rev='footnote'&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;W. Swadling, &#8216;&lt;i&gt;Phillips v Homfray&lt;/i&gt; (1883)' in C. Mitchell and P. Mitchell (ed), &lt;i&gt;Landmark Cases in the Law of Restitution&lt;/i&gt; (Oxford : Hart Publishing, 2006), pp. pp.163-81.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh69' id='nb69' class='spip_note' title='Notes 69' rev='footnote'&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;E.g. see his description of the nature of legal development in &lt;i&gt;Historical Introduction&lt;/i&gt;, p. 294.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh70' id='nb70' class='spip_note' title='Notes 70' rev='footnote'&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;S.M. Waddams, &lt;i&gt;Dimensions of Private Law : Categories and Concepts in Anglo-American Legal Reasoning&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2003). Waddams is a prominent legal historian, as well as a distinguished Canadian private lawyer. He is the author of &lt;i&gt;Sexual Slander in Nineteenth Century England : Defamation in the Ecclesisastical Courts 1815-1855&lt;/i&gt; (Toronto : Toronto University Press, 2000) and &lt;i&gt;Law, Politics and the Church of England : the Career of Stephen Lushington 1782-1873 &lt;/i&gt;(Cambridge : Cambridge University Press, 1992).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh71' id='nb71' class='spip_note' title='Notes 71' rev='footnote'&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Waddams, &lt;i&gt;Dimensions of Private Law&lt;/i&gt;, vi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh72' id='nb72' class='spip_note' title='Notes 72' rev='footnote'&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Waddams, &lt;i&gt;Dimensions of Private Law&lt;/i&gt;, p. 12.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh73' id='nb73' class='spip_note' title='Notes 73' rev='footnote'&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Waddams, &lt;i&gt;Dimensions of Private Law&lt;/i&gt;, p. 22.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh74' id='nb74' class='spip_note' title='Notes 74' rev='footnote'&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Waddams, &lt;i&gt;Dimensions of Private Law&lt;/i&gt;, p. 232.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh75' id='nb75' class='spip_note' title='Notes 75' rev='footnote'&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Allan Beever and Charles Rickett, &#8216;Interpretive Legal Theory and the Academic Lawyer', &lt;i&gt;Modern Law Review,&lt;/i&gt; vol. 68 (2005), pp. 320-37 at p. 335.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh76' id='nb76' class='spip_note' title='Notes 76' rev='footnote'&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See Brad Sherman and Lionel Bently, &lt;i&gt;The Making of Modern Intellectual Property Law : The British Experience, 1760-1911 &lt;/i&gt;(Cambridge : Cambridge University Press, 1999).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh77' id='nb77' class='spip_note' title='Notes 77' rev='footnote'&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Catherine Seville, &lt;i&gt;Literary Copyright Reform in Early Victorian England : the Framing of the 1842 Copyright Act &lt;/i&gt;(Cambridge : Cambridge University Press, 1999), id. &lt;i&gt;The Internationalisation of Copyright Law : books, Buccaneers and the Black Flag in the Nineteenth Century&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2006) ; Ronan Deazley, &lt;i&gt;On the Origin of the Right to Copy : Charting the Movement of Copyright Law in eighteenth century Britain&lt;/i&gt; (Oxford : Hart Publishing, 2004) ; Isabella Alexander, &lt;i&gt;Copyright Law and the Public Interest in the Nineteenth Century&lt;/i&gt; (Oxford : Hart Publishing, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh78' id='nb78' class='spip_note' title='Notes 78' rev='footnote'&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See also Catharine MacMillan, &lt;i&gt;Mistakes in Contract Law&lt;/i&gt; (Oxford : Hart Publishing, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh79' id='nb79' class='spip_note' title='Notes 79' rev='footnote'&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Legal historians do not tend to engage directly in theoretical debates, though Brian Simpson's 1973 essay on &#8216;The Common Law and Legal Theory' shows how fruitful an historian's contribution can be to contemporary jurisprudence. A.W.B. Simpson, &#8216;The Common Law and Legal Theory,' in Simpson (ed), &lt;i&gt;Oxford Essays in Jurisprudence&lt;/i&gt; 2nd ser. (Oxford, 1973), pp.77-99.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh80' id='nb80' class='spip_note' title='Notes 80' rev='footnote'&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Comparative Studies in the Development of the Law of Torts in Europe&lt;/i&gt;, 6 vols, ed. David Ibbetson and John Bell (Cambridge : Cambridge University Press, 2010).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh81' id='nb81' class='spip_note' title='Notes 81' rev='footnote'&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;S. Whittaker (ed.), &lt;i&gt;The development of Product Liability&lt;/i&gt; (Cambridge : Cambridge University Press, 2010)&lt;i&gt; &lt;/i&gt;p. 15, quoting Gino Gorla.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh82' id='nb82' class='spip_note' title='Notes 82' rev='footnote'&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paul D. Halliday, &lt;i&gt;Habeas Corpus : From England to Empire&lt;/i&gt; (Cambridge MA : Harvard University Press, 2010). I reviewed this book at greater length in &lt;i&gt;International Journal of Law in Context, &lt;/i&gt;vol. 7 (2011), pp. 257-69.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh83' id='nb83' class='spip_note' title='Notes 83' rev='footnote'&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Boumedienne &lt;/i&gt;v. &lt;i&gt;Bush &lt;/i&gt;553 US 723 (2008).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh84' id='nb84' class='spip_note' title='Notes 84' rev='footnote'&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paul D. Halliday and G. Edward White &#8216;The Suspension Clause : English Text, Imperial Contexts, and American Plantations,' &lt;i&gt;Virginia Law Review&lt;/i&gt;, vol.94 (2008), pp. 575-714.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Est &#8211;il temps de d&#233;construire les mythes de l'histoire du droit fran&#231;ais ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>


		<dc:subject>Droit fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
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		<description>R&#233;sum&#233; : Destin&#233;s &#224; la fin du XIXe si&#232;cle et dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle &#224; alimenter la fiert&#233; nationale, les manuels d'histoire du droit fran&#231;ais, &#233;rig&#233;s en &#171; classiques &#187; (Esmein, Declareuil, Ch&#233;non, Olivier-Martin) ont pr&#233;sent&#233; un r&#233;cit de la construction de l'&#201;tat par &#233;tapes (la p&#233;riode franque, la royaut&#233; f&#233;odale, la monarchie absolue, la R&#233;volution et ses suites) autour de quelques grandes caract&#233;ristiques institutionnelles. Les recherches men&#233;es depuis trois d&#233;cennies ont mis en question un certain (...)

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&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Clio-Themis-numero-5" rel="directory"&gt;Clio@Themis num&#233;ro 5&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Droit-francais" rel="tag"&gt;Droit fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Mythologie" rel="tag"&gt;Mythologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Juristes" rel="tag"&gt;Juristes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.cliothemis.com/Deconstruction" rel="tag"&gt;D&#233;construction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt; : Destin&#233;s &#224; la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et dans la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; alimenter la fiert&#233; nationale, les manuels d'histoire du droit fran&#231;ais, &#233;rig&#233;s en &#171; classiques &#187; (Esmein, Declareuil, Ch&#233;non, Olivier-Martin) ont pr&#233;sent&#233; un r&#233;cit de la construction de l'&#201;tat par &#233;tapes (la p&#233;riode franque, la royaut&#233; f&#233;odale, la monarchie absolue, la R&#233;volution et ses suites) autour de quelques grandes caract&#233;ristiques institutionnelles. Les recherches men&#233;es depuis trois d&#233;cennies ont mis en question un certain nombre de ces &#171; clich&#233;s &#187; dont certains apparaissent aujourd'hui comme des mythes. Faut-il pour autant, au nom de la d&#233;construction, abandonner toute tentative de circonscrire le droit fran&#231;ais comme un objet d'histoire (au moins &#224; partir du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle) ? Cet article propose de conserver une place importante &#224; l'histoire de l'&#201;tat, mais en la repla&#231;ant davantage dans une perspective comparatiste et en s'int&#233;ressant au r&#244;le des professionnels du droit dans la construction de cette mythologie nationale.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots cl&#233;s : droit fran&#231;ais, &#201;tat, mythologie, juristes, d&#233;construction&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abstract&lt;/strong&gt; : The &#171; classical &#187; handbooks about French legal history (the ones from Esmein, Declareuil, Ch&#233;non, Olivier-Martin) have been written, at the end of the 19&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; century and in the first half of the 20&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; century, in order to favour the national pride. They have presented the construction of the French state through specific stages (the Frankish period, the feudal kingdom, the absolute monarchy, the Revolution and its outcomes) and main features concerning the public institutions. New researches, since about three decades, have questioned these clich&#233;s, the most of them appearing today as myths. With such a deconstruction, must one abandon any attempt to circumscribe French law as an historical object (at least since the 13&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; century) ? This paper proposes to maintain an important role to the history of State, but more in a comparative perspective and with a developed interest for the role of professional lawyers in this national mythology.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Keywords : French Law, State, mythology, lawyers, deconstruction&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. &#192; premi&#232;re vue, la France des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles para&#238;t offrir un des plus purs exemples des liens entre la constitution de l'histoire du droit comme discipline universitaire et le nationalisme juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Louis Halp&#233;rin, &#171; L'histoire du droit constitu&#233;e en discipline : (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. N'est-ce pas la Troisi&#232;me R&#233;publique qui a donn&#233;, en m&#234;me temps, une fonction p&#233;dagogique de grande envergure &#224; l'histoire nationale dans les &#233;coles publiques _ &#233;l&#233;mentaires ou secondaires _ et un r&#244;le d'introduction aux &#233;tudes juridiques &#224; l'histoire du droit dans le programme de premi&#232;re ann&#233;e des Facult&#233;s de droit ? Le premier grand manuel canonique, le &lt;i&gt;Cours &#233;l&#233;mentaire d'histoire du droit fran&#231;ais&lt;/i&gt; (1892)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, Cours &#233;l&#233;mentaire d'histoire du droit fran&#231;ais, Paris, L. (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; d'Adh&#233;mar Esmein n'est-il pas l'&#339;uvre d'un professeur parisien incarnant la l&#233;gitimit&#233; r&#233;publicaine et qui est surtout connu des juristes d'aujourd'hui en tant que fondateur du nouvel enseignement de droit constitutionnel&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='St&#233;phane Pinon, Pierre-Henri Pr&#233;lot (dir. ), Le droit constitutionnel (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. Sans sous-estimer ce contexte de l'&#201;tat r&#233;publicain, &#233;rig&#233; en &#171; instituteur national &#187; et en responsable de la m&#233;moire collective du pays&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Pierre Nora, &#171; Lavisse, instituteur national. Le &#8220;Petit Lavisse &#8221; &#233;vangile de (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, il faut n&#233;anmoins replacer le d&#233;veloppement de l'histoire du droit national(e) _ qui est &#224; la fois une histoire du droit fran&#231;ais et une histoire fran&#231;aise du droit _ dans la longue dur&#233;e des XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Le nationalisme juridique, d&#233;j&#224; pr&#233;sent au moment de la codification napol&#233;onienne, s'est d&#233;velopp&#233; sous les monarchies censitaires, puis sous le Second Empire, en m&#234;me temps que les travaux de Klimrath, Warnk&#246;nig ou Laferri&#232;re. Avec l'ensemble de la mouvance nationaliste&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-5' class='spip_note' rel='footnote' title='L'&#339;uvre de Paul Viollet, dont le Pr&#233;cis de l'histoire du droit fran&#231;ais (...)' id='nh1-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, il s'est prolong&#233; et m&#233;tamorphos&#233; au cours de la Troisi&#232;me R&#233;publique et, au-del&#224;, jusqu'&#224; la Cinqui&#232;me R&#233;publique. Il est bien connu que les manuels canoniques qui ont suivi celui d'Esmein (en affirmant toujours s'en inspirer et rester fid&#232;les aux orientations disciplinaires du ma&#238;tre) sont les &#339;uvres d'historiens du droit conservateurs dont la fibre r&#233;publicaine &#233;tait des plus t&#233;nues : Ch&#233;non &#233;tait ouvertement royaliste (son &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale du droit fran&#231;ais &lt;/i&gt;para&#238;t en 1926, apr&#232;s sa mort, mais refl&#232;te un enseignement bien ant&#233;rieur&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-6' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;mile Ch&#233;non, Histoire g&#233;n&#233;rale du droit public et priv&#233; des origines &#224; 1815, (...)' id='nh1-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), Declareuil s'&#233;tait d&#233;clar&#233; anti-dreyfusard pendant l'Affaire (avant de faire amende honorable, son &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale du droit fran&#231;ais &lt;/i&gt;datant de 1925&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-7' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, Histoire g&#233;n&#233;rale du droit fran&#231;ais des origines &#224; 1789, (...)' id='nh1-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), pour finir avec Olivier-Martin, id&#233;ologue du corporatisme, juge de la Cour supr&#234;me de justice de Riom sous Vichy, qui publie son &lt;i&gt;Histoire du droit fran&#231;ais des origines &#224; la R&#233;volution &lt;/i&gt;en 1948, &#171; malgr&#233; des circonstances adverses &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, Histoire du droit fran&#231;ais des origines &#224; la (...)' id='nh1-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il faut ainsi distinguer, &#224; l'int&#233;rieur de la vari&#233;t&#233; des nationalismes et des diff&#233;rentes formes du nationalisme juridique, une veine propre &#224; l'histoire du droit national(e) qui a d&#233;velopp&#233;, en particulier &#224; travers les manuels d'enseignement, un sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral servant d'articulation &#224; la compr&#233;hension de la construction de l'&#201;tat et du droit fran&#231;ais. &#192; ces g&#233;n&#233;rations d'historiens du droit qui ont occup&#233; le devant de la sc&#232;ne acad&#233;mique fran&#231;aise pendant presque un si&#232;cle, il ne s'agit pas de faire le proc&#232;s, trop facile aujourd'hui, d'avoir succomb&#233; aux sir&#232;nes nationalistes et n&#233;glig&#233; les aspects transnationaux de l'histoire juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-9' class='spip_note' rel='footnote' title='Le reproche serait d'autant moins justifi&#233; que ces historiens du droit n'ont (...)' id='nh1-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. Nous voudrions plut&#244;t montrer que plusieurs aspects de cette &#171; vulgate &#187; sont aujourd'hui d&#233;mentis par l'historiographie contemporaine et peuvent appara&#238;tre comme relevant d'une mythologie de l'histoire du droit fran&#231;ais (I). La question se posera alors si l'abandon de ces mythes doit nous conduire &#224; une d&#233;construction, plus ou moins totale, de notre objet historique le &#171; droit fran&#231;ais &#187; (II).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Les d&#233;mentis apport&#233;s &#224; plusieurs sch&#233;mas des manuels classiques d'histoire du droit fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. Quels sont les jalons de l'histoire &#171; officielle &#187; du droit fran&#231;ais pos&#233;s par ces manuels, auxquels beaucoup d'entre nous n'adh&#232;rent plus aujourd'hui ? En suivant la chronologie, fix&#233;e par le programme m&#234;me de ces cours de premi&#232;re ann&#233;e des invasions germaniques &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise, il y a d'abord la r&#233;f&#233;rence constante (jusque dans le titre m&#234;me des ouvrages de Declareuil et Olivier-Martin) &#224; l'id&#233;e des &#171; origines &#187; du droit fran&#231;ais. Sans se poser la question de l'apparition de cette expression _ au XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle seulement&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-10' class='spip_note' rel='footnote' title='Comme y insiste Jean-Louis Thireau, Introduction historique au droit, (...)' id='nh1-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; _ ou des raisons qui pourraient justifier son emploi pour des p&#233;riodes plus anciennes (o&#249; il n'y a pas d'unit&#233; du droit fran&#231;ais, ni m&#234;me d'identification d'un &#171; ordre juridique fran&#231;ais &#187;), nos manuels ont unanimement rejet&#233; l'id&#233;e (encore pr&#233;sente chez Glasson) d'un &#171; droit gaulois &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit., p. V : &#171; l'on ne peut d&#233;montrer presque sur aucun (...)' id='nh1-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. L'histoire du droit fran&#231;ais commence avec la monarchie franque et &#171; la rencontre des traditions romaine et germanique &#187; : tel est le titre de la longue introduction en six chapitres du manuel de Fran&#231;ois Olivier-Martin, selon lequel la France doit son &#171; existence nationale &#187; &#224; l'arriv&#233;e des Francs et les &#171; institutions proprement fran&#231;aises sont n&#233;es &#224; partir du X&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle de notre &#232;re [&#8230;] de la rencontre sur le sol gaulois de la tradition romaine et de la tradition germanique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-12' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. X.' id='nh1-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Joseph Declareuil est celui qui est all&#233; le plus loin dans cette exaltation de lointaines origines nationales en consacrant un Livre I de quatre-vingt pages aux &#171; origines &#187; et en le commen&#231;ant par l'analyse des facteurs physiques et des races qui ont concouru &#224; la &#171; formation ethnique du peuple fran&#231;ais &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, op. cit., p. 5-21 : l'auteur se dit convaincu que la (...)' id='nh1-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Dans le domaine plus technique de la caract&#233;risation du droit franc, Esmein &#233;tait convaincu de l'existence d'un droit coutumier germanique _ que l'on pouvait &#171; reconstituer &#187; &#224; partir de C&#233;sar, Tacite, des auteurs de l'&#233;poque m&#233;rovingienne et des lois barbares _ qui aurait eu une grande influence en Gaule&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-14' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit., p. 39 avec n&#233;anmoins la reconnaissance de (...)' id='nh1-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Declareuil et Ch&#233;non insistent sur les sp&#233;cificit&#233;s des Francs, &#171; fortement celtis&#233;s &#187; depuis leur entr&#233;e progressive sur le territoire de l'empire romain&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-15' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, op. cit., p. 80 ; &#201;mile Ch&#233;non, op. cit., vol. 1, p. (...)' id='nh1-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Fran&#231;ois Olivier-Martin n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire, en 1948, que les coutumes des Germains sont &#171; analogues &#187; entre elles et &#171; s'apparentent aux institutions primitives des autres branches de la famille aryenne &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-16' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 3-4. L'auteur ne craint pas les (...)' id='nh1-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ces coutumes, &#171; issues de la conscience juridique du peuple &#187; auraient &#233;t&#233; mises par &#233;crit, sous la forme des lois barbares, dans le but de les sauvegarder&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-17' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 16-17 (&#171; La Loi Salique nous pr&#233;sente (...)' id='nh1-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. &#192; l'oppos&#233;, une partie de l'historiographie contemporaine _ il est vrai peu repr&#233;sent&#233;e en France&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-18' class='spip_note' rel='footnote' title='M&#234;me si certains auteurs, comme Francis Garrisson (Histoire du droit et des (...)' id='nh1-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; _ consid&#232;re qu'il n'existait pas de droit germanique avant les invasions et juge que les lois barbares sont, par leur r&#233;daction m&#234;me, influenc&#233;es fortement par les mod&#232;les l&#233;gislatifs romains&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-19' class='spip_note' rel='footnote' title='Maurizio Lupoi, The Origins of European Legal Order, trad. Adrian Belton, (...)' id='nh1-19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Si l'on suit la piste propos&#233;e par Jean-Pierre Poly, la loi salique serait une &#171; &lt;i&gt;lex data&lt;/i&gt; &#187; remontant aux ann&#233;es 350 r&#233;dig&#233;e par des officiers francs et romanis&#233;s en charge de soldats &#171; l&#233;tiques &#187; cantonn&#233;s dans une sorte de r&#233;serve&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-20' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Pierre Poly, &#171; La corde au cou. Les Francs, la France et la loi salique (...)' id='nh1-20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle n'emprunterait donc rien, ou tr&#232;s peu, &#224; une coutume germanique. S'il y a tr&#232;s certainement transfert en Gaule d'un apport germanique relatif aux structures de la parent&#233; et aux conceptions des relations entre les deux sexes, il a p&#233;n&#233;tr&#233; (de mani&#232;re partielle et en provoquant aussi des r&#233;actions de rejet) dans le droit &#224; travers le double prisme du droit canonique et du droit romain&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-21' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Pierre Poly, Le chemin des amours barbares. Gen&#232;se m&#233;di&#233;vale de la (...)' id='nh1-21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Par ailleurs, la Gaule franque a peut-&#234;tre &#233;t&#233; moins marqu&#233;e que l'Angleterre anglo-saxonne ou que l'Italie lombarde par des institutions (comme l'appel au t&#233;moignage sous serment qui peut pr&#233;figurer l'enqu&#234;te, voire le recours au jury) par les institutions mises en place &#224; travers les lois barbares&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-22' class='spip_note' rel='footnote' title='Antonio Padoa-Schioppa, Storia del diritto in Europa, Bologna, Il Molino, (...)' id='nh1-22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Les plus grands doutes peuvent s'exprimer aujourd'hui sur l'existence d'un ordre juridique franc, du moins &#224; la p&#233;riode m&#233;rovingienne _ la l&#233;gislation des capitulaires r&#233;pondant davantage sous les Carolingiens au sch&#233;ma des &#171; r&#232;gles secondaires &#187; (de reconnaissance, de changement et d'adjudication) de Hart.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. Un deuxi&#232;me mythe est relatif &#224; l'apparition d'un &#171; syst&#232;me f&#233;odal &#187; homog&#232;ne (qui se serait appliqu&#233; dans toute la France), fond&#233; sur des r&#232;gles de droit uniformes (le contrat vassalique, la concession du fief, l'&#233;volution vers l'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'ali&#233;nabilit&#233;) et de caract&#232;re coutumier (ce &#171; droit f&#233;odal &#187; &#233;tant suppos&#233; connu par la lettre de Fulbert de Chartes, les &lt;i&gt;Assises de J&#233;rusalem&lt;/i&gt;, Beaumanoir et Bouteiller, sans interf&#233;rence aucune du pouvoir royal, avec une influence tr&#232;s limit&#233;e et &#224; peine mentionn&#233;e du droit savant)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-23' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit. p. 175 (type g&#233;n&#233;ral de la f&#233;odalit&#233;), 189 (Fulbert de (...)' id='nh1-23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La seigneurie est en m&#234;me temps pr&#233;sent&#233;e comme une sorte de micro-&#201;tat, avec pl&#233;nitude de la souverainet&#233; par Esmein&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-24' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit., p. 181.' id='nh1-24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, puis par Declareuil&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-25' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, op. cit., p. 199 utilise dans la m&#234;me page le mot &#201;tat (...)' id='nh1-25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Olivier-Martin parle aussi d'une &#171; organisation spontan&#233;e &#187; de la soci&#233;t&#233; f&#233;odale, en citant Marc Bloch et en commen&#231;ant par la seigneurie, avant de traiter le fief avec la structure sociale et le droit priv&#233;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-26' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 102-103 (&#171; organisation spontan&#233;e ; (...)' id='nh1-26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Un tel plan laisse entendre que cette soci&#233;t&#233; f&#233;odale a secr&#233;t&#233; tout aussi spontan&#233;ment des r&#232;gles de droit cens&#233;es &#234;tre appliqu&#233;es par les cours f&#233;odales.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. Alors que la renaissance bolognaise est trait&#233;e plut&#244;t rapidement&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-27' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit., p. 328-332 pour expliquer l'action des l&#233;gistes (...)' id='nh1-27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, les manuels accordent une grande place &#224; la formation du droit coutumier. Dans la quatri&#232;me partie des son manuel consacr&#233; aux sources du droit, Esmein, parle d'un &#171; pur droit coutumier fix&#233; par le seul usage &#187; et connu &#224; travers les coutumiers cens&#233;s reproduire fid&#232;lement la pratique du pays, tout en reconnaissant que ces derniers sont &#171; fortement impr&#233;gn&#233;s de droit romain et canonique &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-28' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid. , p. 683-697.' id='nh1-28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ch&#233;non consid&#232;re que le passage des lois personnelles aux droit coutumier territorial est &#171; enti&#232;rement accompli &#187; &#224; la fin du X&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, comme le partage entre le Nord et le Midi&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-29' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;mile Ch&#233;non, op. cit., vol. 1, p. 130-135.' id='nh1-29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Le m&#234;me auteur parle d'une p&#233;riode &#171; f&#233;odale et coutumi&#232;re &#187;, durant laquelle &#171; le peuple faisait lui-m&#234;me ses propres lois &#187; avant que ce droit f&#233;odal et coutumier ne soit exprim&#233; par les &#171; jurisconsultes fran&#231;ais &#187;, dont le premier serait Beaumanoir selon le mot de Paul Gide&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-30' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., vol. 1, p. 490-491 et p. 553-557.' id='nh1-30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Pour Olivier-Martin, la coutume &#171; est un usage juridique de formation spontan&#233;e, accept&#233; par tout le groupe social consid&#233;r&#233; &#187;. Elle na&#238;t d'une s&#233;rie d'actes publics et paisibles et &#171; le juge ne la cr&#233;e pas &#187;. Elle nous est connue par les chartes, statuts municipaux et coutumiers dont chacun des auteurs &#171; renseigne utilement sur le droit de la r&#233;gion et de son temps &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-31' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 112 sur les traits g&#233;n&#233;raux de la (...)' id='nh1-31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La renaissance du droit romain est trait&#233;e ensuite, en seulement deux pages, avec l'id&#233;e (emprunt&#233;e &#224; Ch&#233;non&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-32' class='spip_note' rel='footnote' title='&#201;mile Ch&#233;non, op. cit., vol. 1, p. 508 (avec l'id&#233;e qu'en France &#171; Coutume (...)' id='nh1-32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) que Philippe-Auguste aurait fait &#233;carter le droit romain de sa capitale pour pr&#233;server utilement une tradition coutumi&#232;re menac&#233;e&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-33' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., p. 122. Sur ce mythe d'une pr&#233;tendue volont&#233; royale de cantonner le (...)' id='nh1-33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. Aujourd'hui, de nombreux historiens du droit _ pour ne pas dire, une majorit&#233; des sp&#233;cialistes &#224; laquelle s'opposent les tenants d'une emprise coutumi&#232;re d'origine spontan&#233;e&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-34' class='spip_note' rel='footnote' title='Andr&#233; Castaldo, &#171; Pouvoir royal, droit savant et droit commun coutumier dans (...)' id='nh1-34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; _ consid&#232;rent au contraire que la reconnaissance d'un droit coutumier (&#224; travers les jugements, la r&#233;daction des coutumiers, les interventions du pouvoir royal) est ins&#233;parable de la p&#233;n&#233;tration du droit romain au XII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et au XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-35' class='spip_note' rel='footnote' title='G&#233;rard Giordanengo, &#171; Jus commune et droit commun en France du XIIIe au XVe (...)' id='nh1-35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De m&#234;me que la fronti&#232;re entre pays de droit &#233;crit et pays de coutumes est loin d'&#234;tre &#233;tanche ou d&#233;finitivement fix&#233;e&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-36' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean Hilaire, La vie du droit, Paris, PUF, 1994, p. 101-103.' id='nh1-36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, l'av&#232;nement du droit coutumier serait un produit de la renaissance du droit romain et non une r&#233;action de d&#233;fense de r&#232;gles propres aux communaut&#233;s d'habitants du Nord et du Centre de la France.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. Concernant l'histoire moderne, les manuels classiques ont insist&#233; sur une marche vers l'absolutisme monarchique qui aurait trouv&#233; son apog&#233;e sous Louis XIV avant de se heurter aux id&#233;es nouvelles au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Cette id&#233;e des progr&#232;s constants de la centralisation monarchique (soit d'une &#171; organisation administrative &#187; moderne) se fondait, d'abord, sur la conception d'une succession sans accrocs des baillis, des gouverneurs et des intendants, puis sur la conviction de la puissance des intendants&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-37' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit., p. 563 et p. 572 (les intendants &#171; dictaient le (...)' id='nh1-37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Olivier-Martin &#233;tait ainsi persuad&#233; que les intendants &#233;taient parvenus &#224; s'imposer et &#224; faire triompher la centralisation monarchique sur des officiers r&#233;calcitrants&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-38' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 571.' id='nh1-38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Or, ce &#171; mythe de l'absolutisme bourbonien &#187; a &#233;t&#233; &#233;branl&#233; par les remarques de Perry Anderson sur les difficult&#233;s &#224; contr&#244;ler un territoire et une population comme ceux de la France&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-39' class='spip_note' rel='footnote' title='Perry Anderson, L'&#201;tat absolutiste. Ses origines et ses voies, Paris, (...)' id='nh1-39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, par les travaux de Fran&#231;ois-Xavier Emmanuelli sur les intendants&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-40' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois-Xavier Emmanuelli, Un mythe de l'absolutisme bourbonien : (...)' id='nh1-40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, par les &#233;tudes r&#233;habilitant le r&#244;le des institutions judiciaires et de leurs membres&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-41' class='spip_note' rel='footnote' title='Sylvain Soleil, Le si&#232;ge de la s&#233;n&#233;chauss&#233;e d'Anjou et le pr&#233;sidial d'Angers (...)' id='nh1-41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ou par les r&#233;flexions men&#233;es autour des travaux de Robert Descimon, sur la puissance des r&#233;seaux sociaux d&#233;velopp&#233;s par les officiers&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-42' class='spip_note' rel='footnote' title='Fanny Cosendey, Robert Descimon, L'absolutisme en France, Paris, &#233;d. du (...)' id='nh1-42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Plus g&#233;n&#233;ralement, la chronologie classique de l'absolutisme a &#233;t&#233; remise en cause &#224; la fois par la r&#233;appr&#233;ciation des interventions l&#233;gislatives du pouvoir monarchique d&#232;s la fin du Moyen &#194;ge&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-43' class='spip_note' rel='footnote' title='Sophie Petit-Renaud, Faire loy au royaume de France de Philippe VI &#224; Charles (...)' id='nh1-43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, du poids des juges (et des usages locaux) y compris pendant le r&#232;gne de Louis XIV&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-44' class='spip_note' rel='footnote' title='Jacques Krynen, L'&#201;tat de Justice. France XIII-XX si&#232;cle. L'id&#233;ologie de la (...)' id='nh1-44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et des progr&#232;s de la monarchie &#171; administrative &#187; au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-45' class='spip_note' rel='footnote' title='Michel Antoine, Le Conseil du roi sous le r&#232;gne de Louis XV, Paris-Gen&#232;ve, (...)' id='nh1-45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. Sur la monarchie des Temps modernes, nos manuels classiques ont en m&#234;me temps (et d'une certaine mani&#232;re, de fa&#231;on contradictoire) entretenu l'id&#233;e de temp&#233;raments &#224; l'absolutisme r&#233;sultant d'un respect de la structure sociale traditionnelle fond&#233;e sur les ordres et les corps. Cette id&#233;e d'une organisation corporative du royaume n'est pas express&#233;ment formul&#233;e chez Esmein qui traite s&#233;par&#233;ment les franchises municipales, le r&#233;gime des cultes et celui des m&#233;tiers&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-46' class='spip_note' rel='footnote' title='Adh&#233;mar Esmein, op. cit., p. 660, sur cette &#171; base essentielle &#187; des (...)' id='nh1-46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle appara&#238;t chez Declareuil qui consacre plusieurs pages &#224; la &#171; vie coop&#233;rative &#187; du Royaume de France&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-47' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, op. cit., p. 927-941.' id='nh1-47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Elle devient, enfin, centrale chez Olivier-Martin qui d&#233;fend la th&#232;se d'une &#171; nation organis&#233;e &#187; dans laquelle les &#201;tats (g&#233;n&#233;raux ou provinciaux), le clerg&#233;, les villes ou communaut&#233;s d'habitants et toutes sortes de &#171; groupements interm&#233;diaires &#187; d'origine coutumi&#232;re auraient dialogu&#233; avec le pouvoir royal&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-48' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 357-417 (sur Pothier et Bourjon, (...)' id='nh1-48'&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. L'historiographie plus r&#233;cente a r&#233;v&#233;l&#233; les faiblesses d'un tel &#171; mod&#232;le corporatif &#187;, les liens des communaut&#233;s de m&#233;tier avec le pouvoir monarchique les emp&#234;chant de fonctionner comme des contre-pouvoirs&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-49' class='spip_note' rel='footnote' title='Bernard Gallinato, Les corporations &#224; Bordeaux &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime. (...)' id='nh1-49'&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Quant &#224; la tradition d'une organisation corporative des avocats remontant au Moyen &#194;ge, elle est aujourd'hui consid&#233;r&#233;e comme tout simplement fausse&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-50' class='spip_note' rel='footnote' title='L'historien am&#233;ricain David Avrom Bell a montr&#233;, dans Lawyers and Citizens, (...)' id='nh1-50'&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. Dans les d&#233;veloppements qu'ils consacrent au droit priv&#233;, les manuels diffusent aussi l'id&#233;e d'une convergence naturelle des diff&#233;rentes sources de l'ancien droit vers les id&#233;es d'unification et de codification&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-51' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;e est d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;sente dans l'ouvrage de Paul Viollet, Histoire du droit (...)' id='nh1-51'&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. &#171; L'action combin&#233;e de la jurisprudence, de la doctrine et de l'enseignement, a d&#233;gag&#233; peu &#224; peu de la complexit&#233; apparente des coutumes l'unit&#233; profonde du droit fran&#231;ais &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-52' class='spip_note' rel='footnote' title='Fran&#231;ois Olivier-Martin, op. cit., p. 426 : cette &#171; besogne &#187; d'unification &#171; (...)' id='nh1-52'&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; &#233;crivait Olivier-Martin. Aussi bien en mati&#232;re contractuelle que familiale, les r&#233;dacteurs du Code civil n'auraient fait que synth&#233;tiser les travaux des auteurs fran&#231;ais des XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-53' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul Ourliac, Jehan de Malafosse, Histoire du droit priv&#233;, Paris, PUF, coll. (...)' id='nh1-53'&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ici, encore, l'historiographie tend aujourd'hui &#224; relativiser grandement les aspirations &#224; l'unit&#233; du droit fran&#231;ais et &#224; marquer la rupture que constitue l'appel &#224; une codification _ appel absent aussi bien dans les &#339;uvres de Pothier que dans celles de Domat&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-54' class='spip_note' rel='footnote' title='Xavier Martin, &#171; L'unit&#233; du droit &#224; la veille de 1789 : une aspiration mod&#233;r&#233;e (...)' id='nh1-54'&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. En arrivant &#224; l'&#232;re contemporaine, il faut constater que plusieurs facteurs se sont conjugu&#233;s pour faire en sorte que la p&#233;riode r&#233;volutionnaire soit maltrait&#233;e, voire occult&#233;e, par nos manuels classiques d'histoire du droit fran&#231;ais. De la part d'Esmein, qui en vrai r&#233;publicain donnait une place de premier plan &#224; l'apport r&#233;volutionnaire, il y avait eu seulement un choix didactique de r&#233;partir les mati&#232;res entre des ouvrages diff&#233;rents, qui se sont trouv&#233;s ne pas avoir le m&#234;me impact sur l'enseignement&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-55' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Pr&#233;cis &#233;l&#233;mentaire d'histoire du droit fran&#231;ais de 1789 &#224; 1814, Paris, Sirey, (...)' id='nh1-55'&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. En revanche, ses successeurs, qui se sentaient plus proches de l'ancienne monarchie, ont volontairement arr&#234;t&#233; leur manuel &#224; 1789 (avec le cas particulier de Ch&#233;non qui annon&#231;ait une derni&#232;re partie sur le droit interm&#233;diaire qui n'a jamais &#233;t&#233; publi&#233;e). Olivier-Martin trouve, en 1948, toute une s&#233;rie de &#171; bonnes raisons &#187; pour justifier cette option : la &#171; tradition inaugur&#233;e par Esmein &#187; (en r&#233;alit&#233; compl&#232;tement d&#233;tourn&#233;e de ses intentions&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-56' class='spip_note' rel='footnote' title='Une partie de cette argumentation se trouve d&#233;j&#224; chez Joseph Declareuil, op. (...)' id='nh1-56'&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;), le pr&#233;tendu accaparement de l'histoire contemporaine par les constitutionnalistes et les publicistes, et surtout la relativit&#233; de la coupure r&#233;volutionnaire _ pour en arriver &#224; l'id&#233;e de la r&#233;apparition &#171; sous des formes rajeunies, de certaines institutions d'autrefois &#187; qui justifierait de s'arr&#234;ter &#171; tout net &#187; &#224; la chute de l'Ancien R&#233;gime&#8230; L'auteur peut se payer le luxe de para&#238;tre regretter cette amputation, qui correspondait pourtant si bien au jugement totalement n&#233;gatif port&#233; par lui sur l'&#233;poque r&#233;volutionnaire. Si l'ensemble des historiens du droit n'a pas partag&#233; cette orientation clairement r&#233;actionnaire, la R&#233;volution a souvent &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une simple parenth&#232;se du point de vue de la construction de l'&#201;tat centralis&#233; (avec la th&#232;se, emprunt&#233;e &#224; Tocqueville, de la continuit&#233; entre l'Ancien R&#233;gime et le Consulat) et de l'unification du droit priv&#233;. Sur les mati&#232;res du droit public, comme sur celles du droit priv&#233; avec l'av&#232;nement de l'id&#233;e codificatrice, la R&#233;volution appara&#238;t au contraire, dans les &#233;tudes th&#233;matiques r&#233;alis&#233;es aujourd'hui&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-57' class='spip_note' rel='footnote' title='Par exemple, Gr&#233;goire Bigot, L'administration fran&#231;aise. Politique, droit et (...)' id='nh1-57'&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, comme une rupture fondamentale sur les bases de laquelle s'est construit le droit fran&#231;ais moderne.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. Avant-dernier mythe longtemps v&#233;hicul&#233; par les cours d'histoire du droit : celui d'un Code Napol&#233;on, tout &#224; la fois individualiste, lib&#233;ral et spiritualiste qui r&#233;aliserait les r&#234;ves des jurisconsultes de la monarchie apr&#232;s les orages r&#233;volutionnaires. Cette mythologie du Code Napol&#233;on a fait l'objet des travaux &#171; d&#233;capants &#187; de Xavier Martin et elle est aujourd'hui largement abandonn&#233;e par les historiens du droit fran&#231;ais qui mettent en avant les accents autoritaires (et donc anti-individualistes, voire mat&#233;rialistes) de la codification napol&#233;onienne, ainsi que la part importante (sinon pr&#233;pond&#233;rante) des apports de la R&#233;volution fran&#231;aise dans la technique et m&#234;me dans le contenu de la codification&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-58' class='spip_note' rel='footnote' title='Il faudrait citer tous les travaux de Xavier Martin depuis &#171; De (...)' id='nh1-58'&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. D&#233;j&#224; pr&#233;sent sous la Troisi&#232;me et repris ou remis &#224; l'ordre du jour sous la Cinqui&#232;me R&#233;publique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-59' class='spip_note' rel='footnote' title='Marcel Morabito, Histoire constitutionnelle de la France (1789-1958), (...)' id='nh1-59'&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, un dernier mythe consiste &#224; pr&#233;senter l'histoire du droit public fran&#231;ais comme celle de la &#171; patrie des droits de l'homme &#187; dont l'&#233;volution constitutionnelle convergerait vers le r&#233;gime parlementaire (avec les libert&#233;s publiques reconnues par la loi) dans la premi&#232;re version, puis vers le r&#233;gime pr&#233;sidentiel (avec ses droits fondamentaux garantis constitutionnellement) dans sa seconde version. Cette vision &#233;volutionniste et ir&#233;nique m&#233;conna&#238;t les limites de la notion de libert&#233;s publiques, sous la Troisi&#232;me R&#233;publique avec l'empire colonial&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-60' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Pierre Machelon, La R&#233;publique contre les libert&#233;s, Paris, Presses de la (...)' id='nh1-60'&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, comme les origines de la Constitution de la Cinqui&#232;me R&#233;publique dans le contexte de la guerre d'Alg&#233;rie et du putsch d'Alger&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-61' class='spip_note' rel='footnote' title='Sylvie Th&#233;naut, Une dr&#244;le de justice. Les magistrats dans la guerre (...)' id='nh1-61'&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, sans parler du traitement du r&#233;gime de Vichy comme une simple &#171; parenth&#232;se &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-62' class='spip_note' rel='footnote' title='Parmi les nombreux travaux r&#233;cents consacr&#233;s &#224; diff&#233;rents aspects du droit de (...)' id='nh1-62'&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Ce sont ainsi plusieurs des &#171; grandes &#187; pages de l'histoire du droit fran&#231;ais qui apparaissent de plus en plus discutables ? aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Comment d&#233;construire l'histoire du droit fran&#231;ais sans nier la singularit&#233; de son objet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. Quels enseignements pouvons-nous tirer de cet &#233;branlement qui affecte, de mani&#232;re d'ailleurs in&#233;gale, les sch&#233;mas classiques de l'histoire du droit fran&#231;ais enseign&#233;s pendant des g&#233;n&#233;rations (et qui dans certains cas continuent &#224; l'&#234;tre) ? On peut distinguer trois niveaux de r&#233;flexion : la prise de conscience des &#171; vices r&#233;dhibitoires &#187; dont est affect&#233;e cette vulgate v&#233;hicul&#233;e par une succession de manuels, la mise en valeur des questions m&#233;thodologiques occult&#233;es par cette vision traditionnelle de l'histoire du droit, enfin les propositions qui peuvent &#234;tre faites en vue d'une autre histoire du droit fran&#231;ais.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;17. Les vices r&#233;dhibitoires se ram&#232;nent selon nous &#224; trois caract&#233;ristiques de l'histoire classique du droit fran&#231;ais (ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, trois visages de cette forme particuli&#232;re de nationalisme juridique) qu'il faudrait mieux abandonner : la vision &#233;volutionniste, le refus de consid&#233;rer les ruptures, et la volont&#233; de d&#233;fendre un pr&#233;tendu &#171; esprit du droit fran&#231;ais &#187;. Comme il est facile de le remarquer, les manuels &#233;l&#233;mentaires _ en principe destin&#233;s &#224; suivre le programme de la premi&#232;re ann&#233;e, en r&#233;alit&#233; avec des ambitions intellectuelles plus d&#233;velopp&#233;es pour rendre compte d'un large &#233;ventail de l'histoire du droit fran&#231;ais _ ont &#233;t&#233; con&#231;us depuis Esmein autour de la description de la construction de l'&#201;tat fran&#231;ais, dans des dimensions singuli&#232;rement limit&#233;es apr&#232;s Esmein &#224; l'&#201;tat monarchique, qui aurait r&#233;ussi et achev&#233; l'unification nationale (ce qui, sur le strict plan territorial, n&#233;glige les annexions post&#233;rieures &#224; 1789 du Comtat Venaissin, de la Savoie et du comt&#233; de Nice, sans parler de l'empire colonial). Un tel programme induit une pr&#233;sentation didactique qui, partant du pr&#233;suppos&#233; de l'&#233;croulement de structures &#233;tatiques pr&#233;existantes (romaines d'abord, franques ou carolingiennes ensuite) sous les coups de butoir d'abord des grandes invasions, puis du morcellement f&#233;odal (lui m&#234;me li&#233; &#224; de nouvelles invasions au IX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et au X&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle), fait pour l'essentiel l'&#233;loge de la remont&#233;e en puissance d'un &#201;tat national qui apporte avec lui les bienfaits de l'ordre et du droit. Est-il besoin d'insister pour dire combien ce sch&#233;ma, inspir&#233; par une id&#233;ologie (ou des id&#233;ologies, celle d'Olivier-Martin n'&#233;tait certainement pas celle d'Esmein) de l'&#201;tat datant du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; ou du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, m&#233;conna&#238;t les particularit&#233;s de l'&#201;tat moderne (dont la naissance ne remonte pas au-del&#224; des derniers si&#232;cles du Moyen &#194;ge, avec un av&#232;nement th&#233;orique et pratique seulement au XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle) et n&#233;glige les flux et les reflux qui ont pu marquer au cours des temps les transformations de la puissance &#233;tatique ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. Plus g&#233;n&#233;ralement, la vision classique de l'histoire du droit national(e) a subi l'influence des concepts &#233;volutionnistes d&#233;fendus notamment par Sumner Maine&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-63' class='spip_note' rel='footnote' title='Fr&#233;d&#233;ric Audren &#171; Maine &#187;, in Olivier Cayla, Jean-Louis Halp&#233;rin (dir. ), (...)' id='nh1-63'&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; _ un auteur lu et apparemment m&#233;dit&#233; par Esmein &#224; propos de l'&#233;volution du statut au contrat, de la propri&#233;t&#233; collective &#224; la propri&#233;t&#233; individuelle et de la vengeance priv&#233;e &#224; la justice publique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-64' class='spip_note' rel='footnote' title='Outre l'influence de Maine sur Esmein, il faut mentionner la croyance (...)' id='nh1-64'&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; _ qui r&#233;sument l'histoire juridique au passage par diff&#233;rents stades (de plus en plus rationnels et complexes) de la conception du droit et des institutions. Il en r&#233;sulte, comme on l'a dit, une qu&#234;te &#233;perdue des &#171; origines &#187;, des institutions fondatrices et primitives (la loi salique, le sacre des rois de France, la naissance du Parlement) qui marqueraient la gen&#232;se, puis le d&#233;veloppement, du droit &#233;tatique et pr&#233;pareraient _ dans une perspective t&#233;l&#233;ologique de &#171; r&#233;trodiction &#187; (pour reprendre l'expression de Paul Veyne&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-65' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul Veyne, Comment on &#233;crit l'histoire, Paris, &#233;d. du Seuil, coll. &#171; Points (...)' id='nh1-65'&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) _ l'av&#232;nement du droit moderne. En voulant montrer que la souverainet&#233; royale &#233;tait &#224; l'origine de la souverainet&#233; nationale, que l'unification monarchique avait ouvert la voie &#224; la centralisation napol&#233;onienne, ou que Domat et Pothier &#233;taient les p&#232;res spirituels du Code civil, les auteurs des manuels canoniques croyaient atteindre un double objectif : prouver aux &#233;tudiants l'utilit&#233; d'une histoire du droit pass&#233; expliquant le droit contemporain, donner &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais ses lettres de noblesse dans une tradition nationale li&#233;e (chez Esmein) ou au contraire arrach&#233;e (chez Declareuil, Ch&#233;non et Olivier-Martin) &#224; la R&#233;publique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. Mettant en valeur la mont&#233;e en puissance du pouvoir royal en France d&#232;s le Moyen &#194;ge, cette vision &#233;volutionniste tendait aussi &#224; renforcer les pr&#233;jug&#233;s nationalistes. La grandeur du droit fran&#231;ais tenait, pour une large part, &#224; cette anciennet&#233; d'une puissance publique cens&#233;e avoir poursuivi sans rel&#226;che l'unit&#233; de la France, le maintien de l'ordre public, sinon le bonheur du peuple. De ce fait, toute influence ext&#233;rieure &#233;tait pratiquement &#233;cart&#233;e avant 1789 _ un esprit aussi lucide qu'Esmein ne pouvait manquer de relever l'impact du mod&#232;le britannique sur le d&#233;veloppement du parlementarisme fran&#231;ais au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle _ et le &#171; mod&#232;le fran&#231;ais &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-66' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur cette notion et ses origines qui remonteraient au XVIIe si&#232;cle, Sylvain (...)' id='nh1-66'&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; &#233;tait plut&#244;t d&#233;crit comme susceptible d'exporter ses institutions, des intendants d'Ancien R&#233;gime &#224; la codification napol&#233;onienne. Il y a l&#224;, sans doute, une des explications d'une forme de pr&#233;dilection pour les auteurs coutumiers _ notamment Beaumanoir s'exprimant dans un fran&#231;ais facilement abordable _ et de d&#233;sint&#233;r&#234;t pour le droit savant, y compris pour les auteurs fran&#231;ais du XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qui s'exprimaient en latin.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. Cet &#233;volutionnisme a entra&#238;n&#233; avec lui un deuxi&#232;me vice, le &#171; continuisme &#187; ou refus des ruptures, qui s'est exacerb&#233; dans le rejet de la R&#233;volution fran&#231;aise par une partie influente de cette historiographie classique. Esmein ne partageait pas, bien s&#251;r, cette derni&#232;re option, mais il a involontairement contribu&#233; &#224; cette id&#233;e d'une continuit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais &#224; travers une p&#233;riodisation emprunt&#233;e &#224; la succession des trois dynasties, m&#233;rovingienne, carolingienne et cap&#233;tienne, comme si le droit fran&#231;ais &#233;tait apparu et avait &#233;t&#233; transmis &#224; travers une souverainet&#233;, royale puis nationale, ininterrompue. Joseph Declareuil a &#233;t&#233; le plus explicite sur ce point en parlant, d&#232;s les premi&#232;res pages de son manuel, d'une p&#233;riode de dix-huit si&#232;cles &#171; au cours de laquelle il n'y eut pas de solution de continuit&#233; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-67' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, op. cit., p. VIII.' id='nh1-67'&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. De mani&#232;re surprenante, et sans y revenir par la suite (nationalisme oblige) l'auteur confessait dans la m&#234;me phrase que cette continuit&#233; _ qui ne pouvait &#234;tre effac&#233;e par aucune coupure, par d&#233;finition arbitraire _ avait toujours &#233;t&#233; domin&#233;e (&#171; bien que diversement &#187;) par le &#171; legs romain &#187; ! Il faut penser &#233;galement que ces auteurs, nourris des enseignements de l'&#201;cole historique du droit sur les rapports entre le droit et la conscience nationale, pensaient, &#224; l'instar de Paul Viollet, qu'un peuple &#171; n'est pas libre de changer compl&#232;tement son droit public et son droit priv&#233; &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-68' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul Viollet, Histoire du droit civil fran&#231;ais, op. cit., p. (...)' id='nh1-68'&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. L'aveuglement politique, induit par une hostilit&#233; visc&#233;rale &#224; tout ce qui venait de la R&#233;volution fran&#231;aise, a ensuite durci ce &#171; continuisme &#187;, en occultant la contribution du droit r&#233;volutionnaire au droit moderne fran&#231;ais et en exaltant le &#171; l&#233;galisme &#187; mod&#233;r&#233; (ou dans une version plus moderne &#171; pluraliste &#187;) de la monarchie d'Ancien R&#233;gime.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. Il est grand temps, pour les historiens du droit, de tenir compte des r&#233;flexions des politistes et des historiens qui affirment, au contraire, l'importance des p&#233;riodes de rupture, et de crise, comme celle des discontinuit&#233;s &#233;pist&#233;miques&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-69' class='spip_note' rel='footnote' title='Sans n&#233;gliger les r&#233;f&#233;rences &#224; Carl Schmitt, Thomas Kuhn et Michel Foucault, (...)' id='nh1-69'&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Est-il besoin d'insister pour dire que la R&#233;volution fran&#231;aise est, pour l'histoire du droit fran&#231;ais, une rupture fondamentale ayant fait table rase d'une grande partie des institutions ou des r&#232;gles de l'Ancien R&#233;gime et provoqu&#233; _ avec une nette solution de continuit&#233; dans l'enseignement du droit et la formation des juristes, m&#234;me s'il y au des &#171; passeurs &#187; entre la culture juridique ancienne et la nouvelle _ le basculement d'une conception du droit (celle de l'ancien droit et de ses auteurs, plus ou moins li&#233;s &#224; la m&#233;thodologie du &#171; droit commun &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-70' class='spip_note' rel='footnote' title='Marie-France Renoux-Zagam&#233;, &#171; La m&#233;thode du droit commun : r&#233;flexions sur la (...)' id='nh1-70'&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) &#224; une autre li&#233;e &#224; la l&#233;gislation &#233;tatique, &#224; &#171; l'absolutisme juridique &#187; et &#224; la codification du droit&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-71' class='spip_note' rel='footnote' title='Paolo Grossi, Assolutismo giuridico e diritto privato, Milano, Giuffr&#233;, 1998 (...)' id='nh1-71'&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ? Cette reconnaissance du r&#244;le d&#233;terminant de la R&#233;volution fran&#231;aise dans le d&#233;veloppement _ sinon dans la naissance _ du droit fran&#231;ais moderne n'emp&#234;che nullement, sur tel ou tel sujet, d'identifier et d'&#233;tudier d'autres p&#233;riodes de tournant ou de &#171; mouvements d'allers-retours &#187; qui rompent avec la lin&#233;arit&#233; des sch&#233;mas classiques&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-72' class='spip_note' rel='footnote' title='Katia Weidenfeld, Histoire du droit administratif. Du XIVe si&#232;cle &#224; nos (...)' id='nh1-72'&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. S'agissant de la justice, par exemple, nous ne sommes pas s&#251;rs que les pouvoirs de la juridiction de cassation soient all&#233;s toujours croissants depuis la cr&#233;ation du Tribunal de cassation en 1790&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-73' class='spip_note' rel='footnote' title='La p&#233;riode du Premier Empire et de la Restauration nous para&#238;t ainsi marquer (...)' id='nh1-73'&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, ni que l'ind&#233;pendance des juges par rapport au politique n'ait pas diminu&#233; apr&#232;s l'&#233;puration r&#233;publicaine de 1883.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;22. Un dernier vice de ces sch&#233;mas &#233;volutionnistes et nationalistes, que nous estimons lui aussi r&#233;dhibitoire, a consist&#233; &#224; spiritualiser le droit fran&#231;ais, en lui supposant une essence atemporelle (un esprit fran&#231;ais des lois), attach&#233;e &#224; des vertus consid&#233;r&#233;es comme elles aussi sp&#233;cifiquement fran&#231;aises (le cart&#233;sianisme, le respect des principes du droit naturel, pour certains auteurs la charit&#233; chr&#233;tienne ou le messianisme de la &#171; patrie des droits de l'homme &#187;). Les historiens du droit, d'Esmein &#224; Olivier-Martin, ont partag&#233; avec les juristes de leur temps _ de Glasson jusqu'&#224; Ren&#233; David en passant par Henri Capitant _ la conviction qu'il existait une id&#233;e (ou au moins un ensemble de conceptions homog&#232;nes) du droit en France ayant travers&#233; les &#233;poques et ayant fait, encore une fois, la grandeur de la nation. Les figures de Beaumanoir, de Bodin, de Domat, D'Aguesseau ou Pothier apparaissent ainsi comme les flambeaux d'une &#171; culture juridique fran&#231;aise &#187; qui se serait transmise de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, sans v&#233;ritablement conna&#238;tre de profond changement. Nous retrouvons ici le lien entre &#233;volutionnisme et &#171; continuisme &#187; : les institutions juridiques (pour la plupart tr&#232;s anciennes) se seraient presque insensiblement transform&#233;es sans rupture jusqu'en 1789 (ce qui confirmait, pour les plus conservateurs, la n&#233;cessit&#233; d'occulter cette malheureuse solution de continuit&#233; dans la cha&#238;ne des temps) et le meilleur de ces institutions nationales de l'ancienne France se retrouverait dans le droit fran&#231;ais contemporain, comme un noyau dur ou un (sacr&#233;) c&#339;ur qu'il faudrait imp&#233;rativement conserver. L&#224; aussi, il nous para&#238;t indispensable de se lib&#233;rer de ce discours&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-74' class='spip_note' rel='footnote' title='Un discours construit dont il est possible de rechercher les origines (...)' id='nh1-74'&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ou de cette id&#233;ologie pour ne plus en &#234;tre, m&#234;me inconsciemment, captif. Le droit fran&#231;ais n'est pas plus qu'un autre droit national une essence atemporelle, c'est une construction de la science du droit qui peut s'appuyer sur l'existence historique d'une succession d'ordres juridiques fran&#231;ais, eux-m&#234;mes susceptibles de changements et m&#234;me de ruptures. Quant &#224; la &#171; bont&#233; &#187; naturelle de ce droit fran&#231;ais, elle rel&#232;ve enti&#232;rement de l'ordre des jugements de valeur et des pr&#233;jug&#233;s nationalistes. C'est ici que doivent nous venir en aide la c&#233;l&#232;bre analyse de Jacques Derrida sur la d&#233;construction du droit. Si les ordres juridiques ne sont jamais le tissu homog&#232;ne d'une seule histoire _ chaque nouvelle norme ou d&#233;cision d&#233;chirant ce tissu et faisant basculer dans un ordre juridique nouveau, comme chaque amendement r&#233;visant une constitution donne naissance &#224; une &#171; autre &#187; constitution _, si l'histoire du droit doit d&#233;construire des &#171; couches textuelles interpr&#233;tables et transf&#233;rables &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-75' class='spip_note' rel='footnote' title='Jacques Derrida, Force de loi, Paris, &#233;d. Galil&#233;e, 1994, p. 32-34.' id='nh1-75'&gt;75&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, l'&#233;volution du droit fran&#231;ais ne peut &#234;tre ramen&#233;e, m&#234;me dans une &#233;pure &#224; finalit&#233;s p&#233;dagogiques, &#224; une ligne de d&#233;veloppement continu et progressif.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;23. Apr&#232;s l'&#233;limination de ces vices r&#233;dhibitoires, une plus grande attention &#224; la m&#233;thodologie _ cruellement absente de tous ces manuels canoniques _ devrait amener &#224; se poser une deuxi&#232;me s&#233;rie de questions qui sont aussi susceptibles de remettre en cause _ sans la disqualifier compl&#232;tement _ cette vision traditionnelle de l'histoire du droit fran&#231;ais. Il s'agit, cette fois-ci, de discuter l'orientation institutionnelle, le traitement indiff&#233;renci&#233; des ph&#233;nom&#232;nes juridiques et le recours &#224; une analyse mico-historique, trois caract&#233;ristiques qui pr&#233;dominent dans ces manuels.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;24. Pr&#233;sent&#233;e comme une histoire de l'&#201;tat, privil&#233;giant le droit public par rapport au droit priv&#233;, cette histoire du droit fran&#231;ais faite dans les manuels de premi&#232;re ann&#233;e s'est toujours revendiqu&#233;e, depuis la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, comme une histoire des institutions et elle n'a pas attendu les &#233;nonc&#233;s officiels issus de la r&#233;forme des programmes de licence en 1954 pour s'&#233;tendre aux &#171; faits sociaux &#187;. C'est une histoire des rapports entre &#201;tat et soci&#233;t&#233;, cens&#233;s interagir et m&#234;me dialoguer l'un avec l'autre, depuis la f&#233;odalit&#233; triomphante (dans laquelle la soci&#233;t&#233; des ordres l'emporterait sur l'id&#233;e de puissance publique) jusqu'&#224; l'absolutisme militant (dans lequel l'&#201;tat devenu puissant continuerait &#224; tenir compte des aspirations de la nation organis&#233;e). Loin de repr&#233;senter une ouverture &#224; la sociologie, ou aux sciences sociales en g&#233;n&#233;ral, cette appr&#233;hension quelque peu na&#239;ve (d&#233;j&#224; pr&#233;sente chez Savigny dans sa compr&#233;hension des rapports entre le peuple et l'&#201;tat, comme chez les historiens de l'&#201;glise qui la pr&#233;sentent comme une institution universelle et atemporelle) passait &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;tude des groupes sociaux et de leur action pour insister sur la &#171; force vitale &#187; (elle aussi spiritualis&#233;e) d'institutions traversant le temps : le pouvoir royal, la justice des parlements, le mariage chr&#233;tien, la communaut&#233; coutumi&#232;re entre &#233;poux ou le syst&#232;me f&#233;odal. Declareuil &#233;crivait ainsi qu'il mettait l'accent sur les &#171; &#233;l&#233;ments de la vie nationale &#187; et leur &#171; jeu en fonction du milieu social &#187;, tout en pr&#233;tendant ne rien &#171; att&#233;nuer &#187; des &#171; caract&#232;res juridiques &#187; de cette histoire (n'y avait-il pas dans cette expression la crainte quelque peu dissimul&#233;e de passer &#224; c&#244;t&#233; du droit lui-m&#234;me ?)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-76' class='spip_note' rel='footnote' title='Joseph Declareuil, op. cit., p. VIII.' id='nh1-76'&gt;76&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;25. S'il appara&#238;t difficile pour des juristes de se d&#233;partir compl&#232;tement de cette perspective institutionnelle, il faut en mesurer les risques : un &#233;crasement de la chronologie qui consiste &#224; penser que le fief, le parlement, le pouvoir royal ou le mariage du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle s'inscrivent dans la lign&#233;e des m&#234;mes institutions au XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle _ alors que l'apparente continuit&#233; du vocabulaire peut cacher de profondes mutations (ne se r&#233;sumant pas &#224; des progr&#232;s ou des d&#233;clins) _, une trop grande confiance dans la conservation des &#171; acquis &#187; des g&#233;n&#233;rations ant&#233;rieures (ce qui ram&#232;ne &#224; l'id&#233;e d'un perfectionnement continuel des dites institutions), enfin la conviction qu'il est possible de mettre sur le m&#234;me plan des organes (avec une pr&#233;tendue volont&#233; collective) et des techniques (avec une suppos&#233;e dynamique interne). Sans aller jusqu'&#224; un abandon complet du terme pour le moins polys&#233;mique d'institution, il nous semble que l'histoire du droit devrait davantage se m&#233;fier des pi&#232;ges d'une telle conception essentialiste et organiciste du droit. Mettre la focale sur les institutions conduit trop souvent &#224; occulter les r&#232;gles et les concepts juridiques, comme les divers groupes sociaux &#224; l'&#339;uvre (dans des configurations elles-m&#234;mes changeantes) dans le fonctionnement des organes politiques, judiciaires ou administratifs. Le &#171; milieu social &#187; ou les faits sociaux, qui ont &#233;t&#233; rapidement associ&#233;s par les historiens du droit fran&#231;ais &#224; cette analyse institutionnelle, se sont trop souvent r&#233;duits &#224; des g&#233;n&#233;ralit&#233;s sur la &#171; noblesse &#187; ou la &#171; bourgeoisie &#187; con&#231;ues elles aussi comme des figures intemporelles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;26. Un autre risque, plut&#244;t surprenant de la part d'un corps de professeurs de droit, des orientations des ma&#238;tres de l'histoire du droit fran&#231;ais, est de faire passer au second plan la technicit&#233; juridique au profit d'une histoire politique centr&#233;e sur les institutions publiques de l'ancienne France. Le choix a &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment fait, en invoquant des imp&#233;ratifs didactiques (les &#233;tudiants de premi&#232;re ann&#233;e ne connaissent pas suffisamment de droit priv&#233;, ils auraient en revanche une conscience inn&#233;e de ce qu'est l'&#201;tat), de privil&#233;gier (ou tout du moins de s&#233;parer, comme chez Viollet et Brissaud) l'histoire du droit public par rapport &#224; l'histoire du droit priv&#233;. Tr&#232;s probablement d&#233;termin&#233;s par le mod&#232;le de l'&#201;tat l&#233;gif&#233;rant du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, nos classiques de l'histoire du droit n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; sensibles au fait qu'il n'y avait pas &#224; proprement parler de &#171; droit public &#187; (pens&#233; et th&#233;oris&#233; comme tel) sous l'Ancien R&#233;gime et que, pour les juristes de profession, l'essentiel du droit avait longtemps r&#233;sid&#233; dans des r&#232;gles du droit priv&#233; qui d&#233;pendaient d'autorit&#233;s (romaines ou coutumi&#232;res) &#233;chappant pour partie au pouvoir royal. Les nouvelles perspectives qui se sont d&#233;velopp&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; propos de l'histoire du droit coutumier fran&#231;ais montrent, s'il en &#233;tait besoin, que l'histoire du droit ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur l'autonomie du droit, comme sur la distinction entre droit positif et science du droit. En mettant sur le m&#234;me plan la cr&#233;ation des normes par le pouvoir royal et les opinions des jurisconsultes (par exemple, les ordonnances de Louis XIV et l'&#339;uvre de Domat), les manuels traditionnels ont perdu de vue les diff&#233;rences s&#233;parant ces types ou niveaux de discours juridiques, comme la possibilit&#233; d'interactions entre une l&#233;gislation (qui n'est pas toujours efficace) et une science du droit (qui n'est pas toujours influente). L'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard du droit savant&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-77' class='spip_note' rel='footnote' title='Pierre Legendre, &#171; La France et Bartole &#187;, in Pierre Legendre, &#201;crits (...)' id='nh1-77'&gt;77&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; et les limites des travaux consacr&#233;s plus g&#233;n&#233;ralement &#224; la &#171; science du droit &#187;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-78' class='spip_note' rel='footnote' title='L'entreprise d'une Histoire de la science du droit en France, annonc&#233;e par (...)' id='nh1-78'&gt;78&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ont &#233;t&#233; les r&#233;sultats de ce refus d'affronter la dichotomie entre droit et science du droit. Souvent d&#233;crits comme des d&#233;fenseurs du positivisme &#233;tatique, nos ces historiens du droit ont &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233; des jusnaturalistes r&#233;tifs aux postulats de base du positivisme juridique&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-79' class='spip_note' rel='footnote' title='Paul Viollet, Histoire du droit civil fran&#231;ais, op.cit., p. VI d&#233;clare (...)' id='nh1-79'&gt;79&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27. Une troisi&#232;me s&#233;rie de questions m&#233;thodologiques n&#233;glig&#233;e par la mythologie de l'histoire du droit fran&#231;ais est celle des rapports entre ce que nous appelons aujourd'hui macro-histoire et micro-histoire. L&#224; encore, l'on peut comprendre les motifs politiques et didactiques qui ont amen&#233; nos ces auteurs &#224; privil&#233;gier une vision &#171; nationale &#187; et &#171; unifiante &#187; de l'histoire juridique. Le probl&#232;me n'est pas, comme le reconnaissaient bien volontiers ces historiens du droit, d'avoir sacrifi&#233; des d&#233;tails &#224; des perspectives plus globalisantes. Il est plut&#244;t d'avoir surestim&#233; l'anciennet&#233; du sentiment national et de l'unification des pratiques juridiques &#224; l'int&#233;rieur du pays _ notamment avec le recours &#224; l'id&#233;e d'un droit commun coutumier d&#232;s le Moyen &#194;ge. Non seulement la France &#233;ternelle aurait rapidement donn&#233; naissance &#224; un droit &#171; fran&#231;ais &#187; d&#233;velopp&#233; par des juristes &#171; fran&#231;ais &#187;, mais les &#233;volutions affectant les institutions auraient toujours progress&#233; au m&#234;me rythme d'un bout &#224; l'autre du royaume. Les monographies r&#233;alis&#233;es ces derni&#232;res d&#233;cennies montrent, au contraire, la persistance des contrastes, des sp&#233;cificit&#233;s locales ou des traditionalismes jusqu'&#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime et parfois au-del&#224;. Nationalisme et apologie de la continuit&#233; se sont ligu&#233;s pour gommer ces asp&#233;rit&#233;s, ces &#171; exceptions &#187; g&#233;ographiques ou &#233;v&#233;nementielles, comme toutes les ruptures ou toutes les crises (en particulier celles traduisant les limites du recours aux m&#233;canismes juridiques, de la Guerre de Cent Ans &#224; la Guerre d'Alg&#233;rie en passant par la Fronde ou la R&#233;volution fran&#231;aise) que r&#233;v&#232;lent d'autres &#233;tudes aussi r&#233;v&#233;latrices sur la &#171; vie du droit &#187;. Plus g&#233;n&#233;ralement l'&#201;tat national n'est pas le seul id&#233;al-type qui peut servir &#224; la construction d'une histoire du droit fran&#231;ais, si l'on consid&#232;re par exemple que le travail des juristes, agissant souvent &#224; titre priv&#233;, a pu avoir aussi une influence importante sur l'&#233;mergence de r&#232;gles nouvelles &#224; l'int&#233;rieur de l'ordre juridique fran&#231;ais. L'accent mis traditionnellement sur le droit public (essentiellement constitutionnel, que l'on admette ou non l'existence d'une constitution sous l'Ancien R&#233;gime&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-80' class='spip_note' rel='footnote' title='L'id&#233;e, d&#233;j&#224; pr&#233;sente chez Declareuil et Olivier-Martin, a &#233;t&#233; reprise plus (...)' id='nh1-80'&gt;80&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;) et le droit civil doit &#234;tre nuanc&#233; en raison de la place &#224; accorder &#224; l'histoire du droit p&#233;nal, du droit des affaires, du droit du travail, des propri&#233;t&#233;s intellectuelles qui ob&#233;issent &#224; d'autres rythmes dans la longue dur&#233;e comme dans des espaces de temps plus r&#233;duits&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-81' class='spip_note' rel='footnote' title='L'histoire du droit des affaires, comme l'a montr&#233; Jean Hilaire, Introduction (...)' id='nh1-81'&gt;81&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La &#171; grande &#187; histoire du droit fran&#231;ais n'est jamais qu'une stylisation de la succession de ces ordres juridiques fran&#231;ais qui ont toujours compris des parties plus ou moins distinctes et parfois en tension les unes avec les autres.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;28. Apr&#232;s avoir examin&#233; ces vices r&#233;dhibitoires et ces dangereux d&#233;fauts attach&#233;s &#224; l'histoire &#171; classique &#187; du droit fran&#231;ais _ des vices et des d&#233;fauts r&#233;v&#233;l&#233;s par la perte de croyance dans certains mythes v&#233;hicul&#233;s par cette histoire _ faut-il abandonner la totalit&#233; des perspectives traditionnelles et aller vers la destruction radicale de l'objet &#171; histoire du droit fran&#231;ais &#187; ? Le respect de ces pr&#233;cautions m&#233;thodologiques doit-il conduire &#224; abandonner toute construction historique sur le droit fran&#231;ais, au pr&#233;texte qu'il s'agit d'une cr&#233;ation de l'esprit correspondant &#224; des r&#233;alit&#233;s par d&#233;finition multiples, changeantes et pas n&#233;cessairement coh&#233;rentes entre elles ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;29. S'il est tout &#224; fait loisible &#224; chaque historien du droit de pratiquer plut&#244;t une micro-histoire des pratiques juridiques dans un espace g&#233;ographique r&#233;duit _ en tout cas plus petit que l'espace national _ et de s'int&#233;resser aux p&#233;riodes de rupture, de crise de l'&#201;tat ou de &#171; vacance &#187; apparente du droit, il ne para&#238;t pas justifi&#233; d'abandonner toute histoire de ce &#171; droit fran&#231;ais &#187;, con&#231;u comme la succession (pour partie contingente et ind&#233;termin&#233;e) d'ordres juridiques qui ont exist&#233;, au cours du temps, &#224; travers les fronti&#232;res du royaume de France (sinon du royaume franc), puis de l'&#201;tat fran&#231;ais. Les d&#233;buts de cet ordre juridique fran&#231;ais peuvent &#234;tre plac&#233;s au XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle si l'on tient compte de l'accroissement du domaine royal &#224; partir de Philippe Auguste, du d&#233;veloppement de la justice et de la l&#233;gislation royales, de l'intervention du roi dans la r&#233;daction des coutumes ou dans le traitement du droit romain et, de mani&#232;re tr&#232;s significative, du passage du titre de &lt;i&gt;rex Francorum &lt;/i&gt;&#224; celui de &lt;i&gt;rex Franciae &lt;/i&gt;ainsi que de l'extension aux fronti&#232;res du royaume de la distinction entre naturel et &#233;tranger&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-82' class='spip_note' rel='footnote' title='La th&#232;se de Bernard d'Alteroche, De l'&#233;tranger &#224; la seigneurie &#224; l'&#233;tranger au (...)' id='nh1-82'&gt;82&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;30. Les propositions alternatives, pour traiter cet objet historique autrement que l'ont fait les ma&#238;tres du pass&#233;, peuvent selon nous se ramener &#224; trois grandes options : la possibilit&#233; d'une histoire pluraliste du droit fran&#231;ais, la mise en perspective de la place du droit fran&#231;ais dans une histoire europ&#233;enne des droits, enfin la probl&#233;matique d'une histoire compar&#233;e des juristes et de leurs cultures.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;31. La perspective pluraliste _ d&#233;fendue notamment par des anthropologues du droit et reprenant (depuis Ehrlich) la critique de certaines positions positivistes assimilant la totalit&#233; des droits pr&#233;sents ou pass&#233;s aux l&#233;gislations &#233;tatiques _ est fond&#233;e sur la fr&#233;quence des situations dans lesquelles plusieurs ordres juridiques coexistent sur le m&#234;me territoire et sur la conviction qu'il existerait (selon les civilisations et les aires culturelles) diff&#233;rentes sph&#232;res normatives (en particulier en dehors de l'&#201;tat) pouvant &#234;tre qualifi&#233;es de juridiques. Logiquement une telle perspective suppose une histoire combin&#233;e (ou si l'on pr&#233;f&#232;re plurielle) &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; droits et refuse de se limiter &#224; un droit national, comme la classique &#171; histoire du droit fran&#231;ais &#187;. Cela ne signifie pas n&#233;cessairement abandonner toute d&#233;marche de ce type dans le cas de la France, ou limiter son champ d'&#233;tudes aux territoires coloniaux dans lesquels le pluralisme reposait sur le maintien du statut personnel des indig&#232;nes. Il reste deux possibilit&#233;s pour une telle histoire qui ont &#233;t&#233; explor&#233;es toutes les deux, ces derni&#232;res ann&#233;es, par Norbert Rouland. La premi&#232;re consiste &#224; inclure des d&#233;veloppements sur l'histoire du droit fran&#231;ais dans un manuel d'Introduction historique au droit destin&#233; aux &#233;tudiants de premi&#232;re ann&#233;e. Le risque est alors de consacrer une part tr&#232;s r&#233;duite &#224; cette histoire nationale en tant que mod&#232;le (avec un impact au dehors) de l'&#201;tat de justice (depuis le Moyen &#194;ge), puis de la codification (depuis Napol&#233;on)&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-83' class='spip_note' rel='footnote' title='Norbert Rouland, Introduction historique au droit, Paris, PUF, coll. &#171; Droit (...)' id='nh1-83'&gt;83&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. La seconde branche de l'alternative passe par la mise en valeur des histoires _ jusque-l&#224; oubli&#233;es ou cantonn&#233;es &#224; la portion congrue _ du droit des minorit&#233;s&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-84' class='spip_note' rel='footnote' title='Norbert Rouland, St&#233;phane Pierr&#233;-Caps, Jacques Poumar&#232;de, Droit des minorit&#233;s (...)' id='nh1-84'&gt;84&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, des provinces et pays ou des groupes sociaux domin&#233;s (au sens des &#171; &lt;i&gt;subaltern studies &lt;/i&gt; &#187;). Quel que soit l'int&#233;r&#234;t de ces &#233;tudes _ en tant que correctif micro-historique &#224; l'&#233;tude de l'&#201;tat fran&#231;ais _, nous pensons qu'elles ne sont pas en mesure, particuli&#232;rement pour un pays unifi&#233; de mani&#232;re pr&#233;coce, de rendre compte des grands changements (provoqu&#233;s par les structures politiques centralis&#233;es et leur impact sur le droit) qui ont affect&#233; le droit fran&#231;ais. Le pluralisme de l'ancien droit, comme ses vestiges dans la France du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-85' class='spip_note' rel='footnote' title='Louis Assier-Andrieu (dir. ), Une France coutumi&#232;re, enqu&#234;te sur les &#171; usages (...)' id='nh1-85'&gt;85&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ou ses prolongements dans l'espace colonial, ne sont pas des ph&#233;nom&#232;nes ext&#233;rieurs &#224; l'&#201;tat et compl&#232;tement &#233;trangers &#224; son action. Ce pluralisme a &#233;t&#233;, au contraire, fa&#231;onn&#233; et organis&#233; par la puissance publique : d&#232;s le Moyen &#194;ge, c'est le pouvoir royal qui, &#224; travers sa l&#233;gislation et surtout ses juges, a fait acc&#233;der le droit romain et le droit coutumier au rang de r&#232;gles du droit positif (et pas seulement d'autorit&#233;s doctrinales ou de normes sociales sans impact sur les tribunaux). Les seigneurs des grandes principaut&#233;s ont agi de m&#234;me _ en imitant souvent la politique des Cap&#233;tiens _, avant que leurs territoires ne soient r&#233;unis au royaume de France. Si nous concevons, dans certaines situations historiques, un droit sans &#201;tat (et bien s&#251;r avant la naissance de l'&#201;tat moderne), l'exemple de la France depuis l'apparition au XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle d'un ordre juridique territorialement d&#233;fini est, au contraire, celui (id&#233;al-typique) d'un droit d&#233;pendant &#224; un titre ou &#224; un autre de la &#171; reconnaissance &#187; par les organes (qui ne sont pas n&#233;cessairement centralis&#233;s) de la puissance publique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;32. Est-ce &#224; dire que l'histoire du droit fran&#231;ais pr&#233;sente un tel caract&#232;re &#233;tatique que toute &#233;tude comparatiste serait vou&#233;e &#224; mettre seulement en valeur la sp&#233;cificit&#233; (exceptionnelle) de la voie fran&#231;aise ? La r&#233;ponse est &#224; l'&#233;vidence n&#233;gative et il suffit de rappeler que le &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt; est, en Europe, le premier droit &#171; national &#187; cr&#233;&#233; par un pouvoir royal et ses juges, pour montrer tout l'int&#233;r&#234;t des perspectives europ&#233;ennes relatives &#224; la construction du droit sous l'action de la justice et de la l&#233;gislation &#233;manant des pouvoirs princiers ou royaux&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-86' class='spip_note' rel='footnote' title='Antonio Padoa-Schioppa (dir. ), Justiec et l&#233;gislation, Paris, PUF, (...)' id='nh1-86'&gt;86&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Quelques ouvrages, en anglais, en italien et en fran&#231;ais, ont montr&#233; la voie de cette histoire compar&#233;e des syst&#232;mes juridiques, en cherchant &#224; &#233;tudier les parall&#233;lismes et les diff&#233;rences dans l'av&#232;nement de l'&#201;tat moderne&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-87' class='spip_note' rel='footnote' title='O. F. Robinson, T. D. Fergus, W. M. Gordon, An Introduction to European (...)' id='nh1-87'&gt;87&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;, les processus d'unification du droit ou le recours &#224; la l&#233;gislation&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-88' class='spip_note' rel='footnote' title='Jean-Louis Halp&#233;rin, Histoire des droits en Europe de 1750 &#224; nos jours, (...)' id='nh1-88'&gt;88&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Il pourrait &#234;tre fait de m&#234;me pour les styles judiciaires, l'action de la doctrine universitaire ou les prolongements coloniaux. Pour &#233;viter une tr&#232;s grande simplification _ ramenant l'histoire du droit fran&#231;ais &#224; un seul id&#233;al-type, celui de l'&#201;tat centralisateur et codificateur _, des mises en parall&#232;le plus nombreuses entre la France et un autre pays, particuli&#232;rement la Grande-Bretagne, seraient particuli&#232;rement utiles, comme Sabino Cassese l'a fait pour le droit administratif&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-89' class='spip_note' rel='footnote' title='Sabino Cassese, La Construction du droit administratif. France et (...)' id='nh1-89'&gt;89&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;. Sans n&#233;gliger les emprunts faits par le droit fran&#231;ais &#224; des transplants juridiques venus de l'ext&#233;rieur _ &#224; commencer par les apports du droit romain _, il ne faut n&#233;anmoins pas perdre de vue que la France a &#233;t&#233; principalement un pays &#171; exportateur &#187; de droit jusqu'au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. En prenant en compte, comme le fait logiquement toute histoire europ&#233;enne du droit, l'influence du droit fran&#231;ais sur le reste du continent (sinon, au-del&#224;), le risque existe &#224; nouveau de trop mod&#233;liser l'histoire du droit fran&#231;ais et, par souci de clart&#233; didactique, de sous-estimer &#224; nouveau les discontinuit&#233;s et les contingences de la succession des ordres juridiques fran&#231;ais.&lt;br&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;33. Une troisi&#232;me voie &#224; explorer nous para&#238;t &#234;tre celle d'une histoire transnationale des professionnels du droit et de leurs cultures. Une telle histoire compar&#233;e des milieux juridiques rechercherait des traits communs (ou des diff&#233;rences) entre les professionnels du droit _ d'un pays &#224; l'autre, pour une m&#234;me activit&#233; ou une m&#234;me &#233;poque _ et elle &#233;tudierait les mod&#232;les d'enseignement et d'organisation professionnelle en m&#234;me temps que la circulation des id&#233;es, des techniques et des r&#232;gles juridiques. Cette &#171; arch&#233;ologie &#187; des savoirs et des discours juridiques, transmis &#224; travers l'&#233;ducation et la pratique professionnelle, pourrait permettre de mieux &#233;valuer la pr&#233;sence ou l'absence de sp&#233;cificit&#233;s dans les divers d&#233;veloppements historiques du droit fran&#231;ais et dans leur perception par les acteurs eux-m&#234;mes. Elle aurait, enfin, l'avantage de prendre en compte le r&#244;le de la mythologie nationale dans la science du droit et la construction de l'histoire. De m&#234;me que le r&#244;le de Hale et Blackstone a &#233;t&#233; soulign&#233; dans l'&#233;dification d'une histoire &#171; id&#233;elle &#187; du &lt;i&gt;common law&lt;/i&gt;, celui des l&#233;gistes fran&#231;ais du Moyen &#194;ge, de Pasquier, des archivistes des Temps modernes et de l'&#233;poque contemporaine, ou des civilistes de l'Ex&#233;g&#232;se jusqu'&#224; la figure du doyen Carbonnier, serait probablement mis en valeur dans la fabrique d'une image du droit fran&#231;ais li&#233;e &#224; la mythologie de l'histoire nationale. Sans se laisser prendre par l'&#233;criture de cette &#233;pop&#233;e, cette histoire culturelle du droit fran&#231;ais aurait aussi &#224; &#233;tudier les d&#233;calages entre les g&#233;n&#233;rations de juristes et leur confrontation &#224; des situations d'exception (les guerres de religion, la R&#233;volution fran&#231;aise, la Premi&#232;re Guerre Mondiale ou Vichy). Dans une telle perspective le d&#233;voilement (plut&#244;t que la d&#233;construction) de certains des mythes de l'histoire du droit fran&#231;ais ne signifierait pas (bien au contraire) l'abandon de leur &#233;tude, ni la r&#233;duction de l'histoire du droit fran&#231;ais &#224; l'analyse d'une succession de discours sur le droit. N'est-ce pas la force du positivisme que de postuler le caract&#232;re conventionnel des r&#232;gles du droit comme la distance qui s&#233;pare les normes contraignantes des opinions de la science du droit ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jean-Louis Halp&#233;rin&lt;br&gt;
Professeur de droit &#224; l'ENS Ulm&lt;br&gt;
UMR 7074 Centre de Th&#233;orie et Analyse du Droit&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean-Louis Halp&#233;rin, &#171; L'histoire du droit constitu&#233;e en discipline : cons&#233;cration ou repli identitaire ? &#187;,&lt;i&gt; Revue d'histoire des Sciences Humaines&lt;/i&gt;, 2001, n&#176; 4, p. 9-32.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;Cours &#233;l&#233;mentaire d'histoire du droit fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, L. Larose &amp; Forcel, 1892.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;St&#233;phane Pinon, Pierre-Henri Pr&#233;lot (dir. ), &lt;i&gt;Le droit constitutionnel d'Adh&#233;mar Esmein&lt;/i&gt;, Paris, Montchrestien, 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pierre Nora, &#171; Lavisse, instituteur national. Le &#8220;Petit Lavisse &#8221; &#233;vangile de la R&#233;publique &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Pierre Nora (dir. ), &lt;i&gt;Les lieux de m&#233;moire&lt;/i&gt;, t. I, La R&#233;publique, Paris, Gallimard, 1984, p. 247-289.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-5' id='nb1-5' class='spip_note' title='Notes 1-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'&#339;uvre de Paul Viollet, dont le &lt;i&gt;Pr&#233;cis de l'histoire du droit fran&#231;ais&lt;/i&gt; (1884-1886) pr&#233;c&#232;de le manuel d'Esmein, se rattache &#224; un autre courant, qui essaye de &#171; r&#233;concilier les catholiques fran&#231;ais avec leur histoire nationale &#187; selon les expression de Fr&#233;d&#233;ric Audren, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halp&#233;rin, Jacques Krynen (dir. ), &lt;i&gt;Dictionnaire historique des juristes fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2007, p. 774.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-6' id='nb1-6' class='spip_note' title='Notes 1-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#201;mile Ch&#233;non, &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale du droit public et priv&#233; des origines &#224; 1815&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1926 (vol. 1 pr&#233;par&#233; par Ch&#233;non en 1925 avec la mention de ses cours donn&#233;s &#224; Rennes puis &#224; Paris) et Paris, Sirey, 1929 (vol. 2 publi&#233; d'apr&#232;s les notes de Ch&#233;non par Olivier-Martin et arr&#234;t&#233; en 1789, contrairement au titre et au plan annonc&#233; par Ch&#233;non lui-m&#234;me).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-7' id='nb1-7' class='spip_note' title='Notes 1-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;Histoire g&#233;n&#233;rale du droit fran&#231;ais des origines &#224; 1789&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1925.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-8' id='nb1-8' class='spip_note' title='Notes 1-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;Histoire du droit fran&#231;ais des origines &#224; la R&#233;volution&lt;/i&gt;, Paris, Domat-Montchestien, 1948, reproduction par les &#201;ditions du CNRS, Paris, 1984 (en soi une telle reproduction est une manifestation de l'attachement des historiens du droit fran&#231;ais &#224; cette tradition au moins jusqu'aux ann&#233;es 1980), p. VII.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-9' id='nb1-9' class='spip_note' title='Notes 1-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le reproche serait d'autant moins justifi&#233; que ces historiens du droit n'ont pas n&#233;glig&#233; le comparatisme (&#224; commencer par Esmein, ou avant lui Glasson pour les rapports entre la France et l'Angleterre) et ont tiss&#233; des liens incontestables avec leurs coll&#232;gues europ&#233;ens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-10' id='nb1-10' class='spip_note' title='Notes 1-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Comme y insiste Jean-Louis Thireau, &lt;i&gt;Introduction historique au droit&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, coll. &#171; Champs Universit&#233; &#187;, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-11' id='nb1-11' class='spip_note' title='Notes 1-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. V : &#171; l'on ne peut d&#233;montrer presque sur aucun point l'influence persistante de ces vieilles coutumes dans le d&#233;veloppement du droit post&#233;rieur &#187;. Dans le m&#234;me esprit, &#201;mile Ch&#233;non, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, vol. 1, p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-12' id='nb1-12' class='spip_note' title='Notes 1-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. X.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-13' id='nb1-13' class='spip_note' title='Notes 1-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 5-21 : l'auteur se dit convaincu que la France s'est form&#233;e par le m&#233;lange des races celte, romaine, barbare, germanique, bretonne, basque, normande et sarrazine, en s&#233;parant le cas des &#233;trangers (dont les juifs) pour lesquels la France se serait montr&#233;e &#171; souvent trop accueillante &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-14' id='nb1-14' class='spip_note' title='Notes 1-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 39 avec n&#233;anmoins la reconnaissance de l'influence de la civilisation romaine sur les lois barbares (p. 40). Une &#171; pure coutume &#187;, sans loi, aurait connu les compositions p&#233;cuniaires et l'action en justice d&#232;s l'&#233;poque de Tacite (p. 48, 56).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-15' id='nb1-15' class='spip_note' title='Notes 1-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 80 ; &#201;mile Ch&#233;non, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, vol. 1, p. 6.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-16' id='nb1-16' class='spip_note' title='Notes 1-16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 3-4. L'auteur ne craint pas les st&#233;r&#233;otypes, ni les anachronismes, lorsqu'il &#233;crit : &#171; Ces Barbares, sans grand besoins, ont les m&#339;urs simples des peuples sains. Leurs familles sont fortes, leurs mariages stables et f&#233;conds ; les divorces sont rares et l'adult&#232;re s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-17' id='nb1-17' class='spip_note' title='Notes 1-17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 16-17 (&#171; La Loi Salique nous pr&#233;sente ainsi les coutumes saliennes originaires, avant les d&#233;formations in&#233;vitables qu'entra&#238;ne le contact des races &#187;). Jean-Louis Harouel, Jean Barbey, &#201;ric Bournazel, Jacqueline Thibaut-Payen, &lt;i&gt;Histoire des institutions de l'&#233;poque &#224; la R&#233;volution&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Droit fondamental &#187;, 1re &#233;d., 1987, p. 32 parlent encore de &#171; coutumes franques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-18' id='nb1-18' class='spip_note' title='Notes 1-18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;M&#234;me si certains auteurs, comme Francis Garrisson (&lt;i&gt;Histoire du droit et des institutions&lt;/i&gt;, Paris, Montchrestien, 1984) ont renonc&#233; &#224; traiter des institutions franques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-19' id='nb1-19' class='spip_note' title='Notes 1-19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Maurizio Lupoi, &lt;i&gt;The Origins of European Legal Order&lt;/i&gt;, trad. Adrian Belton, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, p. 25. Hans Hattenhauer, &lt;i&gt;Europ&#228;ische Reschtsgeschichte&lt;/i&gt;, Heidelberg, M&#252;ller, 1994, p. 93 va jusqu'&#224; remettre en doute l'application pratique de la loi salique par les juges.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-20' id='nb1-20' class='spip_note' title='Notes 1-20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean-Pierre Poly, &#171; La corde au cou. Les Francs, la France et la loi salique &#187;, in &lt;i&gt;Gen&#232;se de l&#8216;&#201;tat moderne en M&#233;diterran&#233;e&lt;/i&gt;, &#201;cole Fran&#231;aise de Rome, Paris, de Boccard, 1993, p. 287-320.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-21' id='nb1-21' class='spip_note' title='Notes 1-21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean-Pierre Poly, &lt;i&gt;Le chemin des amours barbares. Gen&#232;se m&#233;di&#233;vale de la sexualit&#233; europ&#233;enne&lt;/i&gt;, Paris, Perrin, 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-22' id='nb1-22' class='spip_note' title='Notes 1-22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Antonio Padoa-Schioppa, &lt;i&gt;Storia del diritto in Europa&lt;/i&gt;, Bologna, Il Molino, 2007, p. 42-48.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-23' id='nb1-23' class='spip_note' title='Notes 1-23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;. p. 175 (type g&#233;n&#233;ral de la f&#233;odalit&#233;), 189 (Fulbert de Chartes et la d&#233;finition des devoirs du vassal), p. 209-210 (plein d&#233;veloppement avant les th&#233;ories du double domaine des docteurs italiens).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-24' id='nb1-24' class='spip_note' title='Notes 1-24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 181.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-25' id='nb1-25' class='spip_note' title='Notes 1-25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 199 utilise dans la m&#234;me page le mot &#201;tat avec une majuscule et une minuscule, en affirmant que le gouvernement des seigneuries est model&#233; sur celui du roi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-26' id='nb1-26' class='spip_note' title='Notes 1-26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 102-103 (&#171; organisation spontan&#233;e ; r&#244;le de la coutume &#187;), p. 126-156 (&#171; la seigneurie, assise de la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale &#187; avec le &#171; type de la ch&#226;tellenie &#187;, p. 133 et les appr&#233;ciations critiques des apports de l'&#201;cole domaniale, p. 155-156), p. 258-265 sur le r&#233;gime des fiefs. Jacques Ellul, &lt;i&gt;Histoire des institutions&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Th&#233;mis &#187;, 1962, t. 3, p. 153 et s. revient &#224; une pr&#233;sentation d&#233;butant par le fief avant la seigneurie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-27' id='nb1-27' class='spip_note' title='Notes 1-27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 328-332 pour expliquer l'action des l&#233;gistes dans la reconstitution de la souverainet&#233; royale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-28' id='nb1-28' class='spip_note' title='Notes 1-28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;. , p. 683-697.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-29' id='nb1-29' class='spip_note' title='Notes 1-29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#201;mile Ch&#233;non, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;vol. 1, p. 130-135.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-30' id='nb1-30' class='spip_note' title='Notes 1-30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, vol. 1, p. 490-491 et p. 553-557.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-31' id='nb1-31' class='spip_note' title='Notes 1-31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 112 sur les traits g&#233;n&#233;raux de la coutume, p. 116-117 sur les coutumiers (si l'auteur conc&#232;de que Beaumanoir &#171; a fait de fortes &#233;tudes aux universit&#233;s &#187;, il ne sacrifie pas le droit coutumier dans ce &#171; chef-d'&#339;uvre de la litt&#233;rature coutumi&#232;re &#187;). L'expos&#233; fait par Jacques Ellul, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, t. III, p. 139-143 est &#233;trangement proche de celui d'Olivier-Martin, y compris sur la bulle &lt;i&gt;Super specula. &lt;/i&gt;Les d&#233;veloppements de Jean-Louis Harouel, Jean Barbey, &#201;ric Bournazel, Jacqueline Thibaut-Payen, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 110 sur &#171; l'&#233;quilibre de la coutume &#187; rappellent aussi ceux de Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 103.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-32' id='nb1-32' class='spip_note' title='Notes 1-32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&#201;mile Ch&#233;non, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, vol. 1, p. 508 (avec l'id&#233;e qu'en France &#171; Coutume passait droit &#187;). Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 829-851 traitait des sources du droit &#224; propos du Royaume de France pour relever l'origine &#171; fran&#231;aise &#187; des coutumes (dans lesquelles on ne d&#233;couvrirait aucun rapport avec le droit romain, ni avec le droit germanique) et pour analyser en une quinzaine de pages l'influence du droit romain, sans traiter de la bulle &lt;i&gt;Super Speculam&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-33' id='nb1-33' class='spip_note' title='Notes 1-33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 122. Sur ce mythe d'une pr&#233;tendue volont&#233; royale de cantonner le droit romain, Jacques Krynen, &#171; La r&#233;ception du droit romain en France. Encore la Bulle &lt;i&gt;Super Speculam&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Revue d'histoire des facult&#233;s de droit et de la science juridique&lt;/i&gt;, 2008, n&#176; 28, p. 227-262.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-34' id='nb1-34' class='spip_note' title='Notes 1-34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Andr&#233; Castaldo, &#171; Pouvoir royal, droit savant et droit commun coutumier dans la France du Moyen &#226;ge. &#192; propos de vues nouvelles. I. &#224; propos de voies nouvelles ; II Le droit romain est-il le droit commun ? &#187;, &lt;i&gt;Droits, &lt;/i&gt;2007, n&#176; 46, p. 117-158 et 2008, n&#176; 47, p. 173-248.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-35' id='nb1-35' class='spip_note' title='Notes 1-35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;G&#233;rard Giordanengo, &#171; Jus commune et droit commun en France du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; au XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#187;, in &lt;i&gt;Droit romain, jus civile et droit fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Jacques Krynen (dir. ), &lt;i&gt;&#201;tudes d'histoire du droit et des id&#233;es politiques&lt;/i&gt;, Toulouse, Publications de l'Universit&#233; Toulouse I, 1999, p. 229-230 ; Robert Jacob, &#171; Les coutumiers du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ont-ils connu la coutume ? &#187;, in Mireille Mousnier, Jacques Poumar&#232;de (dir. ), &lt;i&gt;La coutume au village dans l'Europe m&#233;di&#233;vale et moderne, &lt;/i&gt;Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2001, p. 102-119.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-36' id='nb1-36' class='spip_note' title='Notes 1-36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean Hilaire, &lt;i&gt;La vie du droit&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1994, p. 101-103.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-37' id='nb1-37' class='spip_note' title='Notes 1-37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 563 et p. 572 (les intendants &#171; dictaient le plus souvent aux &#201;tats la volont&#233; du roi &#187;), &#201;mile Ch&#233;non, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, vol. 2, p. 448-470.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-38' id='nb1-38' class='spip_note' title='Notes 1-38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 571.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-39' id='nb1-39' class='spip_note' title='Notes 1-39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Perry Anderson, &lt;i&gt;L'&#201;tat absolutiste. Ses origines et ses voies&lt;/i&gt;, Paris, Maspero, 1978, vol. I, notamment p. 90.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-40' id='nb1-40' class='spip_note' title='Notes 1-40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois-Xavier Emmanuelli, &lt;i&gt;Un mythe de l'absolutisme bourbonien : l'intendance du milieu du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, Aix-en-Provence, 1981.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-41' id='nb1-41' class='spip_note' title='Notes 1-41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sylvain Soleil, &lt;i&gt;Le si&#232;ge de la s&#233;n&#233;chauss&#233;e d'Anjou et le pr&#233;sidial d'Angers 1551-1790&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Rennes, 1997 ; Jo&#235;l Hautebert, &lt;i&gt;La justice p&#233;nale &#224; Nantes au Grand Si&#232;cle&lt;/i&gt;, Paris, Michel de Maulin, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-42' id='nb1-42' class='spip_note' title='Notes 1-42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fanny Cosendey, Robert Descimon, &lt;i&gt;L'absolutisme en France&lt;/i&gt;, Paris, &#233;d. du Seuil, coll. &#171; Points Histoire &#187;, 2002, sp&#233;cialement p. 193-217 sur le mythe de l'absolutisme. Plus r&#233;cemment le volume collectif dirig&#233; par Gauthier Aubert et Olivier Chaline, &lt;i&gt;Les Parlements de Louis XIV. Opposition, coop&#233;ration, autonomisation ?&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Rennes, 2010, marque un rapprochement entre les historiens et les juristes (avec notamment la contribution de Fran&#231;ois Saint-Bonnet, &#171; Louis XIV, les Parlements et la souverainet&#233; &#187;, p. 173-183, ainsi que celle de Xavier Godin et Christiane Plessix-Buisset, &#171; La r&#233;ception des ordonnances civile et criminelle par le parlement de Bretagne &#187;, p. 67-91) pour r&#233;&#233;valuer le r&#244;le des parlements sous le r&#232;gne de Louis XIV.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-43' id='nb1-43' class='spip_note' title='Notes 1-43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sophie Petit-Renaud, &lt;i&gt;Faire loy au royaume de France de Philippe VI &#224; Charles V (1328-1380)&lt;/i&gt;, Paris, de Boccard, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-44' id='nb1-44' class='spip_note' title='Notes 1-44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jacques Krynen, &lt;i&gt;L'&#201;tat de Justice. France XIII-XX si&#232;cle. L'id&#233;ologie de la magistrature ancienne&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, coll. &#171; Biblioth&#232;que des histoires &#187;, 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-45' id='nb1-45' class='spip_note' title='Notes 1-45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Michel Antoine, &lt;i&gt;Le Conseil du roi sous le r&#232;gne de Louis XV&lt;/i&gt;, Paris-Gen&#232;ve, Droz, 1970.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-46' id='nb1-46' class='spip_note' title='Notes 1-46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit., &lt;/i&gt;p. 660, sur cette &#171; base essentielle &#187; des communaut&#233;s d'artisans et de marchands.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-47' id='nb1-47' class='spip_note' title='Notes 1-47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 927-941.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-48' id='nb1-48' class='spip_note' title='Notes 1-48' rev='footnote'&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 357-417 (sur Pothier et Bourjon, Adh&#233;mar Esmein, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 718-719 allait d&#233;j&#224; dans le m&#234;me sens).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-49' id='nb1-49' class='spip_note' title='Notes 1-49' rev='footnote'&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Bernard Gallinato, &lt;i&gt;Les corporations &#224; Bordeaux &#224; la fin de l'Ancien R&#233;gime. Vie et mort d'un mode d'organisation du travail&lt;/i&gt;, Bordeaux, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-50' id='nb1-50' class='spip_note' title='Notes 1-50' rev='footnote'&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'historien am&#233;ricain David Avrom Bell a montr&#233;, dans &lt;i&gt;Lawyers and Citizens&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 1994 que l'ordre des avocats au Parlement de Paris, le premier apparu en France, &#233;tait une cr&#233;ation de la fin du XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-51' id='nb1-51' class='spip_note' title='Notes 1-51' rev='footnote'&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'id&#233;e est d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;sente dans l'ouvrage de Paul Viollet, &lt;i&gt;Histoire du droit civil fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris, 3e &#233;d., 1905, p. 220 et s. qui va de Dumoulin au Code civil en passant par Domat, D'Aguesseau et Pothier, mais sans parler de la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-52' id='nb1-52' class='spip_note' title='Notes 1-52' rev='footnote'&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fran&#231;ois Olivier-Martin, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 426 : cette &#171; besogne &#187; d'unification &#171; s'est accomplie parall&#232;lement &#224; l'action politique de la royaut&#233; dont l'effort patient a fait na&#238;tre la notion d'une patrie fran&#231;aise&#8230; Tout ce travail progressif et r&#233;aliste de nos anciens jurisconsultes a permis, apr&#232;s la tourmente r&#233;volutionnaire, la r&#233;daction d'un Code civil solide et durable attestant que nulle &#339;uvre humaine ne dure qui n'ait &#233;t&#233; longuement pr&#233;par&#233;e &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-53' id='nb1-53' class='spip_note' title='Notes 1-53' rev='footnote'&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paul Ourliac, Jehan de Malafosse, &lt;i&gt;Histoire du droit priv&#233;&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Th&#233;mis &#187;, 1957 et 1968, t. I, p. 115 et t. III, p. 154 et 451.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-54' id='nb1-54' class='spip_note' title='Notes 1-54' rev='footnote'&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Xavier Martin, &#171; L'unit&#233; du droit &#224; la veille de 1789 : une aspiration mod&#233;r&#233;e ? &#187; in &lt;i&gt;Il Pensiero politico. Rivista di storia delle idee politiche e sociali&lt;/i&gt;, Florence, 1987, p. 319-328 ; Jean-Louis Halp&#233;rin, &lt;i&gt;L'impossible Code civil&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Histoires &#187;, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-55' id='nb1-55' class='spip_note' title='Notes 1-55' rev='footnote'&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Le &lt;i&gt;Pr&#233;cis &#233;l&#233;mentaire d'histoire du droit fran&#231;ais de 1789 &#224; 1814&lt;/i&gt;, Paris, Sirey, 1911, d'ambitions plus limit&#233;es que le &lt;i&gt;Cours &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;, n'a pas donn&#233; lieu &#224; un &#171; grand cours &#187; de premi&#232;re ann&#233;e dans les facult&#233;s de droit et Esmein n'a rien fait pour le promouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-56' id='nb1-56' class='spip_note' title='Notes 1-56' rev='footnote'&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Une partie de cette argumentation se trouve d&#233;j&#224; chez Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. VIII quand il affirme qu'il faudrait un autre volume pour la p&#233;riode apr&#232;s 1789&#8230; auquel il renonce en pr&#233;sence de nombreux ouvrages de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-57' id='nb1-57' class='spip_note' title='Notes 1-57' rev='footnote'&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Par exemple, Gr&#233;goire Bigot, &lt;i&gt;L'administration fran&#231;aise. Politique, droit et soci&#233;t&#233; 1789-1870&lt;/i&gt;, Paris, Litec, 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-58' id='nb1-58' class='spip_note' title='Notes 1-58' rev='footnote'&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Il faudrait citer tous les travaux de Xavier Martin depuis &#171; De l'insensibilit&#233; des r&#233;dacteurs du Code civil &#224; l'altruisme &#187;, &lt;i&gt;RHD &lt;/i&gt; 1982/4, p. 589-618 &#224; &lt;i&gt;Mythologie du Code Napol&#233;on&lt;/i&gt;, Bou&#232;re, Dominique Martin Morin, 2003.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-59' id='nb1-59' class='spip_note' title='Notes 1-59' rev='footnote'&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Marcel Morabito, &lt;i&gt;Histoire constitutionnelle de la France (1789-1958)&lt;/i&gt;, Paris, Montchrestien, 9e &#233;d., 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-60' id='nb1-60' class='spip_note' title='Notes 1-60' rev='footnote'&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean-Pierre Machelon, &lt;i&gt;La R&#233;publique contre les libert&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, Presses de la Fondation des sciences politiques, 1976. Toutes les &#233;tudes men&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es sur le droit colonial ont amen&#233; &#233;galement &#224; relativiser le lib&#233;ralisme de la Troisi&#232;me R&#233;publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-61' id='nb1-61' class='spip_note' title='Notes 1-61' rev='footnote'&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sylvie Th&#233;naut, &lt;i&gt;Une dr&#244;le de justice. Les magistrats dans la guerre d'Alg&#233;rie&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-62' id='nb1-62' class='spip_note' title='Notes 1-62' rev='footnote'&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Parmi les nombreux travaux r&#233;cents consacr&#233;s &#224; diff&#233;rents aspects du droit de Vichy, notamment &#224; la l&#233;gislation antis&#233;mite, il convient de relever la contribution des historiens du droit au volume de Bernard Durand, Jean-Pierre Le Crom, Alessandro Somma (dir. ) &lt;i&gt;Le droit sous Vichy&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Klostermann, 2006 qui pose la question m&#233;thodologique du rattachement des r&#232;gles de droit &#224; un r&#233;gime politique donn&#233;, ainsi que l'ouvrage collectif, &lt;i&gt;Le r&#233;tablissement de la l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine&lt;/i&gt;, Paris, Complexe, 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-63' id='nb1-63' class='spip_note' title='Notes 1-63' rev='footnote'&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fr&#233;d&#233;ric Audren &#171; Maine &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Olivier Cayla, Jean-Louis Halp&#233;rin (dir. ), &lt;i&gt;Dictionnaire des grandes &#339;uvres juridiques&lt;/i&gt;, Paris, Dalloz, 2008, p. 385-387.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-64' id='nb1-64' class='spip_note' title='Notes 1-64' rev='footnote'&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Outre l'influence de Maine sur Esmein, il faut mentionner la croyance largement partag&#233;e par les historiens du droit de son temps dans des &#171; lois de l'&#233;volution &#187; : l'introduction de Paul Viollet, &lt;i&gt;Histoire des institutions politiques et administratives de la France&lt;/i&gt;, Paris, Larose et Forcel, 1890, vol. 1, p. 4 est significative avec la mise en exergue de deux lois d'&#233;volution, marquant l'in&#233;vitable progression de la division du travail et de la centralisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-65' id='nb1-65' class='spip_note' title='Notes 1-65' rev='footnote'&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paul Veyne, &lt;i&gt;Comment on &#233;crit l'histoire&lt;/i&gt;, Paris, &#233;d. du Seuil, coll. &#171; Points &#187;, 1978, p. 98.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-66' id='nb1-66' class='spip_note' title='Notes 1-66' rev='footnote'&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sur cette notion et ses origines qui remonteraient au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Sylvain Soleil, &#171; Le &lt;i&gt;mod&#232;le juridique fran&#231;ais &lt;/i&gt; : recherches sur l'origine d'un discours &#187;, &lt;i&gt;Droits&lt;/i&gt;, 2003, n&#176; 38, p. 83-95.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-67' id='nb1-67' class='spip_note' title='Notes 1-67' rev='footnote'&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. VIII.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-68' id='nb1-68' class='spip_note' title='Notes 1-68' rev='footnote'&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paul Viollet, &lt;i&gt;Histoire du droit civil fran&#231;ais, op. cit.&lt;/i&gt;, p. VI.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-69' id='nb1-69' class='spip_note' title='Notes 1-69' rev='footnote'&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sans n&#233;gliger les r&#233;f&#233;rences &#224; Carl Schmitt, Thomas Kuhn et Michel Foucault, nous renvoyons &#224; Alain Dewerpe, &lt;i&gt;Charonne, 8 f&#233;vrier 1962. Anthropologie historique d'un massacre d'&#201;tat&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard &#171; Folio Histoire &#187;, 2006, pour un exemple &#233;clatant de l'examen des p&#233;riodes de crise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-70' id='nb1-70' class='spip_note' title='Notes 1-70' rev='footnote'&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Marie-France Renoux-Zagam&#233;, &#171; La m&#233;thode du droit commun : r&#233;flexions sur la logique des droits non codifi&#233;s &#187;, &lt;i&gt;Revue d'histoire des facult&#233;s de droit et de la science juridique&lt;/i&gt;, 1990, n&#176; 10-11, p. 133-152.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-71' id='nb1-71' class='spip_note' title='Notes 1-71' rev='footnote'&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paolo Grossi, &lt;i&gt;Assolutismo giuridico e diritto privato&lt;/i&gt;, Milano, Giuffr&#233;, 1998 ; Riccardo Ferrante, &lt;i&gt;Codificazione et Cultura giuridica&lt;/i&gt;, Torino, Giappichelli, 2008 et du m&#234;me auteur &#171; Cultura giuridica e codificazione &#187;, &lt;i&gt;Clio @ Th&#233;mis&lt;/i&gt;, n&#176; 2, 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-72' id='nb1-72' class='spip_note' title='Notes 1-72' rev='footnote'&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Katia Weidenfeld, &lt;i&gt;Histoire du droit administratif. Du XIV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Paris, Economica, 2010, p. 3.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-73' id='nb1-73' class='spip_note' title='Notes 1-73' rev='footnote'&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La p&#233;riode du Premier Empire et de la Restauration nous para&#238;t ainsi marquer un coup d'arr&#234;t &#224; l'extension de certaines ouvertures &#224; cassation (la fausse interpr&#233;tation de la loi, la d&#233;naturation de la loi du contrat) par rapport aux &#233;volutions de la fin de la R&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-74' id='nb1-74' class='spip_note' title='Notes 1-74' rev='footnote'&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Un discours construit dont il est possible de rechercher les origines (Sylvain Soleil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 85) et d'&#233;tudier les progr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-75' id='nb1-75' class='spip_note' title='Notes 1-75' rev='footnote'&gt;75&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jacques Derrida, &lt;i&gt;Force de loi&lt;/i&gt;, Paris, &#233;d. Galil&#233;e, 1994, p. 32-34.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-76' id='nb1-76' class='spip_note' title='Notes 1-76' rev='footnote'&gt;76&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Joseph Declareuil, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. VIII.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-77' id='nb1-77' class='spip_note' title='Notes 1-77' rev='footnote'&gt;77&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Pierre Legendre, &#171; La France et Bartole &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Legendre, &lt;i&gt;&#201;crits juridiques du Moyen &#194;ge occidental,&lt;/i&gt; Londres, Variorum Reprints, 1988, chap. VII.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-78' id='nb1-78' class='spip_note' title='Notes 1-78' rev='footnote'&gt;78&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'entreprise d'une &lt;i&gt;Histoire de la science du droit en France&lt;/i&gt;, annonc&#233;e par Marcel Fournier est rest&#233;e limit&#233;e &#224; la publication d'un volume (tome III) sur les universit&#233;s fran&#231;aises et l'enseignement du droit au Moyen &#194;ge (Paris, Larose et Forcel, 1892).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-79' id='nb1-79' class='spip_note' title='Notes 1-79' rev='footnote'&gt;79&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Paul Viollet, &lt;i&gt;Histoire du droit civil fran&#231;ais, op.cit.&lt;/i&gt;, p. VI d&#233;clare explicitement que &#171; le droit n'est pas une cr&#233;ation artificielle de l'esprit humain &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-80' id='nb1-80' class='spip_note' title='Notes 1-80' rev='footnote'&gt;80&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'id&#233;e, d&#233;j&#224; pr&#233;sente chez Declareuil et Olivier-Martin, a &#233;t&#233; reprise plus r&#233;cemment par des historiens du droit comme Fran&#231;ois Saint-Bonnet (en incluant m&#234;me les probl&#233;matiques contemporaines du contr&#244;le de constitutionnalit&#233;) : Fran&#231;ois Saint-Bonnet, Yves Sassier, &lt;i&gt;Histoire des institutions avant 1789&lt;/i&gt;, Paris, Montchrestien, 1re &#233;d., 2004, p. 235 avec la distinction entre cette constitution de l'&#201;tat monarchique et les conceptions normativistes. En admettant plusieurs d&#233;finitions du mot constitution et l'application de concepts modernes &#224; des p&#233;riodes qui les ignorent ou les utilisent peu, cette approche doit, selon nous, se combiner avec la reconnaissance (comme pour l'&#201;tat moderne) de ruptures claires r&#233;sultant du &#171; constitutionnalisme moderne &#187; &#224; partir de 1789.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-81' id='nb1-81' class='spip_note' title='Notes 1-81' rev='footnote'&gt;81&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;L'histoire du droit des affaires, comme l'a montr&#233; Jean Hilaire, &lt;i&gt;Introduction historique au droit commercial&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Droit fondamental &#187;, 1986, conna&#238;t plus que d'autres branches du droit une forte continuit&#233; entre l'Ancien R&#233;gime (&#224; partir de l'ordonnance de 1673) et le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. L'histoire du droit p&#233;nal voit la naissance de la &#171; rationalit&#233; moderne &#187; de la doctrine p&#233;nale au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. L'histoire des propri&#233;t&#233;s intellectuelles concerne des p&#233;riodes plus r&#233;centes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-82' id='nb1-82' class='spip_note' title='Notes 1-82' rev='footnote'&gt;82&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;La th&#232;se de Bernard d'Alteroche, &lt;i&gt;De l'&#233;tranger &#224; la seigneurie &#224; l'&#233;tranger au royaume XI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XV&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, LGDJ, 2002 nous para&#238;t d&#233;cisive sur ce dernier point.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-83' id='nb1-83' class='spip_note' title='Notes 1-83' rev='footnote'&gt;83&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Norbert Rouland, &lt;i&gt;Introduction historique au droit&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Droit fondamental &#187; 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-84' id='nb1-84' class='spip_note' title='Notes 1-84' rev='footnote'&gt;84&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Norbert Rouland, St&#233;phane Pierr&#233;-Caps, Jacques Poumar&#232;de, &lt;i&gt;Droit des minorit&#233;s et des peuples autochtones&lt;/i&gt;, Paris, PUF, coll. &#171; Droit fondamental &#187;, 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-85' id='nb1-85' class='spip_note' title='Notes 1-85' rev='footnote'&gt;85&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Louis Assier-Andrieu (dir. ), &lt;i&gt;Une France coutumi&#232;re, enqu&#234;te sur les &#171; usages locaux et leur codification XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du CNRS, 1990.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-86' id='nb1-86' class='spip_note' title='Notes 1-86' rev='footnote'&gt;86&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Antonio Padoa-Schioppa (dir. ), &lt;i&gt;Justiec et l&#233;gislation&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2000.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-87' id='nb1-87' class='spip_note' title='Notes 1-87' rev='footnote'&gt;87&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;O. F. Robinson, T. D. Fergus, W. M. Gordon, &lt;i&gt;An Introduction to European Legal History&lt;/i&gt;, Professional Books Limited, 1987 s'int&#233;resse au d&#233;veloppement du droit fran&#231;ais &#224; partir de la r&#233;daction officielle des coutumes cens&#233;e pr&#233;parer la codification napol&#233;onienne ; Antonio Padoa-Schioppa, &lt;i&gt;Storia del diritto in Europa&lt;/i&gt;, Bologna, Il Mulino, 2007, fait d&#233;buter l'histoire nationale du droit fran&#231;ais &#224; Philippe Auguste (p. 120-123 avec l'av&#232;nement d'un &#201;tat &#171; juridictionnel &#187;) et passe plus rapidement sur la monarchie absolutiste de Louis XIV (p. 239-240). En langue fran&#231;aise, Antoine Leca a &#233;t&#233; le premier &#224; int&#233;grer la dimension europ&#233;enne dans &lt;i&gt;La Gen&#232;se du droit. Essai d'introduction historique au droit&lt;/i&gt;, Aix-en-Provence, PUAM, 2000 ; toutefois ses perspectives reviennent &#224; exalter la grandeur et la d&#233;cadence de l'esprit juridique fran&#231;ais dans &lt;i&gt;La fabrique du droit fran&#231;ais : naissance, pr&#233;cellence et d&#233;cadence d'un syst&#232;me juridique&lt;/i&gt;, Aix, Librairie de l'Universit&#233;, 2007. Dans son &lt;i&gt;Trait&#233; d'histoire europ&#233;enne des institutions&lt;/i&gt;, Paris, Litec, 2 vol., 2004 et 2009, Jacques Bouineau prend le parti de la longue dur&#233;e et de l'opposition entre une Europe du Sud romanis&#233;e et une Europe du Nord domin&#233;e par les usages qui nous para&#238;t reproduire l'id&#233;e d'un affrontement entre droit coutumier et droit romain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-88' id='nb1-88' class='spip_note' title='Notes 1-88' rev='footnote'&gt;88&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Jean-Louis Halp&#233;rin, &lt;i&gt;Histoire des droits en Europe de 1750 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Paris, 1re &#233;d. 2004 et 2e &#233;d. 2006 en &#171; Champs Flammarion &#187; d&#233;bute au milieu du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle pour insister sur la rupture de l'av&#232;nement de l'absolutisme juridique de la part d'&#201;tats s'estimant comp&#233;tents pour l&#233;gif&#233;rer sur toutes les questions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-89' id='nb1-89' class='spip_note' title='Notes 1-89' rev='footnote'&gt;89&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Sabino Cassese, &lt;i&gt;La Construction du droit administratif. France et Royaume-Uni&lt;/i&gt;, trad.. fr. Jeannine Morvillez-Maigret, Paris, Montchrestien, coll. &#171; Clefs &#187;, 2000.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>National, Transnational and European Legal Histories : Problems and Paradigms. A Scottish perspective</title>
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		<dc:creator>Renaud Limelette</dc:creator>



		<description>R&#233;sum&#233; : Cet article consid&#232;re les diff&#233;rentes m&#233;thodes qu'il est possible de mobiliser pour &#233;crire l'histoire du droit. Quelques exemples sp&#233;cifiques sont utilis&#233;s pour d&#233;montrer les avantages et d&#233;savantages de chaque m&#233;thode, et les modalit&#233;s de l'&#233;criture d'une histoire du droit nationale, europ&#233;enne et/ou transnationale sont ici discut&#233;es. La conclusion est que les meilleures histoires du droit ont presque toujours un aspect comparatif ou transnational. Mots clefs : Histoire du droit ; &#233;tudes (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; :
Cet article consid&#232;re les diff&#233;rentes m&#233;thodes qu'il est possible de mobiliser pour &#233;crire l'histoire du droit. Quelques exemples sp&#233;cifiques sont utilis&#233;s pour d&#233;montrer les avantages et d&#233;savantages de chaque m&#233;thode, et les modalit&#233;s de l'&#233;criture d'une histoire du droit nationale, europ&#233;enne et/ou transnationale sont ici discut&#233;es. La conclusion est que les meilleures histoires du droit ont presque toujours un aspect comparatif ou transnational.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mots clefs : Histoire du droit ; &#233;tudes transnationales ; historiographie ; &#201;cosse&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Abstract :
This article explores the different ways of writing legal history, using concrete examples to demonstrate the advantages and disadvantages of each. The possibilities of national, European and transnational legal histories are discussed, with a conclusion that most good legal history has always had a comparative or transnational aspect.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Key Words : Legal History ; Transnational Studies ; Historiography ; Scotland&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. &#8220;Breaking out of national frameworks in writing legal history&#8221; was the theme of the conference at which this article was first delivered as a paper. I think few, if any, would nowadays doubt the need to do so. Of course, the writing of purely &#8220;national&#8221; legal histories continues. Most law for most people still comes from the state, generally understood as a nation state. In a discipline that can spread in many directions, focusing on a &#8220;national&#8221; legal history is a way to keep a handle on the material and in a real sense each nation or state generally does have its own &#8220;exceptional&#8221; legal system. Yet, of course, even if in reality most such work is neither naive nor unsophisticated in its approach, exclusively national legal histories can potentially pose limitations and lead to misunderstandings. For example, such legal histories can be written as means to explain modern rules &#8211; even to justify the current state of affairs. They can also be ways of justifying the nation state. At the same time it is worth recalling that some modern histories of law in Europe have the overt or covert ideological aim of supporting (or opposing) the development of a more unified law in the European Union.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. In this article I wish to examine the problems and advantages of various ways of approaching legal history. No prescription will be offered. My own views will become obvious ; but it is important to consider some of the issues raised, and it seems best to do so by offering examples of the various problems and advantages that may arise from narrower or broader understandings of legal history.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='A valuable general survey and discussion is to be found in Michael Lobban, (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; To paraphrase Johnny Nash, there will be more questions than answers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. It is necessary to devote some preliminary attention to terminology. The remarks made here will be neither profound nor original, but will &#8211; I hope - be helpful. There will be no attempt to define meanings in any precise way, but rather an exploration of meanings.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. First, &#8220;national&#8221;, which might initially seem straightforward, can be problematic, as it is usually linked in law with the idea of the state. There are states with many nationalities, which nationalities can have separate legal systems. Indeed within these states individuals may have multiple nationalities. This is a complexity relatively common in modern Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5. Secondly, &#8220;European&#8221; is itself another highly ambiguous term. In the United Kingdom, for example, it is often used to refer to Continental Europe as something other than Great Britain and Ireland. All kind of questions are posed or obscured or avoided by the term. By &#8220;Europe&#8221; do we mean the countries of the modern European Union ? Do we mean from Russia to Iceland, Norway to Gibraltar ? Is Istanbul a European city ? In law, do we class the legal systems of New York, New South Wales, Israel, Louisiana, Manitoba and Quebec as European ? In one way of thinking they most definitely are. It is evident that, outside the discipline of physical geography, the term &#8220;European&#8221; refers to a complex and fluid mix of the geographical and the cultural that can only to be understood contextually. This of course makes it powerful, with ambiguities that scholars may find advantageous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6. &#8220;Transnational&#8221; is an even more obviously difficult adjective. The &lt;i&gt;Oxford English Dictionary&lt;/i&gt; provides an example from 1921 as its earliest use of the term.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='OED, s.v. &#8220;transnational&#8221;' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; In U.S. usage, the word can be traced to 1916, when it was used by Randolph Bourne in an essay, where he stated that the United States of America was a &#8220;trans-nationality&#8221;.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Randolph Bourne, &#8220;Trans-National America&#8221;, Atlantic Monthly 118, July (1916), (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Before the Second World War, the term was used mainly in the field of economics in discussions of economies and industry. It became popular in Anglophone legal circles after P. C. Jessup's publication of &lt;i&gt;Transnational Law&lt;/i&gt;, in which the American professor declared he would use the the term &#8220;to include all law which regulates actions or events that transcend national frontiers&#8221;.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='C. Jessup, Transnational Law, New Haven, Yale University Press, 1956, vol. (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; The aim was to avoid confusion with &#8220;international law&#8221; in its specific sense of the regulation of affairs between states. In Germany, in 1862, the comparative linguist Georg Curtius used the word to explain that the origins of each language were &#8220;transnationales&#8221;.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Saunier, &#8220;Learning by Doing&#8221;, 165.' id='nh1-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; This I think again demonstrates that we are dealing with a term that is complex, fluid, and broad, and again usefully ambiguous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7. Explicitly &#8220;transnational&#8221; approaches to history have become popular. There was an important Forum on the topic in the &lt;i&gt;American Historical Review&lt;/i&gt; in 1991.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ian Tyrrell, &#8220;Exceptionalism in an Age of International History&#8221;, American (...)' id='nh1-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; There is now the recently published &lt;i&gt;Palgrave Dictionary of Transnational History&lt;/i&gt; (2009) :&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-7' class='spip_note' rel='footnote' title='The Palgrave Dictionary of Transnational History : From the Mid-Nineteenth (...)' id='nh1-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; the kind of work that indicates a discipline is coming of age. It is clear, of course, that there have been many works of transnational history without the term being used : one thinks, for example, of Fernand Braudel's &lt;i&gt;M&#233;diterran&#233;e&lt;/i&gt;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-8' class='spip_note' rel='footnote' title='Fernand Braudel, La M&#233;diterran&#233;e et le Monde M&#233;diterran&#233;en a l'&#233;poque de (...)' id='nh1-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; or of studies of plague. It obviously includes histories of circulations and connections. These include not just movements of peoples (or diaspora studies, as they are now increasingly called), but also of movements of ideas and practices such as political liberalism, terrorism, and the like.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8. A transnational legal history would be one that involved study of the transfer of legal ideas and concepts. Indeed, one could consider studies of the reception of Roman law as exercises in transnational legal history.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. National legal histories&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. Most scholars would probably express a view along the lines that modern history descends from developments in the nineteenth century, and would relate these to conscious development of the nation state. In this era the surviving formal historical records were used to construct national identities. At the same time, the type of universal philosophical histories associated with Enlightenment writers were replaced by historical emphases on the determinations of individuals by time and place, in short by the type of history associated with Leopold von Ranke.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-9' class='spip_note' rel='footnote' title='See David Thelen, &#8220;The Nation and Beyond : Transnational Perspectives on (...)' id='nh1-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; It is often associated with &#8220;scientific&#8221; use of national and public records, and indeed the creation of modern national archives and record offices, organised not just for the purposes of government but also for historical research. Modern legal history has been seen as starting as a version of this national history.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. One can quarrel with aspects of this. It is difficult to deny that some national identities go back to the Middle Ages : for example, those of the English, the French and the Scots. This point aside, there is, however, much in favour of such a way of writing legal history. One of the things these modern nation states did was acquire monopolies of legislation and decision-making in courts within a geographically-defined territory. In the continuing debate that is scholarship, this approach has created a lot of knowledge. There have been outstanding results, such as the new Oxford History of English law.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-10' class='spip_note' rel='footnote' title='The Oxford History of the Laws of England, Oxford, Oxford University Press, (...)' id='nh1-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; There have been excellent individual studies of topics such as patents or wonderful monographs such as the late Bernard Rudden's study of the New River.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-11' class='spip_note' rel='footnote' title='Bernard Rudden, The New River : A Legal History, Oxford, Clarendon Press, (...)' id='nh1-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; It has also facilitated comparative historical studies. Indeed, some type of narrative in this fashion may be necessary for traditional comparisons. And most inhabitants of the world live in a nation state of some sort, even if it be unstable or one that persecutes its citizens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. But problems can arise with a tendency to project modern developments backwards and to write a legal history as one tracing the development of national structures, what in Britain is called &#8220;Whig&#8221; history, especially in the sense of seeing history as improvement or progress.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-12' class='spip_note' rel='footnote' title='The term comes from Herbert Butterfield, The Whig Interpretation of (...)' id='nh1-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Thus, focusing on the development of institutions and doctrines in this way can deny aspects of legal history. Parts that do not form aspects of this grand narrative may be ignored.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. To take an example from my own research, the formal sources examined by lawyers reveal that, in 1778, in &lt;i&gt;Knight&lt;/i&gt; v. &lt;i&gt;Wedderburn&lt;/i&gt; the Scottish courts decided that a man or woman could not be held as a slave in Scotland.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-13' class='spip_note' rel='footnote' title='Knight v. Wedderburn Mor. 14545 (1778). See, e.g., J. W. Cairns, &#8220;Knight v (...)' id='nh1-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; This can be treated as a triumph of liberalism in a narrative of abolitionism and the moves towards the democratic nation state ; it can be seen as demonstrating that human beings cannot be owned in Scotland and so on.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-14' class='spip_note' rel='footnote' title='For a nuanced account of abolitionism in Scotland, see Iain Whyte, Scotland (...)' id='nh1-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; But if this is the approach, it means that a complex legal history is denied, one that involves British colonialism and the enthusiastic participation of Scots within it and indeed the violence involved in that colonial history.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-15' class='spip_note' rel='footnote' title='George McGilvary, East India Patronage and the British State : The Scottish (...)' id='nh1-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Comparison helps here. We can refer to the English case of &lt;i&gt;Somerset&lt;/i&gt; v. &lt;i&gt;Stewart&lt;/i&gt;, decided eight years earlier.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-16' class='spip_note' rel='footnote' title='Somerset v. Stewart [R. v. Knowles, ex parte Somerset] 1 Lofft 1. The (...)' id='nh1-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; To do so is interesting ; but it is better, for example, to widen the study and, examine how, France, to pick a country, dealt with enslaved individuals brought back from the colonies.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-17' class='spip_note' rel='footnote' title='See Sue Peabody, &#8220;There Are No Slaves in France&#8221; : The Political Culture of (...)' id='nh1-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Indeed, we can also see &lt;i&gt;Knight's&lt;/i&gt; case as part of a pattern whereby all European colonising and slave-trading countries dealt with the issue of enslaved Africans brought to Europe. To do so, focusing on the differences and similarities can help develop a greater explanatory schema. This is definitely some type of transnational approach, chasing connections and similarities across the world.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. Comparison may be useful in achieving better historical understanding, but it can also hold dangers, depending on how it is used. It is easy to bring forward examples arising out of comparison of Scottish legal history with that of England &#8211; an obvious, very tempting, but not always appropriate comparison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. In early nineteenth-century Scotland, because the records did not seem to fit how it was thought Parliament, royal council and central courts should have developed, scholars rearranged the Council Records to reflect what they thought they ought to have been. Fortunately modern scholars have been able to work out how they were before.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-18' class='spip_note' rel='footnote' title='See A. L. Murray, &#8220;Introduction&#8221; and &#8220;Appendix&#8221;, in Acts of the Lords of (...)' id='nh1-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;15. In the twelfth and thirteenth centuries, the Kings of Scots reconstructed the Lowland parts of their kingdom on models copied from Anglo-Norman England. There already were in the Lothians &#8211; that is the South-East - some institutions similar to those of northern England, coming from Anglian settlement. Crucial in the development of Scots law in the early Middle Ages was the introduction of feudal tenures on the Anglo-Norman model.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-19' class='spip_note' rel='footnote' title='See, e.g., J. W. Cairns, &#8220;Historical Introduction&#8221;, in Kenneth Reid and (...)' id='nh1-19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; By 1286, we find &lt;i&gt;colloquia&lt;/i&gt; of the great men of the land &#8211; the great ecclesiastical and secular lords - meeting with the king to deal with issues of justice and politics. In the next century, burgesses were called to such meetings, basically to justify taxing them. Of course, these are by now called Parliaments, though Scots tended to talk about them as meetings of the Estates, or indeed the Three Estates.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-20' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., 38-39 ; K. M. Brown and R. J. Tanner, &#8220;Introduction : Parliament and (...)' id='nh1-20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;16. In the past there was a temptation to &#8220;read&#8221; the development of the Scottish Parliament against that of England, and to see it as somehow a failed version of the English Parliament, again &#8220;reading&#8221; it against a &#8220;Whig&#8221; understanding of that of England - a tendency going back to Scottish Whigs in the eighteenth-century, and well explained by Colin Kidd.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-21' class='spip_note' rel='footnote' title='Colin Kidd, Subverting Scotland's Past : Scottish Whig Historians and the (...)' id='nh1-21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;17. The great student of the development of the College of Justice, or Court of Session, in Scotland was R. K. Hannay in the first half of the twentieth century.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-22' class='spip_note' rel='footnote' title='His important work was R. K. Hannay, The College of Justice : Essays on the (...)' id='nh1-22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; He was an excellent record scholar, though not perhaps at his most adept when he raised his head from the details and surveyed the horizon.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-23' class='spip_note' rel='footnote' title='H. W. Meikle, &#8220;Hannay, Robert Kerr (1867&#8211;1940)&#8221;, rev. H. C. G. Matthew, Oxford (...)' id='nh1-23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Though brilliant and insightful, he was definitely an examiner of the trees rather than of the wood. In researching the men who are found pleading before the Lords of Session, or Senators of the College of Justice, he noticed that, after admission, some of them gave a lecture in the Edinburgh Tolbooth (or Townhouse), where the Court sat. It would have been tempting to look south and draw a parallel with readings at the Inns of Court.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-24' class='spip_note' rel='footnote' title='Hannay, College of Justice, 143.' id='nh1-24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Of course, Hannay himself was too good and careful a record scholar to do so. But this was once suggested to me at a conference. In fact, there was neither link nor indeed parallel development. The Scots were developing a procedure for admission as an advocate similar to that for taking a university degree in civil and canon law, which is indeed what around two-thirds of the men admitted as advocates in fact possessed.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-25' class='spip_note' rel='footnote' title='J. W. Cairns, &#8220;Advocates' Hats, Roman Law, and Admission to the Scots Bar&#8221;, (...)' id='nh1-25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Indeed in the Scottish archives we can find David McGill's diploma for a licentiate in civil law signed in Bourges by, among others, Jacques Cujas (McGill was already a bachelor in civil law).&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-26' class='spip_note' rel='footnote' title='See M.-C. Tucker, Ma&#238;tres et &#233;tudiants &#233;cossais &#224; la Facult&#233; de Droit de (...)' id='nh1-26'&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;18. The English comparison could not be used to explain and understand the Scottish position. Indeed, the Scottish legal profession, with its advocates, procurators, notaries, and writers, largely originated in those who had practised before the ecclesiastical courts, just as the College of Justice used a version of Romano-Canonical procedure.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-27' class='spip_note' rel='footnote' title='See John Finlay, Men of Law in Pre-Reformation Scotland, Edinburgh, East (...)' id='nh1-27'&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; What the English comparisons should be used for is to increase understanding through demonstration of differences, not to fill in gaps.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-28' class='spip_note' rel='footnote' title='For a brilliant demonstration of how to use Scots and English legal (...)' id='nh1-28'&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. European legal histories&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;19. The wider European comparison helps to explain the Scottish developments.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-29' class='spip_note' rel='footnote' title='No one doubts this now.' id='nh1-29'&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; This indicates some of the problems arising from comparative studies ; it is a truism, but a necessary one, that in comparative studies, you have to choose very carefully what is compared with what. There is no point in comparing cabbages with kings. The work of Alan Watson has shown that the most fruitful approach to comparison, certainly for legal history, is through the idea of legal transplants.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-30' class='spip_note' rel='footnote' title='Alan Watson, Legal Transplants, 2nd ed., Athens, Ga., University of Georgia (...)' id='nh1-30'&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Scotland may have been influenced by Anglo-Norman administrative procedures, but by the end of the Middle Ages it was now experiencing a reception of Roman law and other types of institutions. Comparison shows that the College of Justice was in many ways analogous to other northern European conciliar courts, such as the Grand Conseil de Malines, which had developed out of the Council of the Dukes of Burgundy.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-31' class='spip_note' rel='footnote' title='See J. W. Cairns, &#8220;Revisiting the Foundation of the College of Justice&#8221;, in (...)' id='nh1-31'&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;20. If placing national legal systems in a European context helps develop understanding, it is unsurprising that European legal histories have become very popular in recent years. Of course, there are many earlier precedents. One could perhaps even claim Savigny's &lt;i&gt;History of the Roman Law in the Middle Ages&lt;/i&gt;, as a founding study of this type of history of law in Europe.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-32' class='spip_note' rel='footnote' title='F. K. von Savigny, Geschichte des R&#246;mischen Rechts im Mittelalter, 6 vols. (...)' id='nh1-32'&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; But it was the cataclysm of the Second World War that produced two such works of outstanding importance : those of Franz Wieacker (1952) and Paul Koschaker (1947).&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-33' class='spip_note' rel='footnote' title='Franz Wieacker, Privatrechtsgeschichte der Neuzeit : unter besonderer (...)' id='nh1-33'&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Both focused on Roman law in European history. Perhaps because of the generational difference between the two men that of Wieacker has undoubtedly been the more influential, with a second edition in 1967, and a translation into English as recently as 1995.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-34' class='spip_note' rel='footnote' title='Franz Wieacker, History of Private Law in Europe with Particular Reference (...)' id='nh1-34'&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; He presented an already familiar history of schools of jurists leading to the German Code of 1900. What I find most interesting in Wieacker's book is not his version of the old &lt;i&gt;translatio studii&lt;/i&gt;, but what most readers seem to ignore, the despairing final chapter where he wonders what went wrong in the twentieth century, so that the liberal tradition which he saw embodied in European legal history was perverted after the Great War.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-35' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibid., 484-488. See also, 409-483.' id='nh1-35'&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;21. There can be little doubt but that many of the recent studies of European legal history reflect the development of the European Union, and have an overt agenda of arguing for &#8211; or against - unification of private law in Europe in some way. Fair enough. Whether this means they are good histories or not is another issue. They do raise interesting comparisons, but they tend still to follow the kind of paradigm set by Wieacker, though Randall Lesaffer's recent book attempts a broader approach.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-36' class='spip_note' rel='footnote' title='Lesaffer, European Legal History.' id='nh1-36'&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Of course, there are problems. Douglas Osler raises many interesting and valuable points in his rightly sceptical articles on European legal history.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-37' class='spip_note' rel='footnote' title='D. J. Osler, &#8220;The Myth of European Legal History&#8221;, Rechtshistorisches (...)' id='nh1-37'&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; It all depends, of course, on what one means by the term.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;22. But if one traces connections, links, and influences, one can write meaningful European legal histories. Before the creation of the University of Leuven in 1425, most Dutch jurists were educated at the Law School at Orl&#233;ans ; this meant its teaching and doctrines were influential in the Low Countries.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-38' class='spip_note' rel='footnote' title='See the remarks of Kees Bezemer in his Pierre de Belleperche : Portrait of (...)' id='nh1-38'&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Many Scots also studied law at Orl&#233;ans and will also have come under the influence of its doctrines ; indeed the Scots were very much affected by French legal education more generally.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-39' class='spip_note' rel='footnote' title='See, e.g., John Kirkpatrick, &#8220;The Scottish Nation in the University of (...)' id='nh1-39'&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; This raises interesting reflections about a possible extra dimension to the study of the later impact of Dutch legal education on the Scots.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-40' class='spip_note' rel='footnote' title='See, e.g., Robert Feenstra, &#8220;Scottish-Dutch Legal Relations in the (...)' id='nh1-40'&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; But what all this certainly shows is that one can consider the circulation of ideas about law through education, travel, books, correspondence and so on. Networks of influence spread through Europe in the medieval and early modern periods.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-41' class='spip_note' rel='footnote' title='For such an example of links between Scotland, England, France, Italy, (...)' id='nh1-41'&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;23. Of course, there is the interesting reflection that the modern Dutch concern with the School of Orl&#233;ans is because the history of that School is in some way Dutch legal history.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-42' class='spip_note' rel='footnote' title='This stems from the work of W. M. d'Ablaing (1851-1889) and E. M. Meijers (...)' id='nh1-42'&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; It is also Scots legal history.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-43' class='spip_note' rel='footnote' title='See John Durkan, &#8220;The French Connection in the Sixteenth and Early (...)' id='nh1-43'&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; The study of Roman law is also part of the study of the legal history of all three.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Transnational legal histories&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;24. Under this heading I shall deal with only two topics, both concerning understanding of the term &#8220;transnational&#8221;. The first is presented by Reinhard Zimmermann's well-known book, &lt;i&gt;The Law of Obligations : Roman Foundations of the Civilian Tradition&lt;/i&gt;.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-44' class='spip_note' rel='footnote' title='Reinhard Zimmermann, The Law of Obligations : Roman Foundations of the (...)' id='nh1-44'&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; While primarily an account of the Roman law, this also examines some relevant early-modern and nineteenth-century European law, as well as taking into account South African Law. The main focus of the work is legal doctrine, rather than a more rounded type of legal history (which would be impossible given its scope) ; but it is undoubtedly a powerful work. As &lt;i&gt;Dogmengeschichte&lt;/i&gt;, however, is it to be classed as a work of European legal history, or of comparative legal history, or of transnational legal history ? This tends to indicate the difficulties inherent about being too rigid in classification.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-45' class='spip_note' rel='footnote' title='For a sensitive critique, see Paul du Plessis, &#8220;Legal History and (...)' id='nh1-45'&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;25. The second topic is suggested the complex legal history of Louisiana. This provides further interesting examples and questions. Although the law in Louisiana prior to the Purchase was basically Spanish colonial law, The &lt;i&gt;Digest of the Civil Laws Now in Force in the Territory of Orleans&lt;/i&gt; (popularly known as the Louisiana Code) of 1808 was based mainly on the French Code of 1804 and its &lt;i&gt;projet&lt;/i&gt; of 1800.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-46' class='spip_note' rel='footnote' title='See Rodolfo Batiza, &#8220;The Louisiana Civil Code of 1808 : Its Actual Sources (...)' id='nh1-46'&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; But as well as having French origins, Spanish and English sources exerted influence on this Code.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-47' class='spip_note' rel='footnote' title='Vernon Valentine Palmer, The Louisiana Civilian Experience : Critiques of (...)' id='nh1-47'&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; After the purchase, Anglo-American law had a decided impact in Louisiana.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-48' class='spip_note' rel='footnote' title='See George Dargo, Jefferson's Louisiana : Politics and the Clash of Legal (...)' id='nh1-48'&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Is study of Louisiana legal history that of state, national, European or transnational legal history ? Again it is difficult to pin this down. Obviously, aspects of the study of Louisiana legal history relate to European colonisation, to Atlantic history, and to the history of the United States. The main drafter of the &lt;i&gt;Digest&lt;/i&gt; of 1808 was from St Domingue, and had been educated in law in Paris before the Revolution of 1789.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-49' class='spip_note' rel='footnote' title='Alain Levasseur, Moreau Lislet : The Man Behind the Digest of 1808, 2nd ed. (...)' id='nh1-49'&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Thus part of its history is also the history of the emigration of refugees from St Domingue to Louisiana, an emigration which took place mainly after US acquisition of Louisiana, and which had a profound impact on the newly acquired territory.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-50' class='spip_note' rel='footnote' title='See, e.g., Nathalie Dessens, From St Domingue to New Orleans : Migration (...)' id='nh1-50'&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; It thus can also be seen as a Caribbean history.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;26. The Louisiana Code in its turn had a significant impact on other codes in Latin America. But it is important to note that so did the French code itself. This means that French law becomes part of the legal history of Central and South America.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-51' class='spip_note' rel='footnote' title='Agust&#237;n Parise, &#8220;Historia de la codificaci&#243;n civil del estado de la Luisiana y (...)' id='nh1-51'&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; When the law in Quebec was codified, the Louisiana Code of 1825 also exercised some influence.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-52' class='spip_note' rel='footnote' title='See J. Richert and E. S. Richert, &#8220;The Impact of the Civil Code of Louisiana (...)' id='nh1-52'&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;27. Both these examples indicate the complex interconnectedness of much of the legal histories of Europe. Both indicate that a broad approach is advantageous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;28. If there are still more questions than answers, I hope that perhaps we can see more clearly now. It is probably the case that most good legal history has always been at some level transnational or comparative. Maitland, for example, was very aware of this. He was conscious of the dangers of a narrow, anachronistic focus and favoured comparative approaches.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-53' class='spip_note' rel='footnote' title='J. G. H. Hudson, F. W. Maitland and the Englishness of English Law, London, (...)' id='nh1-53'&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;29. In Scotland, it has always been necessary to approach legal history in a transnational or comparative way. Indeed Scottish legal history has largely been constructed as a history of borrowings &#8211; from England, from Roman law and so on &#8211; and has been understood through a process of comparisons with Celtic Ireland, Anglo-Norman and Angevin England, and continental Europe. Perhaps this has been overdone. It has certainly led to puzzlement when the history of Scots law has not been perceived to conform to some other pattern supposedly found elsewhere which has been generalised as a norm.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;30. Certainly the history of Scots law used always to be compared to that of England, resulting in either nationalistic self-satisfaction about some supposed superiority or breast-beating about how Scots law lagged behind that of England. Now there is a tendency to place it in a broader European framework, which is helpful, and does not prevent useful comparison with England and elsewhere, but which allows exploration of broader themes of influence and connection.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;31. A transnational approach permits consideration of Scots law and the Empire, Scots law and the Atlantic world. This would allow one to think of the examination of certain Scots works in drafting the Civil Code of Lower Canada of 1866 and the use of &#8220;the terms of the Scotch law&#8221; to translate the French legal terminology for the same Code ;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-54' class='spip_note' rel='footnote' title='For example, the redactors looked at, inter alia, Bell's Commentaries on the (...)' id='nh1-54'&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; or the impact on Scots law of the Empire, in a whole variety of ways. One could explore the role of Scots as judges or law officers in supposedly &#8220;civilian&#8221; areas of the Empire ;&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-55' class='spip_note' rel='footnote' title='See, e.g., S. D. Girvin, &#8220;An Evaluation of the Career of a Scots Colonial (...)' id='nh1-55'&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; one could consider their role as professors in colonial universities.&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nb1-56' class='spip_note' rel='footnote' title='Such as F. Walton at McGill and later in Cairo : J. W. Cairns, &#8220;Development (...)' id='nh1-56'&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; Legal histories may continue to tend to be located within nations ; but nations have to be located in a transnational context, and to be understood in a rounded way.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;John W. Cairns&lt;br&gt;
Professor of Legal History&lt;br&gt;
University of Edinburgh&lt;br&gt;
Old College&lt;br&gt;
South Bridge&lt;br&gt;
EDINBURGH EH8 9YL, UK&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;#&quot; title=&quot;john.cairns..&#229;t..ed.ac.uk&quot; onclick=&quot;location.href=http://www.cliothemis.com/lancerlien('john.cairns','ed.ac.uk'); return false;&quot; class='spip_mail'&gt;john.cairns&lt;span class='spancrypt'&gt; &lt;/span&gt;ed.ac.uk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;A valuable general survey and discussion is to be found in Michael Lobban, &#8220;Introduction : The Tools and Tasks of the Legal Historian&#8221;, in Andrew Lewis and Michael Lobban, eds., &lt;i&gt;Law and History&lt;/i&gt; [= &lt;i&gt;Current Legal Issues&lt;/i&gt;, 6 (2003)], Oxford, Oxford University Press, 2004, 1-32. See also the thoughtful remarks in Serge Dauchy, &#8220;Ouverture : Histoire des cultures juridiques : circulations, connexions, et &#232;spaces transnationaux de droit&#8221;, &lt;i&gt;Clio@Themis. Revue &#233;lectronique d'histoire du droit&lt;/i&gt;, 3 (2009).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;OED&lt;/i&gt;, s.v. &#8220;transnational&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Randolph Bourne, &#8220;Trans-National America&#8221;, &lt;i&gt;Atlantic Monthly&lt;/i&gt; 118, July (1916), 86-97. See Pierre-Yves Saunier, &#8220;Learning by Doing : Notes About the Making of the &lt;i&gt;Palgrave Dictionary of Transnational History&lt;/i&gt;&#8221;, &lt;i&gt;Journal of Modern European History&lt;/i&gt;, 6 (2008), 159-180, at 165.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;C. Jessup, &lt;i&gt;Transnational Law&lt;/i&gt;, New Haven, Yale University Press, 1956, vol. 1, 2. See &lt;i&gt;OED&lt;/i&gt;, s.v. &#8220;transnational&#8221; ; Saunier, &#8220;Learning by Doing&#8221;, 165.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-5' id='nb1-5' class='spip_note' title='Notes 1-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Saunier, &#8220;Learning by Doing&#8221;, 165.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-6' id='nb1-6' class='spip_note' title='Notes 1-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ian Tyrrell, &#8220;Exceptionalism in an Age of International History&#8221;, &lt;i&gt;American Historical Review&lt;/i&gt;, 96 (1991), 1031-1055 ; Michael McGerr, &#8220;The Price of the &#8216;New Transnational History'&#8221;, &lt;i&gt;American Historical Review&lt;/i&gt;, 96 (1991), 1056-1067 ; Ian Tyrrell, &#8220;Ian Tyrrell Responds&#8221;, &lt;i&gt;American Historical Review&lt;/i&gt;, 96 (1991), 1068-1072.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-7' id='nb1-7' class='spip_note' title='Notes 1-7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;The Palgrave Dictionary of Transnational History : From the Mid-Nineteenth Century to the Present Day&lt;/i&gt;, ed. by Akira Irive and Yves-Pieres Saunier, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-8' id='nb1-8' class='spip_note' title='Notes 1-8' rev='footnote'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Fernand Braudel, &lt;i&gt;La M&#233;diterran&#233;e et le Monde M&#233;diterran&#233;en a l'&#233;poque de Philippe II&lt;/i&gt;, Paris, Colin, 1949.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-9' id='nb1-9' class='spip_note' title='Notes 1-9' rev='footnote'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See David Thelen, &#8220;The Nation and Beyond : Transnational Perspectives on United States History&#8221;, &lt;i&gt;Journal of American History&lt;/i&gt;, 86 (1999), 965-975, at 966-967.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-10' id='nb1-10' class='spip_note' title='Notes 1-10' rev='footnote'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;The Oxford History of the Laws of England&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 2003-.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-11' id='nb1-11' class='spip_note' title='Notes 1-11' rev='footnote'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Bernard Rudden, &lt;i&gt;The New River : A Legal History&lt;/i&gt;, Oxford, Clarendon Press, 1985.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-12' id='nb1-12' class='spip_note' title='Notes 1-12' rev='footnote'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;The term comes from Herbert Butterfield, &lt;i&gt;The Whig Interpretation of History&lt;/i&gt;, London, G. Bell and Sons, 1931. Whig history was memorably parodied by W. C. Sellar and R. J. Yeatman in &lt;i&gt;1066 and All That : A Memorable History of England&lt;/i&gt;, London, Methuen, 1930 ; repr. 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-13' id='nb1-13' class='spip_note' title='Notes 1-13' rev='footnote'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Knight&lt;/i&gt; v. &lt;i&gt;Wedderburn&lt;/i&gt; Mor. 14545 (1778). See, e.g., J. W. Cairns, &#8220;&lt;i&gt;Knight&lt;/i&gt; v &lt;i&gt;Wedderburn&lt;/i&gt;&#8221; in &lt;i&gt;The Oxford Companion to Black British History&lt;/i&gt;, ed. David Dabydeen, John Gilmore and Cecily Jones, Oxford, Oxford University Press, 2007, 244-246.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-14' id='nb1-14' class='spip_note' title='Notes 1-14' rev='footnote'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For a nuanced account of abolitionism in Scotland, see Iain Whyte, &lt;i&gt;Scotland and the Abolition of Black Slavery, 1756-1838&lt;/i&gt;, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-15' id='nb1-15' class='spip_note' title='Notes 1-15' rev='footnote'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;George McGilvary, &lt;i&gt;East India Patronage and the British State : The Scottish Elite and Politics in the Eighteenth Century&lt;/i&gt;, London, Tauris Academic Studies, 205 ; T. M. Devine, &lt;i&gt;Scotland's Empire, 1600-1815&lt;/i&gt;, London, Allen Lane, 2003, 221-270 ; Michael Fry, &lt;i&gt;The Scottish Empire, &lt;/i&gt;Phantassie, Tuckwell Press, 2001, 83-95 ; A. L. Karras, &lt;i&gt;Sojourners in the Sun : Scottish Migrants in Jamaica and the Chesapeake, 1740-1800&lt;/i&gt;, Ithaca, Cornell University Press, 1992, 46-80 ; Douglas J. Hamilton, &lt;i&gt;Scotland, the Caribbean and the Atlantic World, 1750-1820&lt;/i&gt;, Manchester, Manchester University Press, 2005, 55-139.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-16' id='nb1-16' class='spip_note' title='Notes 1-16' rev='footnote'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;&lt;i&gt;Somerset&lt;/i&gt; v. &lt;i&gt;Stewart&lt;/i&gt; [&lt;i&gt;R.&lt;/i&gt; v. &lt;i&gt;Knowles, ex parte Somerset&lt;/i&gt;] 1 Lofft 1. The literature is considerable : See, e.g., James Oldham, &lt;i&gt;English Common Law in the Age of Mansfield&lt;/i&gt;, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 2004, 305-323.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-17' id='nb1-17' class='spip_note' title='Notes 1-17' rev='footnote'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See Sue Peabody, &lt;i&gt;&#8220;There Are No Slaves in France&#8221; : The Political Culture of Race and Slavery in the Ancien R&#233;gime&lt;/i&gt;, New York, Oxford University Press, 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-18' id='nb1-18' class='spip_note' title='Notes 1-18' rev='footnote'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See A. L. Murray, &#8220;Introduction&#8221; and &#8220;Appendix&#8221;, in &lt;i&gt;Acts of the Lords of Council. Vol. III. 1501-1503&lt;/i&gt;, ed. by A. B. Calderwood, Edinburgh, Her Majesty's Stationery Office, 1993, viii-xliv.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-19' id='nb1-19' class='spip_note' title='Notes 1-19' rev='footnote'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See, e.g., J. W. Cairns, &#8220;Historical Introduction&#8221;, in Kenneth Reid and Reinhard Zimmermann, eds., &lt;i&gt;A History of Private Law in Scotland : Volume I. Introduction and Property&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 2000, 14-184 at 19-21.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-20' id='nb1-20' class='spip_note' title='Notes 1-20' rev='footnote'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ibid., 38-39 ; K. M. Brown and R. J. Tanner, &#8220;Introduction : Parliament and Politics in Scotland, 1235-1560&#8221;, in K. M. Brown and R. J. Tanner, eds., &lt;i&gt;The History of eth Scottish Parliament Volume 1 : Parliament and Politics in Scotland, 1235-1560&lt;/i&gt;, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2004, 1-28.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-21' id='nb1-21' class='spip_note' title='Notes 1-21' rev='footnote'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Colin Kidd, &lt;i&gt;Subverting Scotland's Past : Scottish Whig Historians and the Creation of an Anglo-British Identity, 1689-c.1830&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press, 1993, 130-144.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-22' id='nb1-22' class='spip_note' title='Notes 1-22' rev='footnote'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;His important work was R. K. Hannay, &lt;i&gt;The College of Justice : Essays on the Institution and Development of the Court of Session&lt;/i&gt;, Edinburgh, Hodge, 1933. This was reprinted with other essays in a volume edited by H. L. MacQueen, R. K. Hannay, &lt;i&gt;College of Justice&lt;/i&gt;, Stair Society, Supplementary Volume, Edinburgh, Scottish Academic Press for the Stair Society, 1990.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-23' id='nb1-23' class='spip_note' title='Notes 1-23' rev='footnote'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;H. W. Meikle, &#8220;Hannay, Robert Kerr (1867&#8211;1940)&#8221;, rev. H. C. G. Matthew, &lt;i&gt;Oxford Dictionary of National Biography&lt;/i&gt;, Oxford University Press, 2004 [&lt;a href='http://www.oxforddnb.com/view/article/33687' class='spip_out'&gt;http://www.oxforddnb.com/view/artic...&lt;/a&gt;, accessed 7 Oct 2010].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-24' id='nb1-24' class='spip_note' title='Notes 1-24' rev='footnote'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Hannay, &lt;i&gt;College of Justice&lt;/i&gt;, 143.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-25' id='nb1-25' class='spip_note' title='Notes 1-25' rev='footnote'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. W. Cairns, &#8220;Advocates' Hats, Roman Law, and Admission to the Scots Bar&#8221;, &lt;i&gt;Journal of Legal History&lt;/i&gt;, 20, no. 2 (1999), 24-61, esp. at 34-38 ; Hannay, &lt;i&gt;College of Justice&lt;/i&gt;, 145.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-26' id='nb1-26' class='spip_note' title='Notes 1-26' rev='footnote'&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See M.-C. Tucker, &lt;i&gt;Ma&#238;tres et &#233;tudiants &#233;cossais &#224; la Facult&#233; de Droit de l'Universit&#233; de Bourges (1480-1703)&lt;/i&gt;, Paris, Honor&#233; Champion, 2001, 261-262.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-27' id='nb1-27' class='spip_note' title='Notes 1-27' rev='footnote'&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See John Finlay, &lt;i&gt;Men of Law in Pre-Reformation Scotland&lt;/i&gt;, Edinburgh, East Linton, Tuckwell Press, 2000 ; John Finlay, &#8220;The History of the Notary in Scotland&#8221;, in Mathias Schmoeckel and Werner Schubert, eds., &lt;i&gt;Handbuch zur Geschichte des Notariats der europ&#228;ischen Traditionen&lt;/i&gt;, Baden-Baden, Nomos, 2009 [= Rheinische Schriften zur Rechtsgeschichte 12], 375-428 ; A. M. Godfrey, &lt;i&gt;Civil Justice in Renaissance Scotland : The Origins of a Central Court&lt;/i&gt;, Leiden, Brill, 2009. For insights into the background of the development of a legal profession in Scotland, see J. A. Brundage, &lt;i&gt;The Medieval Origins of the Legal Profession : Canonists, Civilians, and Courts&lt;/i&gt;, Chicago, University of Chicago Press, 2008.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-28' id='nb1-28' class='spip_note' title='Notes 1-28' rev='footnote'&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For a brilliant demonstration of how to use Scots and English legal histories to illuminate each other, see H. L. MacQueen, &lt;i&gt;Common Law and Feudal Society in Medieval Scotland&lt;/i&gt;, Edinburgh, Edinburgh University Press, 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-29' id='nb1-29' class='spip_note' title='Notes 1-29' rev='footnote'&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;No one doubts this now.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-30' id='nb1-30' class='spip_note' title='Notes 1-30' rev='footnote'&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Alan Watson, &lt;i&gt;Legal Transplants&lt;/i&gt;, 2nd ed., Athens, Ga., University of Georgia Press, 1993. See Michele Graziadei, &#8220;Comparative Law as the Study of Transplants and Receptions&#8221;, in Matthias Reimann and Reinhard Zimmermann, eds., &lt;i&gt;The Oxford Handbook of Comparative Law&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 2006, 441-475.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-31' id='nb1-31' class='spip_note' title='Notes 1-31' rev='footnote'&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See J. W. Cairns, &#8220;Revisiting the Foundation of the College of Justice&#8221;, in H. L. MacQueen, ed., &lt;i&gt;Miscellany Five&lt;/i&gt;, Stair Society vol. 52, Edinburgh, 2006, 27-50 ; Randall Lesaffer, &lt;i&gt;European Legal History : A Cultural and Historical Perspective&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University press, 2009, 363-364. In English legal history, conciliar courts have generally been seen as a &#8220;Bad Thing&#8221;, to quote Sellar and Yeatman, &lt;i&gt;1066 and All That&lt;/i&gt;, 19, 24, 39, 56, 87, 113.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-32' id='nb1-32' class='spip_note' title='Notes 1-32' rev='footnote'&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;F. K. von Savigny, &lt;i&gt;Geschichte des R&#246;mischen Rechts im Mittelalter&lt;/i&gt;, 6 vols. Heidelberg, Mohr and Zimmer, 1815-1831 ; one of the later editions has been reprinted, 7 vols. Aalen, Scientia, 1986.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-33' id='nb1-33' class='spip_note' title='Notes 1-33' rev='footnote'&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Franz Wieacker, &lt;i&gt;Privatrechtsgeschichte der Neuzeit : unter besonderer Ber&#252;cksichtigung der deutschen Entwicklung&lt;/i&gt;, Go&#776;ttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, 1952 ; Paul Koschaker, &lt;i&gt;Europa und das r&#246;mische Recht&lt;/i&gt;, Munich, Biederstein, 1947.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-34' id='nb1-34' class='spip_note' title='Notes 1-34' rev='footnote'&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Franz Wieacker, &lt;i&gt;History of Private Law in Europe with Particular Reference to Germany&lt;/i&gt;, trans, by Tony Weir, Oxford, Clarendon Press, 1995.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-35' id='nb1-35' class='spip_note' title='Notes 1-35' rev='footnote'&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Ibid., 484-488. See also, 409-483.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-36' id='nb1-36' class='spip_note' title='Notes 1-36' rev='footnote'&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Lesaffer, &lt;i&gt;European Legal History&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-37' id='nb1-37' class='spip_note' title='Notes 1-37' rev='footnote'&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;D. J. Osler, &#8220;The Myth of European Legal History&#8221;, &lt;i&gt;Rechtshistorisches Journal&lt;/i&gt;, 16 (1997), 393-410 ; D. J. Osler, &#8220;The Fantasy Men&#8221;, &lt;i&gt;Rechtsgeshichte&lt;/i&gt;, 10 (2007), 169-192.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-38' id='nb1-38' class='spip_note' title='Notes 1-38' rev='footnote'&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See the remarks of Kees Bezemer in his &lt;i&gt;Pierre de Belleperche : Portrait of a Legal Puritan&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Vittoria Klostermann, 2005, 2. See also Laurent Waelkens, &lt;i&gt;La th&#233;orie de la cout&#251;me chez Jacques Jacques de R&#233;vigny. &#201;dition et analyse de sa repetition sur la loi de quibus (D. 1,3,32)&lt;/i&gt;, Leiden, E. J. Brill/Universitaire Pers Leiden, 1984 ; Kees Bezemer, &lt;i&gt;Les r&#233;p&#233;titions de Jacques de R&#233;vigny&lt;/i&gt;, Leiden, E. J. Brill/Universitaire Pers Leiden, 1987, and &lt;i&gt;What Jacques Saw&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Vittorio Klostermann, 1997 ; L. J. van Soest-Zuurdeeg, &lt;i&gt;La Lectura sur le titre de actionibus (Inst. 4,6) de Jacques de R&#233;vigny&lt;/i&gt;, E. J. Brill/Universitaire Pers Leiden, 1989 ; Marguerite Duynstee, &lt;i&gt;L'enseignement du droit civil &#224; l'universit&#233; d'Orl&#233;ans du d&#233;but de la guerre de Cent ans (1337) au si&#232;ge de la ville (1428)&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Vittorio Klostermann, 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-39' id='nb1-39' class='spip_note' title='Notes 1-39' rev='footnote'&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See, e.g., John Kirkpatrick, &#8220;The Scottish Nation in the University of Orleans, 1336-1538&#8221;, in &lt;i&gt;Miscellany of the Scottish History Society. Second Volume&lt;/i&gt;, Edinburgh, Scottish History Society, 1904, 47-102. Utilising the medieval and Renaissance &lt;i&gt;topos&lt;/i&gt; of &lt;i&gt;translatio studii&lt;/i&gt;, the influence of French legal thinking on Scots legal thinking is a major theme in J. D. Ford, &lt;i&gt;Law and Opinion in Scotland in the Seventeenth Century&lt;/i&gt;, Oxford, Hart Publishing, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-40' id='nb1-40' class='spip_note' title='Notes 1-40' rev='footnote'&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See, e.g., Robert Feenstra, &#8220;Scottish-Dutch Legal Relations in the Seventeenth and Eighteenth Centuries&#8221;, in Robert Feenstra, &lt;i&gt;Legal Scholarship and Doctrines of Private Law, 13th-18th Centuries&lt;/i&gt;, Aldershot, variorum Re 1996, XVI [= Hilde De Ridder-Symoens and J. M. Fletcher, eds., &lt;i&gt;Academic Relations between the Low Countries and the British Isles 1450-1700 : Proceedings of the First Conference of Belgian, British and Dutch Historians of Universities. Held in Ghent September 30-October 2 1987&lt;/i&gt; (= &lt;i&gt;Studia Historica Gandensia : Uit de seminaries voor Geschiedenis van de Rijksuniversiteit te Gent&lt;/i&gt;, 273) (Ghent, 1989), 25-45] ; Kees van Strien and Margreet Ahsmann, &#8220;Scottish Law Students in Leiden at the End of the Seventeenth Century. The Correspondence of John Clerk, 1694-1697&#8221;, Lias, 19 (1992), 271-330 ; J. W. Cairns, &#8220;Importing our Lawyers from Holland : Netherlands' Influences on Scots Law and Lawyers in the Eighteenth Century&#8221;, in G. G. Simpson, ed., &lt;i&gt;Scotland and the Low Countries, 1124-1994&lt;/i&gt;, East Linton, John Donald, 1996, 136-153 ; J. W. Cairns, &#8220;Legal Study in Utrecht in the late 1740s : The Legal Education of Sir David Dalrymple, Lord Hailes&#8221;, in Rena van den Bergh, ed., &lt;i&gt;Summa Eloquentia : Essays in Honour of Margaret Hewett&lt;/i&gt;, Pretoria, University of South Africa, 2002 [= &lt;i&gt;Fundamina : A Journal of Legal History&lt;/i&gt;, (2002)], 30-74.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-41' id='nb1-41' class='spip_note' title='Notes 1-41' rev='footnote'&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For such an example of links between Scotland, England, France, Italy, Germany and the Netherlands, see J. W. Cairns, &#8220;Alexander Cunningham's Proposed Edition of the Digest : An Episode in the History of the Dutch Elegant School of Roman Law&#8221;, 69 (2001) &lt;i&gt;Tijdschrift voor Rechtsgeschiedenis&lt;/i&gt;,(Part I) 81-117 (Part II), 307-359.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-42' id='nb1-42' class='spip_note' title='Notes 1-42' rev='footnote'&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;This stems from the work of W. M. d'Ablaing (1851-1889) and E. M. Meijers (1880-1954) : Bezemer, &lt;i&gt;Pierre de Belleperche&lt;/i&gt;, 2-3. See also Robert Feenstra, &#8220;L'enseignement du droit &#224; Orl&#233;ans : &#233;tat des recherches men&#233;es depuis Meijers&#8221;, in Robert Feenstra and C. M. Ridderikhoff, eds., &lt;i&gt;&#201;tudes Nederlandaises de droit et d'histoire pr&#233;sent&#233;es &#224; l'univerist&#233; d'Orl&#233;ans pour le 750e annivaersaire des enseignements juridiques&lt;/i&gt; [= &lt;i&gt;Bulletin de la Soci&#233;t&#233; Arch&#233;ologique et Historique de l'Orl&#233;anais&lt;/i&gt;, n.s. 9 (1985)], Orleans, Soci&#233;t&#233; Arch&#233;ologique et Historique de l'Orl&#233;anais, 1985, 13-29.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-43' id='nb1-43' class='spip_note' title='Notes 1-43' rev='footnote'&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See John Durkan, &#8220;The French Connection in the Sixteenth and Early Seventeenth Centuries&#8221;, in T. C. Smout, ed., &lt;i&gt;Scotland and Europe, 1200-1850&lt;/i&gt;, Edinburgh, John Donald, 1986, 19-44.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-44' id='nb1-44' class='spip_note' title='Notes 1-44' rev='footnote'&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Reinhard Zimmermann, &lt;i&gt;The Law of Obligations : Roman Foundations of the Civilian Tradition&lt;/i&gt;, Cape Town, Juta 1990 ; Oxford, Clarendon Press, 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-45' id='nb1-45' class='spip_note' title='Notes 1-45' rev='footnote'&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For a sensitive critique, see Paul du Plessis, &#8220;Legal History and Method(s)&#8221;, in Rena van den Bergh, Gardiol van Niekerk, and Liezl Wildenboer, eds., &lt;i&gt;Libellus ad Thomasium : Essays in Roman Law, Roman-Dutch Law and Legal history in Honours of Philip J. Thomas&lt;/i&gt; [= &lt;i&gt;Fundamina (Editio Specialis)&lt;/i&gt; 16 (2010)], Pretoria, Unisa Press, 2010, 64-72.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-46' id='nb1-46' class='spip_note' title='Notes 1-46' rev='footnote'&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See Rodolfo Batiza, &#8220;The Louisiana Civil Code of 1808 : Its Actual Sources and Present Relevance&#8221;, &lt;i&gt;Tulane Law Review&lt;/i&gt;, 46 (1971), 4-165. On the &#8220;Pascal/Batiza Debate&#8221;, see J. W. Cairns, &#8220;The de la Vergne Volume and the Digest of 1808&#8221;, &lt;i&gt;Tulane European and Civil Law Forum&lt;/i&gt;, 24 (2009), 31-81 at 35-38.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-47' id='nb1-47' class='spip_note' title='Notes 1-47' rev='footnote'&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Vernon Valentine Palmer, &lt;i&gt;The Louisiana Civilian Experience : Critiques of Codification in a Mixed Jurisdiction&lt;/i&gt;, Durham, NC, Carolina Academic Press, 2005, 51-100 ; J. W. Cairns, &#8220;The 1808 Digest of Orleans and 1866 Civil Code of Lower Canada : An Historical Study of Legal Change&#8221;, University of Edinburgh, Unpublished Ph.D. thesis, 1980, 557-561 ; Batiza, &#8220;Sources of the 1808 Civil Code&#8221;, 51, 61-62.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-48' id='nb1-48' class='spip_note' title='Notes 1-48' rev='footnote'&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See George Dargo, &lt;i&gt;Jefferson's Louisiana : Politics and the Clash of Legal Traditions&lt;/i&gt;, 2nd ed., Clark, NJ, Lawbook Exchange Ltd., 2009.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-49' id='nb1-49' class='spip_note' title='Notes 1-49' rev='footnote'&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Alain Levasseur, &lt;i&gt;Moreau Lislet : The Man Behind the Digest of 1808&lt;/i&gt;, 2nd ed. with assistance of Vicen&#231; Feli&#250;, Baton Rouge, Claitor's Publishing Division, 2008, 95.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-50' id='nb1-50' class='spip_note' title='Notes 1-50' rev='footnote'&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See, e.g., Nathalie Dessens, &lt;i&gt;From St Domingue to New Orleans : Migration and Influences&lt;/i&gt;, Gainesville, University Press of Florida, 2007. Moreau Lislet is discussed in various contexts at, 26, 71, 88, 121-122, 128-130, 146, 186 note 62.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-51' id='nb1-51' class='spip_note' title='Notes 1-51' rev='footnote'&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Agust&#237;n Parise, &#8220;Historia de la codificaci&#243;n civil del estado de la Luisiana y su influencia en el c&#243;digo civil argentine&#8221;, Universidad de Buenos Aires, unpublished LL.D. thesis, 2010 ; Rolf Kn&#252;tel, &#8220;Influences of the Louisiana Civil Code in Latin America&#8221;, &lt;i&gt;Tulane Law Review&lt;/i&gt;, 70 (1996), 1445-1480 ; Jorg&#233; S&#225;nchez Cordero, &#8220;The Reception of Legal Systems in the Americas : Diversities and Convergences&#8221;, &lt;i&gt;Tulane European and Civil Law Forum&lt;/i&gt;, 24 (2009), 231-263 at 254-256. See more generally, Agust&#237;n Parise, &#8220;The Place of the Louisiana Civil Code in the Hispanic Civil Codifications : The Comments to the Spanish Civil Code Project of 1851&#8221;, (2008) 68 &lt;i&gt;Louisiana Law Review&lt;/i&gt;, 823-929.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-52' id='nb1-52' class='spip_note' title='Notes 1-52' rev='footnote'&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See J. Richert and E. S. Richert, &#8220;The Impact of the Civil Code of Louisiana upon the Civil Code of Quebec of 1866&#8221;, (1973) 8 &lt;i&gt;Revue juridique Th&#233;mis de l'universit&#233; de Montr&#233;al&lt;/i&gt;, 501-520.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-53' id='nb1-53' class='spip_note' title='Notes 1-53' rev='footnote'&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;J. G. H. Hudson, &lt;i&gt;F. W. Maitland and the Englishness of English Law&lt;/i&gt;, London, Selden Society, 2007, 9-16.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-54' id='nb1-54' class='spip_note' title='Notes 1-54' rev='footnote'&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;For example, the redactors looked at, &lt;i&gt;inter alia&lt;/i&gt;, Bell's &lt;i&gt;Commentaries on the Laws of Scotland&lt;/i&gt;, various editions : see Thomas McCord, &lt;i&gt;The Civil Code of Lower Canada Together with a Synopsis of Changes in the Law, References to the Reports of the Commissioners, the Authorities as Reported by the Commissioners, etc&lt;/i&gt;, Montreal, Dawson Brothers, 1867&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; 368 (art. 2311) ; 369 (art. 2317) ; 370 (2326), etc. The quotation about terminology is from ibid., ix ; see also XI.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-55' id='nb1-55' class='spip_note' title='Notes 1-55' rev='footnote'&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;See, e.g., S. D. Girvin, &#8220;An Evaluation of the Career of a Scots Colonial Judge : John Dove Wilson of Natal&#8221;, &lt;i&gt;Juridical Review&lt;/i&gt; (1990), 31-51 ; S. D. Girvin, &#8220;William Menzies of Edinburgh, Judge at the Cape, 1827-1850&#8221;, &lt;i&gt;Juridical Review&lt;/i&gt; (1993), 279-293.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='http://www.cliothemis.com/#nh1-56' id='nb1-56' class='spip_note' title='Notes 1-56' rev='footnote'&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;Such as F. Walton at McGill and later in Cairo : J. W. Cairns, &#8220;Development of Comparative Law in Great Britain&#8221;, in Mathias Reimann and Reinhard Zimmermann, eds., &lt;i&gt;The Oxford Handbook of Comparative Law&lt;/i&gt;, 131-173 at 144-146.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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